CHAPITRE V
Communes — Coutumes — Juridictions — Châteaux <jt Bastides aux xiii et xnre siècles.
tant de poursuivre cette rapide revue historique, il est peut-être utile de consacrer quelques lignes aux conditions politiques des communes de l'Agenais, à leurs Coutumes et aux Juridictions du moyen âge.
Ancien municipe romain, Agen conserva-t-il ensuite, sous ses nombreux maîtres, ses premiers privilèges et franchises? La question est controversée. Les annalistes agenais sont généralement affirmatifs à cet égard; mais l'opinion contraire a été récemment soutenue1. Quoi qu'il en soit, les Coutumes d'Agen, bien que rédigées seulement en 1370, remontaient certainement alors à un passé lointain, sinon à ses origines historiques. Le texte écrit, dont on connaît jusqu'à
1 V. La Commune d'Agen. Essai sur son Histoire et son Organisation depuis son origine 'jusqu'au traité (te Hrétignq, par André Ducom,
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cinq versions, ne faisait donc que rappeler, que codifier des privilèges immémoriaux, et l'émancipation communale du xnc siècle sous Louis le Gros, son extension au xiiic sous Louis IX et Philippe le Bel eurent ainsi moins d'importance qu'en d'autres lieux1.
La commune d'Agen était librement administrée, d'abord par douze consuls, puis par six à partir de 1558, consuls dont l'élection lui appartenait et qui exerçaient à tour de rôle deux mois de majorie. La commune de Condom avait quatre consuls, de même que celles de Marmande, de Villeneuve et de Tonneins. Mézin en comptait cinq; Villeréal, six; Penne, huit d'abord, puis quatre.
Les consuls, nommés pour un an et rééligibles après un certain temps, étaient assistés d'un Conseil de jurats qu'ils devaient consulter et dont faisaient partie de droit les anciens consuls. Au xive siècle, les jurats étaient au nombre de vingt-quatre. Les Assemblées avaient lieu à la Maison commune2.
1 Sur l'histoire de l'organisation municipale, traitée par Augustin Thierry et Arthur Giry, V. aussi l'ouvrage de Henri Sée : Louis XI et les Villes (Paris, 1892, in-8°). L'auteur, se rangeant à l'opinion de Tocqueville et de Giry, attribue à Louis XI une animosité égale contre les petits et les grands, contre le peuple et la Noblesse, et étudie l'avènement de la bourgeoisie, qui devait trouver sa puissance dans l'évolution même de l'état social.
2 Jusqu'au xvie siècle, l'Hôtel de Ville ou Maison commune d'Agen fut situé vers la jonction de la rue Grande-Horloge et des Cornières. Au xvie siècle, avant 4566, il fut transféré sur l'emplacement du Théâtre actuel, entre la maison d'Estrades, au nord, et celle du libraire Lucas Barilhard, à l'ouest.
Des agrandissements eurent lieu en 1658, par l'achat de la maison d'Estrades, destinée au logement du sénéchal, et en 1678, par l'adjonction de la maison de Ravignac. Entre ces deux dates avait été construite la Tour de l'Horloge, qui servait d'entrée principale et s'élevait, en pan coupé, à l'angle des rues Garonne et Moncorny. Le dôme de cette tour, restauré en 1692, fut démoli en 1787, et la tour elle-même disparut en 1844 (V. une lithographie de H. Brécy, datée de 1833 et plusieurs fois reproduite).
L'Hôtel de Ville d'Agen a été transféré dans son local actuel (ancien château de Monrevel, ancien Palais, du Présidial et Palais de Justice) en 1869. — V. Les Anciens Hôtels de Ville et le local du Musée d'Agen, par Georges Tholin (Agen, 1878, gr. in-8°).
Pour Agen, dis-je, l'institution consulaire n'emprunta guère à l'expansion communale du xnc siècle. Sa constitution était aristocratique : l'élément populaire en était exclu, comme, par exemple, à La Réole et à Cahors, tandis qu'il en était tout autrement en diverses villes, à Moissac, Montauban, Lectoure, etc. Les jurats ou les consuls sortants désignaient euxmêmes leurs successeurs à Marmande , Tonneins, Villeneuve, Gasteljaloux, Penne, Mézin; ailleurs, comme à Nérac, Castillonnès, Villeréal, etc., l'élection était due à tout le corps de ville. Nous verrons se produire une complète désorganisation à la fin du xviie siècle.
Le rôle des consuls avait une haute importance. Ces magistrats étaient chargés de la garde de la cité; ils avaient pour mission de veiller aux intérêts communs, de sauvegarder les Coutumes, d'exercer la police, et de rendre impartialement la justice à tous, soit directement par eux-mêmes sous la présidence du baile, ou bailli, soit comme assesseurs 'du seigneur, tant pour les affaires civiles que pour les cas criminels1.
Cette dernière prérogative, surtout en ce qui touchait les causes civiles, rencontra toujours dans le pouvoir féodal des difficultés d'où naquirent des protestations et des procès sans fin. D'incessantes usurpations, puis des institutions nouvelles la réduisirent peu à peu, notamment à partir de 1453, date de la réunion définitive de l'Agenais à la France.
1 V. La Commune <rA<jen..., par André Ducom. — Dans cet onvrage, dissertation abondamment documentée, l'auteur a produit des indications nombreuses sur la constitution et le fonctionnement de la commune d'Agen. La deuxième partie de cette étude: Organisation de la Commune, p. 109 et suiv., est principalement curieuse.
Les droits des consuls d'Agen en matière criminelle sont exposés dans le dossier relatif à un procès soutenu au xvme siècle contre le Présidial, dossier contenant trois factums imprimés (Arcbives communales d'Agen, FF. *1\))
Au surplus, une Cour d' Agenais, composée de tous les magistrats et officiers du comté, délibérait souverainement, en attendant la création des Présidiaux en 1552, et de la Cour des Aides en 1637. Le Parlement de Bordeaux fut institué en 4462 4.
J'ajoute enfin qu'en Agenais, où les tailles étaient réelles et non personnelles, la propriété indépendante s'était plus ou moins maintenue depuis la période romaine sous le nom de franc-alleu-.
Les Juridictions, du reste, furent loin d'être immuables. Les limites de celle d'Agen furent considéra blent réduites après le xnic siècle 3.
Au moment où nous sommes parvenus, les citoyens se divisaient en hommes libres et en serfs. Etaient libres les nobles et les bourgeois des villes. Les premiers ne devaient que le service militaire et des obligations de vassalité variant selon les fiefs; les autres payaient des tailles au seigneur et à la ville, et devaient également le service militaire soit au duc de Guyenne, soit au seigneur du lieu.
