‹ Histoire de l'agriculture ancienne des GrecsChapitre 29 sur 32 · A SES AMIS ET A SES PROTECTEURS · texte numérisé non relu

A SES AMIS ET A SES PROTECTEURS

Le lecteur a dû s*apercevoir déjà que les réflexions qui précèdent avaient été écrites i une époque où le traité dit de samte-aUiana était encore dans toute sa force d'exécution. La victoire heureuse et mémorable de Navarin, a dû nécessairement faire changer les combinaisons politiques des rois et du sultan de Constantinople. D*un côté est intervenu le traité de Londres, et, de l'autre, la guerre du Grand-Turc contre la Russie. Je n'ai pas cru néanmoins devoir rien changer au texte de rhistoire de Tagriculture des anciens Grecs; mais en même temps, j'ai pensé que je devais offrir quelques réflexions pour la cause des Grecs actuels, qui, depuis sept

( 4^9 ) ans, combaUent avec tant d'héroïsme pour leur liberté.

Je me suis attaché, en finissant Thistoire de la Grèce antique, à produire en faveur des Grecs belligérans, dés principes de sagesse et de modération sur leur nouvelle organisation sociale. On doit espérer qu'ils seront appréciés par le chef provisoire qui préside en Grèce, et qui, connaissant mieux que les {lommes de la magistrature insurrectionnels, la politique des divers cabinets et Topinion publique européenne , pourra faire agréer la forme d'un bon gouvernement représentatif, et acquérir lui-même la gloire d*ayoir disposé la nation grecque à se mettre «infin au niveau de celles qui ont une patrie et des libertés publiques.

' Il ne faut pas se dissimuler que tout est à refaire chez les Hellènes, fors la bravoure et l'amour de la patrie ; mais combien ces deux qualités ont besoin d'être dirigées et éclairées! Tant de siècles passés dans la servitude la plus dégradante; la morale, l'opinion publique et les mœurs, perverties par un despotisme impitoyable; les familles tenues dans un isolement absolu , l'instruction publique bannie des foyers de la population ,

les sciences et les arts avilis, le commerçai opprimé, et Fagriculture enfin exercée par àes esclaves, doivent avoir tellement subjugué et dégradé la population grecque , qu on s^étonne malgré soi de lui avoir vu prendre la résolution de devenir libre. Malgré cependant un si noble enthousiasme, tout, je le répète, est à refaire chez les Hellènes. Il faut les traiter, et sans qu ils s'en doutent, comme des hommes impurs et encore en proie à un éléphantiasis moral ; mani il faut procéder avec beaucoup de circoiRspeiètiofi , pour faire oublier aux uns, les chances de fortqne quils trouvaient <iaiis la marine; aux autres , les débouchés faciles et toujours bien payés qu^ils trouvaient chez un peuple riche et étranger à Tagriculture. Il en faut encore beaucoup pour amortir tout à fait la piraterie, et peur faire mettre en scène civique les habitans des campagnes, qu on laissait en paix dans leur zeugaria. Ah! que ceqx qui concourent et président à la régénération des Grecs, sç gardent bien surtput de vouloir les Sioumettre d*emblée aux systi^mes abstraits des perfectibilités platoniques, ou à des sectes religieuses qui pourraient les jeter dans les horreurs des guerres civiles!

Ce serait une grande erreur de la part de leurs menins et de leurs amis, de chercher à rendre les Grecs nouveaux dignes des Grecs anciens; il ne faudrait pas même les comparer aux Américains du Sud, chez lesquels TEvangile du moins, et des fréquentations commerciales, ont pu laisser des germes d^une civilisation moins imparfaite. Les Hellènes, pris en masse, sont malheureusement bien loin d*une telle civilisation; un sentiment ^néral les domine, la soif de Tor, qu'anime et fortifie sans cesse un fatal égoïsme, triste fruit de la servitude et du despotisme ; car, il ne faut pas se le dissimuler, les GrêGs, comme les Turcs, ne font de cas aussi que des richesses n^obilières. Aussi, le problème le plus difficile à i ésou'* dre, c'est de les disposer à exercer l'agriculture.

