BOMBARDEMENTS DAI.GER KT DE TRIPOLI
Mezzo-Morto détiendrait le pouvoir, le nouveau dey renonça de fail à sa fonction et sollicita l'honneur de conduire l'armée dans la province d'Oran. Il y passa plusieurs années, occupé à lutter contre les lispa^nols, resserra le siège d'Oran, avec l'aide de deux chefs de tribus indigènes, Yahïa-ben-Salem et Ali-Bou-Zabia, et donna même, dans le mois de juin 1688, un assaut à la ville
Cependant, les rcïs n'avaient pas lardé à commettre de nouvelles violations du droit des gens au préjudice de la France. Or, le gouvernement de Louis XIV" était absolument décidé à n'en tolérer aucune et, bientôt, les navires de guerre français vinrent croiser dans la Méditerranée et enlever de nombreux bateaux algériens. Il en résulta une grande irritation à Alger, d'autant plus que la répression atteignit des innocents ; mais cette colère n'eut plus de bornes lorsqu'on apprit qu'une décision du Conseil d'État encourageait les navires de commerce à s'armer pour résister par la force aux pirates. La foule en délire se rua chez le consul de France, nommé Piolle, et ses nationaux, au nombre de 312; ils furent roués de coups et conduits, enchaînés, au travail des carrières. En même temps, onze bateaux français, se trouvant dans le port, étaient pillés et vendus. Ces violences firent enfin place à l'apaisement ; mais le consul avait été tellement maltraité qu'il faillit en mourir. Le pacha aurait bien voulu atténuer les conséquences de cet acte odieux ; c'était trop tard et il ne lui resta plus qu a se préparer à soutenir une nouvelle lutte.
Le 26 juin 1688 parut devant Alger une flotte de 31 vaisseaux avec 10 galiotes à bombes. Le maréchal d'Eslrécs, qui la commandait, fit sommer le pacha de se rendre, en le prévenant qu'il avait à bord des captifs musulmans et que, si on touchait à un cheveu des Français détenus à Alger, il traiterait de même ses prisonniers. Mai» Hadj-Housseïn lui répondit que les menaces ne l'empêcheraient pas d'attacher les Français aux canons, à commencer par le consul, alors même que son père serait parmi les prisonniers de l'amiral. Malgré la certitude que les atrocités de 1683 allaient se reproduire, d'Estrées fit prendre position à ses navires et ouvrir le feu le 1" juillet. Cette fois, le bombardement eut un effet terrible et dura jusqu'au 16. Plus de 10,000 bombes furent lancées ; elles ne laissèrent, pour ainsi dire, pas une maison debout ; le môle, le chantier, les batteries furent endommagés ou détruits et cinq vaisseaux coulés; les défenseurs éprouvèrent des pertes sérieuses; Mezzo-Morto, lui-même, reçut deux blessures. Quant à la popula-