‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 115 sur 174 · FIN DE I.A PRÉPONDÉRANCE DES DEYS · texte numérisé non relu

FIN DE I.A PRÉPONDÉRANCE DES DEYS

lui, on le charge de chaînes «au cou cl aux mains» et on le met dans la prison de la Kasba en attendant l'arrivée du bey.

Le 25 août, Ilasscin-bey fil son entrée, sans la moindre opposition, à Constantine. Aussitôt les hauts fonctionnaires algériens qui l'accompagnaient s'occupèrent de faire main basse sur la fortune de Salah-bey et sur toutes les valeurs trouvées chez le bach- Kateb et le bach-Seïar. En même temps, les exécutions commencèrent : le bach-Seïar Bou-Rennane ben-Zekri, fut roué vif sur la place publique. Les chaouehs de l'ancien bey, son ag'a, Ibrahim, le caïd de la Kasba, celui de Iiône et un grand nombre d'autres personnes, périrent étranglés ou décapités. Quant a Salah-bey, il vit, dans la nuit du premier au deux septembre, des chaouehs munis du lacet entrer dans son cachot et fut étranglé par eux. Son corps, rendu à sa famille, fut inhumé dans la Medraça de Sidi-Kl-Kettani, où il se trouve encore.

Telle fut la fin de cet homme qui s'était montré administrateur habile et dont la figure domine celle de tous les beys de l'Est. Il tomba victime du système de suspicion et de spoliation qui vouait les fonctionnaires turcs à un sort presque toujours misérable. Quant à sa rébellion finale, caractérisée par le meurtre d'Ibrahim, personne ne peut l'excuser, et le gouvernement turc ne devait pas la tolérer.

Peu de temps après, les fonctionnaires du dey reprirent la route d'Alger, en ramenant 2">0 mulets chargés d'or, d'argent et d'objets précieux, le tout formant une valeur d'environ douze millions. Ainsi, la révolte de Salah-bey avait été productive pour le gouvernement algérien *.

MeSLRKS PRISES PAR Mo||AMMED-EL-KeBIR POUR LE REPEUPLEMENT

d'Ohan. Sa mort. Il est remplacé par son fils Osmane. — Le premier soin de Mohammed-el-Kebir, après sa prise de possession d'Oran, avait été de relever la ville de ses ruines et de la repeupler. Il reçut du dey d'Alger un certain nombre de familles qu'il protégeait, ou dont les chefs lui étaient suspects, et adressa un appel dans les villes telles que Médéa, Miliana, Maskara, Tlemcen, qui lui envoyèrent des colons. 11 en vint même de Maroc et de Fès ; quelques Arabes de l'intérieur se présentèrent aussi, pour changer

1 . Vayssettes, Hist. de Constantine sous les beys, p. 375 et suiv. — Féraud, Ephèmcrides d'un secrétaire (Revue afric, h' 106. p. 302 et suiv.) — Chcrbonncau. Inscriptions arabes de Constantine (Rec. delà Soc. Arclt. 1856-57. p. 118 et suiv.). — De Grammont. Hist. d'Alger, p. 347 et suiv.

HISTOIRE DE I.'aFHIQUB

leur genre de vie contre celui du citadin. Le bey distribua à ces gens les terrains de la ville, en n'exigeant d'eux que de faibles redevances, mais en les obligeant à construire sur des emplacements déterminés. Enfin des Juifs étaient accourus en grand nombre de Mostaganem, de Tlemcen, de Ncdroma et autres localités. Il les cantonna, moyennant quelques taxes, sur la crête du ravin, où ils formèrent le quartier israélite tel que nous l'avons trouvé. Quant aux propriétés particulières et édifices publics abandonnés par les Espagnols, il en employa une partie pour ses besoins ou ceux de l'administration, en donna une autre partie au* gens de son entourage et vendit le reste.

Le dey d'Alger, toujours hanté par la crainte que lui causait l'extension de la puissance de ses beys, avait rappelé presque toutes les troupes régulières. Il ne resta à Oran que dix sefTara. soit environ 190 Yoldachs et une quarantaine de cavaliers. Mais le bey Mohammed couvrit Oran vers l'intérieur, en l'entourant des tribus Makhzen : Douaïr, Zemala, H'araba et, plus loin, Hachem et Bordjïa. Ces populations devaient lui fournir, en tout temps, 4,000 cavaliers.

Mohammed-el-Kebir fit élever la mosquée de Karguenta, où il prépara sa sépulture. Elle fut terminée en 1793 et le bey venait d'ordonner la construction de celle qui a été enclavée dans l'hôpital civil, lorsque la peste, rapportée d'Orient par les pèlerins, éclata dans la ville où elle fit de grands ravages. Quelque temps après, ayant réuni les fonds et les présents nécessaires pour le denouche triennal qu'il devait apporter lui-même à Alger, il se mit en route ; mais, parvenu à la Guetna des Oulad-Khouidem, à Sbiha, il mourut subitement (15 novembre 1707}. Selon certaines traditions confirmées par des renseignements fournis par M. Guin, son décès n'aurait eu lieu qu'à son retour d'Alger, le 15 juin 1797. On accusa le dey de l'avoir fait empoisonner. Ainsi, les circonstances qui ont accompagné la mort de cet homme remarquable sont indécises, malgré leur proximité de notre époque. Il fut enterré dan* la Medraça de Kheneg-en-Xetah dont la coupole et le minaret sont enclavés dans la caserne de cavalerie.

Avant sa mort, le bey avait désigné, pour lui succéder, son second fils Osmane, surnommé le Borgne, associé par lui, depuis longtemps, à la direction des affaires. Le dey ratifia ce choix ; quant à l'aîné, Mohammed-el-Mekallech, il fut momentanément tenu à l'écart'.

t. W.ilsin Esllicrlia/v. Domination Turque, p. |%et&uiv. — I,. Foy. Ilist. d'Oran, p. 268 et suiv. — De Gratum.nit. f/ist. d'Alger, p. 35« - Gorgims, Sotice sur le fier d'Oran (Rov»r> «fric. p. 223 et suiv.)

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