Les rois de TËurope , il faut le dire , sont devenus trop indiffércns sur leur conscience ; car ils auront à rendre compte des torrens de sang innocent versés en leur nom. Plusieurs d'entre eux se reposent ou s'endorment avec sécurité, parce qu'ils ont , les uns une marine formidable , et les autres de grandes armées aguerries. Mais que les rois ,da

Nord fassent un retour sur eux-mêmes, et qu ils se persuadent bien que la liberté de la Grèce est pour eux une grande sauve-garde; car s*ils concourent à la faire détruire , ils feront accroître immensément la force des Turcs et celle des Barbares d'Asie et d'Afrique, qui, dans un avenir donné et même aperçu , ne manqueraient pas de faire des invasions dans l'Europe occidentale. Que la Russie et la Prusse se persuadent bien d^ailleurs que leurs sujets, que ceux mStnes du Caucase et de la Pologne, sont eu harmonie avec les Grecs pour les principes de liberté, et qu^un tel sentiment finira par triompher des vieilles lois qui ont constitué l'esclavage. Les papes, en général, depuis trois siècles, se sont prononcés contre les Grecs modernes. Pie VII n'a pas été plus sage ; car pendant le congrès de Vérone, il a refusé de recevoir les envoyés suppliâns des Grecs, en guerre contre le sultan des Turcs. Mais que la cour de Rome y prenne. garde, elle peut encore perdre ce superbe et glorieux territoire ; qu'elle se ressouvienne qu'en i558, quand on excitait les Grecs a se rallier aux chrétiens de l'Occident et au chef de leur Eglise , ils disaient hautement : Nous aimons

encore mieux 9oir Un turban qu'un chapeau de cardinal. Ce sentiment ne s'est point effacé ; le congrès de Vérone l'a de nouveau fortifié. Ce serait donc une grande faute en politi* que, de les asservir à la cour de Rome : TEspagne et le Portugal leur crient de se refuser énergiqu^ment à une telle impatronisation. Qu elle considère enfin quelle n*a plus dans ses vasss^lités que les rois du pouvoir absolu, dont les trônes chancellent partout.

Résumons ces considérations par un simple rappel des Etals de l'antiquité. Athènes s'était élevée à la plus haute puissance et à la plus brillante gloire ; elle a vaincu une ar^ mée de sept cent mille hommes ; elle a tenu dans le vieux monde le trident de Neptune ; elle avait armé contre la Sicile cent trentecinq trirèmes : et Athènes n'est plus, à la vingt-neuvième année du dix-neuvième siècle, qu'une zugaria des Turcs !

Carthage, quoi qu'en puissent dire les ministres d'Albion, a été, relativement, plus forte, plus riche et plus puissante que Londres; unie aux Gaulois, elle a fait trembler Rome, mais elle s'est enivrée, comme Athènes, de sa prééminence, de ses flottes et dé

Agritol. 4«s GrMf. a3

des trésors , et c est au géographe qu il faut aujourd'hui demander où fut Carthage.

Rome, la superbe Rome, qui a été nommée la reine du monde, s est d*elle-méme abîmée dans le néant. Les souvenirs de sa grandeur et de sa puissance n'ont pu, depuis vingt siècles, ranimer l'esprit public, qui y avait fait opérer tant de merveilles; les hommes de son sol se sont tellement abâtardis, qu*ils ont moins de force ou d*énergie qtie les eunuques du sérail d*un sultan.

Dans les Etats modernes, Madrid, cette opulente et orgueilleuse capitale, qui, sous Charles- Quint, a fait craindre à TEurope d'y voir s'élever un trône métropolitain, s'efface et se perd de manière à n'offrir, dans un siècle, qu'un désert digne de ceux de l'Afrique.

Le grand problême des gouvernemens est donc résolu : c'est de se constituer représentatifs; tout ce qui s'est fait depuis Jules César et Augustule, et toutes les révolutions européennes en démontrent, je ne dis pasJa sagesse, mais la nécessité.

Sans un tel gouvernement, tel vicié ou imparfait qu'il soit, TAngleterre ne serait â l'Europe que ce qu'est Saint-Domingue aux

Etats-Unis, une île misérable, un repaire de pirates. C'est donc à cette forme de gouvernement, quand en Europe tout pliait sous le pouvoir absolu des rois et des papes , qu'ellemême est parvenue au degré de fortune et de puissance dont elle jouit et dont elle abuse à outre-cuidance.

La France elle-même ressent éminemment les bienfaits d'un tel gouvernement. Sous ses anciens rois, les finances faisaient craindre à chaque règne de fatales banqueroutes, et en même temps des catastrophes politiques* Une simple Charte en a fait un royaume riche, fort et tranquille. En moins de dix ans, la France a trouvé le moyen de payer plus d'un milliard aux coalisés , un milliard aux émigrés, et d'acquitter chaque année près d'un milliard d'impôts de toutes sortes; mais que des caméléons, que des hypocrites fassent révoquer ou anéantir la Charte, pour donner à la France le gouvernement de Louis XIV ou de Louis-le-Débonnaire, toutes ces ressources et tous ces moyens disparaîtront, comme dans la nature un soleil ardent absorbe et dissipe en peu d'instans la plus abondante rosée.

J'ai déjà dit que l'agriculture des anciens

<]rrec9 avait été importée presqo'en masse chez les Romains du moyen âge, et que les Romains, conquérans des Gaules, y avaient apporté les principes et les méthodes de leurs cultures. Il est même assez singulier qu il y ait aujourd'hui autant de rapports effectifs entre Tagriculture de la Grèce antique et celle de Tagriculture française. Il semble qu*un même esprit ait animé les deux peuples dans Tart de cultiver et dans ses influences : la suite de cette histoire le démontrera à ceux qui s^occupent de ces considérations.

