ALGfiUEL
hm llbeftès qn*^ ne ciaiipr«iiait fm On fwMfBt^ (fa'elle ne eomfMreliait que trop ; poàièntàlaâyiiastîeencArerégnaiiiié: em Ub«r(é9 étaieni lasaniregarde de toM les droits que, dmksM
lutte des quarante deniières années, la Fraijcc avait si légiti*ïnement et si noblement conquis. La cour de (Charles X n'atait ni la franchise ni le courage de les attaquer et de les extorquer par la force, oik eut recoui's à la ruse. Sous le prestige delà gloire dont l'Empire Tavait dotée, la Franee s'était montrée «n moment onlilieiiM et de ees droitset decei libertés La Restanraiîoii criit poutoir arriwr au mOiaa résiliât par le mémo moyen, ma|& la gldre de TEmpire n'était guère i sa taille.
Opendaiit, par un lienreux hasard , la question d'Alger offrait dans son ennemble, la réunion de quelques unes de ces idées grandes et généreuses, que la France accueille toujours avec enthousiasme, et pour lesquellesâlie s'eialtesi fiiàkaitiit. En oiitty aller à traTcrs les mers venger sa nationalité outragée 9 à la fépanttion de.gTifi& particttlien, joindre pour but et poat pàx dosetf efiforls k destruetion définitite do la p»ratone, la cessation aiisolae de l'esclavage des chrétiens, l'al»olilîo« du tribut que les puissances payaient à des forbans, et entin faire tourner sa victoire au protit dt- la chrétienté tout entière, c'était là plus qu'il n'en fallait pour enflammer toutes les imaginations, pour faire espérer à une cour haineuse qu'au prix d'un peu de gloire acquise pour une cause en quelqiie sorte limnanitaire, la France ferait bon marché de ses droit» ét de sas libertés. C'était vouloireKploiterd'unenunitèrOhieil peificfe les sentiments leaplus noUeset les plus généremt d'un peuple ; nais telle estk morale de la politique : ce que lilBeslaiHiitHni n'aurait jamais fait pour le grand etdigne motif qu'elle prenait pour prétexte, elle le lit pour satisfaire les rancunes d'uû r<?i inepte et les passions tl avides courtisans.
Tel fut le motif qui décida l'expédition contre Alger.
La France ne s'y méprit pas. Elle avait tant de défiance pour toua les actes de la Restauration, qu'eUe ne poMrait eroireà ri#n de grand de sa part. Awai lorsqu^au eommenc^meiit de t83<l, les armements extraordinaires, qui p$ (iront i',4inalee4ifiSômif|s
ALGERIE. m
fMè^ âllitôtiéèréntiiiiegMndé entreprise màritiifief el que tout tendit à faire penser qu'elle était destinée contre Alger ^ le publiai acctieiilit cette nouvelle arec froideur. Rien cependant
encore ne pouvait laire présajîer les vues coupables du gouvernement, qui rcciilanL en i\\u'\(\\i{' sorfo. dès le début, devant l'acte audacieux qui! iii('^dif<iil. li<'Sitail a (Miin^'à rrxjîcdition une couleur politique prononcée, en nonnuunt pour commandant supérieur un homfiae dont le nom fut, comme celui êé éhef du (iàbinetf k pérsoUnifiksatiOn d'un système, il restait MérîSetttré les tiettenants-généraux dausei et Gérard et le HilliÉArt^de k guerre Bounnont Un moment même f ée def^ rrfér fut ék^ué, et le général Gérard se rendit efaez \é jiçéiiévàl (>laiisel rl lui aiiiiuin i cette nouvelle enlui disant: «Bourmont « eM en driiors : nous n sttms sriils en jiiésencp.» Cet espoir nese réalisa pas : M. de Boui niont lut uiHiuiie cuinumndaut supérieur de rexpéditiou par une ordonwàfice du iOavrU^
Ce choix impopulaire laissa peu de doute sur le véritable llîétif déccitte gUéite. Dés enfants perdus du parti réaetiottnaire, aveuglés déjà patf lë Éttocsès qu'ils se promèfttai^t^ se émargèrent dé justifleflds ct^lkttes dé l'opinidn. Ils ût&at entendre que cette campagne était moins destinée à venger une lubultc, t|ii'à enivrer la iialiuuiruii peu de gloire cL unr i aruîée <r.\(Vi(|u<^ îivait nu tins à vri ncr,' les piratesquelesclfctrurs qui recrutaient les rauus de i upposrliun. A ces bruits qui pre- Hftient chaque jour plus de consistance, se joignirent ceux de lâârvfttésMiâiidjdeux obtenus à Taide de pots devin de plusieurs ifiillidiiÀ, de gàB{HllAge6 effrontés ^ de dilapidations imp«denr lés. lot (Sont se éroyait déjà revenue à cebon temps^ où gorgée sans pudfèiir des trésors de TÊtat, elle pouvait ne voir ûsopiMiément dans le peuple, qu'une matière taillable et corvéable à liierci. A la froiopur qui avait a'aairilli rexpédilion, succéda alors le mcc<Mil<ailrint;ut. i)'du> l'arnirc seule le> militaires ennuyés de leur inaction et de leur peu d avauceuicnt , saisifilétavee ardeur le moyen d'utiliser leur courageuse activité. tdtlSifuyaient vdulu &ire partie d« relpédition^ AeMe et gé^ <lérMse éiâtiktitiitt d'une jeune èt vaiHuileiiAnéèi |pi^Mlllit
langes de la République et de TEmpire , et qu*au besoin , elle
saurait aussi hériter de leur gloire.
L'expédition d'Alger fut divei*semeiit acciieillieà Textérieur. Tous lescahiiu'ts de l'Eiiropes v laonlrèrent trèsfavnraljleiiieiit di^osés; un seul très énergiquement opposé : il est mutile de dire que ce fut celui de Saint-James. En effet, pendant que la Prusse, rAutiiche, la Russie , la ifotUande, tous les petits états d'Italie, donnaient à la France une adhésion frandie et sincère, TAngleterre essayait toutes les formes de la diplomatie pour empêcher cette expédition. Partout oîi il y a quelque ploir( a acquérir pour la France, on peut être toujoui-s sûr de l'opposition de rAnglcterrc. Dans cette circonstance, son ambassadeur, lord Stuart, recoui ut buccessivemput aux instances, aux plaintes, aux menaces même ; mais le ministère français donna un exemple de fermeté qui n*a pas toujours été imité depuis, il persista dans sa résolution.
Les préparatil» se firent même largement avec une sorte de profusion, et il ne fut rien omisdetout ce qui pouvait concourir à la sécurité et au succès de Tentreprise.
Ont trois baliinents de guerre de toute lorce et de toute grandeur devaient jeter quarante mille liumiues sur la cote d'Afrique. La plus ^lande activité régnait dans les ports de Toulon, Brest, Hochefort, Cherbourg, Bayouue et l'Orient. Dès les premiers jours d'avril, les régiments destinés à l'expédition étaient successivement arrivés à Toulon et dans ses environs. Peu à peu, les bâtiments y arrivèrent aussi de tous côtés; le meilleur esprit militaire animait les trolipes de terre ; les équipages des vaisseaux rivalisaient de zèle et d'activité pour concourir dignement à cette formidable expédition.
En attendant le départ, les troupes s'exere.iieut aux nuuiœuvres nouvelles que pouvait nécessiter l'espèce d ennemis qu'elles allaient avoir en présence. La formation rapide des carrés qui, lors de l'expédition d'Ëgypte, avaient eu de si heureux résultats pour briser le choc de la cavalerie arabe, était l'objet d'un exercice tout particulier : il faut \ ajouter, de la part de la compagnie des sapeurs du génie, les exercices de lances dont le double rang parut propre à opposer un obstacle presque
ALGËRIË. 18S
invincible à ia cavalerie. On essayait de nouvelles Aisées à la GoDgrève;on avait préparé des appareils d*aréostato et de gymnastique; des fanaux à courant d'air et à réflecteur, télégraphes de jour et de nuit, destinés à établir de promptes et
faciles communications entre les corps aussi bien qu'entre la flotte et Farraée.
Le commandant en chef, de liourmont, suivi de son état major et de trois de ses iils, arriva à Toulon dans la soirée du 27 avril. 11 avait reçu sur sa route un accueil glacial et avait pu lire partant les tristes prévisions des esprits, non pas qu'on doutât de la gloire qu'allait acquérir l'armée, mais parce qu'on savait déjà l'abus que le gouvernement se proposait d'en faire. Le 29, arriva le duc d'Angoulême; dans les premiers joure de uiai, il passji l'armée en revue, et ht simuler un débarquement tel qu'on avait le projet de |r exécuter sur la cote d'Afrique.
Cinq l>ateauv plats s approchèrent de la côte; dans le premier étaient deux pièces de campagne sur leurs affûts avec leurs avant-trains et caissons, un obusier de montagne, des caisses de fusées de guerre, des fusils de rempart, tout le pei> sonnel d'artillerie nécessaire au service et à l'usage de ces rames. Quatre pièces d'artillerie de siégo, avec leurs artilleurs étaient dans le deuxième. Les trois autres étaient montés par 450 hommes de troupes avec armes, bagages et chevaux de frise.
 un signal donné, les bateaux remorqués par des chaloupes sè mirent en mouvement; ils parvinrent ainsi jusque près àèla côte oii la remorque du premier bateau ayant démasqué, celui-ci fit feu de son artillerie : les matelots se précipitèrent
à la nier poiiant à terre les grapins destinés à hàlerles bateaux qui abattirent leuis sabords, sortirent et mirent en place les tabliers ei rames du débarquement. Tout débarqua à la fois, soldats, armes, munitions. On se rangea en bataille sur la plage ; les troupes déployèrent leurs chevaux de frise, les canons en batterie continuèrent leur feu; les fusils, de rempart furent placés sur leurs piquets, les fusées préparées à être lancées, soit en projectant, soH horizontalement : dix
Alinufei ^Mrêiit pouf éxécntér ces ditéms xûànœwiféê* Oette célérité, êet ensemMe d'exéeutlon, foreiit d'Bii haâ augure pour le succès de lii ettmpegiie qai allait s'onviii*. Lé due d^Angoulème £hdii«ribaet'itBegratifi(iaiioii«liix«rf^ pMi ponEor Paris.
Alors commença le grand niouvement de l'émbarquemeïrt. Pendant phisieurs jours les rues de Toulon furent encombrées de cheTaui, de voitures, de fourgons chargés de piques, làrt^ ces, pioches, toutes sortes d'armes et d'outils, de boulets, bus, de ballots de médicaments^ de tentes, de cftiBséa^ dil fbsâs, et d'titté foulé d'objets de éampement, d'éciuipaneait él de duitérîél.
