CHAPITRE V
Quels étaient les troupeaux de la Grèce âa temps ^'Homère. — Leur immensité imposait unTé|[ime pastoral absolu, -^ La gaejie et les sacrifices ez.igeaient cette législation. — Quelles espèces servaient à la nourriture? — Considérations sur le bœuf et le taureau. — La génisse était préférée pour tous les sacrifices. — Les troupeaux de cbèvres. — Le mal et le bien qu'ils faisaient.
— Un mot sur le bouô. — Il y avait ausài de nombreux troupeatfx de porcs. — Lé culte et l*opinîon imposuietit tant de sacrifices, que le territoire àe p(itkV«iit plus sùfiii-é a nourrir dés troupeaux. — Les hécatombes et les kiliombes achevaient la dépopulation. — Le sacrifice du sanglier. — Celui des langues.
— Le culte champêtre, ses sacrifices et ses consommations.—- Tous les troupeaux, ceux mêmes des rois, paissaient en com-i mun, espèce par espèce : chaque chef reconnaissait les siens.
La Grèce,' au temps d'Homère, était encore, dans sa plus grande étendue, soumise au régime pastoral, commun; les céréales n'étaient en quelque sorte que des exceptions ; à peine même faisaient-elles partie du régime diététique privé. Nous avons déjà vu que les troupeaux formaient la richesse la plus réelle des rois et des prêtres ; aussi Homère fait-il
observer <jue presque toutes les guerres in** ^ testines et même étrangères , avaient pour cause renîèvement des troupeaux à trfâin armée (i)J té bœuf, dans les rançons^t les ventes, était admis en valeur réelle, comme l'or et l'argent chez- les peuples modernes. Liâërtc avait acheté vingt bœufs, la belle Euryclée. Lycaon s'était racheta d*Achille en lui donnant cent bœufs, {ùdys., IHéi,j 1. 2», j V. 7g. )
La gùierrè , ' les sacrifices et les vivres publics* 'absi>rbant annuellement plus dé troupeaux -que ïa riittoné et îeS Soitîk''des pasteurs pouvaient en faire naître ou élever, les roïsi^o'ur^Taîre iaiix peuples et se tenir éiii^-mértïès'en HaJeine de guerréèet defcom^ bats i' s'étaient fait- une habitude d'aïïef îfeîre idtes enlfevéroens de troupeaux darts les pays circohToîsitii. Le sage Nestor Mc6titait ïùimême avec • complaisance et ihfeéîMiité à ses compaghohis , qu*il avait ërile^é 'chez les Eléens, éMquânïe troupeaux de bœiifs ; trinquante de bêtes à laine, cerit cinquante cavales avec leurs poulains, et qu'il» les con-
(i) Z)e houm abaclione y certamen oriitm est, [Iliad.j
(60 doisit lui-même en triomphe à Pylos. (Ilind., 1. II., V. 671.)
L'opinion légitimait ces rapts à main armrfe, parce qu'ils manifestaient de la force et du courage , et parce qu'ils favorisaient le bien-être du pays qui en jouissait. Hercule |ua Iphylus, qui s'avisait de venir rcclaraer ses troupeaux que le héros avait pris. {Odys.,
Achille récriminant contre Agamcmnon, disait : « Pourquoi irais-je porter la guerre chez les Troyens? ils ne m'ont jamais enlevé ni mes hœufs ni mes haras. » Çliiad., 1. r,
On ne doit pas s'<?tonner aujourd'hui da grand prix que les Grecs attachaient à leur» troupeaux, quand on fera attention que les * Tivres-viandes étaient la majeure partie de leurs subsistances , quand ils y trouvaient du laitage, qui leur était cher, quand les dépouilles enfin des animaux servaient à vêtir, à couvrir les pieds et à composer des armures et des cordages.
Les espèces qui servaient aux vivres-viandes, chez les Grecs, étaient le hœuf, la gdnisse; je ne nomme point la vache, rien i m'y autorise ; jamais il n'en est question dai
tes sacrifices ni dans les festins ; si le peuple s'en nourrissait, c'était par nécessité. Oh consommait encore beaucoup d*agneaux, mais fort peu de brebis, des. chevreaux, et rarement des chèvres; les por(^de tout âge fournissaient beaucoup à la consommation. Nous parlerons , dans le chapitre suivant , des troupeaux de chèvres, de mules et de mulets.