L'histoire première de Pagriculture des Grecs prédomine toutes celles des autres contrées de TËurope, et même du monde, comme les pyramides et les grands monumens de TEgypte attestent à tous les savans érudits, la préexistence des sciences et des arts dans cette belle et riche partie de la terre. Celle des Romains est presque effacée dans la Basse-Italie; et rigoureusement on pourrait prouver que les Français, oubliant leurs premiers maîtres, n'ont pris des leçons que des anciens Grecs.

Il serait impossible de retracer celle des Grecs aux âges modernes; car le Bas-Empire d'une part, avec tous ses accompagne--

mens, el l'invasion des Turckomaiis de 1 autre, avec toutes leurs violences, ont fait étendre sur les belles contrées de l'ancienne Grèce une épaisse atmosphère de ténèbres et d'ignorance, fortifiée par un mépris extrême pour l'agriculture et pour les sciences utiles. Jusqu'à un certain point , on pourrait dire que les Grecs modernes n'ont trouvé de ressources pour vivre, que dans leurs troupeaux écartés et dans les productions spontanées de la nature, où le ciel, les eaux et les terres d'alluvions ont offert des moyens faciles ou des ressources pour subsister. Ce n'est que par leurs essais de navigation qu'ils ont pris quelques notions des choses que l'agriculture et l'industrie peuvent donner et produire. Je ne crois même pas que depuis le Bas-Empire et que depuis l'invasion des Turcs, il ait existé aucun Grec qui ait eu la pensée d'écrire l'histoire d'un pays qu'avaient chanté et illustré Homère, Hésiode, Pindare, Aristote, Xénophon , Théocrite. etc.: car c'est une question que j'ai souvent faite, et pour laquelle je n'ai trouvé qu'un silence absolu. Je suis presque heureux aujourd'hui, grâces à deux guerriers généreux qui ont visité la

Grèce actuelle , de pouvoir offrir quelques notices sur le sort et l'état des cultures qui y sont maintenant usitées. Quoique justes observateurs, le but de leurs voyages n*étant pas de connaître l'agriculture, je n'ai pu recueillir que des faits isolés , de simples affirmatives ou négatives sur chacune de mes questions ; je les crois néanmoins dignes d'intérêt, parce qu'elles sont réelles, et parce qu'en homme du métier, en les rapprochant, j'y ai trouvé une sorte de statistique assez satisfaisante : je désire que le lecteur participe à ma reconnaissance envers ces deux voyageurs, dignes amis et bienfaiteurs des Hellènes.

L'agriculture de la Grèce aujourd'hui se compose d'élémens divers opposés ; c'est le résultat nécessaire de la différence et du contraste des sites et terrains, des vallées et des monts, des plaines et des coteaux,' des grands terre-pleins des îles et des côtes maritimes. Elle a eu pour causes : i° les tributs que le gouvernement turc imposait, et qu'il fallait acquitter sous peine de la vie ou du bâton; 2® ceux que des propriétaires grevés ou turcs exigeaient de leurs colons ou de letirs enclaves, pour suffire d'abord à la

( 439 ) population des lieux, et pour offrir quelques spéculations par les ventes ; 3° les appro^îsionnemens des navires du commerce, en farines, en viandes, en vins, en fruits et autres denrées. Hors de ces trois causes générales, il y avait, si on peut s'exprimer ainsi, une agriculture sauvage , entretenue par les populations des montagnes, auxquelles les troupeaux suffisaient en quelque sorte ; car ils ne connaissaient et connaissent à peine ^ encore la culture des céréales , trop fragiles sous les excès de la température des monts. Il n'y a d*exceptions que dans les revers exposés au midi, où ils jettent quelques graines de maïs ou d'orge, trop heureux quand ils peuvent les préserver des bêtes sauvages. Cette partie de la population , néanmoins , n*est pas la moins fidèle à la patrie ; elle est passionnée pour la liberté, et elle mérite de la part du gouvernement actuel beaucoup d'égards, de ménagemens, et même des exceptions ou faveurs temporaires. Dans les dangers, on y trouvera toujours des hommes dévoués, et c'est peut-être parmi eux qu'il y a une haine plus fortement prononcée contre les Turcs.