Le rnêmé monveinèikt attif Heu dans Farsénàl; la plupart
des ouvriers furent détournés de leurs travaux ordiiiairés, pour aider rembarquement des objets qui s'entassaient sur les quais. Des bateaux à vapeur destinés à partir chaque jour de la mer et de la côte d'AtVique, assurèrent le service de ia coriféspondance.
En même tenqps, tme eotnmiastoa M éhét^ étéiiÊiûïnéi qnellés étaient lis ftnèesnitions les pKit ptopm à tik^ateni^ la santé de» fronpes et à paralyset* les influénees éUdiatèf^
du pays où elles allaient combattre. Une instruction fut rédigée à ce sujet, et il fut enjoint aux chefs de corps d'en faire lecture rtu\ troupes, une fois au moins par semaine. Voici cette ÏDsiruetion :
i*" Se later deui fois par jonr au moins.
Si* Se baigner peu de temps après lè lever on avant lé cou* éitéf dn soleil et jamais pendant la grande èhalenr du jour, en évitant de se baigner dans les étM stagnantes on dans les marés et même dans la mér, pttte qtie ces bàiiis détéftninent des éruptions à la peau.
3*ÉvHéf l'usage dei liqueurs fortes, qui sont on ne peut plus pernicieuses dans les pays chauds.
4« Ne boire do vin et de l'eau-dé^ne qn'avecmodémtioi et toujours étendus d'eau.
5» Einter dé boitia Iieauaoup d^éitt à la fbi^ ét flM itâft dé la Biéiaii|§^ dé V6i éa d'éilaNl^'^to.
biyilizûu by
Itf
Éviter de maâger de& fruits verU <t même des fruits Buln tels que les figues et les abricots.
7* MefMtt boli% détail d« nianiiawl'afoirpiÉfiAedaiittta MutàÊfB^f pour éliter damier dit sa AgMRS* ' 8« ]!f^fliangerde(iriÉfid»«léè qu'aprii Fovoitf 'inl àaitakr (leâdant quelques hetirM. ' '
' '9^ Né jamaii rester découvert la nuit, même pendant les {rhi^lortes chaleurs.
10* Conserver le bonnet de police pour dormir, en fab|is- MVl «vee soin les abritanis pour se couirrir le» oreiUei». - CSbagfii» iddat teçut une ceiaiMirei de fianeUe^ un sac de ^eisopmÉàif une éoilfe biaucbe paur «owiir son sh^koy «inq dÉ Hnw eoinpoiôas de eiiif Kvm dé ftiKolty érat lî»- ^iiè» déiferd éuit, uné ration de Imn^ge, dix onoeaderièir un
Htyéde vin et un litre d'eau mêlée d'un huitième d'eau^a-
WÏÏC»
Le iO mai toutes les dispositions étant prises pour l'embarquement, les ordres furent donnes au commandant des iiatirea, at le eaminandaiii an cbaf de l'araiée pid)lia Tordle
« Soldats,
a L'inralta faite au patilIontvMi^ tans appeMa am^elà '# des mers ; c'est pour le Tenger qu'au signal donné dn haut
« du Irùne, vous avez tous brûlé de courir aux armes, et que <f beaucoup d'entre vous ont quùlé avec ardeur le foyer pa~
• ternel.
« A plusieurs ^>oques les étendards français ont flotté sur a li plage africaine. La chaleur de diauit, la iatigaa das a Umhéê, lasprivatioMda dterty riann'a pu étomler eaux « qui vous ont devatiféa. Leur eottrage tianqnille a snfil é fim MpoiMMr les atliquai tumuHiieiiMr d'une eavalerie a brave mafe indisciplinée. Voaêsoivrex leur glorieux exemple.
« L€s iialions civilisées des deux mondes ont les veux lixés a Sur vous. Leui-s vœux vous accompagnent. La cause de la
• France est celle de rhumanité; montrez->vous digues de a voira fiobla mission. Qu'aucun exeès ne ternisse l'éclat de
éapl^^tamiltodsRa la iMibat, sojes juataa ai IM»-
biyilizûQ by GoOglc
« mains après la victoire : votre intérêt le commande autant « que le devoir.
« Trop longtemps opprimé pai' une milice avide et cruelle, « TArabe verra en nous des libérateurs, il implorera notre
< alliance. Rassuré par votre bonne foi, ii apportera dans nos
< camps les produits de son soL C'est ainsi que, rendant la « guerre moins longue et moins sanglante^ vous remplirez les « vœux d'un souverain aussi avare du sang de ses sujets que « jaloux de l'honneur de la France.
a Soldats, un prince auguste vient de parcoui ir vos rangs; « il a voulu se. convaincre lui-même que rien n'avait été né- « gligé pour assurer vos succès et pourvoir à vos besoins. Sa « constante sollicitude vous suivra dans les contrées inho^i- « talièresoii vous ailes combattre; vous vous en rendrez di- « gnes en observant cette discipline sévère qui valut à Tannée « qn*il conduisit à la gloire, l'estime de l'Espagne et celle de « FEurope entière. »
Le H . l'embarquement des troupes commença a six heures du matin, sous la surveillance de M. Mallct, major-général de la marine. Des bateaux Icstcui^ prenaient les troupes à terre et les portaient à bord des bâtiments en rade.
C'était un spectacle unique que ce mouvement des troupes vers les quais, au milieu d'une population nombreuse^ par un de ces beaux jours si communs sous le ciel de bi Provence». Les croisées de toutes les maisons étaient garnies de femmes : la plus grande gailé animait les soldats : les partants faisaient leui"s adieux à leurs camar ades et se doiiiiaient rendez-vous en Afrique. Les embrassements, les toasts et les mots plaisanU», quelques larmes, aunuaient et donnaient le plus grand intérêt à cette première scène de la campagne.
Les bateaux désignés pour le transport des troupes ju^ qu'aux vaisseaux, étaient amarrés au quai, où ils recevaient successivement les hommes qu'ils devaient prendre ; puis chacun d'eux donnait des remorques à une embarcation plus grande qui était remorquée elle-même par deux ou trois canots. Les remorqueui's tiraient du port les bateaux-bœufs, les élevaient au vent, où ils larguaient leurs amarres ; ce$ bateaux
iU.GËRIE.
metlaient alors à la voile pour se rendre dans la rade. A bord^ on entendait ie bruit du tambour et des clairons, le» sons de la musique militaire et les cris joyeux des soldais. Cependant sur les 2 heures de raprès^nidi le vent nord-ouest
devintsi violent ffu' on futobligédesuspendre l'embarquement.
Le lenderuiiiii celui des tioiq^es continua et celui de la cavalerie eut li( u à Castineau. Mais le temps chan^rca. h pluie tombait par torrents : le soldat arrivait sur le port dans un piteux état, et cet embarquement fut aussi triste que le prerr mier avait été joyeux. Les autres divisions s'embarquèrent par un temps nébuleux, mais sans pluie; enfin, le 18 l-armée était à bord. Toutes les forces destinées contre Âlger se trouvaient réunies dans la rade de Toulon. ■ L*année na^e se composait de 103 bâtiments de guerre, portant ensemble 2,968 boiuthes à leu et de plus de 600 navires de commerce, y compris les l)aleaux catalans et geiiois allrètés par le munitionnaire général.
L'expédition présentait ainsi un total de bâtiments de plus de 750, et un effectif d'hommes de plus de 70,000. Cette année navale était disposée en trois escadres :
1* L'escadre de bataille.
2* L'escadre de débarquement. i 3® L'escadre de réserve.
150 bateaux-bœufs, lesteurs, etc., étaient destines au débarquement.
L'armée embarquée offrait un effectif de trente-sept mille six cent vingt-neuf hommes, et trois mille huit cent cinquante-trois chevaux ainsi divisés :
Infimterie 30,852 hommes. 133 chevaux.
Cavalerie
Artillerie
Génie
Ouvriers d'administration.
Train des équipages
États-majors
Force publique *
Totaux
37,639 hommes. 3,853 chef^aux.
Oft ÉfaH embarqué trente pièces 4» «ànon de 34, vinfl yièett de 16^ douie dnilien «te 8 pimcfii» àuU m^rte» fie 10 pouces, 4)uatf«-«iiigt*lniit afièts* 0eiilciiiqiisiitie*-flift von- Inm d'artillMrte, eiM|iMiile mille èoulèbi doHCi nûUe «tius^
sh mill^ quatre cents bombes, etc.
Outre 1 armement des soldats, on mit À bord 2,00M iîy$ils d^intianterie et 3,846,000 cartouches.
Les caissons d'outils pour le service du génie, e|^., U$ék* jet« nécessaires au traitement de 3^000 malades.
Ir'hôpital militâire de Toulon fournil à i'expèdilioii ;
•^OdO inngsues.
3«000 litres de vinaigre.
2,000 kiL d'hutte d'oliire.
2,000 kil. d liiiile à brûler.
2,000 kil. (le pruneaux.
2)000 kil. de cassonnade.
1,500 kil. demieL
1,800 kil. de savon.
2,000 kil. de chaodelle.
Tous ces objets funeut emfaan|iiéB sur là Marêtmm. hm jets de campement furent aussi largemsBidîlpoiCii
3,280 tentes pour les soldats.
1,175 nKir(|uises pour les officiei-s buperieurs.
330 canonnières* pour les officiers.
40,000 couvertures de laine.
40,000 petits bidons et toaueleis îndividiâcls*
6,000 fourneaux de eaibpagae.
Le service des équipages amit :
IM oaiflsèns (a* 2).
128 caifiMNis à deux roués.
9 forge« de cavalerie.
137 harnacliements de soiis-olïiciers.
286 pour chevaux de Irait
600 bâts de mulets, etc.
L'approvièlonnement des Subsistances çQvmM^fià i 5,000 quintaux métriquissde biscuit.
M«Ô ^tàux df ilHi^.
1,500 de bœuf salé.
9,000 hectolitres de vin. .
186 hectolitres d'eau-de-vie.
iO,000 quintaux métriques de bois.
UyiOO'quintaux métriques de foin prené.
7,200 d'avoine.
1,000 bœufs vivants.
Enfin une somme de 3,500,000 fr. fut répartie sur dix bâtiments de guerre (1).
L'embarquement des troupes ne fut complété que le 18. hà première division fut embarquée sur Tescadre de débarquement, composée de vaisseaux armés en flûte ; la deuxième division sur Tescadre de bataille, dont tous les vaisseaux étaient armés en guerre. L'escadre d« réserve pCNrta »x liataillons de la troisième division, et les bâtiments du convoi les cinq autres. Les troupes de l'ai lilh rie et du génie cl l'administratioa furent reparties mv les trois ei>cadreb et i>ur le convoi .
