PE LA SGIKMCE PHYSIQUE C
« Jk ne crois pas qu*oa puisse rendre un^ptof )oste hommage au chantre des Grecii qaea consacrant, dans l'histoire de Tagriculture -de son ten[ips, yn chapitre particulier sur sa science propre , qu*il faut regarder comme des révélations de la nature même; <:ar elle a toujours été la muse inspiratrice de son gënte. Cette oonsidération vient à lappui de tous les motifs que j'ai donn,é$. 4ans mon Traùé de poésie, géorgique, et d*apfè& lequel j*ai établi» comme principe incontitstable , que, pouç être grand poëte épique ou ^éorgique , il fallait absolument avoir long-temps étudié et observé soi-même tontes les choses du douzaine de la nature , sur lesquelles on doit s'expliquer. Toutes les citations que j'ai faites doivent avoir déjà cQjivaincu le lecteur dç^
Cette réalité fondamentale pour le génie , et je m*y réfère pour le titre qui m^occupe en ce moment. "{Voyez «deuxième Yolume de mes . GécrgiqueS' françaises , i825.) ' Quelle pensée occupait Tesprit d*Homère , ; quand il disait aux Grecs, que chaque année Jupiter envoyait aux mortels des neiges , jusqu!i ce qu il eût couvert les profondeurs des hautes montagnes, leurs sommets les plus * élevés , et les .terres fertiles cultivées par la main*d«8 hommes (i) ? Il y voyait la profonde sagesse du souverain des dieux, qui, en cou-<vrant les monts , les vallées profondes et les plaines, de grands amas et de couches épaisses de neige i assurait ainsi la pérennité des sources ; des rivières et des fleuves, et conséqqemment la fertilité de la terre. Homère fait encore une différence entre les monts ordinaire» et ceux dont les cimes vastes et majestueuses domihaient au loin toute la Grèce , c'est-à-dire les hautes montagnes de la Thrace ,
oàil place le trône de Jupiter, quHl surnomme Ptwidus , expression ^admirable, qui seule
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(r) Zeus nivçs ad moHales mUtit^ donec opermrii ce/-. wnim montium vertices et cacumina summa et honunun\ pingiii'a adia. {Iliad.y 1. 12, v. 280.)
(: '54. ) ' comporte. autant de science que de ^af^^p^i
(//^., L w, V, 3oa;Ui4, Vv^^7-^ . .n ^J^s.sf^yaxks f^iii ont explfqué d*uiie manLèi;«f
satisfaisante les causes des tremblemens A9^ terre, et des éruptions volcaniques , doivent ici prendre une nauteidëe delà science d'ISt^r» » nièrc, lorsquil les attribue au CQurrouat^dff. Neptune.; . il est reconuu en effet qi|*U n^Jf.^i d'éruptions volcaniques que lorsque les. eauif. de la mer.se sont fait une issue vers un eut-: tère. Q4ielle belle peasée encore 4'av6i?. !d|t< que ^* Océan était le p^re des dieux! {Ili0d^^: 1. i4:, V. 201.) . *. . : •
Homère, il y a trois mille ans« ^, déclarer les Ethiopiens vers 1* Océan méridional} qi^elh ques Gratès Tout accusé d'ignorance et^d^; présomption; malsStrabon, qui est encQi^e le plus savant des géographes anciens ; ^naaift notre Danville , qui a le plus )ustement devina les positions des mers, des lies et des eontif nens, ont justifié Homère; et rËthiùpi^v dans les cartes les plus nouvelles; occupe la place même qu Homère avait annoncée*
Tous les investigateurs de la Grèce antique prennentHomèrepourguide;c'estunHomère à la main que les Anglais^ épris d^admiration pour le chantre des Grecs, et que M. de Choi-
seul lui-même ût M. liechevalier, ont métqué les lignes et les places des villieè^ des sources, des rÎTières et des raonumens io[ui ont disparu. Il n'y a qu*un agronome exercé par Tobserration qui ait pu c&ractériser, âyec autant de vërité, les diverses contrées parleurs productioâs respectives : Larisse, Tarné, la L^ de, r£phire, sont renommés par leurs blés; la Thessalie , Anthée , la Messénie « Ptélée , possèdent les plus riches pâturages ; on a vu ce qa il dit des vignobles et des .produits industriels. Mais ce qui doit le plus étonner, si dans le monde, même savant, on prenait quelque intérêt à lagriculture, c^e$t de voir quBomère, il y a trente siècles, a reconnu et. dit que , pour réparer l'épuisement d'un Bol psr des moissons consécutives, il fallait rbfeourir aux fumiers des étables ; cela pourra paraître tout simple, pour ne rien dire de plus, à ceux qui n'y .verront qu'une vérité â^mentaire pratiquée et avouée par les paysans les plus grossiers ; mais que diront-ils, qsand.on leur opposera que les Romains, auxquels ils accordent tant de science et tant de génie, n'avaient pas encore apprécié la pensée d'Homère, plus de douze cents ans liprès son âge ; quand on leur citera *le vers
de Virgile qui les metisur cette voie, et que le chantre latin prend mémç une sorte d^ précautioti oratoire pour Jes décider :
Ne saiumre fimopingidpiidealêola*., , •
, Delille a si peu senti le précepte et rà-pro-*;^ pos à regard des Romains, quil a omis ta traduction de ce vers, pourtant bien remarquable.