Les troupeaux des Grecs n*erraient pas seulement dans les territoires respectifs de chaque nation, ils allaient encore et nécessairement, surtout dans les districts montueux, des positions du midi, à celles du nord, pour revenir ensuite et respectivement, pendant rhlver, aux plaines basses, abritées ou marécageuses, quMIs quittaient au printemps, pour aller paître aux revers des monts et sur les plateaux élevés. Cet usage existe de fait en Espagne, en Portugal, aux Alpes et aux Pyrénées ; c'est ce qu'on nomme dans le midi la transhumance , et ce qui réclame un code rural.
'Le bœuf mérite quelques explications; dles sont utiles pour préserver la jeunesse [ de Tabus de ce mot dans le style et les traductions.
Homère n'a point parlé de la castration j il ne m*appartient pas d^ suppléer ; on doit présumer cependant qu'elle existait de son temps; cartfésiode, comme nous allons le voir, tn fa^b mention ; mais elle est encore prouvée par le caractère bien connu du taureau, dans laforcc de Fâge. On peut donc déclarer rigoureusement, qne-Ie bœuf de labour avait subi la castration; le naturel du taureau j au surplus, nest pas changé. Hésiode recommande qu à l'heure de la plus grande chaleur on Ôte le j^ôtrg^ du cou du bœuf ; Hon^ère ne pouvait méconnaître le taureau ; et quand il s'agit du labour ou des troupeaux pour la consommation, il ne parle que du
Il est fort à présumer que lès vaches étaient mises sous le joùg pour la charrue; car une des conditions premières, pour lé sacrifice d'une gériîsse, était quelle n'eut ja^ mais senti le joug sur Sa tête. (Iliad.^ 1. x.) (k). Quoi qu'il en "soit, nos traducteurs nom- .ment indistinctement taureaux, d^s bœufs : ce dernier nom mênie a vieilli pour eux ; le style les appelle, sans cesse, de superbes ou
( I ) Aux fêtes de Gërès , on immolait une rackeà la terre.
vigoureux taureaux^ même quand il s agit de vacher. Un de nos hellénistes classiques tra- (luit constamment les mots bœufs et vaches, en taureaux; j*en citerai un exemple. Quand Ulysse chasse les amans de sa femme , ils s*jenfuient .comme des vaches. L*expression et Ja figure sont elles-mêmes fort piquantes; mais notre élégant traducteur les fait s enfuir tomme des taureaux qu'un lion poursuit.
Ramenons, au surplus, le mot générique i^0^à. sa signification usuelle et vraie. Le taureau, est destiné à la reproduction de la race ; un bœuf est un taureau qui a subi la castration; une vache est une génisse qui a: mis. bas: et qui a du lait : la génisse est une élève pour la reproduction. .
. La consommation des bœufs, des génisses et des veaux de lait était si grande et continue, qu'on peut s'étonner encore de leur multiplication, même dans un système de régime pastoral absolu. Le camp des Grecs* consommait itous les jours un bœuf pour <^que tente. {Iliad.,\. 7, v. 465.) L'armée, dans ses sacrifices, en consommait encore beaucoup,, ainsi que nous allons Le voir.
; Les. troupeaux de bêtes à laine étaient très-considérables : on leur affectait les par-
Kp^9ii. 4ts Grecs. S
(66) lie» de tcrriloirc où lea bétes à cornes n'auraient pu prospérer. Ceux des chèvres couronnaient les monl3 et les collines de'sertes. Rien n'indique encore qu'au temps d'Homère , on ait pratiqué la castration du bélier.
La consommation des agneaux était im-' mense dans les trois mois du part; cette viande e'taît chère aux Grecs f>ar sa délicatesse ; il faut croire que les bergers tiraient beaucoup de lait des brebis, afin de faire des fromages qui avaient un grand débit. Il est plus que probable que la consommation portait plutôt sur les agneaux mâles que sur les femelles, ce qui avait également lieu chez les Romains, et, parles mêmes motifs, pour les veaux mâles.