Pendant plusieurs jours les vents contraires s'opposèrent obstinément à l'appareillage de la flotte, et les soldats attendant avec anxiété le signal du départ, jetèrent plus d*un regard impatient sur le vaisseau ia Frootnee, qui portait le pafîUoD du vice^*tmifal Duptrré, oonuliaiidant «« chef la flotte jèxpéditioimaire.
(\) Tons le» ikiàih rdaiiits â i eral}»r((lMlPKlBi mA fpipruotés à la Cumpa- $m 4 4frifMf pur A. Pps^rt 1830.
GHAPITRI 11
Naufrage des bricks l'Aventure et le SUène près du cap Bonga. — Départ de l'année naTale expéditionnaire Tonloû. — Hiiisioii de Tabir-Pndia.,-^ Beiâelie aux Iles Saléares. — L'amiral Duperré y oiganise la flottille de débarquemeot.— Départ de Palma — Baie de Sidi-Femich. — Débarqimneni
de Tarmée expéditionnaire. Premier combat contre les Bédouins. — Attaque et prise du camp de Sidi-Kalef. — Marche de l'armée sur Aker — Prise et destruction du fort de l'Ëmper^. — Capitulation d'Alger.— £atrée des Français dans Alger.
Le retard que leg yents oontraim opposaient au départ de
la flotte fut heureux pour elle. Pendant tout le mois de mai, les côtes d'Afrique furent à peine tenables. La division de blocus, que commandait M. Massieu de Clerval, avait été forcée de regagner le large, et, loin de pouvoir opérer un débarquement, Tescadre y aurait couru le plus grand danger. Le malheureux sort qu'éprouvèrent les bricks VÂventure et le SUène eût peut-être été celui de beaucoup d^autres navires.
Ces deux bricks faisaient partie de la division du blocus ;
M. d'A.sbign\ i oaiiiiaiidait l'un; M. Bruat, nommé depuis au commandemanl des îles Marquises, l'autre. Le 16 mai, par une grosse mer et un vent violent «lu nord-ouest, ils tâchaient de rallier la frégate la Bellone^ qu'un grain leur avait fait perdre de vue. Us couraient depuis quelques heures sous leurs
biyilizûu by
ÂLGÊRIË. t93
huniers, YAvetUnre en téte, et le Silène suivant . [mr mallieiir. à peu de distance dans ses eaux, l ne brume épaisse \oilait l'horizon . Vers huit heures du soir, l'Avenlura donna un premier coup de talon. M. d'Assigny fit immédiatement mettre la barre à tribord, l'orientnnt au phis près; mais il était trop tard; le brick venait de franchir laccon d'un banc de sable, et la lame qui le soulageait l'ayant abandonné en déferlant, il porta en entier sur le sable, présentant le travers à des vagues énormes qui, tombant en roulant sur lui, le portèrent de plus en plus vers le rivage. H était alors près du cap Bonga , à trente-six milles environ du cap Caxine. Le Silène éprouva le même sort. Le temps était si obscur, que les bâtiments étaient presque sur le rivage sans apercevoir la terre. La blancheur de l'écume que venaient y déposer les vagues, fut leur seul indice. Les deux commandants avaient cru un moment que le! bricks, appuyant leur quille et leurs flancs sur le sable, poui^ ndent conserver leur position horizontale : cette espérance fut courte ; ils s*inclinèrent peu à peu vers tribord, et présentèrent leur pont à toute la fureur de la lame. Il fallut les évacuer. Cette opération difficile se fit avec ordre, et on n'eut à déplorer que la perte d'un homme qui fut enlevé par une vague. V ,
La position des deux équipages était critique. Sur cette terre inhospitalière, ennemie, ils allaient se trouver à la merci des féroces Bédouins, exposés à leurs cruelles attaques. L'état^ major tint conseil. Des deux moyens de salut qui s'offraient^ run consbcait à s'armer, à se tenir près des bricks jusqu'à ce qu*un bâtiment de guerre pût venir les sauver; mais le ciel et la mer étaient loin de leur faire espérer ce secours, et leurs poudres mouillées ne leur permettaient plus de faire usage de leurs armes. 11 fallut renoncer à ce moyen. L'autre consistait à se rendre sans résistance aux Bédouins, et à se laisser conduire par eux à Alger. Ce dernier avis fut adopté. Les deux commandants rassemblèrent tous leurs hommes, prirent quelqués vivres que la mer avait jetés sur le rivage, et se dirigèrent sur Alger en suivant la grève.
Il était alors environ quatre heures du matin. Ils n'avaient
pas fait un quart de lieue sur le rivage, qu'une troupe de Bédouins armés vint fondre sur eux, et, sans l'heureux stratagème d'un Maltais, qui parlait arabe et qui fit passer les pavfragés pour Anglais , ils. eussent tous été égorgés sur pbiQe, G« hr^ye marin soutint avec fermeté, le poignard sur la gorge, qu'il disait vrai, et son courageux measongo sauvit les équipages.
Mais, dès ce moment, commença pour eux une agonie longue et terrible. Sous prétexte de leur abréger la route d'Alger^ {es Bédouins \eur firent prendre la roule des montagnes. Au pf'eoiier vill^g» où i}s aprivèrent, on les pilla d'abord, et pei^ fprès on leur arrftçha jusqu'à leurs derniers v^ments. On Ûm exposés, d^ns un état de jiudité complète, au yent yioknt çt 4UX froides ondées du Nord. Des bandes d'Arabes s^ relayaient pour les escorter d'un lillage à Vautre, et chaque changement d'escorte était marqué par les démonstrations les plus menaçantes, les traitements les plus inhumains. Les poignards, les yata|?ans étaient incessamment levés sur leurs têtes, et, si ie sang n'avait pas coulé encore, il semblait, d'up moment à l'autre, prêt à ruisseler.
Pour surcroît de ntal^ur, on les sépara \ ils furent logés dans des hameaux épars, repoussés dans un lieu, accveiUiç avec des cris de fureur dans un autre, menacés dans tous. Dès çe nooment, l'histoire de leurs infortunes se compliqua. Gha* que village, chaque maison, devint le théâtre de scènes dou*» loureuses ou poignantes ; partout une barbare inhumanité leur refusa d'abord jusqu'à un peu de feu pour ranimer 1< ui'i» i)^ei9J[)res engourdis. Les femmes bédouines se montraient les plus acharnées après ces malheureux ; mais enfin, un peu pitié entra dans leur éme, et on leur donna du feu et du pain f n petite quantité.
P^ux jours se passèrent ainsi \ maiç le 1$, vers le soir, les frégates de la division et quelques bricks s'étant approchés des îiavires échoués, envoyèrent des embarcations pour les rçconiiaître. A ce» apparences de débarquement, les Arabes coururent aux armes, descendant des montagnes en poussant des )^iicJ^pc^nts al{rtiv^. |^es femmes chargèrent leurs enfaQts sur
leurs dos, prêtes à fuir dans le désert. Quant aux prisouniers, on les enferma dans les caves les plus profondes, les accablant d'imprécations, d'inhumains traitements, et les meaaçant df mrt 4 la moindre tentative d'évasion.
Qifdques^ttps cependant parvinrent à s'échapper, et ce fut un malheur pour les autres. Après avoir longtemps parcouru les campagnes voisines, assiillis par les popiiliilioiis qui les poui'SuivuÉcnl, i!'- lilc.^^rrnii. t u se défendant, uin' Inniiu's dont l'acharnement contre eux était nicruyable; niai» il lureuj. arn^)^ at, quelques-uns égorgé». Deux d'entre eui^ se déi^Budi^r rent ijuvec uik tiéroîque exj^spération : ce forent les nommés Duchamp, dvi hrick V Aventure, et Poudreux, du bricK .ie^^r- Le premier, saisissant une fourche, l'avait enfoncée dans le cou d'un des Arabes qui venaient pour T égorger; l outre s'était immédiatement anné d'une hache. Seuls, ils se défendirent longtemps contre une iioupc nombreuse; amis accables par \v nombre toujours rrnissant des assaillants, ils prirent la fuite après en avoir gi mm mh ni i»it'ssc pbi&ieurs. {Pendant quelques jours ils errèreuL dans les mont^igues, ne se nourrissant que de racines. Ils parvinrent euhn à se constituer prisonniers entre les mains des officiers du Dey, qui les dirigérent.sur Alger.
Cet événement, joint à l'apparence de débarquement des
frégates, exaspéra au plus haut ponit les Arabes et leurs femmes. Les m.ilbtMiit'iix prisonniers s'alLcud.iii nt <! un imtnH'nt à l'autre à être égorgés. Leur agonie din*n ain^i pluMciiiN jours; mais enlin les frégates ayant rappelé ieuis cmbai'cations, la fureur des Arabes se calma un peu.
Cependant le Dey avait appris le naufrage des dei^x bricks, et savait envoyé sur les heux des officiers pour protéger les prisonniers» M. Bruat, qui, avec vingt-trois hommes, avait été logé dans vme mosquée ouverte d'un village des montagnes, fut le premier à être informé de cette disposition, qui, dans la position des naufragés, était une chance plus laNoi ihle qu'ils n aii! iiriil nn; rej.pérer. Mais tm Uicme Icnip^ un jeune K(tnlougli, qui en avait apporté la nouvelle, dit aux Arabes qu ils ç^llf kim $ots de. prendre leurs prisonniers pour An-
giais. Cette révélation faillit leur coûter cher. Heureuse ment la proximité des officiers du Dey paralysa tout mauvais vouloir. M. Bruat fîit conduit à la tente de Teffendi , où il reçut les protestations les plus sincères pour la sécurité de tous. Des officiers furent immédiatement expédiés" aux divers dépôts des prisonniers pour leur donner les mêmes assurances. Conduit de là à Âlger, M. Bruat y arriva le 20, et y fut rejoint peu après par quatre-vingt-cinq de ses compagnons d'infortune, seuls débris qui aient pu être réunis après ce naufrage. Avant d'être renfermés au bagne, les prisonniers, escortés de soldats turcs et suivis d'une populace nombreuse, furent contluits devant le palais du Dey. Là, le spectacle affreux du«dangerquMls venaient de courir frappa leurs yeux dans toute son horrible vérité. Vingt tètes de leurs camarades étaient accrochées à des crocs fixés à cet effet dans le mur. Une populace, avide de pareils tableaux, repaissait avec joie ses regards de ces sanglants trophées. Ce douloureux spectacle navra le cœur des malheureux naufragés; quelques-uns tombèrent évanouis. Âprèsune courte pause, on les conduisit au bagne d'où ils ne sortirent qu'après la capitulation d'Alger.