Les nobles comprenaient les barons ou grands
1 V. Origines du Parlement de Bordeaux, par Brives-Cazes (Bordeaux, 1887, in-8°).
- Le franc-alleu en Agenais était consacré par la Coutume d'Agen. Des lettres patentes de Philippe de Valois de 1341 affirment ce droit. — V. Ville libre et Barons, etc., par G. Tholin, note L, p. 219, ouvrage cité ci-après.
:i V. Ville libre et Barons. Essai sur les limites de la Juridiction d'Agen, et sur les conditions des forains de cette Juridiction comparées à celles des tenanciers des seigneuries qui en furent détachées, par Georges Tholin (Paris et Agen, 1886, in-8°, av. un pi.) — Etude remarquable, avec laquelle tout historien agenais doit compter.
Un étal des baylies de l'Agenais se trouve à la Bibliothèque nationale (n» 9.019, f» 14).
En ce qui concerne les limites de l'archiprètré d'Agen, sensiblement les mêmes que celles de la juridiction civile, V. le Fouillé du diocèse, de 1520, publié par J. de Laffore, dans le t. vu (lre série) du Becueil des Travaux de la Soc... d'Agen.
vassaux ne relevant que du duc ou du roi; les châtelains ou possesseurs de châteaux jouissant du droit de justice; enfin les simples gentilshommes, chevaliers ou damoiseaux.
En dehors des attributions des consuls et des bailes, des officiers supérieurs gouvernaient le comté au nom du suzerain, avec le titre de sénéchal. Ils rendaient la justice, administraient les finances et commandaient la Noblesse dans les Assemblées et les prises d'armes. Au temps de la guerre des Albigeois et pendant les périodes de compétition entre les rois de France et d'Angleterre, il y eut en même temps deux sénéchaux distincts1.
Le rôle des sénéchaux ne parait pas cependant avoir eu une très grande importance, même avant le xvc siècle, en dehors des commandements effectifs qui leur furent attribués pour certaines opérations militaires. L'administration du pays se passait fort bien d'eux, puisque, dès qu'une affaire sérieuse survenait, on en référait au roi par l'envoi de délégués spéciaux. Bien des sénéchaux d'Agenais n'ont figuré que nominalement, n'exerçant d'attributions judiciaires que par leurs lieutenants-.
1 Sur l'administration anglaise en Amenais, V. Les Anglais en Guyenne, par Brissaud (Paris, 1875, in-8°).
L'autorité générale était déléguée par le roi à un officier supérieur portant le tilre de sénéchal de Guyenne et gouvernant toute la province. J'aurai occasion de citer plusieurs do ces gouverneurs dont les attributions multiples et la succession ont fait récemment l'objet d'une étude spéciale pour la période, anglaise : Les Sénéchaux anglais en Guyenne, par l'abbé J.-J. -G. Tauzin (Revue de Gascogne, t. xxxu [18U1], p. 119 etsuiv.).
V. aussi Rymer, Fautera, etc. ; Thomas Carte, Catalogue des Rolles Gascons, etc.
Sur les conditions, le rôle et les attributions respectives du comte, du sénéchal et du baile en Agenais, V. surtout l'étude de M. André Duconi : Essai sur l'Histoire et l'Organisation de lu Commune d'Agen..., p. 104 et suiv.
-' .Je m; saurais m'attaeher à suivre rigoureusement la succession des sénéchaux d'Agenais, dont les noms et les dates d'exercice ne sont pas toujours
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11 serait d'ailleurs difficile, en dehors des conjectures, de bien définir les conditions politiques de la commune d'Agen antérieurement au xe siècle, au milieu des vicissitudes de toutes sortes qui suivirent la domination romaine.
On sait que le pouvoir des évêques dès le vie siècle fut presque illimité, et nous avons vu que ceux d'Agen furent nantis de nombreuses prérogatives, confirmées au xic siècle par Guillaume VII d'Aquitaine, et plus tard encore par divers actes royaux, notamment du droit de faire rendre la justice en leur nom1. Ces prélats ne jouirent pas en paix de ce dernier privilège, que les consuls se refusaient à reconnaître. En toute occasion, ceux-ci créaient des conflits d'autorité au détriment de l'ordre public. Un paréage ne les satisfit même pas, et ils finirent par s'attribuer tout le pouvoir.
En 1472, une dernière tentative de l'évoque Pierre Bérard pour ressaisir le droit perdu étant encore restée infructueuse, ce dernier abandonna la cause. Cet abandon assura le triomphe définitif de l'élé-
bien connus. Ceux, par exemple, dont le rôle effacé n'eut aucun intérêt n'ont pas à nous préoccuper outre mesure : ils ne relèvent guère que de la statistique. Les autres, ou du moins la plupart d'entre eux, figurent ta leur place.
Les diverses listes qui en ont été dressées offrent des confusions, des lacunes et des variantes. Je cite : Les Sénéchaux, Préfets et Magistrats municipaux d'Ayen depuis les temps anciens jusqu à nos jours, par M. Jules Serret (Agen, 1886, gr. in-8°, pi.). Outre ce travail spécial, je dois mentionner le catalogue produit par André de Bellecombe, à la p. 259 de ses Essais historiques sur l'Agenais (UAqenais illustre). Biographie des Hommes célèbres (Agen, 1846, in-4°), Première partie (seule parue), et aussi celui de Saint-Amans, dans l'Histoire du Département de Lot-et-Gar., d'après les mss. de Labrunie.
Plusieurs découvertes récentes ont eu lieu à cet égard, et j'ai tenté moimême ici d'atteindre à quelque précision. (V. la Liste chronologique des Sénéchaux d'Agcnais placée à la fin du présent ouvrage).
1 J'ai déjà constaté que les privilèges et prérogatives des évêques d'Agen ont été déduits et amplement examinés dans l'ouvrage précité de M. A. Ducom, p. 140 et suiv.
ment civil, dont le développement latent et l'importance croissante s'étaient déjà affirmés dans les lettres patentes de Richard Cœur de Lion relatives au pont d'Agen, en 1189.
Un Statut de 1197 révèle une constitution communale presque parfaite. 1
Le droit coutumier était seul usité au moyen âge. Il s'était formé insensiblement de conventions et de pratiques perpétuées par la tradition, et quand vint l'heure de codifier ce droit, d'écrire ces Coutumes, on n'eut évidemment rien à innover ni à créer.
