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2. Nozhet-El-Hadi, p. 100 et suiv. du texte arabe. 175 «t suiv. de la trad. — Abbé Godard, Maroc, p. 477 et suiv.
PRKPOSDKRANCR DR |/eMPIRE DRS CIIERtFS SAADIENS (1590) 167
port, le pacha y trouva 50 galères amendes d'Orient par le Capitan I lassen. Avec de telles forces, les Turcs eurent bientôt débloqué la Kasba et repris possession de la ville. Mais les révoltés tenaient toujours la campagne et, après plusieurs rencontres sans résultat, Hassen dut rentrer en Orient, laissant à Dali-Ahmed le soin d'assurer la pacification. Peu après, le chef des rebelles, livré par ses anciens partisans, fut écorché vif et l'on envoya, à Constantinople, sa peau bourrée de paille (1589, ; quant à Dali- Ahmed, il fut tué dans le cours de cette campagne.
Kheder-pacha avait reçu le commandement d'Alger où il était arrivé en août 1589. De même que ses prédécesseurs, il donna tousses soins à la course et encouragea les exploits des glorieux reïs que nous connaissons ; il se produisit même ce fait curieux que le Grand- Seigneur envoya à Alger des ordres pour autoriser la course contre les galères de Marseille, afin de punir cette ville qui était passée du côté de la ligue, contre son excellent ami, le roi de France.
Cependant, les populations kabilcs, groupées avec les Beni- Abbès par leur chef Sidi-Mokrane, s'étaient mises, depuis quelque temps, en état de révolte et ne cessaient d'intercepter les communications avec Gonstantine. Une fraction des Hachem de la province d'Oran, étant venue olîrir ses services aux maîtres de ce pays, avait été bien accueillie et établie par eux dans la plaine de la Medjana ; de sorte que le « roi » des Beni-Abbès tenait en même temps la route de la montagne et celle de la plaine.
Cette situation était intolérable et Kheder-pacha résolut démettre fin. En 1590, ayant réuni une armée de 12,000 arquebusiers et 1,000 spahis réguliers avec un goum important, il marcha contre la Kalàa (des Beni-Abbès) où Mokrane l'attendait, soutenu par 30,000 cavaliers. Mais le pacha était trop prudent pour s'engager dans des vallées où il n'aurait pu déployer ses forces. Aussi dut-il se contenter d'établir le blocus de la montagne et d'occuper ?es troupes a des dévastations stériles ; tout se borna donc à des escarmouches et cette situation aurait pu se prolonger longtemps, si un marabout ne s'était interposé afin d'amener une trêve entre les belligérants. Toutefois, les Beni-Abbès ne purent obtenir le départ de l'armée turque que par le versement d'une contribution de 3i>,000 écus (environ 150,000 francs)1.
t. Féraud, Annales Tripolitaines, loc. cit., p. 211. — Le même, Notice sur les Mokrani (Rec. de la Soc. archéol. de Constantine 1871-72. p. 232 et suiv.). — Bcrbrugger, Epoques militaires de la grande Kabylic, p. 101 et suiv. — Haédo, Rois d'Alger, loc. cit., p. 100 et suiv. - De Grammont, llist. d'Alger, p. 138 et 139.
Modifications dans le gouvernement de Tunis. Les deys. Otiimane- Dev rétahlit l'autorité. — La suppression de la charge de Beylarbcg d'Afrique devait avoir son contre-coup à Tunis. Le pouvoir, ainsi que nous l'avons dit, était, en réalité, entre les mains des Bouloukbachis, formant le diwan ; leur arrogance et leur tyrannie ne tardèrent pas à irriter contre eux les janissaires eux-mêmes, dont l'organisation était essentiellement égalitaire. Les Yoldachs résolurent de mettre un terme à cette situation et, un beau jour de la première quinzaine d'octobre 1501, ils envahirent la salle où le diwan était réuni, massacrèrent les Bouloukbachis et s'emparèrent de l'autorité. L'oukil-el-IIardj, Toubal-Redjeb, d'accord avec les conjurés, avait caché la clef de la salle d'armes, de sorte que les membres du diwan furent égorgés sans même avoir pu se défendre.
Après ce succès, les Yoldachs se fractionnèrent en 300 groupes qui élurent chacun un des leurs, portant le titre de dey fonde), et auquel ils déléguèrent le pouvoir. Cette nombreuse assemblée, réunie à la Kasba, forma le nouveau diwan, sous la présidence de l'un des deys, le Hhodien Ismaïl, homme énergique, qui sut conserver le pouvoir durant trois ans ; après quoi, il réunit ses richesses et partit pour l'Orient, sous le prétexte d'cllcctuer le pèlerinage (1503). Son successeur, Moussa-Dey, se heurta aux difficultés qu'Ibrahim avait, sans doute, pressenties et ne tarda pas à se démettre de sa lourde charge.
Deux de ses collègues, Kara-Safnr et Othmane, se disputèrent son héritage ; mais ce dernier, plus jeune et plus hardi, sut se rendre maître de la Kasba, par un coup de force, et obliger son compétiteur à se réfugier à Alger. Les autres deys ne tardèrent pas à s'incliner devant l'énergie d'Othmane et, enfin, Tunis eut un gouvernement ; car le nouveau chef avait les qualités de l'administrateur. Lanarchie était partout, dans la ville, dans sa banlieue, dans l'intérieur. Il remit tout en ordre et sut déjouer les conspirations ourdies contre lui par les gens qui vivaient du trouble.
11 s'appuya sur deux fonlionnaires, par lui institués, et qui, dans le principe, devaient être les auxiliaires du dey. L'un, le heif, reçut le commandement des troupes, et l'autre, le Koplan, celui de la marine. Le développement et l'organisation de la course reçurent tous ses soins et il s'appliqua à réduire la puissance des reïs et à la subordonner à celle du dey. Le diwan. entièrement soumis à son iniluence, cessa d'être une entrave et devint au contraire le plus ferme appui du chef. Quant au pacha que la Turquie persista à envoyer à Tunis comme représentant officiel, il fut