On y cultive très-peu de froment et d'orge

en plaine et à la charrue; les seigles y viennent très-beaux et très-hauts , car ils ont au moins cinq pieds. Il faut croire, par la hauteur quils atteignent, et par les soins quon y donne à cette culture , que la paille est employée à quelques objets d*industrie. Les Grecs donnent au seigle le nom Xoriza. Ces cultures, en général, se trouvent à travers les vignes et les oliviers. Ce mode est bien raisonné, en ce qu*il favorise éminemment la végétation des arbres, par les labours qui s*y font annuellement, et en même temps celle des blés dans les espaces intermédiaires. C^est, au surplus, le mode qu^on suit dans plusieurs parties de Vltalie et dans le midi de la France.

La culture du maïs y est plus étendue, et même plus chère que celle du froment; ses grains et sa farine y servent habituellement aux hommes de la marine , et ils composent, parla polente, la majeure partie des vivres dans les ménages domestiques. On le cultive plus en grand dans la vallée de TËurotas.

La charrue de FAttique est comme celle que nous nommons à tourne-oreille ; le labour s y fait par sillons; et quand il s'agit d'ensemencer, on fait des billons; par

ce moyen,' les grains sont mieux couverts.

Les charrues, en général, sont très-rares en Grèce, parce que le sol y est extrêmement ardu, rocailleux, et parsemé de monts plus ou moins rapides; parce qu'il faut laisser les plaines herbeuses aux bestiaux; les travaux s'y exécutent donc à bras, et dès lors on peut juger qu'il y a fort peu de céréales. Il y en aura moins encore par la suite, en ce que la nouvelle Odessa entrepose une grande quantité de blé -froment, que les Grecs actuels échangent pour des vins, des fruits et des huiles.

On attèle aux charrues, des bœufs, des chevaux et des mulets, mais le plus ordinair rement des bœufs. Les mulets y sont trèsprécieux pour le transport des denrées et des matériaux nécessaires aux villes ou aux ports de mer ; car il n'y a point de chemins pour les voitures. On y reconnaît, disent nos deux voyageurs, les traces des pas des chevaux de l'antiquité, et sur lesquelles passent forcément les mulets ou chevaux des temps actuels. Quelques-uns de ces chemins escarpés portent encore les noms des Grecs les plus célèbres , entre autres celui de Léonidas.

On cultive peu de légumes; ce point. de

fait est dautant plus étrange ,. que la culture en est très-^considérable à Constantinople. Les pois, les fèves, les lentilles, les ognons qu'on consomme en Grèce, viennent de TEgypte.

La plus grande culture des Grecs actuels est celle de la vigne, de Tolivier, de l'oranger, du citronnier, du figuier, du mûrier et du cotonnier, ce qui forme un assez grand commerce par la voie des échanges. Ces objets seuls, dans un système de liberté et d'indépendance nationale, pourraient être des trésors, et valoir cent mille fois plus que les mines du Mexique et du Brésil. Combien TËurope et combien la Russie , pour ses vastes Etats , auraient donc intérêt à soutenir les progrès de toutes ces cultures, et conséquemment la liberté des Grecs !

Les hautes montagnes y sont chauves, et entièrement dégarnies de grands arbres forestiers. Le chêne , ce roi des arbres du monde, semble y avoir été mis à Tindex de la cognée ; les érables, les frênes, qui fournissaient aux anciens Grecs tous leurs bois de construction et toutes les armes dans la guerre, en^ont disparus. Un seul arbre, le platane, a survécu aux destructions; là petit* être sont les plus beaux de lOrient. .

Tant qu'on a trouvé des arbres de construction pour la marine , on les a coupés , sans sinquîéler des reproductions : signe manifeste qu'il n'y avait nulle part de patrie, dont lavenir, dans un Etat bien constitué, est et doit être inséparable (i). Cette doctrine, au surplus, est celle des Turcs, qui se croient les suzerains de la terre. Il est singulier et remarquable que deux petites îles, Seleito et Scopelo , aient conservé tous leurs vieux arbres d'origine, et qu'il s'y soit établi des chantiers de construction d'où sort un assez grand nombre de navires.

Il paraît qu'il y a en Grèce et dans ses îles des troupeaux considérables de bétes à laine et de chèvres ; mais on n'y voit point de ces manufactures qui seulement fournissent aux besoins des localités.

Les Grecs et les étrangers trouvent à la chair des moutons et des chevreaux un goût excellent, qu'on ne trouve nulle part ailleurs : cette particularité pourrait en effet

( I ) Tous nos gouvernemens , depuis rAssemblëe constituante jusqu'à i83o, ont mëconnu ce grand principe, £h! qui pourrait dire IVpoque où la France y sera ra.-r. menée?

être jusliftée par le régime de vie de ces animaux sur les monts.