Les textes des Coutumes sont précieux à bien des titres et méritent assurément la vive curiosité qu'ils excitent de nos jours 2. Ils témoignent de la marche lente mais sure de l'esprit de justice et de progrès, nous font assister à la formation laborieuse du Tiers Etat, à la gestation pénible des idées modernes.
Le démembrement féodal n'avait pas peu contribué, du reste, à ce résultat. Le fier seigneur du xme siècle, qui, aux rares heures de paix, s'ennuyait dans son castel, était conduit à se préoccuper de l'exiguité de ses ressources, et s'ingéniait à attirer près de sa demeure le plus de vassaux possible par des concessions foncières et des privilèges variés. Pour jouir de ces dons, et surtout pour être mieux protégés contre les routiers et malandrins qui infestaient les campagnes, les serfs répondaient souvent à son appel, et des
1 Ce Statut fut rédigé le 2 février 1196 (1197) par les consuls d'Agen assistés de 115 prud'hommes. — V. Archives Municipales d'Agen. Chartes, par Ad. Magen et G. Tholin, p. 2.
5 V. Antoine du Bourg, Etude sur les Coutumes communales du Sud- Ouest de la France (Paris 1882, in4°) V. aussi : Les Anglais en Guyenne, par Brissaud, etc
bastides ou villes nouvelles se formaient ainsi à l'abri des murailles seigneuriales.
Pendant le règne d'Alphonse de Poitiers, le frère de saint Louis, ces créations se multiplièrent encore. Ce prince, plein de sagesse et d'habileté, parvint à improviser lui-même assez de bastides pour amener le pays sans la moindre secousse à s'accommoder au mieux de l'autorité royale, au détriment de celle des seigneurs, qui voulurent lutter avec lui de libéralités afin de retenir leurs vassaux1. Les chartes, alors, rivalisent de privilèges et de dégrèvements de charges.
Le premier texte complet des Coutumes d'Agen est de février 1369(1370). Il est écrit en roman et fut délivré par Louis d'Anjou, frère de Charles V et son lieutenant en Languedoc. Ce texte était porté sur le livre juratoire de la ville. Ses éléments se retrouvent en partie dans divers actes antérieurs , tels que le Statut de 1197, les concessions de Raymond VII de 1221, le règlement de 1248, l'ordonnance d'Alphonse de Poitiers de 1252 et la charte d'Edouard I<* de 1286 2.
Le texte de 1370 à été imprimé en 1850, avec les variantes des manuscrits de Bordeaux et de Paris, également du xivc siècle :\
Les Coutumes d'Agen forment comme un code abrégé de la constitution communale politique. La
1 V. Saint Louis et Alfonse de Poitiers, par E. Boutaric (Paris, 1870, in-8°.)
2 A. Ducom, Essai sur l'Histoire et V Organisation de la Commune d'Agen.
V. Réflexions singulières sur l'ancienne. Coustume de la Ville d'Agen, confirmées par Vauthoritê du Droit et des Ordonnances, etc., par Jacques Ducros (Agen, 166G, in-4»).
3 Publication faite par Amédée Moullié, dans le Recueil des Travaux de la Société... d'Agen, lre série, t. v (1850), pp. 236-2-43.
Le ms. de Bordeaux a été publié en 1890 par M. Henri Barckausen, dans les Archives Municipales de Bordeaux. Livre des Coutumes (in-4°).
Une autre version, d'un rfis. de Stockolm, a été aussi produite en 1890 par M. Rébouis, dans la Revue des Langues romanes.
police proprement dite en est exclue. Il est dit au chapitre xix que les consuls ont mission d'y pourvoir par des règlements spéciaux, et il y fut pourvu, en effet, au moyen d'innombrables ordonnances, surtout à partir du xvie siècle1. J'ajoute que l'interprétation des points douteux était attribuée au témoignage de douze prud'hommes "2.
Bien d'autres Coutumes de l'Agenaisont été publiées de nos jours :
Astaffort*, Auvillars^Gastel-Amouroux, Gastelsagrat, Clermont-Dessus , Fumel, Gontaud , Goudourville, Lafox, La Montjoie, Laroque-Timbaut, La Sauvetatdu-Dropt, Layrac, Marmande, Meilhan, Monclar, Monflanquin, Montesquieu, Nérac *, Nomdieu, Prayssas,
I V. Les Ordonnances de police des consuls d'Agen, par Georges Tholiu (Bulletin historia. et philologiq. du Comité des Travaux historiq. et scientifiq. (Paris, 1880, n-3-4).
"2 V. Archives Municipales d'Agen. Chartes, p. 210.
:? Une notice historique sur Astaffbrt a été publiée par Cli. Baradat de La-
caze : Astafort (sic) en A gênais (Gascogne agenai se). Notes historiques et Coutumes (Paris et Agen, 1880, gr. in-8").
'' Nérac, dont la fondation paraît devoir être fixée au X,; siècle et qui aurait été donné, pense-t-on, à l'abbaye de Condoni en 1011 par son seigneur d'alors, Arcius d'Olbion (?), Nérac, dis-je, passa aux sires d'Albret, par suite de diverses cessions des abbés de Condom. Son territoire dépendait des Nitiobriges.
Ku 1280, le sire d'Albret fit hommage au roi d'Angleterre comme seigneur d'Agenais. Transfert de cette seigneurie à Amanieu VI d'Albret par Raymond de Galard, abbé de Condom, eut lieu eu 1300. Il en sera reparlé.
Nérac reçut de Charles V, le 11 juin 1370, des privilèges que confirma Charles VI le 5 octobre 1410, et dont un vidimus du 12 novembre 1591 a été reproduit dans le t. xxv des Archives Historiques de la Gironde.
L'origine, de Nérac et sa participation intime à l'Histoire de l'Agenais ne permettent donc pas d'écarter cette ville du présent ouvrage.
V. Nérac, Fondation, Coutumes, Privilèges, etc., par Ch. Baradat de Lacaze (Paris et Agen, 1887, in4°).
L'histoire de Nérac a été traitée par le comte de Villeneuve-Bargemônt : Notice historique sur la Ville de Nérac (Agen, 1807, in-8°). —V. aussi le Dictionnaire de V Arrondissement de •Sente, par Samazeuilh, éd. Faugère- Dubourg; la Guyenne Historiq. et Monum. t. i, 2« partie, p, 243, etc
II sera mentionné plus loin d'autres travaux relatifs à Nérac.
92 histoire dp: e/agenais
Pujols, Puymirol, Saint- Maurin, Saint-Pastour, Sauvagnas, ïonneins, Valence-d'Agen, Villeneuve-sur-Lol1.
