ANARCHIE AU MAROC
aux simples artisans, si bien que tous se décidèrent à abandonner leur ville et à chercher un refuge dans d'autres localités : « quelques-uns allèrent jusqu'en Tunisie, en Egypte, en Syrie et même au Soudan. »
Au commencement de l'année 1735, Moulaï-Abd-Allah envoya dans la montagne des Aït-Malou une armée de 25,000 Abid, sous le commandement du caïd Hassen-ben-Rissoum et lui adjoignit encore 3,000 Oudaïa ; mais ces troupes se laissèrent attirer au cœur des montagnes et furent presque entièrement détruites. Lorsque les fuyards rentrèrent à Meknès, la fureur des Abid fut à son comble et Abd-Allah, apprenant qu'ils avaient résolu de le mettre à mort, n'eut que le temps de se réfugier au campement des Edricides, d'où il gagna Maroc puis le Sous. Pendant ce temps les Abid envoyaient une députalion à Tafilala, dépôt des enfants d'Ismaïl, avec mission de ramener Moulaï-Ali, qui fut proclamé solennellement à Meknès l.
1. Et-Tordjeman, p. 39 et suiv. du texte arabe, 71 et suiv. de la trad. — Abbé Godard, Maroc, p. 538 et suiv.