Les chèvres malheureusement couvraient les pays montueux, sur lesquels elles dévoraient tous les arbustes , et ne laissaient sur-< vivre aucun plant de reproduction. On a vu que dans la ferme d'Eumée seulement, ii y avait onze troupeaux de chèvres; malheureusement encore, la chair du chevreau plaisait à tous les Grecs ; la ressource du lait, d'autre part, pendant cinq ou six mois de l'année, ajoutait un plus grand prix encore il la multiplication de cet animal destructeur,
C ^7 ) qui semblait même ne rien coûter, parccf qii'îl vivait sur des monts déserts , inaccessibles à la charrue et aux autres troupeaux.
Il est remarquable qu'Homère n'ait fait aucune mention ni comparaison du mâle de la chèvre ; se conformait-il en cela à Topihion qui avilissait cet animal, et qui alors, comme chez leis Hébreux, était livré aux malédîctiôiis? Je serais assez porté à croire qu Homère, qui était un grand observateur, ayaat reconnu le tempérament , le caractère et l'allure du bouc, se sera abstenu d'en parler. Cet être , en effet , est naturellement lâche , stupide y excessivement lubrique; il faut ajouter qu'il est le seul des animaux des champs qui; dans les pâturages , ne dispute jamais de force et d'amour avec ses rivaux.
Le nombre des troupeaux de porcs^ dû diminuer, à mesure que les territoires ont perdu de leur chevelure ; car il faut à ce quadrupède des pays couverts d'arbres qui portent des fruits sauvages, tels que du gland et de la faine, parce qu'il leur fallait encore un sol riche d'humus , dans lequel ils pussent trou«* ver des racines nourricières , des vers , des larves d^sectes, etc. La chair de porc, au surplus, plaisait beaucoup aux Grecs; Tisla-
mismc les aura sans doute fait changer : voici du moins iine influence du culte ; le porc ëtait agréable aux dieux, et, dans les festins, il ëtait offert en morceau d*honneur.
lics troupeaux d*ApoUon étaient placés dans une anse de Tlonie ; ils étaient réputés les plus beaux; et le nombre, espèce par espèce, sexe par sexe, était toujours le même. Cette croyance était fondée sur ce que le dieu était le protecteur des troupeaux, et qu'il pouvait les faire périr; ainsi, pour venger son grand-prêtre méconnu , il avait jeté la peste sur les mulets du camp des Grecs (i).
Plus les ressources par les troupeaux diminuaient pour les Grecs, ,plus la guerre, le luxe des sacrifices et les besoins publics augmentaient; il faut joindre à ce triste état de choses la dégéncration des espèces. Les sacerdoces, de leur côté, étaient avides de sacrifices; les peuples attendaient les annonces de sacrifices, comme les Hébreux soupiraient après la manne dans leur désert; ainsi, pour
(i) Iralus ApoUo clanQorem sagUUe ilederunl..., mulos invasîl. (liiiui.fl. i, y. i44-
(69) satisfaire le peuple et les prêtres, il fallait ordonner souvent des sa.crifices. Diane venait de faire ravager les terres et les jardin3 d*(£neus, parce qu'elle avait été oubliée dans un sacrifice que ce prince avait fait pour remercier les dieux d*avoîr fait prospérer ses fruits et ses moissons, quoi post fruges^ {Jliàd.\ 1, 9, V. 53o.)
Ce sacrifice pour rendre grâce aux dieux des fruits dé la terre , était en usage chez les Hébreux. Agamemnon, menacé de voir Hector brûler ses vaisseaux , s'adresse à Jupiter, et lui dît : «Je n'ai jamais laissé tes autels sans sacrifices; j'ai fait constamment fumer les graisses et brûler les cuisses des victimes ( i). » Pénélope disait à' Minerve : «Ulysse na-t-il pas fait toujours brûler pour toi. la graisse de l'élite des troupeaux (2)?»
Les sacrifices variaient en raison du rang d€S dieux et des circonstances. Le taureau était spécialement consacré à Neptune ; les villes maritimes lui en sacrifiaient neuf
(i) /n omnibus aUaribus tuis boum adipem etfemora combussi, {Jliad.j 1. 8, v^ 240.)
