‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 44 sur 174 · PUISSANCE DES MARABOUTS AU MAROC · texte numérisé non relu

PUISSANCE DES MARABOUTS AU MAROC

servait de retraite et de dépôt pour leur butin, avec grand profit pour eux et les marchands maures. » 1 Après avoir fortifié la ville, qui reçut le nom de San-Miguel de Ultramar, il y laissa une garnison et se relira. Dans le but de réagir contre l'impression causée par ces événements, Abd-Allah envoya une partie de ses troupes entreprendre des opérations contre Tctouane, toujours aux mains des rebelles (1017)'.

Rapprochement des pachalik d'Alger et de Tunis a vice i.a France. Massacre des Turcs a Marseille. Nouvelle rupture. Représailles. — Nous avons dit qu'après la rupture de la France avec Tunis et Alger, la course recommença de plus belle. Fn quelques années les pertes des seuls armateurs de Marseille s'élevèrent à plus de deux millions de livres. Tout en réclamant l'assistance de l'Ftat, cette ville continua à organiser elle-même sa défense, comme elle l'avait déjà fait en 1610, en subventionnant Simon Dansa. Flic arma cinq gros navires et deux palaclies, et en confia le commandement à des officiers éprouvés. Fn même temps, le chevalier de Vineheguerre f Vinciguerra ), qui devint plus tard commandeur de l'ordre de Malle, el dont le père représentait, à Tunis, la communauté de Marseille, travaillait activement à la conclusion d'une paix durable entre Youssof-Dey et celte ville. Fnfin, dans le courant de l'année 1617, étanl parvenu à arrêter les bases de ce traité qui stipulait la mise en liberté immédiate et réciproque des captifs des deux pays, il eut la satisfaction de rentrer a Marseille, amenant les délégués tunisiens munis de pleins pouvoirs pour signer 1«» traité. Youssof-Dey témoigna, en celle circonstance, la meilleure volonté pour nos nationaux. Aussi Yineheguerre, dans ses lettres, reL'ommanda-l-il aux Marseillais de traiter le plus doucement possible les prisonniers tunisiens.

La croisière de l'escadre de Marseille sur les côtes de Rerbérie, fort habilement conduite, eut bientôt pour résultat de calmer les esprits à Alger, d'autant plus, qu'en même temps, les galères de délies et de Toscane ne cessaient de sillonner la Méditerranée et de donner la chasse aux corsaires. Le pacha. Ilousseïn-Cheikh, était disposé à un rapprochement avec la France ; malheureusement, son pouvoir, contesté sans cesse, manquait de sanction et les représailles exercées venaient à chaque instant tout rcmetlre

Page 1