Les chèvres y sont innombrables ; elles en occupent les hauteurs, partout garnies de broussailles et d*arbustes : c'est déjà une preuve que leur chair et le lait y sont délicieux. Les Grecs et nos voyageurs mêmes trouvent et jugent qu on ne peut faire un meilleur emploi de ces parties du territoire, parce que la chèvre légère, forte et hardie, se porte à des rochers que Thomme ne saurait atteindre, et que par conséquent il y a intérêt à les faire vivre sur ces points élevés. Mais, jusquà ce qu*il soit prouvé que ces cimes ne comporteraient pas des arbres forestiers de service , il y a plus que de Tiraprudence h en faire un abandon indéfini aux chèvres. On ne peut croire à un tel excès de température , puisque la nature , qui a été si sage et prévoyante pour Thomme, a départi de grands végétaux à toutes les zones et à tous les monts élevés, tels que les cèdres (du Liban) et les pins des régions hyperborées. C*est donc en vain que, par ses divers agens, la nature cherche à peupler les monts des végétaux qui y croissaient autrefois ; la chèvre aussitôt en dévore la première crois-

^ance, et force le chêne, Térable, Talisier^t le hêtre, ami des montagnes, à végéter en cépées rabougries. Mais les chèvres ne sont pas toujours sur les hauteurs des monts ; elles rapportent leurs tributs dans les vallées ; et , dans leurs parcours, elles dévorent encore les jeunes arbres qui prospéreraient dans un sol riche et profond. Ainsi, partout elles détruisent les arbres , et avec eux la Verdure , qu'entretiendraient des sources ; car c'est le propre des arbres d'en fixer autour d'eux.

Tout bien considéré, la chèvre est un fléau pour la Grèce, mais avec lequel pourtant il est très-sage de composer. Conseiller suprême, ou président de la Grèce, je me garderais bien de provoquer la proscription de la chèvre ; car elle est chère au riche comme au pauvre. II faudrait donc commencer par quelque instruction sur l'ordre et le cours de la végétation. Il faudrait, avec le temps, mettre en exception certains monts et certaines vallées, et démontrer aux yeux la possibilité de faire naître et croître des arbres , où jusqu^à présent dix générations n^ontvu que des broussailles ; il faudrait cantonner les chèvres par districts, et défendre leur parcours indéfini; il faudrait, par des

primes, favoriser la population des bétes à cornes, et, pour les consommations, accoutumer le Grec à la viande du bœuf et à celle du veau ; il faudrait introduire peu à peu un autre régime diététique, dans lequel le chevreau ne serait plus une nécessité. Mais de telles temporisations ne doivent être cottfiées qu'à des hommes dignes de comprendre les lois pliysiques et les influences des grands arbres sur la prospérité du sol, et en même temps sur une plus douce température. ,

L'Attique (i) et la Morée sont presque sans troupeaux, et surtout sans bétes à cornes : la guerre les y a fait presque tous détruire; et cette guerre, digne des cannibales-, a fait cesser un genre de commerce que la Haute-Grèce entretenait avec les îles Ioniennes, où étaient autrefois les troupeaux privilégiés d'Apollon.

A la suite de tant de révolutions, depuis Homère jusqu'à Ibrahim, il y a donc peu de troupeaux, très -peu de vaches, peu ou

(0 Athènes n'est plus reconnaissable, d'après l'histoii^* M. Gaspari en a fait un triste tableau : il y a seulement quelques vallëes un peu productives, sur lesquelles le gouvernement turc fait peser son bâton fiscal.

point de beurre, mais seulement du laitage et de mauvais fromages de chèvres.

Le parcours , comme chez les anciens Grecs , ne permet pas d'y former des prairies à faucher, pour se faire du fourrage sec ; tout y est soumis au pâturage vif : il n y a d'exception que dans les banlieues des ports et des villes; il y existe cependant encore des ruisseaux qui pourraient faciliter des irrigations. Mais combien il faudra d^années avant de rompre les vieilles habitudes !

Les pailles de maïs, celles d'orge et de froment, y servent de fourrages ordinaires : on n'y connaît pas de prairies artificielles, pas même le sulla de Malte, sorte de sainfoin.

Les habitans des montagnes y amassent des feuilles d'arbres, avec lesquelles ils noutrissent leurs bestiaux pendant l'hiver.

On y élève beaucoup de volailles, et surtout des pigeons ; il serait plus exact de dire qu'il s'y élève beaucoup de volailles et de pigeons.

Les porcs y sont très-nombreux ; non seulement les Grecs en aiment la viande , mais elle sert beaucoup aux salaisons pour la navigation. Dans les villes et les bourgades,

leurs porcs servent à nettoyer les rues des immondices, comme le font les chiens à Constantinople ; et c'est dans le plus beau pays de la terre , que les magistrats préposés à la police publique n ont pas encore su dé*fendre ou prévenir ces foyers d'infections, d*autant plus funestes, qu'elles proviennent des déjections humaines.

Quoique les mulets soient dune indispensable nécessité pour gravir les monts par des sentiers escarpés, on n'y en élève point, ou très-peu : ceux qui y sont viennent d'Italie et de l'Adriatique. Il n'est pas dit même qu'ils aient formé des haras pour les chevaux, ni qu'ils aient des ânes étalons : c'est encore un tribut qu'il faut payer à l'étranger.