(a) Auibovis , aut om pùigma/emora tuioUvit. [Odyss.^
par an; ceux de Pylos étaient blancs. La condition d*une couleur déterminée prouve seule combien celle des troupeaux devait être variée et poursuivie par de$ croisemens (i). On offrait encore à Neptune un sacrifice composé d'un taureau , d'un bélier et d'un verrat. Ce sacrifice prouve que les Grecs attachaient un grand prix à la navi-^ gation.
On sacrifiait à la terre des agneaux blancs, ausoieii, des noirs, et à Mercure, des béliers, {Iliad., 1. 3 , V. I02. )
L'offrande néanmoins la plus auguste et la plus chère était malheureusement la génisse; elle plaisait' à Jupiter, à Junon, à Apollon , à tous les dieux enfin. Homère en dit les conditions essentielles ; elle doit être jeune , d'une seule couleur, avoir le front large, et n'avoir jamais senti le poids du joug (2). La mère d'Hector vint en offrir à Minerve douze de l'âge d'un an : pour ajou-
(i) En France encore, il y a des coiilears dëtermin^ pour les bœufs de certaines contre'es.
(2) Juucncani y anmculam j lalâ f rouie ^ indomxtam, qiuzm nondum sub jugum dux^vir. {Iliad,, 1. 6 et 16, T. 92 et 292,)
(71 ) ttJck la beauté^ on en dorait quelquefois les <»i aes.
Cette prédilection pour la génisse était ^ale chez lès Hébreux; on ne peut, il me 4Uinible^ Tattribuer qu^à sa beauté propre, à «es formes, à son maintien modeste et tranquille , à sa douceur, à sa jeunesse et à sa pureté virginale ; il suffit de rappeler ce l>eau vers de Virgile , et à quel sujet il l'a fait :
'm i^lvâ magndjbrmosa juvenca.
£6tte observation sur la génisse paraîtra futile, ridicule, peut-être, k nos puristes parisiens et romantiques, qui ne connaissent le$ champs que par les scènes des théâtres dramatiques ; mais le vrai naturaliste doit croire 4:onséquemment à une grande dégénération dans l'espèce : cette préférence active , géniffale et continue, doit le porter à penser que la génisse antique n existe plus; et je ne sais quelle région on j^ourrait citer, où le type s'en retrouverait.
La dégénération pour tous les troupeaux a été d'autant plus extrême, qu'on faisait £réquenmient des hécatombes de premiers nés ; quand une fois r^héoatomb® était promise ou
offerte , il fallait Taccomplir, ou s'attendre au courroux des dieux: dans ces cas, le peuple appuyait toujours Fôracle dti le sacerdoce, • Achille Voyant le camp des Grecs en proie à une peste, craignit qu'on n'eût pas satis^ fait à quelque hécatombe promise. Minerve isuggëra au fils de Lycaon de voter une hé*tatombe d'agneaux premiers nés, à Apol^ lon-Lycien (i).
Ménélas ne doutait pas que les dieux le retenaijent en Egypte , parce qu'iliiâavait pas voté une hécatombe (2). ^
Lorsqu'on devait offrir une hécatombe , des hérauts publics' l'annonçaient au peuple ; au jour de Timmolation, les victimes marchaient en cortège; elles étaient parées de guirlandes et de feuillages.
Toute victime, règle générale et de rigueur, devait tomber par le fer (3).
Les hécatombes ont donc été la ruine des troupeaux, des espèces et des plus belles races ? parce iju^l InUait livrer les animaux
[1) Agnorum primoQRnitorum inclytam hecatomben,
{Iliad.y 1. 4} V. loa.)
(2) Quod nonfeceram hecalombas perfectas. {Odys».)^ i3)Fiferri'..'{Iliad.yl23jr.5o.)
( 73 ) iM plas parfaits ; cette perfection consistait ■AsLiïS la beauté des formes , dans un même âge, dans Tuniformité de la couleur du poil et dans un embonpoint digne des autels. Toute victime dailleurs devait n'avoir jamais ^t^ €mployée au service de l'homme; on prenait donc Télite de la jeunesse.