Dans toute poésie géorgique^ m'éme près Hésiode, on ne peut rieo trourer qui soit plus heureux, plus juste et plus vrai que la fiction par laquelle Plutus ^t né de Cérès, qui av^it dormi avec Jasion dans un champ labouré pour.la troisième fois. Combien cette pensée est féconde et digne d^étre mise en prér ceptes didactiques ! Elle est. d*autant plus précieuse en ces temps,- quelle, accuse l0s faux sàvans qui précisent Tabolition àes ja*** •chères ) sans daigner s^occùper de la pensée d'Homère, qui conseille des fumiers pour rér ^ parer un sol épuisé par la saccession«des récottes. " '- * *
Je pourrais facilement, en prenant quelr que soin, agrandir et embellir la science d'Homère pai* tout ce qu il dit du luxe , des
( »57 ) oirhemehâ^ par la beauté des tissué de laine ou de lin , éclatans de pourpre ou d*autres{ couleurs, et reprësretitant d*iailleuris des sujets historiques dignes des héros l|ui les pbr* taient; mais je veux laisser au jeune lecteur qui pourra s*étonner de la sciêtice et de la paësié d*Homère , le soin de s^en assurer luimême : trop heureux si je peux en être cause.
Il ni*est imposé, relativement à la science d'Homère , de rappeler ici la métallurgie et ses progrès. Le fer était fort rare alors; Achille en donna un globe en prix aux jeux de Palfocle ^ il était cependant connu ; et on aime à voir Homère citer que le tombeau d'Oreste^ en Lydie, était de fer; on n'en doute point, quand, dans la Bible, il est dit que le lit du géant Dog était de ce métal.
La trempe du fer, sortant de la forge ar^* dente, et de dessous le marteau, est encore une belle et précieuse découverte , à laquelle on ne fait pas la moindre attention dans Thistoire de l'industrie ; elle est même une science 'vraie pour certaines applications, telles que pour les glaives des combats, pour les enclumes et pour les gros étaux. Mais écoutons sur ce point le grand Homère, qui; sans prétention aucune , déclare que cette ' trempe
( i5Ç ) fait Ift fprçi^ 4)4 for : HQçwmferri rohwr. (/i#
avoir ^es qii.yr^e^ /^Q:£(Cr(;i)l Qn cite.coimiid ef ^fl^of4i^9il^4 Qu'^AgaKniçwon avait des £rb|t gjbç^ çn apgfii»^ Il e&t dit çnÇQK que \t Scbar 4e ' Rbe^qs^^p^pl^Qçiî^sait 4*Qr Qt.4 argeat {Iliità.^
Largpnt des Çrr^cs^'pcovenait d'Aljrbff&.; à rcxtjréinité ^i]^ JRf>nt-r]S^uxtqf où il était en ^^ ploitatjpn- ÇLliad. , l* a , y, 89,) ; r ■
Ils tiraijSfit, V^(9Îfî des îles: CiàasitcriAss} cb fait seuVattesl;.e bieq des sièi^les de navigatioit et d'iqd^Hi'i^ ^ ^ 9*y ^ P^$. <)^ .meitleareft preuves. . /■ '; 4, ' -^'j •••
Les: Grecs, en trav^Uliiot lé. fer, étaient parvcif us è fixer un jeu de* couleur sur ^certaiqs ouvrage^. Homère cite le bouclier d-^^ g^memiiion, qui of&*||il; ^u coup-dWl des zpj^fs ^que^ ^t noires. {Ili^.^ 1. 11, v^fi^4^) • Quelques doctes d^erudition écrite , pour âf er toute espèce de gloire à Hpnière et à son "" siècle, on( prétendu ^ par ua olim de Leur
(i) F^ffum ^fum muiio elaàorafum. (lUad.y 1. 11, y. i33.) .
( î59 ) im^ginatf bn , quil avait existe en Thi^ce trtic '^dbstance piétalliqué^ qui èotm^xllè bïeuâe ïMfl^ ;. ils- devaient donc la décrire; mais en /tta]tpk>sânt le fait vrai, les Grecs n en' avaient '|ià6'moiiis sti bronzer oumoirer les boucliers ':ét d'âltitres armes. Là joâissancé des psebdoipoîëtes et de certains érudits , c^est de désenchanter'sur Homère.
Les aïiciéns ont peuti^tre été plus habiles
'••qùè nçu^ dans Fart de fondre et de compô-
-^aér des.métaux par de justes proportions de
• qaiantités, pour telle ou telle œuvre, et sur-
'tôut pour celles qui devaient être sonores.
