‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 17 sur 174 · LUTTES DES TCRCS, DES CHERIES ET DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

LUTTES DES TCRCS, DES CHERIES ET DES ESPAGNOLS

Dans le même mois d'août, la flolle ottomane, de 110 voiles, sous le commandement de Sinane-Pacha, était venue attaquer Tripoli. Cette ville se trouvait alors sous l'autorité du commandeur Gaspar de Yallier, n'ayant à sa disposition que 000 soldats calabrais et siciliens et 30 chevaliers de Malte. Dragut et un autre corsaire, nommé Mourad-Ag'a, vinrent coopérera cette expédition. Sinane-Pacha attaqua Tripoli par mer et par terre. La position des assié^ était certainement critique, mais les troupes siciliennes manquèrent de courage et les braves chevaliers eurent la douleur de voir la ville tomber au pouvoir des musulmans, presque sans combat. Mourad-Ag'a en fut nommé gouverneur.

Peu après la reddition, apparut la Hotte de Doria, venant au secours de Tripoli. Les vaisseaux turcs coururent alors le plus grand danger et ne furent sauvés que par l'habileté et l'audace de Draput qui les mit à l'abri sous l'île de Djerba. Gomme récompense, le corsaire reçut de la Porte le commandement de Lépante, et d'une flotte de 10 galères (1551) *.

Salah-Réïs, bbylarbrg d'Afrique. — Son expédition a Touggourt

ET DANS L*0. Rin'. — G L'ERRE CONTRE AbD-F.I.-AzIZ, ROI DES BknI-

Arbès. — Au mois d'avril 1552, arriva a Alger le nouveau bcylarbeg d'Afrique ; c'était un Kgvptien, du nom de Salah-Reïs, qui avait été formé a l'école des deux Barberousse ; il en avait l'énergie et possédait l'expérience des hommes et des choses de l'Afrique: le sullan ne pouvait faire un meilleur choix, aussi n'avait-il pas hésité à l'enlever au commandement de la marine qu'il lui avait confié après la mort de Kheïr-ed-Dine. A peine arrivé à Alger, le nouveau pacha, ayant appris que le jeune prince de la famille Ben-Djellab, qui régnait dans l'oasis de Touggourt, s'était révolté contre son autorité et avait entraîné les oasis voisines dans sa rébellion, décida une grande expédition vers l'extrême Sud. Au mois d'octobre, il quitta Alger, à la tête de 3,000 arquebusiers turcs ou renégats, 1.000 cavaliers et seulement deux pièces de canon, pour ne pas alourdir sa marche. Parvenu dans la Medjana, il reçoit le contingent des Beni-Abbès, se composant de 8,000 hommes commandés par leur roi Abd-el-Aziz; puis on pénètre clans le Ilodna, de là dans le Zab et l'on se trouve bientôt

LA. Rousseau. Annales Tunisiennes, p. 24. — Féraud. Annales Tnpolitaines (Kevue afrie.. n« 159, p. 209. 210). — Général dé Sandoval. Inscriptions d'Oran (Revue afric. n» 88, p. 282). — Dé Grammout. Histoire d'Alger, p. 76. 78. — Walsin Esterhazy. Domination Turque, p 15t.

HISTOIHE DE I. AFRIQUE

sous les murs de Touggourt. Ben-Djellab, surpris, n'avait pas eu le temps de se préparer. Néanmoins il essaya de résister, espérant que ses alliés, les autres principicules du Sahara, viendraient à son secours. Mais il n'en fut rien et, après une canonnade de trois jours, la ville fut emportée d'assaut et livrée au pillage ; les habitants survivants se virent réduits en esclavage. Le beylarbeg alla ensuite attaquer Ouargla, qui subit le même sort, mais dont le cheikh ne l'attendit pas et lui envoya de loin sa soumission.

Salah-Heïs rétablit, comme tributaires, les cheikhs d'Ouargla et de Touggourt dans leurs principautés ; puis, il reprit la route d'Alger, traînant à sa suite un butin immense. Sa première expédition avait été un coup de maître ; malheureusement h* partage des prises amena une rupture entre Abd-el-Aziz et le pacha qui prêta sans doute l'oreille aux calomnies de Hassan-Corso, ennemi personnel du roi des Boni-Abbés, depuis l'expédition qu'ils avaient faite de concert à Tlemcen. Aussitôt les luttes commencèrent entre les Beni-Abbès et les Turcs et prirent un caractère d'acharnement extrême. Salah avant, dans ce même hiver, marché contre son ancien allié, pénétra dans les montagnes kabilcs et livra, à Bouni, une bataille dans laquelle il délit les Beni-Abbès et où périt Fàdel, frère du roi. Mais ce succès avait été obtenu au prix de tels eiïorts que le pacha dut aussitôt se mettre en retraite, opération toujours dangereuse dans les guerres d'Afrique et qu'il n'exécuta qu'avec la plus grande difficulté. L'année suivante, une expédition commandée par Mohammed, propre fils du pacha, aboutit à un véritable désastre, au milieu de ces terribles montagnes des Beni- Abbès. Enfin, en LY>1, Sinane-Reïs conduisit une autre expédition, qui parait avoir suivi la route de Sour-cl-H'ozlane et du Hodna. Abd-el-Aziz y trouva l'occasion de remporter sur les Turcs une nouvelle victoire, à l'Ouad-el-Leham. près de Media1.

Salah-Heïs, après une course aux Baléares, marche contre le

CHERIF DE FlS POUR RETABLIR LE SULTAN MERINIDE. Au mois de

juin l'y'ùi, Salah-Heïs, en exécution des conventions conclues entre lui et l'envoyé du roi de France, quitta Alger et cingla sur Majorque qu'il espérait surprendre. Dragut, récemment élevé au pachalik de Tripoli, devait concourir, avec les vaisseaux de M. de

1. Féraud, Les Ben-I)jellab (Revue afric , a0 136). — Haédo. Revue africaine, u» l'i2. p. 271 el suiv ). — De Grammont. Uist. d'Alger, p. 78, 79.

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