Ce triste événement fut connu à Toulon le jour même oii la flotte put appareiller. Il y fit une sensation d'autant plus profonde, qu'il y apparut comme un funeste présage au début de la ainipagne. C'était le 25 mai.
Depuis près fie ({uuize joiu-s, les vents, obstinément contraires, s'étaient opposés à tout appareillage. Ce retard, joint à la modification ministérielle qui eut lieu à cette même époque, et qui consista à remplacer MM. Chabrol et Courvoisier par MH. Ghantelauze et Peyronnet, donna lieu à une foule de conjectures qui se résumaient toutes, non' pas dans la crainte du succès de Texpédîtion, mais dans celle de Tintention du parti que le gouvernenient voulait en tirer et qu'il ne cherchait rnôme plusà cacher. Le puijiic les accueillit avec anxiété. Tannée expéditionnaire avec quelque mécontentement. Ënfin le 25 mai, une légère pluie et le vent d'ouest annoncèrent dans la rade de Toulon le changement de temps si impatiemment attendu. L'ordre fut donné de se préparer à appareâler le
ALGEHiE. m
lendemain, et Tamiral Duperré publia la proclamation sui ^ vante :
« Officiei-s. sous-officiere et marins,
« Appeld's avec vos tVères d'armes de l'arincc expédition - « naire à prend ic part aux charicosd'une entreprise que l'hon- « neur et l'humanité commandent, vous devez aussi en par- «r tager la gloire. C'est denos efforts communs et de notre « par&ite union que le roi et la France attendent la répara- « tion de Hnsulte foite au pavillon français. Recueittons les « souvenirs qu'en pareflle circonstance nous ont légués nos ff pères ! Imitons-les, et les succès sont assurés. Partons! »
Dès le lendemain, à une heure, le vaisseau amiral donna le signal du départ- Les bâtiments do guerre delà pnriiière division mirent à la voile. Le 27, les deuxième et troisième divisions du grand convoi prirent le large, et avant la tin du jour, tous eurent dépassé le cap Sépet.
Des milliers de spectateurs, pressés sur les hauteurs qui dominentToulonj accompagnaient de leurs regards et de leurs vœux cette magnifique flotte voguant à pleines voiles vers les rivages d'Afrique. Cent trois bâtiments de guerre et sept cents bâtiments de commerce la composaient, ayant tuus leui-s longues tlanmi es, leurs brillantes banderolles déployées. En mer, ils se formèrent sur trois coloimes parallèles, selon leurs divisions primitives : l'escadre de bataille, l'escadre de débarque* ment, Tescadre de réserve. Le vaisseau amiral ia Provence marchait en téte de Tescadre de bataille ; les vapeurs circulaient dans tous les sens, portant les ordres ou remorquant les traînards.
La flotte expéditionnaire faisait route dans cet ordre, lorsqu'on signala sous le vent deu.v (régales, l'une turque et l'autre française. C'était l'amiral de la flotte ottomane, Tahir-Pacha, qui, escorté par une .frégate française, se rendait à Toulon pour proposer au roi de France la médiation de la Porte dans la guerre contre le Dey d*Âlger.
Depuis le départ de Tahir-Pacha de €onstantinople, la mission dont il était chargé avait subi, dans son esprit, dans son réï^ultaL une altération qu'il n'est passant intérêt de signaler.
IdS ÂLQËRIË.
La propaation de la médiation de la Porte n'en était que la partie ostensible et apparente. La partie réelle était de se rendre à Alger, d'y saisir le Dey, de le fkire étrangler, et d'offrir
ensuite à la France toutes les satiblac Lions qu elle auiail pu désirer.
Ce moyen uxtrôme avait le double avantage de délivrer la Porte d'un vassal insoumis, dont la résistance pouvait compromettre rintégrité de l'empire Ottoman, et de prévenir une expédition que TAngleterre voyait avec une défiance èt une Jalousie qu'elle se donnait peu, du resté, la peine de cacher. La Cabinet de Londres avait fait remettre au divan uné noté très pressante, où le sultan était fermement engagé à user de son droit de suzeraineté envers le Dey. 11 tut répondu à cette puissante insïipnfion par l'envoi de Tahir-Pacha à Aljîer, chargé d'aîler exécuter un des actes ordinairement très dangereux de haute justice turque (i) Le ministère français avait été prévenu à temps, et les coupables projets que, comme on Ta déjà vu, cette expédition était destinée à fkvoriser, ne permettant àùcune transaction sur ce point, M. Bfassieu de Clervat, commandant supérieur du blocus, reçut l'ordre d'interdire l^éntrée du port navires de toute nation et de toute espèce. Tahir-Pacha s y présenta, en effet, monte sur une frégate an- ^ glaise ; mais l'enseigne Dubruel, commandant un petit bâtiment croiseur, la héla et déclara l'ordre dont il était porteur de ne laisser entrer aucun navire. Le capitaine de la frégate, anglaise voulut passer outre et essaya d'intimider Dubruel, qui fie loi répondit que ces mots : « Vous ne passerez qu'après m'avoir coulé bas. » Et, se posant énergiquement en traversée la frégate, il se disposa fièrement à se battre à outrance.
Tant de résolution intiiiiuia Tahir-Pacha qui , sachant l'enseigne soutomie par la division du blocus, engagea le commandant de la frégate anglaise à le transporter à Toulon, pou^
(^^ En effet, lorsqu'un paclia tombé en disgrâce est condamné à p^rir, s'il est en mesure tle pnuvoir braver la Parte comme l'était Hussein, il arrive sooyent que ie c-ordun que lui envoie le SulUn sert à étf'aniler celui qui \^
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formuler la partie ostensible de sa mission, puisque rénergié du commandant d*un petit bâtiment de guerre lui avait Mé
tout espoir de pouvoir en remplir la partie secrète. La diplomatie britannique en fut pour sos pressantes instigations.
Dans sa route , le pIéiiijM)t(Miùauv itftoman rpucontra , comme on Fa vu , Taruiée navale d'expédition , dont l'aspect imposant ne l'ut pas de nature à le rassurer sur le sort de l'Algérie. Il arriva à Toulon ; mais la rapidité des événements qui se passèrent en Afrique et le parti pris du ministère d'acheter par un peu de fumée militaire les libertés nationales , ne perluirent pas de donner suite à ses propositions.
La flolle française, bien ralliée, fit d'abord route vers sa des(niation en bon ordre et toutes voiles déployées. Mais dans la nuit du 27 au 28 un fort vent d'E. et d'E. S. E,, l'assaillit à Ja hauteur des îles Baléares, et porta un peu de désordre dans les colonnes. L'amiral Duperré abrita sous le vent de ces îles, l'armée et le convoi qu'il ne put rallier entièrement que dans là journée du lendemain. Le vent était passé à TE. un peu frais, mais favorable; l'amiral pourvut an départ de la flottille de débarquement qui était en relâche à la baie de Palma, et reprit le large.
Le 30 au matin, l'armée se truuva en vue des côtes de Barbarie, à cinq lieues du capCaxine. Maisl'horizon était chargé, lèvent fraîchissait et commençait à tourmenter les navires, fi devenait de plus en plus difficile de tenir ralliée et en bonne ' route, une masse de bâtiments de tant d'espèces et de qualités différentes. La résèrve composée de bagarres et de bâtiments de qualité inférieure , ne tarda pas à être entraînée soùs le vent, et il fut hienlùt reconnu à peu-près impossible de se manilenir sur le méridien d Âlger et de reinordre sur la cote. Avant d'opérer le «'a Itarqueraent, il était cependant indispensable de rallier la flottille qui portait les dix preioiers jours de vivres de Tarmée, et des détachements de convois que la violence du vent avait dispersés. H eût été d'autant plus imprudent délaisser tant de choses à la merci du hasard, que le temps devenait de plnsf^n plus menaçant. Dans cette fâcheuse extrémité, l'amiral fixa la baie de Palma comme point de ralliement
m ALGÉRIE.
général. Tout ce qui avait pu se maintenir en ligne s*y dirigea : les éclaireurs furent à la recherche des autres pour les y rallier.
«t J'ai trouvé, écrivait l'amiral Duperré. les éléments con- « traircs;je n'ai pu ieur opposer que des eiïortbhuiiiuiij». J ai « puisé dans mon zèle et mon dévoùment au service du roi t ceux qui m'ont aidé à prévenir des malheui^ , mais qui « n*ont pu mettre à Tabri d'un retard dans l'exécution de « l'opération projetée: »
Le 6 juin toute l'expédition était ralliée àPalma : les trans^ ports, les convois, les gabarres étaient mouillés dans la rade ; les vaisseaux de «ïuerre louvoyaient sous le vent des lies cii attendant le temps favoralde. Ce ne fut que le 10 que l'armée put remettre a la voile. Le 12 elle découvrit la côte d'Afrique par un vent grand frais d'E. à l'E. S. E. qui l'obligea encore de reprendre le large ; la mer était belle, mais la brise était si forte que plusieurs bâtiments eurent des avaries : deux bateauxbœu& périrent avec une partie de leurs équipages. Enfin, le i 3 au matin, la flotte ne fut qu'à deux ou trots lieues d'Alger. À cette vue , les soldats fatigués de la mer et ennuyés de leur long séjour à bord, firent éclater la joie la plus vive : un cri d'allégresse salua la ville arabe. Ces braves se pressaient sur les ponts pour voir la ville aux maisons blanches, rangées en amphithéâtre sur les bords de la mer, et dont la forme triangulaire se détachait de sombres massifs de verdure. Les plus érudits désignaient aux autres les points historiques du l>eau panorama qui se développait aux regards. Sur la hauteùr qui dominait la ville, ils montraient le fort de l'Ëmpereur {Suttan-Calassi), ainsi nommé, parce qu'il fut commciu e par Charles-Quint en 1541, au moment du siège. En face du môle, de l'aufre cote de la baie à l'Est, ils indiquaient le cap Matifou où sont les ruines d'une ville jadis plus grande qu'Alger, qui eut de la célébrité même après Garthage, RusconiOf (1) ville romaine, dont je nom même est presque inconnu aujourd'hui, ville aux débris rouges où l'on trouverait peut* être, avec quel-
(<) (^onta AuQufti BuêconHX . Pline, Tmg%k^»w^ pro*:mwt.
ALGËRIË, 201
ques fouilles y de curieuses révélations sur Texisteuce de la colonie romaine dont les vents d'Afrique ont presque entièrement dispersé la poussière. Au de-là du Gap, ils montraient le Djorgera qui était le Mont^Ferraios des anciens, et doiit la crête a six mille sept cent trente pieds d'élévation ; et plus près le mont Rammel , qui fut au XVIe siècle le refuge d'une partie des anciens Maures d'Espagne, et où leurs descendants ont conservé la tradition des hellos aniRsdaiiiasquiiiees et incrustées d'argent ou de fer poli : et partout les hautes chaînes de l'Atlas que la mythologie antique avait si poétiquement personnifiées.
