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avec lesquels on animera l'or et l'argent du vulgairé quj sont des métaux morts.
La cinquième figure, le caducée, signifie que la matière doit contenir des quantités équivalentes de soufre et de mercure. Elle indique de plus que l'alchimiste ne devient adepte que lorsqu'il connaît les lois, Mères de la Nature, et qu'il doit se rendre maître des Forces en les opposant les unes aux autres. Elle a une troisième significa-^ tion, morale celle-là, c'est que seul est vraiment libre, celui qui n'étant l'esclave d'aucune habitude, peut également et par sa volonté pure, faire le bien et le mal, et sait se tenir en équilibre entre les deux.
La sixième figure, c'est le serpent crucifié, c'est la fixation du volatil.
La septième figure, le désert peuplé de serpents, représente la synthèse de l'œuvre, les trois sources des métaux. Soufre et Mercure unis par le Sel, et la Multiplication.
Ces explications sommaires sont celles qu'aurait données tout alchimiste instruit dans la Symbolique Hermétique. Nous aurions pu les étendre beaucoup plus, mais cela nous mènerait trop loin, il est temps de parler des œuvres de Flamel. Celles dont nous nous occuperons surtout sont : 1° le livre des lavûres, 2° le livre des figu-
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res hiéroglyphiques ; 3° le sommaire ; 4° le désir désiré; 5° Le Psautier chimique.
Le livre des Lavûres n'a jamais été imprimé, il existe à la Bibliothèque Nationale sous la cote 19 978, supplément français, il est catalogué : le livre des laveures de Nicolas Flamel. Comme c'est le seul manuscrit autographe qui nous reste de l'adepte, nous en parlerons longuement. C'est un volume de onze centimètres et demi de large et quinze et demi de long, il est relié en vélin, mais cette reliure est postérieure au manuscrit lui-même, ce n'est donc pas celle que Flamel y avait mise. Quand le volume a été relié de nouveau, il a été rogné, aussi la pagination et certains sous-titres qui se trouvent en marge sont souvent coupés en deux. Les plats portent les restes de quatre lacets qui servaient à fermer le livre. Sur les plats, mais très effacé, on voit l'hiérogramme du Christ. Le dos présente trois nervures. Le manuscrit est en vélin, le texte en petite gothique, avec les titres de chapitres en rouge, et les lettres capitales commençant les chapitres en rouge ou en bleu. Page 36, il manque un feuillet qui a été remplacé par deux feuillets reproduisant le texte en écriture du xvme siècle; le feuillet 36 a été simplement transposé, on le retrouve entre les feuillets 102-103. Il y a en tout 126 feuillets ou 2^2 pa-
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ges, plus les quatre pages surajoutées et deux feuillets de crarde un au commencement, l'autre à la fin.
Le manuscrit commence ainsi : Cy commence la vraye pratique de la noble science d'alkimie. Le désir désiré et le prix que nul ne peut prisé, de tous les philosophes composé et des livres de tous les anciens pris et tyré,cyen somme avons abrégé, afin qu'à toy, chier amy, apère estre très-certain l'argument de vérité de la plus excellente partie de philosophie, laquelle nous appelions la pratique d'alkimie, etc. ». Le volume se termine par ces mots : « Le présent livre est et appartient à Nicolas Flamel, de la paroisse Saint- Jacques de la Boucherie, lequel il l'a escript et relié de sa propre main ».
Dans un premier article, M. Valletde Viriville admet l'authenticité de ce manuscrit après mûr examen, mais dans un second, il ne voit là que l'œuvre d'un faussaire du XV 111° siècle.
Néanmoins malgré ces contradictions, nous avons pris en considération l'opinion de Viriville et il nous a paru bon d'éclaircir la chose. M. Vallet assure que le nom du copiste ou de l'auteur a été gratté parle faussaire, qui a ensuite écrit le nom de Flamel. Or, voici ce qu'à notre tour, nous affirmons: toute l'écriture de la der-
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nière page est un peu passée ; les dernières lignes étaient presque effacées, quand le possesseur du manuscrit a repassé sur les anciennes lettres et il l'a fait assez maladroitement. Quant au mot Flamel il est presque effacé et l'e est remplacé par un trou, suite du grattage opéré à cette place ; est-ce là le fait d'un faussaire voulant attribuer lé manuscrit à Flamel, le nom qui se lit le plus mal est justement celui qu'il aurait eu intérêt à mettre le plus en évidence. En tout cas, gratter un nom est une ruse grossière, il existait même à ceite époque suffisamment de moyens de faire habilement disparaître l'encre sans recourir au grattage et jamais un faussaire n'aurait eu recours à ce dernier moyen.
Pour nous c'est le propriétaire du volume qui a voulu rétablir le texte un peu passé de la dernière page, et il l'a fait assez hâtivement sans se soucier de calligraphier.