Voici les Coutumes connues encore inédites : Aiguillon, Aubiac, Bouglon, Buzet, Castelnau-sur- Gupie, Caumont, Damazan , Mas-d'Agenais , Miramont, Port-Sainte-Marie et Sainte-Foy-la-Grande, aux Archives ou à la Bibliothèque nationale ; Gaudecoste, Lamothe-Bézat, Mézin,Montpouillan, Penne, Sérignac, Villeréal, etc., aux Archives départementales de Lotet-Garonne ; Le Temple 2, aux Archives de la Haute-
1 Ces diverses Coutumes ont été publiées, savoir :
Puymirol (Paris, 1887, in-8°) ; Castelsagrat (Ibid., 1887, in-8») ; Goudourville (Ibid., 1892, in-8°); Monclar, Monllanquin et Saint-Maurin ; Nomdieu et Sauvaynas (Ibid., 1890, in-8°) ; Valence-d'Agen (Montauban, 1880, in-8°), par E.-H. Rébouis, qui a donné aussi les Coutumes de Clermont- Dessus (Paris, 1881, in-8°). De ces dernières, on possède une impression agenaise du xvie siècle : Coustumes et Etablissemens du Chasteau de Clermont- Souverain (Agen, par Antoine Pomaret, 1590, in-12 de 28 pp. et grav.). Les Coutumes de Valence avaient été produites aussi par Rymer, en 1724 (Acta publica, t. m).
Fumel , par Tamizey de Larroque (Archives Historiques de la Gironde, t. vu, p. 9). — Gontaud, par Léo Drouyn (Ibid., t. vm, pp. 8-41). — La Montjoie, par E. Crozel : Anciennes Coutumes de La Montjoie (Paris, 1800, in-80)- — Lafox, par E. Cabié : Coutumes de Lafox, octroyées par Sicard Alaman en 1254 (Agen, 1883, in-8°). — La Sauvetat-du-Dropt, dans la Notice sur la Ville et Juridiction de La Sauvetat-de-Caumont, aujourd'hui La Sauvetatdu-Drot (sic), par A. Aloy (Ibid., 1880, gr. in-811). — Meilhan, par Ch. Baradat de Lacaze (Bordeaux, 1880, in-4°) — Montesquieu (S. 1. 1704, et Bordeaux, 1801, in-8"). — Prayssas (Paris, 1800, in-8") ; Layrac (Agen, 1803, in-8"), et Laroque-Timbaut (Paris, 1805, in-8°). par Amédée Moullié. — Pujols, par H. Barckausen, dans les Archives Histor. de la Gironde, t. xvn, p. 49. — Tonneins, par Alph. Lagarde, dans sa Notice historique sur la Ville de Tonneins (Agen, 1884, gr. in-8°). V. aussi, sur la même ville : Notice historique sur la Ville et les anciennes Baronnies de Tonneins, par L.-F.-P. Lagarde (Agen, 1833, in-8°, pi.). — Pour Asta/fort et Nérac, V. les deux notes précédentes. Il est parlé ailleurs de Marmande et de Villeneuve.
- Le Temple, comme Golfech, Nomdieu, Sauvaynas, etc., fut une Commanderie du Temple, puis de Malte, de même qu'Argentens, sur lequel a été publié cette notice: La Commanderie d'Aryentens, en Ayenais, par D. de Thézan ([{evue de Gascoyne, t. xx, 1879). Le Nomdieu avait reçu en 1298 les Coutumes de La Montjoie. — V. Ordre de Malte. Histoire du Grand- Prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Si-Jean-de-Jérusalem dans le Sud-Ouest de la France, etc.. par A. Du Bourg (Toulouse, 1883, in-8°).
Garonne ; Daubèze, au château de Nexus, près de Foix1.
Je le répète, l'expansion communale des xne et xiiic siècles provoqua la multiplication des bastides, que la prospérité transforma presque toutes en villes de quelque importance. Ce fut la fin de la féodalité. J'ai déjà remarqué combien cette éclosion, si favorable à l'émancipation populaire, devait avoir d'heureuses conséquences au point de vue politique.
Comme dans tout le reste de la France, ces villes neuves surgirent donc nombreuses en Agenais, et il serait intéressant d'en avoir une nomenclature complète. Plusieurs ont été déjà mentionnées (Auvillars, Marmande, Nérac, Port-Sainte-Marie, Tournon, Vianne, etc.)2 ; d'autres viendront ensuite ; mais il me paraît utile d'en grouper ici un certain nombre 3:
Aiguillon (1300 ou 1301). — Fondé par Philippe le Bel, malgré de très vives protestations des habitants de Port-Sainte-Marie 4.
1 Pour une indication plus détaillée de toutes ces Coutumes inédites, V. la note placée par M. Rébouis en tête de son texte des Coutumes de Monclar, Monflanquin et Sauvagnas, et aussi les art. Coutumes des t. i et m de la Bibliographie générale de Y Agenais.
2 V. les notes des pp. 63 (Auvillars), 48 (Marmande), 91 (Nérac), 53 (Port- Sainte-Marie), 50 (Tournon), 77 (Vianne), etc.
* V. Essai sur les Villes fondées dans le Sud-Ouest de la France aux xma et xiv° siècles, sous le nom générique de Bastides, par Curic-Seimbres (Toulouse, 1880, gr. in-8°). — Bastides du Département de Lot-et-Garonne, par G Tholin (Congrès Archéologiq . de France, XLI° Session. Paris et Tours, 1&75, in-8°). — Liste des Bastides du Sud- Ouest, par Félix de Verneilh-Puyrazeau (lbid. XXVIII* Session. Paris et Bordeaux, 1862, in-8°, p. 316), etc.
4 V. Monographie sommaire de la Commune d'Aiguillon, par \\ . Mélet (Agen, 1887, gr. in-8°, pi.). — Guyenne Historique et Monumentale, t. î, 2e partie, p. 257 et suiv.
Dès 1218, Aiguillon était soumis au comte de Toulouse. Il fut réuni à la couronne d'Angleterre en 1318, Arnaud-Garcies du Fossat étant seigneur du lieu.
Aubiac (xme siècle). — Coutumes données en 1252 *.
Cancon (Vers 1255). — Fondé par Amanieu de Madaillan, alors seigneur de cette baronnie2.
Castel- Amour oux (1287). — Identifié par plusieurs auteurs avecle petit bourg de La Bastide , canton de Bouçlon.
Castelsagrat (1270). — Fondé par Alphonse de Poitiers, et remplaçant une ville plus ancienne s.
Castillonnès (1259). — Fondé, au nom du môme prince, parle sénéchal Guillaume deBaignols4.