Peu après Tarmée navale changea de direction ; fiiisant voUè parallèlement à la côte, elle défila majestueusement en Vue des fortset des batteries, après avoir formé la ligne de bataille. La 5y rêne , suitie de la Jieflone, en prit la tète: le convoi et la flottille se maintinrent an vent. A dix heures. les hàtiments armés en guerre se trouvèrent à la hauteur de Sidi-Fcrruch. L'amiral fit signal à l'année qu'il se dirigeait dans la baie, à l'ouest de Torre-Chica, et que chaque capitaine devait, pour Tattaque, se conforma au plan déUvré à chacun d'eux. :
L'armée amsi en ligne, passa à une encablure de la pointe du Petit-Port, et se dirigea sur Torré-Chica. Elle ai^rîva païf son travers, et le Trident et la Guerrière qui avaient été chargés de l'attaque extérieure, s'aperçurent aiuis que la tour n'était pas armée. Ils rentrèrent en ligue; l'escadre de bataille doubla lesroches saillantes de la presqu'île, et entra en défilant sous voile dans la baie ; mais Tennemi avait abandonné toutes les batteries basses et s'était porté sur les hauteurs qui dominent la plage pour les défendre et s'opposer au débar^quement. Toutes les dispositions d'attaque prise par f amiral ayant été dès lors inutiles, la flotte qui avait pris son mouillage dans la baie, se borna a j'occuper ; la journée était avancée ; le débarquement fut renvoyé au lendemain.
Sidi-Ferruch ( Esséid^Efroudj ) est une presqu'ile^ située à environ quatre lieues à l'ouest d'Alger, et au sud-ouest du cap Caxine : elle tire son nom d'un marabout, dont le tom~ beau est en ce lieu en grande Vénération. Elle s'avânioe dans
202 ÀLGËRI£.
fa mer par un cap bordé de rochers calcaires, et présente ffe
chaque côté un enfoncement formant uno potite baie : chacune des deux I)aics peut mettre à l'abri les navires suivant que le \ent souille de 1 est ou de l'ouest. Le fond de cette baie de sible qui est d'une pente douce^ est un assez bon mouillage; le terraii^ en est découvert jusqu'à quatre mille mètres de la mer et ne permet pas à Fennemi de s'embusquer : ilestsablonneui et couvert seulement de broussailles et de plantes rampantes. Ce mouillage était défendu par une tour carrée, nommée par les marins espagnols Torre-Chica.eine pouvant être défendue que par deux pièces d artillerie. Depuis Ion ^ïteraps cette baie avait été signalée comme un excellent lieu de débarquement, etySOus l'Empire même, Napoléon avait fait fairesur ce point des travaux de reconnaissance, qui furent utilisésen 1830. Elle est cependant susceptible d'être protégée d'une manière très eMcace et, avec tout autre peuple que des Turcs, un débarquement ne pourrait s'y opérer sans de très chanceuses éventualités.
Mais telle tut l inconcevable apathie des chefs militaires de rOil)( o«i leur vanité puérile, que la flotte française put faire tous ses pi epaiatifs de débarquement sans être inquiétée. Cependant Hussein avait cru ne devoir rien négliger pour faire une vigoureuse résistance : il avait appelé à son aide les be^ de Gonstantine, d'Oran, de Tittery, qui s'étaient rendus à son appel avec leurs contingents ; il avait même ouvert des négo* dations avec les deys de Tunis, Maroc et Tripoli, pour contracter une alliance défensive ; mais il n'en avait reçu que des réponses dilatoires, des vœux stériles ou des encouragements fort curieux, tels que ceux dont il csl laii mention dans la lettre suivante que lui adressa le dey de Tripoli à cette occasion. ' < Très excellent Seigneur,
« Louanges à Dieu ! puissent ces bénédictions s'étendre sur « la plus parfaite des créatures, la lumière qui vivifie les té- « nèbres, le prophète après lequel il ne viendra plus de pro- « phète, notre seigneur Mahomet, sa famille et ses compa- « gnons!
« Que Dieu conserve le souverain fort, victorieux sur ta
« terre et sur U ^ mers, dont la puissance est redoutée de toutes « les nations au point de les remplir de terreur, le chef dt*s « guerriers qui combattent pour la foi ; celui qui retrace les « vertus des kniifes, dont le génie est élevé et raspeciglorieux, a notre frère, Sidi-Hussein, padia d*Â]ger9 la bien gardée, et « le séjour des ennemis, des infidèles! L'assistance dé Dieu « soit toujours avec lui ! que la victoire et la prospérité guident « ses pas.
« Après \ous avoir adressé nos salutations les plus sincères « et les plus parfaites ((jue la miséricorde de Dieu etsesbéo dictions vous visitent soir et matin), nous avons Thonneur « de vous exposer que nous sommes (et Dieu en soit louél) « dans une situation satisfaisante, et que nous demeurons « fidèle aux sentiments d*amitié et d'affection qui, depuis « lon^emps, ont uni d'une manière si étroite, en toutes cir- « constances, les deux souverains des deux Odjeacs d'Alger a et de Tripoli j sentiments dont nous ne nous écarterons « jamais.
« Votre lettre nous est arrivée : nous en avons romj)u le « cachet, et nous dirons à votre seigneurie, qu en la lisant, « nous avôns été fort ennuyé et fort aftligé que les Français « (que Dieu fa^ échouer leur entreprise!) rassemblaient « leurs troupes et allaient se diriger contre votre Odjeac. « Nous n'avons ce^ d'en avoir l'esprit en peine et l'àmé « triste, jusqu'à ce que, enfin, ayant eu un entretien avec un « saint de ceuv qui savent découvrir les choses U s plus sccrèk tes (et celui-là a fait en ce genre des miracles évideiils qu'il « serait inutile de manifester), je le consultai à votre sujet : « il me donna une réponse favorable qui, je l'espère de la « grâce de Dieu, sera plus vrai^ que ce que le ciseau « grave sur la pierre. Sa réponse a été que les Français M (que Dieu les extermine!) s'en retourneraient sans avoûr « obtenu aucun succès. Soyez donc libre d'inquiétude et dé 4 soucis, et ne craignez, avec l'assistance de Dieu, ni mal- « heur, ni revers, ni souillure, ni violence. Comment, d'ail- (T leurs, craindriez-vous? N'étes-vous pas de ceux que Dieu a « distingués des autres par les avantages qu'il leur a accordés?
304 ÂLG£R1£.
a VOS légions sont nombreuses et n'ont point été rompues par « le choc (les t'uiiciuis; vos guerriei-s portent des lances qui « portent des coups redoutables, et ils sont renommés daos « le» contrées de l'Orient et de l'Occident ; votre cause est, en « même temps, toute sacrée ; vous ne combattez ni pour faire « des prdits, ni dans la vue d'aucun avantage temporel, mais « uniquement pour faire régner la volontédeDieuetsa parole.
« Quant à nous, nous ne sommes pas assez puissant pour « vous envoyer du secours; nous ne pouvons vuus aider que « par de bonnes prières, que nous et nos sujets adresserons à « Dieu, dans les mosquées. Nous nous recommandons aussi « aux vôtres dans tous les instants. Dieu les exaucera par « l'intercession du plus généreux des intercesseurs et du plus « grand des prophètes.
« Nous demandons à votre seigneurie de nous instruire de « tout ce qui arrivera. Nous en atttendons des nouvelles a avec la plus vive impatience ; elle nousobligera de nous faire « connaître tout ce qui i'intéress* ra. Qu'elle vive éternelle- « ment en bien, santé et satisfaction.
€ Le 24 d'el kaadi de Tau iM5 (1830).
«YOUSEy,
• m â*A1i, Pacha de TripolL *
Hussein se trouva ainsi réduit aux seules forces de son pa-
chalick. Cependant , telles qu'elles étaient , Sidi-lbrahim , son gendre, qu'il en avait investi du coniinandcment en chef, aurait pu faire éprouver de grands desastres à l'armée française, s'il avait ete général aussi habile qu'il était vain et rodomont. Aussi, au lieu de faire occuper les batteries basses de la baie et d'y en élever de nouvelles, il se contenta d'en dresser sur les hauteurs, laissant en quelque sorte la plage ouverte, et écrivant au pacha cette fiinfaronnade. « Les infidèles veulent nôus « attaquer par terre. Je les laisse débarquer afin que pas un « seul d'entre eux ne retourne dans sa patrie. »
Cependant l'amiral Duperré avait activement employé la fin de la journée et la nuit du 13, pour tout disposer afin que le débarquement pût commencer dès la pointe du jour.
Le 1 4 juin, dès ^atre heures du matin, l'escadre de débar-
AL6ËR1E. SOS
quemenl, avant à bord la pn mii n division de Farmée, était en ligne pamllèlemcnt au rivage. Derrière elle était Tescadre de bataille et celle de réserve. Dans les interstices étaient groupés là flottille et le convoi. An signal du débarquement^ touteè leschaloupes lurent misesà Veau : chaque batéaiteut soii remorqueur, et bientôt vingt mille hommes sof^^tetîi vert le ri\;iue précédés par des chalands sur lesquels étaient inslalh'c^ liiiit jnicos de rnmj)agne et une batterie de iiionla^nc toute prête à être mis<' m batterie. A qnafro heures et demie la première division atteignit les brisants : on lança contre téùs les mouvements de terrain qiii pouvaient cacher une embincade des fusées à laeongrève et des obus, et dès que lés niarins purent prendre pied, le hallage commença. En peu d'instante toute cette division fut à terre avec ses pièûëi'de campaofne. sous le feu des batteries de l'ennemi qui, du reste, eurtiiil jicii d'effet. A six heures, la deuxicinc diNisioii et loute l'artillerie de campagne étaient îi terre. A >i\ lieures et demie, le général en chef était débarqué. Le premier drapeau français qui plana sur la terre de FOdjeac. y fut arboré par les nommés Sîon, chef de la grande hune de la frégate le Thitis, et François Brunou, matelot de première classe de SwviàUanù. Ces deux braves sautèrent à terre les premiers, s^élàiiicèrént ensemble dans la tour de Torre-Chica, et y plantèrent le drapeau de la France.