Le livre des Lavûres était au xvii° siècle entre les mains de François de Gerzan, auteur de quelques traités d'alchimie. Borel qui nous rapporte ce fait dit. «... l'on estime que ce manuscrit a été écrit de la propre main de Flamel. » Or, Borel écrivait ceci en 1653, puisque sa .* Bibliotheca chimica, a paru en 1654. Que devient alors le faussaire du xyiii^ siècle de M. Vallet ?
Au xvui° siècle ce manuscrit se trouvait dans la biblio-
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thèque de Saint-Germain des Prés et c'est de là qu'il est passé à la bibliothèque nationale.
En lui-même le livre des Lavûres est peu intéressant, c'est un des premiers traités hermétiques produits par les occidentaux, il semble avoir été écrit vers le milieu du xvi^ siècle; car nous regardons le livre des Lavûres comme une simple copie de la main de Flamel, copie d'un manuscrit plus ancien. Nous avons en effet lu et copié ce manuscrit 19978 entièrement et nous n'y avons absolument rien trouvé qui pût le faire regarder comme l'œuvre de Flamel; pas un fait, pas un nom dans ces cent vingt-six pages qui justifie cette étonnante affirmation de M. Louis Figuier. « Ainsi Nicolas Flamel explique dans ce manuscrit à l'adresse des alchimistes ce qu'à la même époque il leur donne à déchiffrer dans les figures hiéroglyphiques du Charnier des Innocents et du portail de Saint- Jacques la Boucherie. »
Nous plaçons l'original du Livre des Lavûres vers le milieu du quatorzième siècle, parce qu'on y cite le Rosier .des philosophes. C'est le Rosarium philosophorum d'Arnauld de Villeneuve mort en 131 1. Les ouvrages et auteurs cités dans le livre des Lavûres sont : Hermès, Geber, Fledus, le livre de la secrète compaignie, Aristote, Pitagoras, Platon, Avicenne, le Rosier des philo-
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sophes, le livre de Veillier et de Dormir. Dans le corps de l'ouvrage il est fait mention de figures d'appareils qui devront se trouver dessinées à la fin. Ces figures n'existent plus, et celles que l'on trouve sur le feuillet de garde sont peut-être une reproduction des figures primitives, mais elles ont été dessinées au dix-septième siècle.
Le livre des laveures, s'il n'a jamais été imprimé, a été copié nombre de fois ; à la seule Bibliothèque nationale il en existe trois copies ; Pierret, le dernier des alchimistes parisiens, en possédait aussi une qu'il a cédée au marquis de Villeplaine. Nous dirons rapidement quelques mots des trois copies de la Nationale.
1° — Le mns 19.963, fonds français, in 4°, écrit sur papier ; on y trouve au commencement ce quatrain :
(i De par celui qui vous aime mieux Que nul qui soit soubz les cieux De par celuy qui tant vous ayme Qu'à vous servir mettroit sa peine. »
N. Flamel.
Il est identique au 19,978, sauf qu'à la fin, il porte : Icy finit le livre de Nicolas Flamel, escrivain qui fut jadis de la Paroisse de Saint-Jacques la Boucherie, à
Paris ». Et avant cet alinéa, il y a écrit : signé Flamel. Ce manuscrit appartenait d'abord à Séguier, puis il passa à la bibliothèque d'Henri du Cambout, duc de Coislin, qui le donna au monastère de Saint-Germain-des-Prés en 1732.
2° Le manuscrit 14,799 (supplément français). Quoiqu'il soit intitulé : le livre des Régimes, il est identique avec le 19,978. Il a été copié sur ce dernier en 1745. C'est une assez bonne copie de 230 pages in-4''. Deux copistes y ont travaillé, le second, peu scrupuleux, passe des mots et même à la fin abrège considérablement jusqu'à représenter des pages entières de l'original par quelques simples lambeaux de phrase. A la fin, après ces mots : « lequel il l'a écrit et relié de sa propre main... » on lit : et l'a donné à son neveu pour héritage.
5° Le manuscrit 19962, in-4'' de 52 feuillets sur papier, écriture du xvi® siècle. Ne porte pas mention du nom de Flamel, même histoire que le numéro 19,963.