Les rites des Grecs pour les sacrifices «ont autant dUnitiations historiques à Pégard des autres peuples : sans sortir du cercle des sacrifices des Grecs , an se trouve dans les rites et usages des Syriens , des Phéniciens , des Hébreux et des Romains.
Les plus grands rois procédaient euxmêmes aux sacrifices; Agamemnon immole un taureau de cinq ans à Jupiter ; le fils d'A- Irée, entouré de Nestor, d'Ajax, dldoménée, d'Ulysse et de Diomède, fit son invocation à haute voix ; il coupa ensuite une touffe de poil au front du taureau ; il la partagea entre les hérauts grecs et troyens ; après cette consécration, les chefs des Grecs tournèrent eux-mêmes la tête du taureau vers le ciel, et il fut inimolé dans cette attitude (i).
(i) Rex ifirorum bovem pinguem sacnJicaviL». Nestor, Ajax ciçcum siabani\ alla yoee y precahcmpAr, numibus sii-
Tf^kis^ , e6t ua -des preiBÎâri rudimenft de noitiati&n 4e4 rois a^lx itmcttûns de grands^ prêtres*
I^rsqu*on «m^ifiqii^it d*<orge« ûi| itaiA aims à jeter des feuilles de chiÔD^ )S^ la léte de la victime ^/i).
«Oti ÎAimolait aussi des aimnauK sauvages ; ie rite |)oiir ie sanglier est Temarquat^e , du moins pour la circonstance.
Agamemnon., pour ébranler Achille da^ sa résolution, se fait apparier 4m jeune san-* glier ; il tire $on coutelas, coupe lui-même quelques soies au front de lammal ; après avoir prisJupiier à témoin, la terre, mère ée's hofmmes, le soleil^ père du joui*, et ks fories qui punissent les parjures, il égorget Ae sanglier, et le jeta à. la mer. (Hiad^, 1. 19^ T. a&a,.)
Il y. aviait une sorte de sacrifice,, celui de couper les langues des victimes et deJes^e*ter au feu ; des erudits préteadent <qae ces
hlatisj molas projecerunt, cervicem relro egerunî el jugularunt. {lUad., 1. 2, y. 402*) (i) Foliis éieiCôffUû tenons. ^fuansiis, non^nim habebant
(75) /sacrifices étaient ceux da soir; je m'en rapporte à eux. Quoi qu'il en soit, Pallas ordonna un tel sacrifice à Télémaque (i).
Indépendamment du l«xe ou des spéculations sur les sacrifices par les rois et par les sacerdoces, il y avait encore une grande con* aoramation dans les troupeaux pour les sacrifices d*usage dans le culte champêtre. Tous les peuples pasteurs se sont en général isolés du culte des grands et des cités. Les grands sacerdoces ont éprouvé des révolutions ; mais partout les peuples des champs ont soustrait leurs dieux pénates aux investigaligns de Tennemi ; il était naturel qu'en se créant des dieux et un culte spécial, ils aient également institué des fêtes qui exigeaient des sacrifices, à la suite desquels il y avait toujours des repas ou festins.
H y avait à la tcte des troupeaux un pasteur en chef, auquel tous les autres pasteurs obéissaient comme à un général d'armée : tous les troupeaux, ceux mêmes des rois, étaient mis sous sa houlette; les chefs pasteurs, au besoin, reconnaissaient aussitôt les troupeaux
(i) Secate Unffias et ndscete vinum... in igné conjeceruntj surgenies que îihai'unL [Odyss»^ 1. 3, Y. 240.)
(76) qai leur appartenaient. Homère nous Tap-prend dans une comparaison. L'armée des Grecs reçoit Tordre de se disposer au combat; chaque roi, chaque chef reconnaît aussitôt ceux de sa nation ; tels dans les grands troupeaux, les pasteurs reconnaissent ceux qui appartiennent à chacun. Quoique Homère garde le siletice sur Tordre que te^ naient les troupeaux dans Içs champs, on peut justement présumer qu'ils étaient divisés par espèce , par sexe et par âge.