‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 141 sur 174 · LK DERNIER DEY, I-E8 DERNIERS DEYS · texte numérisé non relu

LK DERNIER DEY, I-E8 DERNIERS DEYS

pour dix années, offrant de lui servir, comme redevance annuelle, 10.000 piastres fortes, 100 livres de corail et divers autres cadeaux. Bien que la France eût un droit ancien sur ces pêcheries, droit consacré par l'usage et par des renouvellements partiels, Housseïn-bcy, tenant compte de l'énorme diminution des revenus du beylik, par suite de la suppression de la course, accorda le privilège demandé. Il offrit, il est vrai, au consul de France, de lui donner la préférence, s'il s'engageait à fournir à la régence des avantages égaux ; mais les obligations acceptées par la compagnie anglaise étaient trop lourdes pour qu'on pût songer à l'imiter.

Dans le mois de mars 1825, un capidji de la Porte vint à Tunis, remettre au bey le caftan d'honneur et le firman d'investiture. Peu après, on recevait d'Angleterre la ratification du traité conclu par le sieur Tchatcher*.

MaNAMANNI, BBY DE CoNSTANTINE. II. BST REMPLACE PAR El-HaDJ-

Aiimed, que Yaiiia-ag'a vient installer. — Cependant, à Alger, les intrigues se multipliaient dans l'entourage du dey. On lui insinuait, de divers côtés, que Yahïa-ag'a cherchait à tirer parti de ses succès pour le renverser, et il en résultait, qu'au lieu de la reconnaissance à laquelle il avait droit pour les immenses services rendus au beylik, cet oflicier dévoué était en butte à la méfiance du maître. Une autre action commençait à se faire sentir: c'était celle d'El-Hadj-Ahmed, petit-fils du bey El-Kolli, de Constantine, qui se trouvait alors à Blida et intriguait pour être placé à la tête de la province de l'Est. Or l'administration de Braham-bey ne laissait rien a désirer et c'était précisément ce qu'on ne voulait pas. Des agents habiles exploitèrent auprès du dey la défaite éprouvée par les troupes turques près de Batna, en l'exagérant, et obtinrent ainsi sa destitution ; mais, cette fois, la place ne fut pas pour El-Hadj-Ahmed.

Dans le mois de décembre 1824, deux envoyés du dev arrivèrent à Constantine et, ayant montré au caïd-cd-Dar et à l'ag'a de» la garnison les ordres dont ils étaient porteurs, arrêtèrent Braliiim ù la sortie de la mosquée, le garrottèrent et l'envoyèrent à la prison de la Kasba. Puis, ils se tirent conduire chez un vieux Turc, nommé M'hammed-Manamnnni, établi à Constantine depuis longtemps, lui annoncèrent qu'il était nomme bey de l'Est, le firent monter sur la jument de son prédécesseur, et le menèrent à

1. Rousseau. Annales Tunisiennes, p. 354 et suiv. — Marcel, Tunis, p. 203 et suiv.

HISTOIRE DE l'aFHIQUE

Dar-el-Bey. Ce vieillard ignorant, pouvant à peine se faire comprendre en arabe, imbu des préjugés de sa race, ne s'entoura que de Turcs et se livra, aussitôt qu'il eut pris le pouvoir, aux fantaisies les plus ridicules, lorsqu'elles n'étaient pas sanguinaires. Aussi, en peu de mois, la province de l'Est, tranquille avant lui, se trouva de nouveau bouleversée. Fort malheureusement, il nomma Khalifa, ce Mahmoud-ben-Tchakcr qui avait déjà joué un rôle si funeste sous ses prédécesseurs. Bientôt, les gens de Constantine, poussés à bout par de tels excès, envoyèrent à Alger une députation afin de se plaindre au dey ; mais ils n'obtinrent que la destitution du Khalifa, sans parvenir même à l'éloigner du faible bey, qui le conserva comme conseiller intime.

Le 25 janvier 1825, eut lieu le tremblement de terre qui renversa Blida et ensevelit sous les ruines de la ville un grand nombre d'habitants. El-Hadj-Ahmed se trouvait dans une campagne aux environs; il accourut aussitôt et prodigua ses soins aux victimes; puis, Yahïa-ag'a arriva sur les lieux, par l'ordre du dey, et s'occupa de la construction d'une nouvelle ville à peu de distance des ruines de l'ancienne. El-Hadj-Ahmed, espérant gagner l'ag'a à sa cause, lui offrit son concours, mais ce dernier accueillit très froidement ses avances et, dès lors, le prince constantinois lui voua une haine ardente qu'il ne cessa de chercher à assouvir.

Sur ces entrefaites, Brahim, ami de ce dernier, ayant été nommé Khaznadji, s'appliqua à desservir, en toute occasion, Yahïaag'a, auprès du maître, triste lâche d'autant plus facile, que le général était presque toujours absent, en expédition, ou occupé â surveiller les fortifications que Ilousscïn faisait élever sur différents points de la côte, notamment le bordj de l'Harrach (Maison- Carrée).

A Constantine, les choses allaient de mal en pis. Sur la frontière de l'Est, Zeïn continuait à braver toutes les forces du bev; le sud s'agitait. Manamanni avait destitué Bou-Rennane-beri- Achour, cheikh du Ferdjioua, et rendu l'autorité à Maggoura, son cousin. Enfin, au printemps de 1826, le moment de verser le denouche était arrivé ; or les caisses étant vides Manamanni essaya de se dispenser de se rendre en personne à Alger ; mais ordre formel lui fut adressé d'y venir et il se vit contraint de se présenter les mains â peu près vides. C'était un homme fini, et personne, à Alger, ne voulut lui avancer ce qui manquait. Cependant, bien que sa révocation fût arrêtée en principe, on le laissa repartir et ce ne fut qu'à Hamza, que les chaouchs le rejoignirent et l'arrêtèrent. Il fut ramené à Alger et interné à Koléa (fin juillet 1820).

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