‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 112 sur 174 · EVACUATION DORAN PAU L ESPAGNE · texte numérisé non relu

EVACUATION DORAN PAU L ESPAGNE

Concession de la pêche du corail sur les côtes de l'Ouest. Droit d'acheter 1,000 charges de blé par an au prix du cours.

L'accès du port de Mers-el-Kebir accordé, comme privilège spécial, aux navires espagnols, à charge de payer un droit de 50 réaux (de 1 fr. 12).

La ville devait être immédiatement débloquée et six mois étaient donnés aux Espagnols pour l'évacuer. Ils s'engageaient à y laisser intactes les fortifications et le nombre de canons de fer qui existaient lors de l'abandon d'Oran par Bou-Chlar'em, mais pouvaient détruire les nouvelles fortifications et emporter tout le reste de leur matériel.

Le bey Mohammed, auquel revenait l'honneur de ce succès, se vit décerner le surnom d' El-Kebir « le grand ». Il alla à Alger recevoir les compliments du dey qui lui fit les plus grandes fêtes et le décora de l'ordre de la Plume, conféré à ceux qui remportent des victoires sur les infidèles. Il le nomma ensuite bey d'Oran. « Je te confie aujourd'hui celle précieuse cité, lui dit-il, car c'est à ton zèle et à Ion courage que V Islam doit de la recouvrer. C'est à loi seul qu'il appartient d'y commander. » Dans ce voyage, Mohammed-el-Kebir châtia, d'une manière exemplaire, les Soumata, tribu pillarde établie entre les Mouzaïa et les Beni- Menad. Le Hakem de Médéa était obligé de faire un long détour pour les éviter et les colonnes de l'Ouest avaient souvent à se plaindre d'eux.

Cependant, à Oran, les chrétiens hâtaient leurs préparatifs de départ, mais les intérêts privés les retardèrent et il fallut leur accorder un sursis. Un délégué du dey d'Alger vint surveiller l'exécution du traité et, par un sentiment de jalousie contre le bey ou dans la crainte qu'il n'acquit une position trop forte, exigea que l'on fit sauter les forts de Saint-Ferdinand, Saint-Philippe, Santa-Cruz et Saint- Michel, dont les pierres furent vendues à l'encan. Les églises et l'hôpital qui avaient été réédifiés furent de nouveau renversés.

Peu à peu, les troupes et les particuliers avaient été expédiés ; enfin, le 27 février, le reste de la garnison s'embarqua avec ordre ; elle emmenait un certain nombre de soldats musulmans, depuis longtemps au service des Espagnols, et qui furent déposés, avec leurs familles, à Ceuta. Dès le 21 février 1792, Mohammcd-el-Kobir vint camper dans le ravin de Ras-el-Aïn et, le 29 février, il fit son entrée solennelle à Oran, monté sur un magnifique coursier, entouré d'un appareil princier et au bruit des acclamations et des salves d'artillerie. Devant lui, était conduite une mule, richement caparaçonnée et portant un exemplaire du Sahih, de Boukhari, et sur les côtés, marchaient en files, des Oulama et des Taleb, réci-

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tant des litanies, tandis que des cavaliers exécutaient, sur les flancs, de brillantes fantasias.

Ainsi Oran était retombé sous le joug de llslam. 70 ou 80 familles espagnoles y restèrent, sous la protection du bey, qui se montra humain et bienveillant pour les chrétiens et évita soigneusement qu'ils fussent gênés ou molestés 1 .

1. General de Saadoval, Les Inscriptions d'Oran et de Mcrs-El-Kcbir (Revue afric., n° 9i, p. 287 et suiv., et n 95. p. 3i3 et suiv). — Gurguos, Notice sur le bey d'Oran, traduction du Djoumani (Revue afric, t. I, nn* 5 et 6, et t. II. p. 37 et suiv , 223 el suiv). — L. Fey. ffisl. d'Oran, p. 250 et suiv. — De Grammunt, I/tst. d'Alger, p. 343 et suiv. — Walsin-Esterhazy, Domination turque, p. 191 et suiv. — Vhcïkh Bou-Jlas. trad. Arnaud (Revue afric. n° 166, p. 301 et suiv ). — Guiu. Documents sur l'occupation espagnole. — Feraud. Ephcmérides d'un secrétaire (Revue afric. n* 106, p. 299 et suiv.)

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