Caudecoste (xme siècle). — Origine peu précise. C'était une haute justice dépendant du Bruilhois et dont les prieurs de Layrac étaient co-seigneurs. Elle reçut en 1259 les Coutumes de Layrac. Ses Statuts municipaux sont du xive siècle.
Clerm ont-Dessous (xme siècle). — Origine incertaine. Le château, du xve siècle, remplaça probablement une construction antérieure. Les remparts sont
1 Haute justice du Bruilhois, qui appartint à la maison de Galard, puis à celle de Lart de Birac. Henrie-Benée de Lard de Galard, fille de Joseph de Lard, seigneur de Birac et d'Auhiac en 1574, et de Marie de Noailles, issue d'Antoine de Noailles, gouverneur de Bordeaux, porta la seigneurie d'Aubiac aux Narbonne Lara, par son mariage en 1590 avec Agésilas de Narbonne, troisième fils de Bernard de Narbonne et de Lomague, seigneur de Fimarcon et baron de Talleyrand.
V. Notes historiques sur des Monuments féodaux ou religieux du Département de Lot-et-Garonne, par J. de Laftbre, p. 13.
2 V. Histoire de la Ville et des Seigneurs de Cancon, en Agenais, par L. Massip, ouvrage déjà cité p. 12.
3 Castelsagrat, annexé à la couronne en 1271 comme bien confisqué sur le comte de Toulouse, fut cédé par Philippe le Bel à Edouard Ier en 1287, et réuni à l'Agenais par Philippe de Valois en 1310. H eut ses remparts rasés en 1G22 (V. Mouîenq, Documents historiques sur le Tarn-et-Garonne, t. m, p. 201 et suiv.).
4 Castillonnès, du roman Castillounet (très petit château), ou Castillou nèu (petit château neuf), établi sur un terrain appartenant à l'abbé de Cadouin et à Bertrand et Arnaud de Mous. — V. sur cette bastide : Notice historique sur la Ville de Castillonnès, par 0. Bouyssy (Villeneuve-sur-Lot, 1874, gr. in-8°).
du xine siècle. L'église, de l'époque romane et fortifiée, devait servir de donjon i.
Clermont-Dessus (1262). — Fondé par Alphonse de Poitiers-.
Damazan (1259), — Même fondateur3.
Dunes (Vers 1253). — Fondé par le sénéchal d'Agenais Philippe de Ville-Favreuse et Raymond-Bernard de Durfort, qui fit hommage à Edouard Ier d'Angleterre en 1280 et 1286 4.
Francescas (xnie siècle). — En 1286-4287, le syndic de l'abbaye de Condom fut reçu à l'hommage pourcette bastide 5.
Golfech (xne siècle). — Origine encore indéterminée. Importante Commanderie du Temple, puis de Malte,
1 La seigneurie de Clermont-Dcssous, plus tard érigée en marquisat, appartint successivement aux Lamothc (-XIVe siècle), aux Ferrand, aux Benquet, etc. (xve et XVI»), aux Narbonne (xvne), et aux Cbapt de Rastignac (xvin0).
2 La seigneurie de Clermont-Dessus fut érigée en baronnie pour le seigneur de Durfort en 1208, et en marquisat eu 1617.
Des Durfort, qui le possédaient depuis 1092, Clermont-Dessus passa aux seigneurs de lTsle-Jourdain en 1270, aux Armagnacs en 1375, aux Balzac d'Entragues en 1463. En 1651, Marie de Balzac le porta à Jean-Gaspard de Marsin, dont le fils Ferdinand, maréchal de France, mort en 1706, le laissa très obéré. Vendu par les créanciers de ce comte en 1711 à Thomas de Gasquet,Clermont- Dessus vint en 1774 aux mains de J.-B. de Picot, qui le revendit au comte Charles de Lameth, encore propriétaire en 1789.
3 Damazan apparaît dans les documents dès 1286. C'était un chef-lieu de bailliage de la sénéchaussée d'A'genais au xiv* siècle. V. le Dictionnaire de l'Arrondissement de Nérac, de Samazcuilh.
4 Dunes, possédé en 1313 par Jourdain de l'Isle, venu aux Armagnacs en 1375, fut attribué en 14-71 à Robert de Balzac d'Entragues, sénéchal d'Agenais. Des Balzac, cette seigneurie passa aux Marsin en 1651, aux Chabannes en 1711, et à Léonard-Joseph de Mons en 1758 (V. le P. Anselme, t. il, pp. 173, 174, 708, et t. v, p. 274 ; Th. Carte, t. î, p. 24; Archives Historiques de la Gironde, t. i, p. 359 ; Documents historiq. sur le Tarn-et-Garonne, par Moulenq, t. m, p. 371 et suiv.).
5 Archives Historiques de la Gironde, t. i, pp. 353, 354, 363.
Dans la première mention des Archives Historiques de la Gironde (p. N, note i), la date d'origine de cette publication est erronée. Là, comme dans la Bibliographie de rAgenais,,(t, i), c'est 1859 qu'il faut lire, au lieu de 1851.
citée dès 1207. Elle dépendait du Grand-Prieuré de Toulouse1.
Granges (1291). — Fondé par le sénéchal anglais Bertrand-Raymond de Campagne et l'abbé de Clairac, et appelée d'abord Saint-Damien, du nom patron de son église romane. Granges, qui avait reçu des Coutumes en 1291, fut ruiné en 1366.
Lacène (xinc siècle). — Cité dès 1311. Chef-lieu de bailliage au xvie siècle, et nommé d'abord Penchaville -.
La Montjoie (1298). — Fondée par le sénéchal d'Agenais pour le roi de France3.
La Parade (Avant 1269). — Fondée par Alphonse de Poitiers, sur un terrain dépendant de l'abbaye de Clairac. Remise en fut faite à cette date de 1269 à ladite abbaye , sous simple réserve du maintien des Coutumes déjà concédées.
Laplume (1252). — Coutumes d'Aubiac. Siège d'appel des hautes justices du Bruilhois.
La Sauvetat-de-Savères (xne siècle). — Bastide élevée autour d'un prieuré de Bénédictins. Un paréage
1 V. Ordre de Malle. Histoire du Grand-Prieuré de Toulouse, etc., par A. Du Bourg; Documents historiq. sur le Tarn-et-Garonne, par Moulenq,t. n, p. 22 et suiv.