La culture de la vigne est un des plus grands soins des Grecs; elle n'est point soutenue, ni par des arbres ni par des échalas; elle y est, en général, abandonnée à ellemême, excepté qu'on la taille chaque année ; telle, au surplus, on la cultive dans l'Angoumois et dans plusieurs parties du Poitou. La rareté du bois en est sans doute la première cause; mais peut-être aussi que l'expérience a fait reconnaître qu'il fallait soustraire cette culture aux violens coups de vent et aux

tempêtes qui surgissent des mers : ces t. là du moins un motif qui a déterminé ce mode le long des côtes de TOcéan, depuis Bordeaux jusqu'à Nantes. Quoi qu'il en soit, les Grecs, encore à présent, font un commercé considérable de raisins desséchés, connus sous le titre de raisins de Corinthe, et de figues en bâches ou cabats, apportées à Marseille.

Il paraît qu*il y a des vignobles dont les vins sont renommés ; on cite les vins de Samos, de Tinos, de Chio : on les compare, pour le goût, à ceux de Madère et de Malaga« Tous leurs vins, même ordinaires,. sont destinés pour la Russie, où les Grecs trouvent toujours des échanges utiles. On ne peut dire si leurs modes de vinification sont conformes aux principes de l'œnologie, mais il est à présumer qu'ils ont connu ceux qu'on pratique en Espagne. Ce qu'il y a de certain , c'est que leurs raisins sont éminemment su-^ crés, et que leurs vins sont très-liquoreux, ardens et suaves en même temps. Les Turcs, malgré la défense du prophète pour le vin, y sont aussi propriétaires de vignes, et ce serait trop présumer de leur piété, que de croire qu'ils ne consomment pas du vin. Les ven-

Agricol. dM 6re«s. S^

clanges y sont des jours de fêtes, surtout pour les Grecs qui habitent les montagnes.

Leur mode pour battre les blés participe beaucoup de ceux des anciens et de celui de la Provence ; quatre , six ou huit chevaux sont attelés de front ; ils sont retenus par une longe, et au commandement par le fouet, ils tournent autour d'un piquet central; ot par une allure accélérée, ils foulent répi sous leurs pieds. La paille en est toujours froissée et presque hachée, mais elle n en sert pas moins pour fourrage.

On trouve en Grèce fort peu d^arbres fruitiers à pépin , de pommes , de poires , de prunes, de pêches même, d'avelines, de nèfles, etc. Ce n'est point le climat qui s'y oppose , mais c'est que les Grecs préfèrent les fruits exquis et rafraîchissans dont ils jouissent sans peines et sans soins.

Les prix de main-d'œuvre y sont très-bas, relativement à ceux de l'Italie et de la France^ Il est observé d'ailleurs qu'en général les familles se suffisent à elles-mêmes pour les travaux ruraux ; mais n'oublions pas de dire, à la louange des Grecs, qu'ils ne reconnaissent pas d'esclaves pour leurs cultures.

: Les simples énonciations que je viens^ èe:

faires et auxquelles on doit ajouter foi; Suffisent «dëjà pour donner une juste idée dS là prbspérité a^idole :et commerciale à laqù^U^ pourrait s'élever ià Grèce. Prenôfië iibuè^ mêmes ponr texte de ce point de fhit; Ik mention de ses productions liâtiTeS ou ihd^ gènes. . ■ •••'■' ■ -i ■

' D:'immjensés débouchés sont offerts SLût Gi*ecs pour leurs Tins ; il suffit de considérer lès Etats si vastes de la Russie et les populations du Thibet et du Caucase, auxquelles les vins «seiroht toujours cliers; Gèux de là Gràce ont un grand availtage sur les vins mêmes de la^ France et dé Tltaliè, en ce qails sont éminemrnerit spiritueux, et que par cette qualité ils résistent à tous les excès du froid, et en même temps aax roulis dé lia navigation, surtout s'ils ont été tirés à clair^ fin^ c^est-^à-dire sans la moindre lie. On né peut évaluer tous les millions que tette cùl^ ture et son commerce vaudraient i là Grèce: Dans cette pensée , hélas ! je comprends milgré tout, TAttique, le Pélbponèsè et leîs il«S^ adjacente^; car quel hopime bserâit àf^ firmer que les délirtiitàtioits fct' le partagé qui viennent d'être faits, seront respectés âa Gratid - Turc i^ -Sqs uléihas seront tt^ùjoors

