‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 124 sur 174 · REVOLTES RELIGIEUSES EN ALGER1B · texte numérisé non relu

REVOLTES RELIGIEUSES EN ALGER1B

Puis, il ramène ses guerriers au combat, s'empare du mamelon du Koudiat-Ati et enfin se lance, lui premier, à l'assaut de la porte Bab-cl-Ouad. Plusieurs de ses prisonniers chrétiens ont été munis de haches et doivent enfoncer la porte. Un élan irrésistible amène une masse de Kabiles jusqu'au pied de la muraille; mais les citadins et les canonniers sont à leur poste. Un feu nourri les accueille et fait, dans ces masses profondes, des trouées sanglantes. Tout à coup, le cherif, qui avait annoncé qu'il était invulnérable, tombe frappé d'une balle à la cuisse. On l'emporte et, en même temps, l'assaut cesse et les assaillants reculent ; puis cette troupe si pleine de confiance quelques minutes auparavant se met en retraite, et la retraite ne tarde pas à se changer en véritable déroute, car le bey accourt, il est proche et, cette fois, la nouvelle n'est que trop vraie.

La cavalerie d'Osmane bey, lancée à la poursuite des fuyards, les atteignit à Bou-Keceïba, sur l'Ouad-Kotone, et en fit un épouvantable carnage. La terreur répandue dans le pays fut telle que les Kabiles restèrent plus d'un mois dans leurs montagnes sans oser venir relever les cadavres de leurs parents. Quant à Bou-Dali, il avait été transporté à son village de Djerab, où il se faisait soigner de sa grave blessure, dont il devait demeurer estropié.

Expédition d'Osm anb-bby contre i.b cherif. Il est défait bt tué. — Ces nouvelles avaient produit à Alger une grande émotion, d'autant plus que le parti anglais, dans le but de détruire l'influence de la France, faisait courir le bruit que la révolte était provoquée par elle et que des Français étaient à sa tête. Osmane-bey reçut l'ordre d'agir avec la plus grande vigueur et, dans le courant du mois d'août, il se mit en marche à la tête de 4,000 fantassins turcs et Zouaoua, avec 4 pièces de canon et 3,500 cavaliers auxiliaires. La colonne atteignit sans encombre El-Milïa et procéda à quelques exécutions chez les Oulad-Aïdoun. Ce fut alors qu'un marabout des Beni-Sebih, nommé Ben-Bag'riehe vint se présenter au camp du dey, et affirma qu'il avait, par son influence, pacifié toute la contrée; des députations des tribus de la région le suivaient et confirmèrent ses dires. Osmane leur pardonna généreusement, surtout après avoir reçu d'elles la promesse que le Cherif lui serait livré.

Mais les jours s'écoulaient dans l'inaction et, comme le bey perdait patience, le marabout lui annonça que Bou-Dali était aux Mechate et que les indigènes n'osaient mettre la main sur lui. D'après son conseil, le bey se décide à y envoyer un corps de troupes, avec l'ag'a. C'est Ben-Bag'riche qui servira de guide. Et alors l'armée

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