)^Snsi le bouclier d'Achille était compose
aâirain, d'or, d'argent et d'étàin. {Iiiad.\ ï. i8,
•y. J^'jS,) Telle était sfans. doute encore la nîchc
"fâlîdîguè du temple de I^elphes.
Cbaquè sdrtç de métal se gardait en bâfres ;
i^MvÀ W..^t^ît Ç9»fifi Â;kR3gist;çature ou
^»flU5«l|idoçe..Le nQinfert? des forges, dureste,
4fait TUJts-cansidérable; ILlle^ étaient placées
dans de vastes cavernes, où Homère, d6rit
hi vie et le bonheur étaient d*apprendt-e, ne dédaignait pas ,de pénétrer, \IUad.^ 1. i8,
Honpère donnait une grande .importance à
la marine ; il avait pu l'apprécier lui-même
par ses trajets avec Phéréclus, qu'il a im-^ mortalisé. Il avait observé et cil^, dans ses comparaisons; la puissance de.lVquiUbfie qu*un constructeur donne à ^in vaisseau en chantier (i). G^est par Homère encore, et non par les historieiiSj que nous savons quelles étaient les formes des vaisseaux, en raison de leur destination, le moyen de les amarrer etde les mettre ^ous voiles ; les uns étaient simplement voiliers et pour, les voyages ; les autres étaient très-larges, et servaient aux approvisionnemens de Tarmée. ou des cités ; d'autres étaient profonds, et servaient aux transports de divers quadrupèdes (2). Ho-^ mère, selon les circonstances, les désigne
par des épithètes (3j[ relatives.
(i) Ui/ciber navùim Benè calleL {Iliad.y I. 5 et i5,
(a) Quaml saint Louis exécuta sa première croisade ^ ises vaisseatn de transport, dit un historiai, ajaient la forme de ceux-des Grecs ; lia étaient faits de chêne ; mais le même historien du grand siècle ajoute : « Le chêne est devenu à « rare, qu'il serait impossible aajourdliâi de rdaliser une « pareille exp^tion. » C'est une triste yërité qui n'bcci:^ ni nos hommes d'Etat ni ceux de la l^[îslature. En administration d'Etat, aujourd'hui, l'avemr est le prient.
(3) Càifœ nai'CSf aneranœ mwes. {liiad-f 1.'^ et 5, V. a5 et i540
Le chêne était le bois de force dans les constructions ; mais il a disparu de la Grèce : 6*est au commerce du Nord qu*il en faut demander pour tout le midi de l'Europe / et même pour tous les ports des Gaules. Une grande malédiction va s élever incessamment contre nos législateurs et nosgouvernemens; car, sans marine, le midi et ^occident de FEurope sont destinés à subir la barbarie que la sainte-alliance aura la gloire d^avoir préparée. C'est par la marine seule que les petitsfils d*Homère luttent avec tant d'héroïsme contre le barbare mahométan. Que la Grèce succombe, la lèpre de la stérilité et le silence du désert régneront sur la belle patrie d'Homère et de ses derniers héros : le sage Calchas le prédirait avec autant d'assurance : reprenonsle cours derhistoiredeTancienne Grèce.
Dans un pays où les temples, les palais, les maisons étaient habituellement inondés des flots du sang des victimes, il était bien nécessaire de recourir à un agent purificateur. Les Grecs avaient découvert et adopté le soufre. {Iliad., 1. i6, v. 127.) C'était le mode des Hébreux ( i ).
(i) Asperfpiur in tabernaculo sulphur, {Job.^ 18 et i5.)
La préparation du cuir y avait acquis de grands perfectionnemens ; if faut le croire, d après tous les usages auxquels il était soumis. Le mode par tension a été le premier; mais il paraît certain que les Grecs lui faisaient subir d'autres préparations pour Ta-* mollir et pour le teindre , sans lui ôter de sa force; ainsi, par exemple, il supportait la couture pour la confection des bottes (i). Le peuple portait à sa chaussure le poil en dedans ; on se servait de cuir encore pour cordages à la marine (2), Les adolescens portaient des casques en cuir, mais sans élévation et sans ornemens (3).
Homère avait observé que les corps couverts de blessures étaient plutôt sujets à la corruption, et il en explique la cause par les mouches, qui engendrent les vers [^j.
(i) Ocreas sutiles bitbulas circà entra, [Odyss.^ 1. 2 el 23, V. 24.)
(2) Fincula coridcia aptanmt. (/i., 1. 8, v. 540 Loris benh toriis vêla eolligebanL {Id.y 1. 2, v. 4^0
(3) Galeam taurinam clavis et cristâ carenlerrij quaJi» pubeseeniium juvenum, {Iliad,^ 1. 10, v. 258.)
(4) Timeo ne muscœ per vidnera aère infecta , vermes intiis génèrent delurpentque cadaver; vitd namqiie ademptà omnia in corpore piUrescuni. {Id.j 1. 19, v. 25^)
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