‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 144 sur 174 · LE DERN1BR DEY, LES DERNIERS RE Y S · texte numérisé non relu

LE DERN1BR DEY, LES DERNIERS RE Y S

insurrection qui s'était produite chez les Oulhaça fut étouffée dans le sang1.

Le bey Bou-Mezrag a Médka. Chute de Yaiiïa-ag'a. — Dans le sud de la province d'Alger, le bey Moustafa-Bou-Mezrag avait successivement contraint toutes les tribus de son beylik à la soumission. Aïn-Riche, près de Bou-Çaada, le Hamma du Zahrcz, Oum-Zebboudj, dans le Seressou, Aïn-Oussera, près de Djclfa, furent le théâtre de ses razias les plus importantes. Enfin, pour punir les Larbaa du concours qu'ils avaient prêté à Tedjini, il alla, à la tête de 1,500 cavaliers leur infliger une sévère leçon dans le Sahara et ramena des prisonniers qui furent expédiés à Alger et assujettis aux plus durs travaux.

Le dey s'occupait activement de compléter et d'améliorer les fortifications d'Alger et du littoral environnant. Cependant, la conspiration ourdie par le Khaznadji Brahim et El-Hadj-Ahmedbey, contre Yahïa-ag'a, suivait son cours. Mais Housseïn, à défaut de reconnaissance, était lié à son général par une amitié antérieure à leur élévation à tous deux et consacrée par des serments solennels; aussi résistait-il à toutes les insinuations. Les ennemis de l'ag'a inventèrent alors un moyen, véritablement diabolique, pour le perdre: ils s'arrangèrent avec le caïd chargé des distributions de vivres aux divers corps stationnés dans l'intérieur, pour qu'il fournît des denrées mauvaises, nuisibles même; puis, on les saisit et on les montra au dey. Celte fois le prétexte était trouvé et Yahïa-ag'a, invité à se justifier, refusa de répondre en voyant son ancien ami se laisser prendre à un piège aussi grossier. 11 fut, d'abord, interné à Blida (février 1828); mais cela ne suffisait pas à ses ennemis, qui finirent par arracher au dey l'ordre de le mettre à mort. L'ancien ag'a se soumit avec beaucoup de dignité à cet arrêt. Ainsi le dey, justifiant une fois déplus l'axiome « Quos vult perdere », se privait des services de cet homme de guerre remarquable, au moment même où il allait en avoir le plus besoin'.

1. WaUin Esterhazy, Domination Turque, p, 224 et suiv. — Arnaud, Hist. de Tedjani (Revue afric, n<> 30, p. 473 et suiv.).

2. Robin, Notes sur Yahïa agha (Revue afric, n° 104, p. 117 et suiv.). — Federmann et Aucapitaiue, Beylik de Titeri (Revue afric., n« 52, p. 299 et suiv.).

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