prêts à l'absoudre, quand il aura manqué à sa parole et à des traites avec des Etats chrétiens; cette transgression est mémo chez les Ottomans une maxime de devoir de la part du sultan. Les prétextes pour faire la guerre ne manqueront jamais; l'expérience des siècles sur la morale et la foi des Turcs , ne permet pas de douter que le sultan, aussitôt qu'il sera en paix, ne cherche à ressaisir le» parties de la Grèce que les circonstances de la guerre lui ont fait ce'der. Jamais peut-être les rois de l'Europe n'avaient trouvé une plus belle occasion pour affranchir la Grèce et SCS îles du joug ottoman. On croit rêver quand on Ut que de hauts commissaires des trois grandes puissances ont abandonné Athènes au Turc : les mânes d'Homère, de Périclès, de Léoniilas, etc., doivent en frémir. Et quL'l homme en Europe, s'il n'est Tendu au gouvernement anglais, pourrait donner son assentiment à une opération aussi impΣ, aussi perfide? Oh! duc de Wellington, c'est par votre influence bien connue que la cclê-; bre et grande Athènes est turque : attendeif TOUS que la postérité vons surnommera h barbare.

li'olivîer en France;; depuis un siècle, se

(453) refoule vers les anses de la Méditerranée ; les aquilons arrivent sur la Provence sans trouver d'obstacles, par les monts mis à nu. Il y a peu d'années, ce qui n'était pas arrivé, même en 1 709 , les oliviers ont gelé en terre , et la masse en est considérablement diminuée dans le Dauphiné et le Languedoc. La climature de certaines anses de la Grèce ne craint point ces avaries; l'olivier d'ailleurs y est là dans sa patrie native; et, sous un gouvernement qui serait juste et paternel, la multiplication de l'olivier lui vaudrait des flots d'or.

On sait que la culture en est fautive ; que les cboix des variétés y sont mal assortis; on sait encore que la manipulation de l'olive pour l'extraction de l'huile n'y est pas bien entendue, pour les perfectionnemens dont l'olive est susceptible, soit à la cueillette, soit au dépôt, soit au pressoir, soit aux préparations que la Provence suit avec tant de succès, et dont l'huile, sous ce dernier rapport, est encore la meilleure du monde connu. Voilà donc un riche trésor que son gouvernement doit faire posséder à la Grèce.

Il se fait en ce moment un commerce considérable d'oranges et de citrons; la France

s'en aperçoit peu, car ces fruits s^xporteai tous en Russie. Il serait possible d^ea perfectionner la culture et les fruits, de manière à ce quils fussent préfères aux oranges du Portugal, dont lei -.sites, les côtes et le sol sont plus fayorisèi» de la nature que les bords du Tage, Ce genre de commerce pourrait de^ venir important pour la France.

Le figuier, Qst encore là dans sa patrie native; ses fruits desséchés^ dans l'état actuel, ferment un commerce considérable ; on les expédie par masses ou bâches. Elles sont très-sucrées; elles pourraient être meilleures çncore, si on donnait plus de soins à la dultu^e dq Tarbre, si on savait y. perfectionner la ]p^anipulatipn , et en assurer mieux la fructifiéklion.

Le xnûrier y prospère comme aux pays des serres; et cependant il y aurait beaucoup à faire pour Vi^n disposer .l«i végétation i •pour la varier en raison des positions ou des circonstances relatives au ver travailleur; cap (QH sait qu'il faut presque tows les ans proportionner la qu^alité de la feuille à Fétat du ver qui va se nsieïtre. à l'œuvre. . . ::jy<éçlQ*ion.e5t sujette à bien des accidans; on ne. peut les prévenir qu'en prenant de*

précautions que Taisance des colons grecs permet bien rarement. C'est donc là encore un véritable trésor qu'il faut savoir exploiter, et dont un sage gouvernement doit s'occuper. Il ne doit pas seulement considérer les récolles de la soiej il doit encore voir avec satisfaction que de grands végétaux peuvent s'y multiplier, favoriser la température, et qu'en définitive ces arbres trop vieux offrent encore par leurs bois des ressources pou ries foyers.

On cultive avec succès, dans quelques anses, deux espèces de cotonniers, et il serait très-facile d'en accroître et perfectionner la culture : les essais entrepris par des Français dans les îles Ioniennes, alors qu'elles leur appartenaient par droit de conquête, n en laissent pas douter.

On regarde enfin comme très-possible d'y acclimater le caféier, le canellier, le théier, et même la canne à sucre; mais on fait observer que pour cette dernière culture, il faudrait préférer le plant qui vient d'Egypte,

On y cultive encore le tabac, qui jouit d'une grande réputation; l'anis, la moutarde, le lin, le chanvre, les courges, qu'on y nomme colokiti, des haricots dits faséoiî.