T. es Araliis occupaient les hauteurs au noiiihiv de huit à dÎAL mille environ. Leur plus forte position était en dehors de la presqu*!le, formée de trois batteries échelonnrrf; qui faisaient un feu plongeant mal dirigé, il est vrai, mais qui né laissait pas que d'être inquiétant. Le général Bértttezène, qui commandait la première division, reçut Tordre de se porter en avant rvpc huit pièces de campagne, et de débùsquei' f eniitiMn pendant que cin(| hafiments de i:iiorrt:, nioiiillcs dans lu rade orientale, prenaient d eehai-pe Ips hatlerie> arabes et éteignaient peu à peu leur feu. La première division s élança par bataillons en masse, au pas accéléré, de manière à tourner par' la gauche, les batteries ennemies. Les divisions Xoverdo et d'Escânt suivirent le moiivèiniént de^ ia>ieidièrjfili^^
rapidité de Ja marche à travers un terraia peu accidenté, il vrai, mais couvert de broussailles, Fardeur des soldats ft^nçais
ne se ralentit pas un instanl . Att^iqués p.u' d( s masses de cavaleriCy ils montrèrent un admirablti sang-lruid. Ils ai rivèrent ainsi aux pieris des redoutes, les tournèrent, et, s'y élançant k ]a ]»aiûuiieUe, »en rendirent maîtres en peu d'instants. Treûe pièces de canon de 16 et deux moftiers tombèrent en leur pou* ^oir« A midi, Farmée, entièrement débarqpée, occupait l^ jbauteurs en airant de la presqu'île, et le quartiei^éné^ étfti^ établi à Torre-Ghica.
Mais en arrière de ces hauteui*Sy la cavalerie des Bédouins occupait encore des positions avantageuses d ou elle contitmait la fusillade sur les troupes françaises. Les trois divisions de Tarin ée se mirent en marche sur divers points pour la débusquer. Elles suivaient une ligne directe à partir de leur point de fdépart. Le combat devint alors acharné. fiédouins défen-, dirent le terrain piedà pied, et se battirent vaillanuqent Tirant leur coup de fusil, ils se repliaient au galop, pour avoir, selon leur usage , le temps de charger et revenir faire feu de nouveau. Les soldats français, accablés sous le poids de leurs sacs et de cinq jours de vivres, morts de soif, se battaient partout avec ardeur et partout faisaient plier les Bédouins. A quatre heures, les Français occupaient toutes les positions de Tennemi à deux lieues en avant du point de débarquement.
En même temps le génie s'occupait de tracer des retranchements pour couvrir l'isthme et y établir un dépét d'approvisionnements. Le général Valaié en fît immédiatement commencer les travaux, ils furent poussés avec activité : une ligne de fortifications, garnie d'artillerie, s'éleva de la haie de l'est à celle de l'ouest. Des puits lin eut rrcuses oh Ton trouva de l'eau en abondance. Des fours lurent construits, et, deux jours après le débarquement , l'armée put mangi^ du pain frais. Des tentes se dressèrent; des cabanes de .feuillage s'improvir sèrent sur tous les ppints; les ateliers de forgerons et de charpentiers s'établir^t; des restaurants, des cantines s'ouvrirent dans tous les quartiers du camp. Une transformation miraculeuse peupla, anima cette plage uaguère si déserte cl si monif •
Un peuple nouveau prit place et ran^,6ui^.ce^te plage afric^inç^ et se prépara à fonder une milisation nbuvâle sur lea débrif» de tant de civilisations dont des siècles de bart)ârie avaient
étouffé jusqu'aux moindres vestiges.
Le débarquement des vivres et des munitions commença aussi à s'opérer avec activité. Mais le 1 G, le mauvais temps ttSj^ndjre cette importante opération. Dès le matin, le ton- J^ivf p;ronds( avec violence ; jusqu'à onze heures, des graips succç^ifs assaiUîrent la flotte à l'ancre; la mer devînt mopr strueuse ; les lames creusaient à tel point que, des navires tirant treize pieds d'eau et mouillés par vingt, tâlonnèrent et démontèrent leur gouvernail. Mais heureusement la tempête dura [icii et le mal se borna à des accidents très remédiables.
La troupe eut peu à souffrir de Tarage du 16. Le bois «^Kfndait sur la plage : on y fit de nombreui^ bivouacs. Mais
des bâtiments qui encombrait la baie avait rendu leur np«^i^<}|[i très dangereuse , et si Forage avait r^né quelques heures de plus, le grand désastre de 1541 eût pu être renouvelé. Pour prévenir un tel malheur, Tamiral Duperré dirige^ sur Toulon les transports du personnel, les galères et tous les bâtiments inutiles.
Pendant plusieurs jours, l'armée occupa les positions dont elle s'était emparée ; Tennemi s'était établi depuis le 15 au camp de Sidi-Kalef, et envoyait, jusqu'à une petite distance des bivouacs français, des tirailleurs dont le feu, quoique mdl assuré^ tua ou blessa une centaiqe d'homme^. Les contingent^ de Gonstantine, d'Oran, deTittery, et une grande partie de la milice turque s'y trouvèrent réunis, le i 8, au nombre de 40,000 hommes environ. Sidi-lbraliiin, gendre du pacha, les connnaiidait. Le général en clit^l de l'armée française ayant atl(îndu, pour donner l'ordre de marcher en avant, le débarquement du transport des subsistances et du matériel de siège, cette inaction avait d'autant plus ficcru la confiance des bordes aig^ riei^nes, que, dans leurs ii)ées, ne pas agir c'est avoir peur. Auss^ 80 répétaient-elles ce dicton populaire : « Allah e( « TsAalebi sauveront toujours Alger la bien gardée. » Dans /Cette pej suasiun, Sidi-Ibraiiim |>ré^ra une attaque générale.
Des batteries coust mites la veille^ entre SlaouëU et les positions françaises, révélèrent son projet. Dans le camp français tout fut disposé pour bien le recevoir; les deux premières divisions furent échelonnées sur les terrains accidentés des collines qui, en avant de la plaine de Staouêti. s'abaissent jusqu'aux dunes de Sidi-Fen uch. Deux batteries abandonnées par Tennemi, dès le 14, les protégeaient. En seconde ligne, sur le terrain d'un ancien cimetière, était placée la troisième division. Cette disposition était peu avantageuse ; les ailes présentaient des vides : le front de bataille était trop éloigné de la réserve, et offrait à un ennemi (pii aurait su tirer parti de cette fkute, la fiuâlité de manœuvrer sur son derrière et de déplacer toute la ligne de bataille.
Le 19, dès la pointe du jour, l'armée ennemie s'avança sur une ligne beaucoup plus étendue que le front de nos positions. Son plan était d entanior le ( ciitrc de notre ligne avec le canon de ses redoutes, de manœuvrer sur les derrières de la gaucbe pour les séparer de la presqu'île, et de faire atftaqiier en même temps la droite. Ce plan, quoique habilement coiiçu par suite de la position désavantageuse de l'armée française, était dû entièrement au hasard. En effet, il est, en quelque sorte, le résumé de la stratégie arabe, dont toute la tactique militaire consiste à développer autant que possible le front de bataille, croyant In victoire assurée lorsqu'ils sont pai'venus ainsi à envelopper l'ennemi. Nous verrons, dans le cours de cette histoire, ce même plan invariablement mis en pratique en toute circonstance.
Les plus grands efforts de Tennemi se dirigèrent à Textrème gauche, contre les brigades Qouet et Achard : là se trouvait
la milice turque, commandée par Sidi-Ibrahim en personne. L'attaque s'y fit avec une «grande résolution, à deux reprises ; les janissaires après avoir, selon leur usage, tiré lein- coup de fusil, s'élancèrent sur le front de nos lignes, le yatagan au poing, et furent repoussés. A la troisième, ils pénétrèrent jusque dans les retranchements qui couvraient le front de nos bataillons, et beauocmp d'entre eux y trouvèrent la . mort. D'autre part, des nuées de cavaliers arabes fondaient, la lance baissée, et en
ALGËiûk. m
poussant des cris sauvag^'s sur les retranchemeutS; et vt-tiaienl se briser contre les bayonncttes de nos soldats. Les contingents des be^s d^Oran et de Constantine attaquèrent aveç autant de '4^^Iutldn, mais avec aussi péù de succès, les divisions Berthe- ^ zèiie et Lovcrdo. Ce dernier avait laissé avancer l'ennemi jus» fond du ravin qm couvrait sa position et, par unë chai^ipe ^ à' Ià baîonriétte bien exécutée, l'avait rej^ilàèè aptè^ hii Mnr
■ fait éprouver des pertes sensibles.
' ' Repoussé à la droite, rennemi redoublait d'cITorlsà la f:a!i- ' che. Entraînée à sa poursuite, la brigade Ciou<'l avait pris fio- 'sition sur une hauteur en dohois du camp et n'était plus en li^ne. Le 20"* de ligne et le 1" bataillon du 28* qui coûipDsaient cette brigade, avaient épuisé leurs niiinitions et rëiBtaiijnt "exposés à un feu assez vif de fennemii Ils i^ëçuirehf F^hlre de s'é^lirén arrière; et pendant que ce mouvemétit s^èp'érâft,
■ ils furent chargés avec tant d'impétuosité, que le i*' batàilton . du 28% coupé et en désordre, eut son drapeau engagé au milieu do> Arabes. Lecolonel Mounier qui voit ce péril, s'écrie :
« Mes entants, au drapeau! » A cette voix le l);itaillon se rallie, entoure le drapeau, s*y presse pour le défend i c contre des assaillants, dont le nombre croissait à chaque instant, étonne l'ennemi par tant de courage et dé fermeté, et le nialhtîént asiilèz longtemps pour que les brigades Achard étPoret de Iforifah', pussènts'avancerpourlédégageret riepbussér les Arabes.