Golfech fut la plus importante Commanderie de la région. Il eut un moment à sa tête Mathurin d'Aux de Lescout, dit le chevalier de Romégas, un des vainqueurs de Lépante, mort en 1581, fils de Bernard de Lescout, seigneur de Romégas et de Mansonville. — On trouve aussi, comme commandeurs de Golfech, Robert de Durfort (1511), Jean de Roquelaure et Guillaume de Roquelaure (1523-1530), Pierre d'Esparbès de Lussan (1579), etc. Ce dernier, blessé au siège de Malte en 1565, avait été reçu chevalier en 1566. Il devint commandeur du Grand-Prieuré de Saint-Gilles en 1602 et mourut en 1621.
"l Sur cette bastide dont nous avons vu la fondation donner lieu en 1283 à une protestation des habitants d'Agen, V. Ville libre et Barons, par G. Tholin, note B, p. 160.
3 Pons de Montlaur ou Thibaut de Cépois. — V. Notice historique et archéologique sur La Montjoie, par E. Crozet, dans le Recueil des Travaux de la Société... d'Ayen, lre série, t. ix, p. 214 et suiv.
eut lieu en 1204 entre Raymond VI et le Chapitre de Saint-Caprais. De la juridiction de Puymirol au xme siècle, La Sauvetat-de-Savères devint chef-lieu de bailliage au xrve.
Lavardac (Vers 1168). — Fondé par Richard 4.
Layrac (xne et xme siècles). — Né du prieuré fondé en 10622.
Miramont (xme siècle). — Origine mal déterminée3.
Monclar (1256). — Chef-lieu de bailliage au temps , d'Alphonse de Poitiers 4.
Monflanquin (Avant 1256). — C'est la date des Coutumes qui lui furent données par Alphonse. On a reporté son origine au xe siècle, époque où existait en ce lieu un couvent dépendant de l'abbaye d'Eysses et un petit bourg dénommé Saint- André5. En 1256, Monflanquin était déjà chef-lieu de bailliage.
Monheurt (xne siècle). — Né probablement d'un prieuré fondé vers 1050°.
1 Une notice sur Lavardac a été publiée en 1851 : Monoijraphie historique du Canton de Lavardac, par J.-B. Truaut (Agen, in- 8°).
2 La ville de Layrac se forma autour du prieuré dont j'ai signalé la fondation au XIe siècle et reçut des Coutumes en 1259 et 1273. Les prieurs de Layrac avaient droit de haute justice et étaient co-seigneurs de Caudecoste et de Sérignac.
Layrac fut une des places de sûreté accordées aux protestants au xvie siècle. Ses remparts furent rasés en 1621 par ordre de Louis XIII, et son couvent fut transformé en forteresse l'année suivante.
3 Miramont, commune de Lagarriguc, canton de Port-Sainte-Marie, bastide déchue. Un Augier de Miramont, assassiné en 1300 par Arnaud de Montpezat et Astorg de Lunat, (il hommage en 1273 et 1283 pour ce château de Miramont.
4 Le château de Monclar fut vendu au roi de France en 1338.
5 La Guyenne Historiq. et Monum., par Alex. Ducourneau, t. i, 2° partie, p. 93 ; tissais statistiques sur le quatrième Arrondissement du Département de Lot-et-Garonne, par Cassany-Mazet.
(i J'ai dit (p. 33) que le prieuré de Maniort fut fondé au XIe siècle. La bastide de Monheurt se forma aux abords. En 1281), Raymondde Pins et Vital de Lupiac, damoiseaux, étaient co-seigneurs de Monheurt (V. Archives Historiq. de la Gironde, t. î, pp. 13 et 1G). — Froissarf l'appelle Mauron.
HISTOIRE DE L'AUENAIS, T. I. 7
Montagnac (xine siècle). — Les Coutumes de La Montjoie lui lurent données en 1298.
Montréal (1255). — Fondé sur la frontière de l'Agenais par le sénéchal Guillaume de Baignols, au nom d'Alphonse de Poitiers. Philippe de Valois échangea cette bastide en 1342 contre le château de Miremont, au comte d'Armagnac1.
Nicole (1293), — Bastide qui eut peu d'extension. Elle donna lieu à un paréage entre Bertrand-Raymond de Campagne, sénéchal d'Agenais pour le roi d'An- , gleterre, et l'abbé de Clairac. Chef-lieu de bailliage au xivG siècle, Nicole ligure comme détruit dans les comptes anglais de 1363 2.
Puymirol (1246). — Fondé, ai-je dit, par Raymond VII, Puymirol, appelé d'abord Grande Castrum, reçut des Coutumes d'Edouard Ier en 12863.
Saint-Julien-de-Colorbisse (Vers 1245). — C'est aujourd'hui un petit village de la commune de Fargués, canton de Damazan.
Saint-Maurin (xne siècle). — Né d'un monastère de Bénédictins dont la fondation a été signalée4.
1 Cette bastide de Montréal ne doit pas être confondue avec le château de Montréal, au nord d'Agen, commune de Saint-Cirq, mentionné plus loin.
2 Au xvie siècle, Nicole était défendu par deux forts que le maréchal de Matignon prit en 1585. A la suite d'une révolte, une autre attaque eut lieu en 1587. — V. Documents inédits relatifs à l'Histoire de rAgenais, par Ph. Tamizey de Larroque (Agen, 1875, in-8°), p. 30, recueil magistralement annoté.
3 Une notice historique sur Puymirol précède le texte des Coutumes publié en 1887 par E.-H. Rébouis.
4 Vers 1040, ai-je dit, un monastère avait été fondé sur ce point où la légende place la mort de saint Maurin. L'église fut construite en 1098. Le village dut se grouper aux abords du prieuré, au cours des xn1-' et xme siècles. En 1324, l'agglomération était déjà importante. Saint-Maurin souffrit des luttes anglo-françaises et des guerres de religion du xvie siècle, pendant lesquelles il fut plusieurs fois pillé, incendié et détruit (1356-1361-1580). A partir de
Saint-Pastour (Avant 1289). — Bastide due au sénéchal du roi d'Angleterre, Jean de Grailly.
Saint-Sardos (1289). — Sur la limite des possessions respectives des rois de France et d'Angleterre. Ce fut d'abord un prieuré dépendant de l'abbaye de Sarlat. Un paréage eut lieu en 1289 entre l'abbé et le roi de France. Il en sera question plus amplement au xive siècle.
Sainte-Colombe (xne siècle). — Coutumes de 1268, dont on ne possède pas le texte original.
Sointe-Foy-la-Gra)tde (Vers 1255). — Fondée par Alphonse^.
Sainte-Livrade (xie siècle). — Fondée sur un terrain dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu-.
