‹ Histoire de l'alchimie, XIVme siècleChapitre 47 sur 50 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Sur un champ violet obscur, un homme rouge purpurin, tenant le pied d'un Lyon rouge de Laque, qui a des aisles, et semble ravir et emporter l'homme.

Ce champ violet et obscur représente que la pierre a obtenu par l'entière décoction, les beaux vestemens

NICOLAS FLAMEL

entièrement citrins et rouges, qu'elle demandoit à S. Pierre qui en estoit vestu, et que sa complette et parfaite digestion (signifiée par l'entière citrinité) luy a fait laisser sa vieille robbe orangée. La couleur rouge de laque de ce volant Lyon, semblable à ce pur et clair escarlatin du grain de la vrayement rouge grenade, demontre qu'elle est maintenant accomplie en toute droicture et esgalité. Qu'elle est comme un Lyon, dévorant tout une nature pure métallique, et la changeant en sa vraye substance, en vray et pur or, plus fin que celuy des meilleures minières. Aussi elle emporte maintenant l'homme hors de cette vallée de misères, c'est-à-dire hors des incommoditez de la pauvreté et infirmité, et avec ses aisles le souslève glorieusement hors des croupissantes eaux d'Egypte (qui sont les pensées ordinaires des mortels) et luy faisant mespriser la vie et richesses présentes, le faict nuit et jour méditer en Dieu, et ses saints, habiter dans le ciel empirée, et boire les douces sources des fontaines de l'espérance éternelle. Loué soit Dieu éternellement, qui nous a fait la grâce de voir cette belle, et toute parfaicte couleur purpurine, cette belle couleur du pavot sylvestré du rocher, cette couleur tyrienne estincellante et flamboyante, qui est incapable de. changement et d'altération, sur laquelle le ciel mestne.

LETTRE DE DOM PERNETY

et son Zodiaque ne peut plus avoir domination ny puissance, dont l'esclat rayonnant et esbiouy semble comme quasi communiquer à l'homme quelque chose de surcéleste, le faisant (quand il la contemple et connoist) estonner, trembler et frémir en mesme temps. O Seigneur, fays nous la grâce que nous en puissions bien user, à l'augmentation de la foy, au profit de nostre ame; et accroissement de la gloire de ce noble royaume. Amen.

Fin

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