L'enn-^mi ne tenait pins mdlc [)ai't : rnoin^'ot était décisif ; le irénéral en cliel" ordonna l'allaquc des ))atleries et du camp de Sidi-Kalef. Les généraux Damremont et d'Uzer marchèrent en avant avec les premières brigades de la division Lo- ' terdo ; le général d'Arcine, avecla troisième brigade détachée sur là gauche, suivit le mouvement de la brigade Glottet; tr6is i^é'^mënts de la division d'Escars s^àvabcèrent'pomr forméi' la rësèrvé. Dans Test dé la presqu'île , lès bfttiiiiénts dé'guërrè le Griffon, Wilerte, le Ducoucdic et ïlphîgeiiie devaient appuyer ce mouvenienl. -"r
■ Le plus vil enthousiasme eclafa parmi les tronpes lorsqu'on donna le signai d'attaquer le camp ennemi. L' s t,aupûi s'élancèrent au pas déchargé. L'artillerie, toute de ndilveâu
âfiè AJLGËKi£.
jnodèle, était çonstamiaent en première ligne, malgré les dj^ ficiiltéK du terrain. San extrême mobilité eontribuait puissamment a réponvante des Bédouins qui , attaqués sur tous les points à la bayunnnelte, criblés d'obus et de mitraille, sont . successivement débusques de toutes leurs posilmiis. tourbiliunnent, chancellent et prennent entinia iuitedans le plus grand iâésordre. Le feu des batteries ennemies, construites en avant du camp de Sidi-Ralef , n'arrêtèrent pas un poin^t ni» Ir^l^s. Le iCP* de Ugne enleva les huit pièces de i^foiof qui les armient» Les Turcs, les Arabes fuyant de tontçé pf^rte, abandonnèrent lenrcamp qui iomba au poiivoir du vainqueur avec tous sesapprovisionuenients. Quatre centstentes y étaient ,dre9sée<^. Celles d'IbralniiK dos beysde Constanline et de Titteryj étaienl d'une grande magnificence, tendues à rintérieur de velours cramoisi, de riches draperies relevées de 0f^d^ et ;4e franges d'or. On y trouva de la poudre et des projectiles jçn ..quantité^ des magasins de siibsistaneesy des troupeaux de moutons/ plus de cient chameaux, et dans les tegatés des chefi^ ^f^ repas copieux qui n*aVaientcertaîeementpas été préparés pour oeux qui les consommèrent. L'armée française avait eu six et iiU hommes tués ou blessés. Les ?0* 28* et 37* r^iments furent ceux (jui souffrirent le plus.
Cette brillante affaire porta l'épouvante dans l'armée ennemie. La terreur fut si grande que les fuyards se jetèrent p^i^mtle dans Alger. Dans ui^ç salie de ia Casbah, le Dey^quf, au début de la campagne, avait promis einq piastres pour cbj|mue tète de Fiançais qui lui userait apportée, déplorait imèrwnent alors de 8*étre attiré la colère d'un si terrible (uuiemi. H avait vu, du haut d'une terrasse dominant la baie, ses troupes lu)aiit de toutes parts. 11 entendait, au-dessous, les - cris de ceux des soldats qui ayant pu arj acher quelques tètes , de la mêlée, demandaient le prix de leurs trophées sanglai^ts, ^ ,4as hurlements de la populace que/ce désastre épouvaiita(iie i*emplis6ait d'angoisse et de terreur. Des mouvement de colère se succédaient rapides sur ses traits, mais aucune parole ne les révélait au-defaors. Il attendait pour éclater celui qu'il rendait responsable de ce malheur, Sidi-lbraliim. cet aga à
qui il avait donné sa fille la plus chérie, Hala-Aïché, et qui l'avait si vaniteusement bercé d'une espérance de victoire. Ibrahim parut enfin. Au premier regard qu'il jeta sur son beau-père et souverain, il vit les éclats de cette grande colère jusque alors suspeudue, prêts à fondre sur lui. Il avait préparé quelques mots de justification, il ne put que baisser les yeux et se taire. Hussein prit la parole. Sa voix tremblait d'irritation; son regard vif encore, malgré son âge, lançait des ilammes. iç-f^ hm/ho'» a M.Tif<tf!h v lo ><>i!Hofî t
« — Salut, invincible aga! dit-il. Salut vainqueur des in- 4. fidèles I Ils sont tous probablement précipités à la mer, « comme tu nous l'avais promis? Il faudra sans doute agran-r « dir la Casbah pour contenir leurs dépouilles, créer de nou- )f' veaux bagnes pour enfermer tant d'esclaves? Qu'en pense iifi,notre invincible aga? » , , ^
. «Il y eut un moment de terrible silence. , -, f « — Est-il vrai, reprit le pacha d'une voix vibrante de co- « 1ère, (fue loi, notre aga, notre gendre, le généralissime des a milices de notre Odjeac, est-il vrai que tu as fui lâche- «^meut devant les Français? . »>...♦ f •
« — Je me suis précipité Irois fois avec rage contre ces « maudits infidèles : trois fois j'ai été repoussé; les murs de .t«;la Casbah sont moins inébranlables qu'eux. Il faut, par « Mahomet! qu'on les ait ferrés les uns aux autres. » , (;vj,Ibraliim disait vrai. Trois fois il avait chargé avec vigueur à Ja tête des janissaires, les lignes françaises, trois fois il avait été repoussé avec de grandes pertes. A la vue de ces lignes compacles que la cavalerie, ni l'infanterie ne pouvaient entamer, il croyait de bonne foi, et ses soldats avec lui, que les Français étaient enchaînés les uns aux autres. Lors de l'expédition d'Égypte, à la vue des bataillons français recevant, sans s'ébranler, le choc d'une innombrable cavalerie, les Arabes avaient été dans la même persuasion. Cette excuse n'apaisa cependant pas la fureur du Dey qui éclata alors véhémente, terrible :
é <é— Chien ! poltron ! esclave ! s'écria-t-il, sors de ma pré^ « sence: va-t-en, misérable, va-t-en, et béais Allah d'être
m ALGÉRIÈ.
« réftoux de ma tille, san» cela je t'aurais hii à rinstant :« précipiter sur les ganch6s(i).»
Pèndalit ce temps, maîtres du camp ennemi, les sôldab 'français qui, dans cette journée, avaient rivalisé dè courage
et (i ardeur, se reposèrent dans les tentes des Arabes et se restaurèrent avec les viandes fraîches qu'ils y avaient trouvées préparées. L'administration militaire fit immédiatement construire des hangars en toiles imperméables, pour servir d'hôpitaux mobiles, et y mettre à couvert les malades et les blessés. î)n s'occupa aussi de fortifier cette position pour y concentrer 4ottt le matériel de siège. Une route protégée par des blockailt *et des redoutés élevés à courte distance, fttt ouverte pottr mllier le nouveau camp à l'ancien .
' Staouëli et Sidi-Kalef, points UKirqués sur les cartes, et qui se trouvent entre Torre-Chica et Alger, n'étaient pas des lieux habités : c'étaient des endroits couverts d'une végélaiion active, et arrosés par un ruisseau qu'alimentaient des sourcés abondantes qui y jaillissent en a^ez grand nombre. <^'était un Heu de prédilection pour les Arabes qui y venaient souvent planter leurs tentes et faire paître leurs troàpeaust. 'On y voit peu de broussailles mais quelques figuiers, mtkilersy 'oliviers et des palmiers en assez grand nombre. * Après le combat du 49, toutes les forces de terre s'étaient concentrées dans ce nouveau camp. L'ancien camp de Torre- Chica fut coniié à la garde de trois raille marins que l'amiral Duperré mit à la disposition du général en chef, sous le commaodement àa capitaine de vaisseau Uugon. Mais rennemi ne se montra que par détachements épars. La phiporl des 'Arabes s'étaient éloignés, et les Turcs s'étaient renfertbésdaià -lefli murs d'Alger où régnait la plus vive agitation. Les FniH^ïs 'n'étaient pasencore en mesure de poursuivre leurs avantages et de marcher sur la ville. Les chevaux de l'artillerie de siège, ceux de l'administration, n'étaient pas entièrement débaiv
(1) Les ganches étaient des crochet» en fer fixés aux murs extérieure de la jCasbab à des distances très rapprochées. Ces crochets étaient destinés à recevoir les tète» des suppliciés. Dans des cas e\c4*ptionnels, un t;rand criminel )éUit jeté vivant sur ces crochets où o& le laiaâaii jusqu à œ (ju il lut mort.'
biyilizûu by
qués, et il. eût été peu prudent de coinmeneerrinTestisBement de la plaee sans ^vpir la certitude que les subsistanees Beraient assurées pour vingt ou trente jours au moins, et que le manque de munitions n'exposerait pas les travaux de siège à êtrç
interrompus.
En attendant, les travaux des camps furent poussés avec activité, sous la direction du général Valazé, et la route entre l^eiCanip de Sidi-Ferruch et celui de Sidi-Kalef, ùii tracée sur m développement de plus de huit milles. Elle avait une lar» ^r de dix mètres et allait rejoindre une funeienne voie j|if.a|ne; qui conduit de . Sidi*Kalef à Alger.
Jiilgré les coups de fusils qui s'échangeaient aux avantpostes, quelques Arabes vinrent visiter le camp français; la plupait étaient curieux de voir de près ces terribles vainqueur : un de leurs parlementaires venait chaque jour voir son fils blesse qui se trouvait dans une ambulance. Ce malt^fj^r^]^ vieillard fut la cause innocente de la mort de son jfils qui^ recueilli par les Français sur le champ de bataill^ avait été transporté aux ambulances^ très grièvement blessé . ^ui^e jambe, dont l'amputation était devenue indispensable. ^ 1 — Par Âliah! s'écria le père, je le défends, je ne veux « pas qu'il en soit ainsi. C est Allah qui nous a donne le « corps, c'est Allah qui nous a donné la vie. L'un ne nous « appartient pas plus que l'autre. Nous n'y avons aucun ^f^i dfpit. Couper une partie du corps c'est un sacrilège : la jK^ vie ne peut dépendre d'un sacrilège. Les hommes n'ont « 0^ droit .de Tabréger, ni le pouvoir de la prolonger* . c Dieu sei4 a Tun et l'autre. » r ^ , '
Çç déplorable fatalisme causa la mort de son fils, qui moiirut de sa blessure,. « Dieu est grand, dit-ît alors, Dieu Ta « voulu : que sa volonté soit laite. » 11 demanda à être conduit en présence du général en chef. — a Quoique vétu de ces ..1^, simples habits, dit-il à M. de Bourmont. je suis scheik d'une tribu nombreuse. Mon iils, en se battant contre les tiens, a « éié blessé, recueilli par toi et soigné comme ^firait pu le «, ,,fi^re sa propre mère : je l'ai vu. Il est mort de sa, bj^fpsE^, iiîals c'est Dieu qui l'a voulu. Alêrs j'ai démangé à venir
il 4 ALGÉRIE.
'« vers toi de ma propre Tolouté pour te i-emercier de la il néreusè hospitalité que tu ais accordée à mon fils. Ën mèmè € teibps j*ai voulu Toir le chef des étrange» qui envahissent c mon pays, et connaifre ses sentiments à l'égard des Arabéi. c Puis, je demande à retourner parmi les miens, parce queje « suis venu ici de mon plein gré, et queje, ne sms pas ton « prisonnier. » ' *'
le général lui fit répondre par Tintcrprète que son roi ne Tavait envoyé que pour délivrer les Arabes du jougdcsïurcs. — î( Si tu dis vrai, dit ie scheik, j'espère bientôt déterminer ma « tribu à traiter avec toî. Je sais bien que cette mission ne sera '« pas saiis danger ; mais je suis vieux : ma vie n'a pas d'im- « portànce, êt je n'ai que ce moycâD de te prduvér nia tétov^ « naissance pour l'hospitalité que tu as aiîcordée à mon fils. » • Il sortit du camp emportant des proclamations en arabe qu'on le charfren de répandre ; mais il ne tarda pas à expier la généreuse résolution que lui avait inspirée la pieté paternelle. Des Arabes à qui il se confia le trahirent, et Hussein ï^i fit trancher la tète.