Nous terminerons par quelques extraits du livre des lavûres (copiés sur le 19 978). Voici la définition de l'alchimie. « Alkimie est une partie réelle de philosophie naturelle, la plus nécessaire, de laquelle est constitué un art, lequel est non pareil à tous autres, lequel art enseigne de miier toutes pierres précieuses non parfaites à
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vraye perfection et tout corps humain malade à parfaite et noble santé, et transmuer tous les corps des métaux en vray Soleil et vraye Lune, par un corps médicinal universel auquel toutes les particularités de médecine sont réduites, lequel est accomply et fait par un secret régime révélé aux enfants de vérité, etc., etc. » La définition se déroule ainsi le long de plusieurs pages. Ensuite vient le chapitre de la théorique ; l'auteur y distingue la théorie de la pratique. La pratique ou « première intention, si est, que vous devès acquérir engin naturel par lequel le mercure naturellement se puisse endurcir. » La théorie, c'est la seconde intention. « Si est de sçavoir et congnoistre la raison et l'effet par lequel se endurcit et se congelle en succession intellectuelle selon la nature de la altéracion successive qui se fait en la matière de nature, etc. » Il nous semble entendre Rabelais demander : Uirum chimera bombinans in vacuo possit comedere secundas intenliones. » La suite est plus compréhensible, on y trouve l'application du principe d'homologie ou d'analogie, qui est la base de l'alchimie et des sciences occultes en général : « Nul temps l'argent vif ne peut rien muer, se premier n'est mué et par art transformé de une nature en autre, et ainsy comme il est transmué, tout ainsy après il transmue. Car quand il est dissout,
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après il dissout et quand il est endurcy et congelé, après ii endurcit et congèle. » Plus loin on lit que l'eau par elle-même est de nature froide et inapte à être assimilée par le corps humain, mais que l'on vienne à y faire bouillir de la viande ou chair, l'eau prendra la nature de la viande,' et elle constituera dès lors une nourriture fortifiante, assimilable : « Et pour ce l'eau de la chair après sa décoction, n'est pas itelle comme elle estoit devant, mes est son essence du tout convertible en nature de chair. » Poursuivant ses idées théoriques l'auteur compare la production de la pierre aux différents actes de la o-énération animale : « Reste que selon le droit de nature, il n'y a rien à conjoindre pour faire génération sinon les deux spermes qui sont principes de nature et toute voies ces deux spermes nous n'avons pas actuellement, si premier ne les tirons du Soleil et de la Lune par dissolution de leurs corps et subtiliacion,
Ainsy comme ne de l'homme, ne de la femme ne se peuvent adjoster leurs spermes en cohit se premier ne sont tirées des rongnons par délectation dissolutive, faite par l'amour de nature libidineuse. Et ainsy comme il suffit à l'homme et à la femme leurs spermes, ainsy suffit-il à l'or et à l'argent leurs spermes. » Cette agréable comparaison se continue par l'assimilation de la matrice
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de la femme au matras dans lesquels les alchimistes renferment la matière. A la suite de ce chapitre préliminaire commence la pratique. Les opérations se divisent en quatre régimes subdivisés en huit lavûres. Chaque lavûre comprend un nombre variable de : disposicions. L'examen de la pratique nous conduirait trop loin, d'autant qu'il nous reste à examiner divers ouvrages dont Flamel est l'auteur; il ne faut pas oublier que pour ce Livre des lavûres ce n'est qu'une copie d'un traité antérieur à Flamel.
Un autre traité : Le livre des figures hiéroglyphiques, a également soulevé de longues discussions.
L'abbé Villain qui en a fait la critique refuse naturellement d'y voir un ouvrage de Flamel. Nous ne ferons que résumer ici les raisons que nous avons de considérer cet ouvrage comme authentique. i° Le nom de Flamel s'y trouve plusieurs fois, et il s'y trouve comme nom d'auteur. 2° On y raconte divers épisodes de la vie de Flamel, et ni les épisodes, ni les dates qui les accompagnent ne sont en contradiction avec ce que nous savons de la vie de Flamel par les actes officiels conservés, soit aux Archives, soit à la Bibliothèque nationale. 30 On y trouve mentionné et décrit \e Livre d'Abraham et ce livre existait encore du temps de Richelieu dans sa
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bibliothèque. 4° Ce livre donne une explication des Figures du charnier des innocents telle que Flamel seul pouvait la donner. 5° Par contre il n'y a aucune raison sérieuse d'en refuser la paternité à Flamel.
Vallet de Viriville lui, prétend {1) que \e Livre des figures est apocryphe parce que Flamel, dit-il, n'a jamais été alchimiste, et que sa légende a été établie en 1561 par Jacques Gohorry, qu'avant ce dernier on n'avait jamais ouï parler de Flamel alchimiste. Malheureusement pour Vallet, nous avons un témoignage plus ancien que celui de Gohorry, c'est celui de Vicot, l'ami de Grosparmy et de Valois, un trio d'alchimistes fort intéressants et pourtant peu connus. Vicot mourut dans la première moitié du xv'= siècle, car Grosparmy écrivait en 1449 et mourut peu à près, or Vicot écrivit un traité hermétique pour le fils de Valois, ce dernier ayant suivi son ami dans la tombe ; mettons au plus tard 1460. Dans ses cinq livres, P. Vicot cite Flamel. « Ce Soufre et ce Mercure sont les deux dragons de Flamel et ils sont notre or et notre Lune qui sont vivants et les vulgaires sont morts. » Ainsi voilà Flamel cité comme alchi-' miste par un auteur qui écrivait au plus une quarantaine