SA NOTE
y passer cent mille bomttes à cbeval «t autant à pied, sans qoe les eatalien eossent de l'eaa àhaateur des sangles des chevaux. Aussi faut-il que tout bomme qui aura à commander à 6ert)alk ait un esprit sûr et ferme. » Malgré 1 ardeur belliqueuse qui la distinguait, la population de Tile ne put jamais assurer son indépendance, et Gerbah fut subjuguée tour-à-tour par les rois de Sicile, les Aragonaîs, les Génois, les rois de Tunis et de Tripoli. Elle obéissait à rémir de Tunis, quand ses babitants, effrayés des ravages que Roger Doria, amiral de la couronne d'Aragon, avaient occasionés sur leurs côtes, vinrent trouver leur souverain, le supplant de les dégager de leur foi et de les autoriser à se soumettre au roi d*Aragon, pour ne pas voir leur lie dépeuplée. L*émir, n osant les défendre, acquiesça à leur demande, et les babitants de Gerbah, en adressant uu message à Pierre lil, firent leur soumission à Don Boger, son lieutenant. « t amiral, d:t Ramon Muntaner, fit élever à Gerbah un beau fort qui &*est tenu, se tient et se tiendra avec plus de gloire pour les chrétiens qu aucun autre château du monde. » Sa défense faiblit cependant par le contre-coup des guerres des Génois contre les Catalans, et Gerbah, occupée quelque temps par les Génois, rentra ensuite sous la domination musulmane.
Les marchands européens fréquentaient dès longtemps son port. Quand rfle était occupée par une puissance chrétienne, il leur était facile de s'y rendre ; quand elle dépendait des rois de Tunis, les traités conclus avec ces princes suffisaient pour les faire admettre soit à Gerbah, soit à Tripoli, aux mêmes conditions que dans les autres provinces de leurs États. Le traité des Génois en 4236, celui des Vénitiens en 1251, constatent ces faits. Lorsque Tripoli, dont rtle de Gerbah suivit alors le sort, devint indépendant, les chrétiens sollicitèrent de ses souverains la garantie de leurs privilèges commerciaux. Mansus-Mansi, citoyen pisan, attaché à la cour du prince de Tripoli, fut le médiateur du pacte qui assura ainsi aux Vénitiens le droit d'avoir des consuls, des églises et des foodouks dans tous les Etats de l'émir, celui des Pisans en 4£65, nommé Ameth Bénichin et qualifié de Seigneur de Cap (aujourd'hui Kabès ou Gafza), de Facz (aujourd'hui Sfax), des îles de Gerbah et Kerkeni, de Tiipoîi et de toutes ses dvpendances. Le traité fut conclu à Tripoli le 9 juin 1356 de J.-C ou 757 de l'hégire, en présence de Jean Foscari, Etienne Quir ni et autres Vénitiens. On voit par ces dispositions que les Italiens exportaient principalement, des contrées ci-dessus désignées, du sel, des laines, des maroquins, des peaux d'agneaux, des cuirs de bœufs et de chameaux, de l'huile, des dattes, des pistaches, des tapis, des boucrans et quelques autres clofies fabriquées dans le pays même.
Les dispositions bienveillantes des princes et de la population du Ma^^reb à l'égard des chrétiens, et particulièrement à l'égard des Pisans, ne pouvaient prévenir les contestations et les querelles que linlérèt suscitait souvent entre les particuliers. A une époque qu'il est difficile de préciser et à l'occasion do quelques événements dont on connaît peu le caractère, les plaintes réciproques
âe§ marchands pisans et arabes étaient devenues pins vives, et toe mptnra entre les deux peuples était presque imminente. Il paraît même qu'il y eut de part et d'autre un commencement d'hostilité; mais les relations commerciales ne furent pas suspendues, et l'on ignorerait qu'elles eussent été un moment compromises, si la procuration donnée en 4379 par les syndics de la république de Pise à un chevalier pisan, chargé de se rendre à Bougie, à Bone et à Tunis pour traiter de la paix avec les émirs musulmans, n'existait encore aux archives de Florence. L'alliance fut renouvelée, et la nation pisane réintégrée ou conflrmée dans la jouissance des privilèges commerciaux qu'elle avait depuis trois siècles en Afrique.