Sérùjnac (1273). — Fondé par Gaston de Béarn, vicomte de Bruilhois, et Gaillard, abbé de Figeac et administrateur du prieuré de Layrac. Louis XII lui accorda des privilèges en 1504, et aussi Antoine, duc de Vendômois et comte d'Armagnac, en 1553.
Valence-d 'Agen, (1283). — Fondée par Edouard Ier, qui lui donna des Coutumes à cette date 3.
1651, le monastère fut habité par des religieux de la congrégation de Saint-Mauf.
V. une note de la p. \\t. — V. aussi la Guyenne Historiq. et Monum., t. i, "2e partie, pp. 1-5.
La seigneurie de Férussac, sur le territoire de Saint-Maurin et dépendant en partie de Clermont-Dessus, fut vendue au xvne siècle à Bertrand d'Àudebard.
1 Sainte-Foy-la-Grandc, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Gironde, appartenait à l'Agenais.
V. une notice de Léo Drouyn, dans la Guyenne Militaire, t. n, pp. 365-376.
2 V. Notice sur le Prieuré de Sainte-Livrade, parTamizey de Larroque, déjà citée p. 24.
Comme bastide, Sainte-Livrade; avait dû se former peu à peu autour «lu prieuré remontant, comme il a été dit, au Xe siècle.
3 Valencc-d'Agen dépendait de l'archiprêtré de. Férussac, diocèse d'Agen. V. Moulenq, Documents historiques sur le Tarn-et-Garonne, t ui, pp. 311-
Villefranche-du-Qaeyran (1281). — Fondée par le même roi.
Yillcncuvc-sur-Lot (1254). — Bastide due à Alphonse de Poitiers, et établie sur un terrain du nom de Gajac dépendant des possessions de la baronnie de Pujols et de l'abbaye d'Eysses. Les transactions eurent lieu en 1252 entre le baron de Pujols et le sénéchal d'Agenais Philippe de Ville-Favreuse, et en 1253-1254 entre ce dernier et Bernard du Jourdain, abbé d'Eysses1.
Villeréal (1269). — Fondation d'Alphonse de Poitiers.
Bien d'autres bastides encore furent certainement créées chez nous vers les mêmes époques; mais les documents font défaut pour en préciser convenablement l'origine.
Répétons qu'en Agenais, sans en excepter les dépendances de sa capitale, chacun était libre d'élever sur ses propres domaines des constructions quelconques, même fortifiées, châteaux et bastides, sans
1 Yilleneuve-d'Agenois, Villeneuve-d'Agen ou Villeneuve-sur-Lot, dont nous aurons à parler souvent, a son histoire imprimée :
Histoire de Villeneuve-sur- Lot depuis sa fondation jusqu'en 1789, par A. Cassany-Mazet (Agen, 1837, in-8°, pi.). — Annales de Vilieneuve-sur-Lot et de son Arrondissement, par le môme, citées p. 38. — Histoire de Villeneuve-sur- Lot depuis sa fondation jusqu'à la réunion des Etats généraux de 1789, par Fernand Cassany de Mazet (Villeneuve, 1879, in-8°).
Pour les bastides situées dans l'arrondissement de Villeneuve, V., outre le second des ouvrages précités, Essais statistiques et historiques sur le quatrième Arrondissement du Département de Lot-et-Garonne, par A. Cassany- Mazet (Agen, 1839, in-8°). — Pour celles de l'arrondissement de Nérac, V. le Dictionnaire historique et archéologique de ï Arrondissement de Nérac, par Samazeuilh, éd. Faugère-Dubourg mentionnée précédemment, et pour l'arrondissement d'Agen : Notes historiques et archéologiques sur les Communes de l'Arrondissement d'Aqen, par Georges Tholin (Le Sud-Ouest d'Agen, 17 avril 1887-3 novembre 1888).
L'arrondissement de Marmande n'a pas encore trouvé d'historien pour un travail d'ensemble.
autorisation préalable, et pouvait octroyer des Coutumes particulières.
Avant 1285, les châteaux ne consistaient guère qu'en une simple tour environnée de palissades ou de fossés1 ; mais bientôt les nécessités d'une défense plus efficace s'imposèrent. Les châteaux-forts, les fortifications sérieuses surgirent alors sur tous les points, même jusqu'aux portes d'Agen, et il en résulta des empiétements et des abus innombrables.
Rien que sur le territoire de la juridiction de cette ville se dressaient à la fin du xinc siècle une foule de châteaux :
Bajamont, à 9 kil. N.-E., cité dès 1271. Il avait peut-être remplacé une construction antérieure. On n'en retrouve plus aujourd'hui qu'un angle de mur et ses deux étages de terrassements.
Castella, à 12 kil. 500 m. N., dans le village de ce nom, détruit en 1418 par les habitants d'Agen. Il en reste encore quelques substructions.
Castelnoubel, à 7 kil. E., dans la commune de Bon- Encontre. Château dont les proportions étaient sans doute très considérables. Il est cité dès 1271 et dut être reconstruit au xve siècle.
Fauguerolles, à 11 kil. N., appartenant en 1358 au seigneur de Castelculier.
Lafox, à 8 kil. S.-E., cité en 1239. C'est un des très rares échantillons bien conservés de châteaux antérieurs au xinc siècle 2.
1 V. Ville libre et {tarons, parG.Tholin, p. 10 et note C, et aussi: Châteaux gascons de lu fin du xm8 siècle, par le même (Revue de Gascogne, 1892).
2 Sur Lafox, déjà cité plusieurs lois, V. l'art. Lafox, avec pi., au t. il, 2e partie, p. 10K de la Guyenne Historique et Monumentale
Lafox avait été cédé en 12.TJ par Gaubert de Thézac el Raymcmd de Planels
Laugnac, à 11 kil. N. Il en reste encore quelques ruines.
Madaillan, à 9 kil. N.-O. Château dont l'importance devait tant s'accroître1.
Monbran, à 4 kil. N. Il appartenait aux évèques d'Amen dès le commencement du xme siècle et fut fréquemment remanié.
Montpezat, à 17 kil. Une des seigneuries les plus considérables de l'Agenais, mentionnée en 1176. Le château, dans une position très forte, reçut des Coutumes en 1279.
Montréal, à 6 kil. N.-O., sur le plateau du même nom dominant Saint-Cirq. Il n'en reste aucune trace.
à Raymond VII de Toulouse, lequel l'avait donné à Sicard Alaman, auteur des Coutumes de 125-4.
Bertrand de Laulrec fut l'héritier de Sicard Alaman en 1280, et sa fille Béatrix porta Lafox à Philippe de Lévis en 1297.
