L. Brousse
NICOLAS FLAMEL
ces sept savans. Ils y étaient déjà quatre, et si unis entre eux, qu'on voyoitbien que ce n'étoit pas le hasard, mais une longue connoissance qui les y avait rassemblés. Dans un long entretien avec un homme d'esprit, on a occasion de parler de plusieurs curiosités ; la religion et la nature furent tour à tour le sujet de nos discours. Nous tombâmes enfin sur la chymie, l'alchymie et la Cabale, et je lui dis que tout cela et surtout les idées sur la pierre philosophale, passaient dans l'esprit de bien des gens pour des sciences fort chimériques. » S'ensuit un discours du derviche sur la beauté de la science et le bonheur du sage : « Je l'arrêtai en cet endroit : avec toutes ces belles maximes, lui dis-je, le Sage meurt comme les autres hommes.
Que m'importe donc d'avoir été sage ou fou toute ma vie, si la sagesse n'a aucun privilège au-dessus de la folie et que l'un n'empêche pas de mourir plutôt que l'autre ? Ah, reprit-il, je vois bien que vous n'avez connu aucun Philosophe, tel que je vous le peins meurt à la vérité (car la mort est une chose attachée à la nature et dont il n'est pas de l'ordre de s'exempter), mais qu'il sait aller au terme, c'est-à-dire, jusqu'au tems qui a été marqué par le créateur. L'on a observé que ce temps est de mille ans et que c'est seulement jusque-là que vit le