Cependant l'afTaiblissement de Pise mettait partout en présence les intérêts et les forces de Gênes et de Venise. Les deux républiques, dans tout le développement de leur puissance, luttaient encore à forces égales et se partageaient les succès et les revers. Gènes eut même quelque temps l'avantage, quand, maîtresse du commerce de la mer Noire et de l'ile de Chypre, elle envoya ses escadres bloquer les lagunes de Venise. Mais le traité signé à Turin, en 4381, pour mettre fin à la guerre de Chiozza, en rouvrant le Bosphore aux Vénitiens, assura la longue prospérité de leur commerce sur la Méditerranée, pendant que Gênes, déchirée par les factions, vit chaque jour décliner sa fortune et sa puissance. Les Vénitiens usèrent alors avec plus de suite et de bonheur contré les Génois, de la même tactique que ceux-ci avaient employée contre les Pisans. Établis à Beyroulh, d'où ils neutralisaient l'importance commerciale do leur colonie de Famagouste ; maîtres de l'Ile de Crète et des meilleures positions de la Morée, qui nuisaient aux établissements génois de Chio et do l'Archipel, jouissant en Egypte et sur toute la côte d'Afrique de privilèges extrêmement avantageux, ils dominèrent bientôt sur tous les points le commerce des Génois.
La rareté des documents historiques sur le commerce de l'Afrique ne permet pas de savoir d'une manière certaine quel fut l'effet des menées secrètes des Vénitiens auprès des émirs musulmans du Maghreb, mais on ne peut douter que la faveur et l'influence marquée des Vénitiens à Tunis et à Bougie n'ait eu pour résultat de diminuer sensiblement le crédit et le commerce des Génois en Afrique. Il est difficile de croire que la république Ligurienne ait alors conservé le privilège de 5 p. cent que lui avaient donné les anciens traités et qu'ello n'ait vu élever au moins au droit de 40 p. cent, payé par les Pisans et les Vénitiens, les tarifs des douanes arabes. D'autres mesures durent marquer encote les nouvelles dispositions des princes sarrazins à l'égard des Génois, et la république, qui veillait toujours à la prospérité de son commerce maritime, malgré ses dissensions, en fut réduite à faire la guerre aux émirs du Maghreb. Ses galères Itrent quelques prises heureuses sur leurs bâtiments ; l'ile de Djerra ou de Gerbab, dépendant tour-à-tour du royaume de Tunis et du royaume do Tripoli, fut prise et pillée en 4388, comme Tripoli l'avait été en 4355; mais Gênes ne pot conserver aucun avantage durable de cea diverses expéditions.
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Lm iDaursIOM des Maghrébins sur ses navires marehands et sur les vlDes éê ses rivières, qu'elle ne put toujours défendre, lui firent même éprouver des perles considérables que ne balançaient pas ses succès. N*osant entreprendra seule une attaque contre le royaume de Tunis, elle demanda et obtint l'assistance d'un corps de seigneurs français, dont le duc de Bourbon, onde du roi Charles VI, prit le commandement. Cette fédération, à laquelle les Génois voulurent donner le caractère d'une croisade nouvelle, ne fut pas plus beureuse que la tentative de saint Louis. L'armée, espérant se rendre d'abord maîtresse d'une position considérée comme la clef du royaume de Tunis, sur )a côte orientale, vmt mettre le siège devant la forte cité (ÏAfriea, ville encore importante de nos jours sous le nom d'Al-Èiadhya^ et d'où partaient, suivant les expressions d'un auteur du temps, « de nombreux vaisseaux pour tous les pays du monde. » Mais la place, défendue par les Arabes de Bougie, de Bone, de Constantine et des autres pays du Maghreb, venus au secours des Tunisiens, résista à toutes les attaques, et les alliés, que les mésintelllgenees n'avaient pas tardé à diviser, furent obligés de reprendre ia mer après soixante-et-un jours de combats infructueux.
La république de Gènes obtint cependant un traité qui rétablit ses relations avec les prinoes sarrasins; rouvrit les ports de leurs états à son eommerce, et obligea même le roi de Tunis jk payer dix mille besants d'or pour les frais de la guerre.
Les républiques italiennes entretenaient cependant des galères armées sur les côtes de l'Italie et sur les côtes d'Afrique, pour veiller à la sûreté du commerce ; ces croisières se faisaient souvent de concert avec les princes du Maghreb, comme on le voit dans le traité de 1250, conclu par le roi de Tunis avec les Génois. Ces faits expliquent comment les villes marilitime de l'Europe méridionale ont pu, malgré les dangers de la navigation, ouvrir et conserver des relations actives et régulières avec les ports des États musulmans. L'usage de naviguer en conserve permettait aux marchands les moins riches et aux plus petits navires de faire le voyage d'Afrique; les galères qui les accompagnaient les protégeaient durant la traversée, et, rendus dans le Maghreb, ils trouvaient dans les stipulations des traités, fidèlement exécutés, une protection suffisante.