V. Notes concernant le Domaine agenais des Alaman, etc. (XIIe et xin» siècles), par Ed. Cabié et L. Mazcns (Revue de l'Agenais, 1882, p. 293 et suiv.).
La seigneurie de Lafox vint aux Bajamont au commencement du XVIe siècle.
I V. sur le château de Madaillan : Ville libre et Barons, par G. Tholin, p. 10, et note E, p. 137 et suiv.
Le même auteur a publié, en outre, avec M. Benouville, une remarquable monographie de ce château :
Un Château gascon au moyen âge. Etude archéologique sur le Château de Madaillan (Lot-et-Garonne). Son histoire, ses transformations et son siège en 1575 par Monluc (Paris et Agen, 1887, gr. in-8° av. pi.).
Les seigneurs de Madaillan firent hommage aux évèques d'Agen jusqu'au XVe siècle, puis aux rois de France. Après Louis XIII, la baronnie de Madaillan fit partie du duché d'Aiguillon.
II a existé deux châteaux de Madaillan : Madaillan-Vieux, près de La Sauvetat-du-Dropt, complètement disparu, et Madaillan près d'Agen. Les sires de Madaillan antérieurs à 1250 étaient de Madaillan-Vieux et n'avaient rien de commun avec les Du Fossat.
C'est Madaillan-Vieux qui, au xme siècle, plaçait ses possesseurs parmi les cinq premiers barons de l'Agenais chargés de porter l'évoque d'Agen à sa première entrée dans sa ville épiscopale.
En 1471, Jean de Grossolles, marquis de Flamarens, possédait Madaillan- Vieux, et Charles de Montpezat, Madaillan d'Agen. Ce dernier avait des Coutumes au commencement du xiv° siècle.
V. une pi. du t. il, 2e partie, de la Guyenne Historiq. et Monum
Pléneselues, à 8 kil. E., commune de Bon-Encontre, cité en 1271. On en retrouve quelques ruines provenant d'une restauration du xve siècle.
Sainte-Foy-de-Jérusalem,o\iSai?ite-Foy-du-Temple, près de Bajamont, détruit probablement en 1347.
Sauvagnas, à 7 kil., appartenant, comme le précédent, à l'ordre du Temple d.
Savignac, à 12 kil. N., commune du Gastella, dont il reste de belles ruines.
Je pourrais citer encore : Artigue (à 7 kil.) ; Fontirou, qui appartint plus tard à Diane de Poitiers 2 ; Mérens, Monbalen, Monviel, Naux et Péleguignon, dont il ne reste plus de traces, etc.
En dehors du territoire d'Agen, mais au plus près, se dressaient, au Nord, l'imposante citadelle de Lusignan3, bâtie au xme siècle sur l'emplacement d'un riche édifice de la période gallo-romaine, et au Sud,
1 Sauvagnas, cité dès 1235, reçut le 3 mars 1264 (1205) des Coutumes du grand prieur de Saint-Gilles, Féraud de Baras, et du commandeur du lieu, Ermengaud des Aiguilhers. La Commanderie de Sauvagnas fut réunie à celle de Golfech à la fin du xvp siècle. W Histoire du Grand-Prieuré de Toulouse, par A. Du Bourg, p. 344-.
2 On ignore comment le château de Fontirou vint aux mains de la célèbre maîtresse de Henri II. Diane de Poitiers le vendit en 1504 aux sieurs de
Godailh.
3 Cette forteresse, dont j'aurai à rappeler bien des vicissitudes, fut rasée en 1649. La terre de Lusignan avait été érigée peu avant en marquisat. V. Lusignan- Grand. Notice historique : Histoire locale, Origines, par Dubernet de Boscq (Agen, 1807, in-8°).
On a cherché a établir la communauté d'origine des Lusignan d'Agenais et des Lusignan du Poitou : Complément à la Notice historique sur les Lusignan d'Agenais et du Poitou, par le même (Agen, 1868, in-8°); De la Communauté d'origine des Lusignan d'Agenais et des Lusignan du Poitou, par Samazeuilh (Agen, 1808, in-8°) ; Les Lusignan du Poitou et de l'Agenais, par J. de Laflfore (Agen, 1882, in-8»).
Sur une indication de M. Alexandre de Lassert, M. Georges Tholin, consultant le célèbre roman de Mélusine (xiv; siècle) dans l'éd. elzévirienne de 1850 (Paris, in-10), a constaté que Les Lusignan du Poitou avaient effectivement des possessions en Guyenne et en Gascogm II eûl donc admis volontiers
celle de Castelculier1, l'une et l'autre à 8 kilomètres d'Agen.
Et que de noms à mentionner ensuite : Bonaguil, Duras, Dur fort (disparu vers 1250), Fumel, Lustrac, Mauvezin, Penne, Pujols, Sauveterre®, etc., etc.
Mais les entreprises des seigneurs prirent bientôt des proportions intolérables et amenèrent d'incessants conflits. Dans le bailliage d'Agen, notamment, les Madaillan, les Pléneselves, les Castelnoubel, les Bajamont, les Laugnac, etc., se proclamèrent indépendants et consommèrent les plus audacieuses et les plus graves usurpations.
Il se présentera plus d'une occasion de revenir sur ce sujet.
que le Marinant fondé par la fée pouvait être lu Mar mande, et c'est à Marmant que se place la scène du bain. Mais M. Tamizey de Larroque, dans une lettre publiée par le Sud-Ouest d'Agen du 7 avril 1888, s'est inscrit en faux contre cette opinion (V. Notes historiques et archéologiques sur les Communes de l'Arrondissement d'Agen, par G. Tholin, Sud-Ouest du 21 janvier 1888).
1 Sur le château de Castelculier, V. une note de la p. 75.
2 Plusieurs de ces châteaux ou domaines ont fait l'objet d'études spéciales. J'ajoute seulement à mes précédentes indications bibliographiques, déjà nombreuses :
Le Château de Bonaguil, en Agenais. Description et Histoire, par Ph. Lauzun (Agen, 1867, in-8° ; 2e éd., Paris et Agen, 1884-, gr. in-8°, pi.) ;— Notice sur le Château, les anciens Seigneurs et la Paroisse de Mauve&in, par l'abbé Alis (Agen, 1887, gr. in-8°), etc., etc. — V. dans le t. il, 2e partie de la Guyenne Historique et Monumentale des planches relatives aux châteaux ou bastides de Clalrac, Duras, Fongrave, Fumel, Lauzun, Lagrac, Mas-d' Agenais, Penne, Sainte-Fog, Sos, Tonneins, etc.
J'aurai à mentionner encore d'autres notices et monographies au cours de cet ouvrage.