Combien de branches encore d'agricul^ ture et de commerce la Grèce pourrait se créer et s'assurer, si elle était en libre communication avec la France, Tltalie, TAllemagnc et rÂdriatk|uc ! Mais que faut-il espérer de la misérable politique qui s*agite d'une manière si hostile contre les peuples généreux et braves de la Grèce, quand tant de siècles de sei'vitude et de misères auraient dû porter tous les cabinets à les affranchir de leurs odieux et féroces tyrans? Comment un premier ministre de l'Angleterre ose-t-il, au vu et au su de son parlement, stipuler si chaudement les intérêts du Grand-Turc, et conséquemment la ruine de la Grèce ? L'histoire et la postérité accuseront à jamais l'Angleterre d'une telle et si affreuse politique.

Espérons que la Providence fera donner une autre direction aux évènemens qui vont se passer entre la Porte- Ottomane et la Russie (1829).

Il est possible que le président actuel de la Grèce se mette en mesure, à toutes fins d'en raviver l'agriculture et le commerce, et qu'il se tourne vers la France pour solliciter le gouvernement de lui expédier des savans,

afin de coopérer à des améliorations en faveur des Hellènes.

Connaissant trop bien les fausses doctrines de nos savans, en ce qui concerne l'agriculture, je tremble de voir appeler en Grèce de vains apôtres, qui, ne considérant que les théories, y proclameraient infailliblement les systèmes abusifs des François de Neufchâteau, des Yvart, des Tessier, etc., et surtout de M. Fellemberg, qu'on peut à juste titre nommer le Platon des agronomes de THelvétie. 11 ne faut pas même douter que si notre gouvernement, à la voix du président-gouverneur de la Grèce, faisait un appel à des agronomes , il ne se présentât plus de Triptolêmes qu'il ne s'est présenté de militaires pour l'expédition de la Morée.

Je ne peux dire si notre gouvernement (1829) durera long-temps tel qu'il est; mais en le supposant, le ministre de l'intérieur, très-enclin, comme ses confrères, à consulter l'Académie des sciences, ne manquerait pas de l'inviter à lui faire connaître les agronomes les plus savans (i). Il serait même

(i) M. de Martignac, dans- ud discours sur Fagricul-

(458) très-possible que la section d'économie ru-^ raie de FAcadémie des sciences^ et la Société royale d'agriculture, fissent des choix dignes d'elles, c'est-à-dire dhommes absolument étrangers, /comme elles, aux vrais principes de l'agriculture et de l'économiç rurale. M. Yvart, qui a solennellement provoqué l'abolition des jachères, et tant d'autres belles choses, serait infailliblement mis à la tête de cette colonie normale.

Toutefois, j'avouerai sans peine que si le ministre connaissait quelque agronome en France qui eût résidé quelque temps dans les Echelles du Levant, des négocians estimés, ou des consuls accrédités, il faudrait sans hésiter les préférer à tous autres, non pour y établir des chaires d^agriculture, comme celles qui ont abusivement lieu à Saint-Martin et au Jardin-des-Plantes, mais pour mettre la Grèce en participation avec son gouvernement, afin de favoriser les débouchés des productions du sol, et, à ce titre, ouvrir au3( Grecs producteurs un crédit provi-

ture, en 1829, à l'occasion des prix de i*ëoole yëtërinaire, s'est ropiitr^' kVA B C de ragricukure.

Roire sur le prix des ventes dans les factoreries.

Si enfin. on voulait absolument y envoyer des agriculteurs français, il faudrait du moins les choisir dans le midi du royaume, comme étant plus familiers avec les productions de rOrient et avec les consommations habituelles.

Il pourrait encore être très -avantageux que des propriétaires français fussent s'établir en Grèce ; mais pour faciliter ces émigrations, le gouvernement hellénique devrait faire mettre en vente des parties du domaine public. Le même gouvernement pourrait encore traiter avec des capitalistes pour des opérations de défrichemens, de desséchemens et d'irrigations.

Je pense qu'il serait digne du gouvernement eu France d'assigner dans les grandes écoles des arts et métiers, ou dans de grands ateliers, un certain nombre d'élèves grecs qui, moyennant un apprentissage de trois à cinq années, travailleraient gratuitement, et auxquels, à l'expiration de leur terme, on donnerait un assortiment des outils de leurs métiers. Cette mesure, au temps de l'en^pire, a été prise, et suivie de succès pour dc^

jeunes Dalmates, Croates et Ioniens. J*en ai vu les heureux résultats à Châlons-sur-Marne. Il importe beaucoup encore de prévenir le gouvernement grec qu il doit se défier de nos livres et de ceux des Anglais ; car en général ils sont bien pauvres, et même dangereux par leurs théories et par des mensonges audacieux. Il ferait mieux d*ordonner un plan de statistique , d'après lequel, chaque année, on ferait iipprimer les succès obtenus sur chaque point de la Grèce, ce qui nationaliserait rinstruction, et tiendrait d*ailleurs le gouvernement éclairé sur les impulsions quil conviendrait de donner à chaque partie des productions agricoles.

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