Quand la paix était rompue par la faute ou l'agression de l'une des parties, la course se confondait avec les autres circonstances de la guerre, et devenait légitime comme elle. L'expédition de 4 390. ne fut donc pas une croisade destinée à venger la chrétienté de la piraterie des Africains. Les Génois ont couru êur nos navires, nous avons couru sur les leurs, voilà comment, au rapport de Froissart, qui a très bien connu les détails de cette campagne, le roi de Tunis expliqua l'origine de la guerre qu'il avait avec la république. Aussi les musulmans ne pouvûent comprendre comment les Français avec lesquels ils se trouvaient en paix, étaient venus se joindre aux Génois.
Ces fûts nous montrent que les Arabes de Tunis et de l'Algérie observaient
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fidèlemont les Iraîlés au tnoyên-age. On petit donc croire, quoique leur clvili* galion fût bien déchue depuis les siècles lilléraires d'Avicenne et d'Averrhoës, quoique déjà au x\^ siècle une tendance plus prononcée vere la piraterie se fût manifestée dans la marine d'Alger, de Bougie, de Tunis, d*Africa, cl de Susc; on peut croire que les émirs auraient fini par rétablir complètement la sécuril6 du commerce et à consacrer les principes dont l'Europe assura le triomphe entre les nations chrétiennes, si leur caractère n'eût été corrompu par Tesprlt barbare et orgueilleux du peuple qui soumit le Maghreb à sa puissance au xvi* siècle. Mais avec les Turcs s'établirent sur les côtes d'Afrique de nouveaux principes de mauvaise foi, de férocité et de fanatisme qui , surexcitant le$ haines religieuses, et aiguillonnant, parla protection assui-ée aux corsaires, ta nature belliqueuse et rapacedes indigènes, produisirent cet épouvantable got»vernement dont l'Europe chrétienne n'a que trop longtemps connu les brigandages.
La république de Pise avait cependant réparé ses désastres sous le sagt) gouvernement des Gambacurti ; à la faveur des guerres de Venise contre le^ Génois, elle avait étendu son commerce dans le Boulenois, dans la Romagne et jusqu'aux Alpes lombardes. Les manufactures , qui avaient été i-uinées par suite des guerres du xiii» siècle, s'étalent relevées ; l'industrie nationale s'était enrichie de l'art de préparer les étoffes de soie, et de confectionner une espèce de drap, dit drappisan, que ses fabriques expédiaient en grande quantité dans les ports de la Morée, de l'Asie mineure et de l'Afrique. L'activité des manufactures de Pîse fut favorable à son commerce maritime', qui balançait encoro avec avantage la prospérité deTelamone, où les négociants de Sienne, de Florence et de Pérouse envoyaient leurs marchandises, et la fortune de Livoumo, que protégeait l'autorilé de Gênes.
La république fit confirmer ses franchises et ses possessions en Afrique dans le traité du U décembre 4398, arrêté par Michel de Gampo. son ambassadeur, et Muley Bujferii, qualifié de roi de Tunis et de toute la Barbarie. Ce traité renouvelle les principales dispositions des anciens accords pour la répression de la piraterie, la liberté du commerce des Pisans et des Arabes, en Italie ou en Afrique ; mais quelques-uns de ses articles attestent rinfériorité politique à laquelle leur nation était tombée.
Les Pisans, plus exposés qu'aucun autre peuple à la jalousie des villes commerçantes de l'Italie, qu'excitait le souvenir de leur alliance avec les empereurs d'Allemagne et leur longue prospérité, craignaient toujours de se voir attaquer par les navigateurs chrétiens dans les ports étrangers, et surtout en Afrique, où ils avaient de grands privilèges; aussi Miche! deCampo profita dd renouvelleoïent des capitulations pour former une alliance défensive avec le prince arabe, dont les navires durent prendre partout la défense des Pisans s'ils venaient à être inquiétés. Quoique les marchands de la république fassent encore dans le Maghreb au rang des nations les plus favorisées, oa voit fuo lesârabe»> soit sentûnentde la faiblesse de leurs allié^i «ail d^ir deftire p»«
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