‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 21 sur 174 · LUTTES DES TURCS, DES CI1ERIFS KT DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

LUTTES DES TURCS, DES CI1ERIFS KT DES ESPAGNOLS

et par nous forl Barrai), fut renverse; par les feux convergents de deux batteries de siège de 6 à S pièces, ce qui s'explique par les déplorables conditions dans lesquelles cette construction avait été élevée : « chaque boulet y faisait une brèche ». Don Pedro, qui y commandait avec 150 hommes, reçut Tordre de l'évacuer ol rentra à la Kasba par le souterrain la faisant communiquer avec cet ouvrage, après avoir fait sauter ce qui restait debout. I.e fort de la mer (bordj Abd-el-Kader), résista pendant cinq jours. Sur les 00 hommes qui le défendaient, 43 enc ore vivants lurent fait prisonniers. Le commandant et le reste de la garnison s'étaient réfugiés dans la Kasba, où la défense était énergique ; mais le canon des assiégeants y eut bientôt pratiqué des brèches. Le 27, les Turcs se lancèrent à l'assaut. Us furent repoussés après une lutte acharnée; cependant Peralta jugea dès lors la résistance inutile* et céda a la proposition du pacha lui offrant une capitulation honorable et la promesse de la liberté à tous ; il devait en outre leur fournir les vaisseaux nécessaires pour les rapatrier en Kspagne (28 septembre).

Mais ces conditions ne furent pas exécutées ; les Espagnols valides se virent réduits en esclavage, et tous entièrement dépouillés même de leurs vêtements. Seuls, le commandant et l'officier L. Gondinez furent chargés sur une mauvaise barque avec 120 compagnons, tous blessés ou hors d'âge, et on les abandonna au gré des flots. Après avoir supporté de grandes souffrances, ces malheureux abordèrent à Alicanlc. Peralta. arrêté, fut traduit devant un conseil de guerre et condamné à mort en punition de sa faiblesse : car on ne peut admettre qu'il ait, comme on l'en a accusé, stipulé pour lui seul et quelques amis, en traitant avec Salah-Heïs. Le bourreau lui trancha la tête à Yalladolid.

Ainsi la fortune favorisait toutes les entreprises du pacha. Il laissa à Bougie iOO hommes de garnison sous le commandement d'Ali-Sardou et rentra à Alger rapportant un riche butin. Des ordres furent laissés par lui pour que les fortifications de Bougie fussent remises en état et complétées. L'Kspagne avait occupé Bougie pendant 45 ans

Mort de Salah-Beïs. Hassan-Corso conduit une expédition

CONTRE OHAN, PUIS EST RAPPELE PAR ORDRE DE LA PriRTE. — Après Ce

1. Documents des archives de Simancas {Lettres de l'ingénieur I.ibrano et Mémoire de Peralta). Revue afric . n" 124, p. 267. 280 et suiv. — Haéilo, Rois d'Alger (lue. cit., p. 278 cl suiv ). — Foraud, Uist. de Bougie ,Rcc. de la Soc. nrclieol., de Constanline 1869. p. 257 et suiv. — De Grammout, Hist. d'Alger, p. 81, 82.

HISTOIRE DE I.'aFRIQI E

facile succès, il n'est pas surprenant que Salah-Reïs ait songé à expulser d'Oran les Espagnols. Jugeant, avec raison, qu'il ne fallait pas perdre de temps, il sollicita de la Porte de puissants renforts et prépara son expédition dans un vaste camp, dressé au cap Malifou. Mohammed, propre fils du beylarbeg, chargé de porter en Orient les trophées de Bougie et d'obtenir les renforts demandés, réussit à merveille et amena bientôt à Matifou 40 galères portant 6,000 hommes. Le sultan ordonnait, qu'après avoir enlevé Oran aux infidèles, l'armée allât jusqu'au Maroc, châtier le cherif qui avait osé le braver et dont on connaissait les négociations avec les Espagnols d'Oran. Le gouverneur de cette ville s'était effectivement engagé â mettre à sa disposition une armée importante, à condition qu'il la pavât, et à coopérer avec lui à une attaque contre Alger pour en chasser les Turcs. Mais il exigea la consignation de la somme d'avance par le cherif qui, de son côté, demandait la remise d'un des fils du comte d'Alcaudète en otage, et ces diflicultés retardèrent la conclusion de la convention ; puis ce fut Philippe II, lui-même, qui ajourna l'autorisation nécessaire.

■4,000 Turcs et 30 galères avaient déjà été groupées par Salah- Reïs, au moyen des forces dont il disposait, et il allait donner le signal du départ, lorsqu'il fut frappé par la peste qui régnait alors à Alger et expira dans l'espace de vingt-quatre heures, a l'âge de 70 ans (15J>0;.

Bien que le beylarbeg eût atteint un âge qui ne permettait pas de compter sur de longs services, sa mort inopinée, dans un tel moment, fut pour la Porte un véritable malheur. Sans attendre les ordres du sultan, le Khalifa, Hassan-Corso, se mit à la tête de l'armée et prit la route de l'ouest, tandis que la flotte cinglait vers Moslaganem oii devait être le quartier-général. Après une station dans celle localité, les navires chargés de l'artillerie allèrent aborder à la plage de Aïn-Trouk, au pied du cap Falcon. Les canonniers escaladèrent alors, avec leur matériel, les hauteurs, contournèrent le plateau du Santon et vinrent descendre, non sans audace, en avant de Ras-el-Aïn.

L'armée étant arrivée par terre, le siège commença aussitôt. Deux batteries furent installées au sud et a l'ouest de la ville et, après une courte résistance, le château des Saints fut emporté et ses défenseurs périrent sous le fer des vainqueurs. Ce premier succès encouragea les assiégeants qui redoublaient d'ardeur, lorsqu'un ordre du sultan, apporté par le renégat Euldj-Ali, prescrivit le renvoi de toutes les galères dans l'archipel pour les opposer à André Doria. Dans ces conditions, il ne restait à Hassan-Corso qu'à

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