‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 52 sur 174 · CHEFS INDIGÈNES DE CONSTANTINK · texte numérisé non relu

CHEFS INDIGÈNES DE CONSTANTINK

Oulad-Saïd, ces traîtres pour lesquels les auteurs musulmans n'ont pas assez d'expressions de haine et de malédictions, les poursuivit, les décima et les réduisit à un tel état de misère qu'ils durent se disperser dans les tribus et môme cacher leur origine, préférant, pour employer les termes d'Kl-Kaïrouani, « se dire juifs, que d'avouer la vérité ». Les principaux de celte tribu ayant été pris et conduits à Tunis furent empalés sur le marché aux bestiaux, à la satisfaction de tous les bons citoyens.

Enfin, l'oasis d'Kl-IIamma se trouvait en état de révolte depuis sept années, ayant toujours su résister aux efforts des troupes turques. Hammouda en entreprit le sièjxe et, la pressant jour et nuit, sans lui laisser un instant de répit, finit par l'enlever les armes a la main. L'oasis fut pillée par les vainqueurs ; on massacra les hommes et les femmes furent réduites en servitude. Puis le bey rappela les habitants émigrés qui n'avaient pas pris part à la dernière lutte et leur permit de relever les murs de leurs habitations, à charge par eux de payer un tribut important ' (1031-1031).

A Tripoli, les Turcs ayant adopté la même hiérarchie qu'à Tunis, les pachas n'y avaient ni force ni autorité. Kn 1021, un certain Mohammed-Cherif étant dey, Louis XIII chargea le sieur Bércnguer du rachat des captifs français dans cette localité. La mission de cet envoyé fut couronnée de succès et un sieur Du Molin fut nommé consul à Tripoli (1030). L'année suivante, le dey Mohammed-Cherif était massacré. Le levantin Mohammed, originaire de Chio, le remplaça. C'était un homme actif et guerrier; à la suite d'une révolte des tribus de la Cyrénaïque, il alla à Ben-Ghazi, et y construisit un fort. 11 lit en outre des courses dans le sud et soumit à son autorité l'oasis d'Audjela, depuis longtemps indépendante. Quelque temps auparavant, l'île de Djerba avait définitivement cessé de relever de Tripoli pour être rattachée au pachalik de Tunis s.

1. Kl-Kaïroiiani, p. 350 et suiv., 386 et suiv. — Rousseau, Annales Tunisiennes, p. 46 et suiv. — Kéraud, Les llarars (ioc. cit., p. 197 et suiv.). — /.étires dv Thomas d'Arcvs à Peircsc (Revue afric, u° 189, p. 169 et suiv.). — Archives de l'Etat à La Haye (section Tunisie, classée par M. H. H. Van cler Rurgh).

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