' * Le 23 juin, le débarquement du matériel était fbrt avancé : f artillerie de siège, toutes les mtinitmlis embarquées sur les deux préhiières sections du convoi, les trois escadfônà de cavalerie étaient rassemblés dans le camp. Maïs les dèm îlcfnièreS divisions du convoi, parties de Palraa le 18, étaient depuis huit jours en vue de la côte, luttant en vain contre lès vents d'ouest et les courants violents qui les empêchaient d'a|ilirocher. La division du contre-amiral Rosamd, de concert avec la division du blocus du port d'Alger, était obligée de tbrmer .à quelques lieues au Uu'ge, une ligne de croiseurs, protégeant lt& tonsports et les empêchant de B'alblèr à là côte. '
Cette circonstance enhardit les Turcs et les Arabes qui, îfe ■^4, des le matin, se présentèrent en assez mauvais ordre, mais en embrassant un front considérable. Sidi-lbrafiim, qui, à l'intercession de sa femme Lala-Aïché, avait trouvé grâce aii-
Îrès du pacha, conunandait encore en personne ces troupes, lii à douze mille cavaliers BédouiiA^ se précipitèrent d'aboi^d
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dans la plaine en poussant d'horribles hurlements. L'arraéè française se forma en carrés, l'un défendant l'autie, et soutint avec fermeté des charges vigoureusement conduites. Peu à peu on vit se couronner d'ennemis les collines qui terminent à l'est la plaine de StaouëH. Leur ligne était peu profonde mais fort étendue. La di\ision Berthezène et la première brigade de la division Loverdo marchèrent à leur rencontre avec une batterie d'artillerie de campagne. A la vue des nouveaux ba-' taillons français qui se disposaient en colonnes, l'ennemi céda sur tous les points. Quelques groupes, aux ailes, essayèrent seulement de faire une pointe dans nos lignes, mais désespérant, peu après, de les entamer, ils se replièrent après quelques charges sans résultat. ^'^ Les troupes françaises traversèrent la plaine avec rapidité. Elles atteignirent un terrain dont les accidents étaient plus prononcés, et se trouvèrent sur le groupe des hauteurs qu'oe^' cupent Alger et ses jardins. On y voyait de nombreuses ha-^' bitations. Les vignes, les arbres fruitiers, les haies couvraient le sol : partout la terre étalait les produits de la cuUure la plus variée.
Les Arabes s'étaient portés derrière ces massifs : ils faisaient de là un feu très vif sur nos troupes, mais étaient facilement délogés par nos bataillons qui, les abordant partout résolument à la baïonnette, les poussaient devant eux battus et découragés. Ils s'y défendirent cependant avec acharnement, et leur feu de tirailleurs fut très meurtrier. 3
Vers le soir, l'armée algérienne qui, dans l'attaque comme dans la défense . paraissait avoir agi sans ensemble, se rallia sur la crête des hauteurs situées du côté opposé à celui qu'occupait l'armée française. Cette dernière prit position et développa son front en face de l'ennemi. Un ravin appelé Baekschédéré séparait les deux armées. La première division reçut l'ordre de se porter en avant. L'artillerie qui, avec sa rapidité ordinaire , avait surmonté toutes les difficultés du terrain, appuya ce mouvement. Des obus lancés à propos dispersèrent les groupes qui paraissaient les plus acharnés : la baïonnette de nos soldats fît le reste. Nos troupes avaient
il 6 ALGÉRIE.
atteint Ui limite du pays coovert : elles n'étaient séparées d*Âlger que par un intemlle de cinq à six miUe mètres* A ce moment, une violente détonation se fit entendre. Les
Arabes venaient de taire sauter un magasin à poudre établi sur la pente des hauteurs dont ils avaient occupé la crèle. Des nuages d'une épaisse fumée s'élevèrent en tourbillonnant à plus de cent mètres de hauteur , réiléchissant les hautes teintes du soleil d'Afrique.
Dès ce jour, les Arabes, plus disséminés que les jours précédents » ne reparurent sur divers points qu'en tirailleurs :. leur but parut être moins de combattre que d'attaquer des hommes isolés et de piller des équipages. Quant au nouveau succès qu'elle venaild'obtemr, l'armée liançaist avait eu peu de pertes à déplorer. Un seul des officiers avait reçu une blessure dont il succomba le lendemain : c était un des quatre fils du général Bounnont ; dans Tafiaire du 19, un de s^ frères était entré le premier dans une batterie ennemie. Dans le sentiment qui jetait ainsi ces jeunes officiers au plus fort du danger pour tâcher de conjurer l'influence de l'impopularité du nom de Imr père, il y a^it & la fois quelque chose de touchant et d hoiçiorable qu li est du devoir de l liistoiie de consigner.
Dans la situation où était l'armée de terre, sans matériel nécessaire pour attaquer Alger ou les forts qui l'environnent, les succèsqu'elle avait obtenus jusqu'alors étaient tous ceux qu'on pouvait attendre d'elle. La marine travaiUait sans relâche au débarquement des vivres, des machines et munitions de siège ; mais les vents d'ouest, qui régnaient constamment contre' saison, contrariaient souvent cette opération. Cependant, dans la soirée du 26, un dernier convoi mit à terre tout ce qui restait à bord% de chevaux et de matériel de l'artillerie et du génie. Ce fut heureux; car, pendant la nuit, le vent, quoique frais de la partie de l'est , sauta soudainement à l'ouest et soufla avec tant de force^ qu'en peu d'instants la mer devint monstrueuse. Les bâtiments du convoi qui étaient à peine amarrés eurent beaucoup à soufirir et éprouvèrent d'assez fortes «varies ; plusieurs vaisseayx chassèrent, eaHèrent leurs
ALGÉRIE. tu.
chaînes et leurs cigales d'ancres. A cette même date, un rap-^ port de l'amiral Duperré causa quelque sensation en France.;
« J'ai livré à l'armée, y était-il dit, 60,000 kilogrammes « de biscuit, que le général on chef m'a demandés : nous « éprouverons bientôt le besoin de vivres. L'armée expédi-j « tionnairc a séjourné un mois à bord des bâtiments ; la con-. « sommation par le grand nombre de passagers a été plus « que double. J'ai demandé au préfet de Toulon de faire « préparer deux mois de vivres qui seront expédiés par les
« divers bâtiments que je détache sur Toulon La sûreté
« de l'armée navale a faiUi, à plusieurs reprises, être com-, « promise. Les coups de vent se renouvellent fréquemment,! « bien que nous soyons dans la belle saison. La mer devient « aussitôt monstrueuse. Je reconnais bien aujourd'hui que la « baie n'est pas tenable. Cependant, sans la présence d'une « partie de la flotte, point de débarquement , et par consé- « quent point de vivres pour l'armée de terre. La position « est des plus difficiles. Je demande à Toulon des remplace- « ments en ancres et amarres. » En même temps M. de Bourmont faisait évacuer par des corvettes de charge sur l'hôpital de 3Iahon les malades et blessés de l'armée au nombre d'environ dix-sept cents, et demandait le transport en Afrique d'une brigade de la division de réserve. Les événements ultérieurs rendirent ce renfort inutile , mais l'opinion pubhque s'alarma ; le rapport et la demande avaient fait naitre des conjectures fâcheuses sur la situation de l'armée qui, électrisée par ses premiers succès, se préparait à les couronner par un éclatant triomphe.
Jusqu'au 28, il n'y eut, sur le développement de tout le front de la ligne française que des engagements partiels dans lesquels quelques bataillons, entraniés trop loin par leur ardeur et assaillis, à l'improviste. parles forces supérieures d'un ennemi qui profitait habilement de tous les accidents de terrain, eurent beaucoup à souffrir : un bataillon du 2"* léger perdit soixante hommes; un du 36™* en eut quatre-vingt mis hors de combat; les 17*"* et 30"'* de ligne éprouvèrent aussi 4e8 pertes sensibles. Mais après l'entier débarquement du ma-
tériel de siège , le général en chef donna l'ordre de prendre Foffensive sur toute la ligne.
Un bataillon de la division Loverdo et trois équipages temporaires formant une masse de 2,200 hommes environ, soui lés ofdres du colonel Lendent du 48% formèrent la garnisôn de la presqu'Ilie. Toutes les forces déterre réunies s'ébranlèrent le 29, à la pointe du jour et marchèrent À Fennemi en avant d'Alger. Les 2™ et "S** brigades de la division Berftezcne furent chargées de l'attaque de la droite; Les l^et brigades de la division Loverdo de celles du centre ; le duc d*Escars, avec les deux premières brigades de sa division, reçut Fordre d'attaquer la gauche et de suivre la ligne de partage des ravins qui versent à Test et à l'ouest d'Âlger. L'armée algérienne avait concentré ses forces sur un dé» cokitreforls du Bouiijàréah : ses lignes étaient appuyées par plusieurs bouehet à feu de gros catibre ; c'est de là qu'elle n'avait cessé deharée- 1er nos troupes pendant cette guerre d'avant-postes de plusieurs jours.
Pendant cftfp nim-cho, sans guides, sans cartes stratégiques à travers un pays prodigieusement accidenté, coupé de fàvins, hérissé de monticules dominant parfois des vallées sans issues, Tannée courut de graves dangers. Les divers corps s*è* gairaient^ se mêlaient, se retrouvant souvent hors de ligne ; k chaleur était excessive ; Veau manquait partout. Les soldais tombaient de besoin et de fatigue ; les corps marchaient sans ordre, et il était presqu' impossible qu'il en fût autrement au milieu de ces fausses marches qui les jetaient souvent dans des directions contraires à celles qu'ils devaient tenir. Avec un ennemi plus habile ou plus actif que des Turcs^ elle eût été ou exterminée ou réduite à composer. Le courage et la patience des soldats français surmontèrent enfin des obstacles qu'il eût été beaucoup plus prudent de né pas braver. ' Les divisions, après des fatignes infinies, parvinrent enfin Vse rallier aux pieds des hauteurs qu'occupait Tarniée algérienne qui avait réuni le plus de forces sur sa gauche. Les brigades Berthier et Hurel attaquèrent ce point avec tant dé vigueur que r ennem^i n^attendii pas le choc sur les autres. La
biyilizûu by GoOglc
division Berthezène occupa la crète des collines dominant tout le pays environnant et qui s'élevaient entre la mer et le pojnt d^attaque de la division d'Escars. Le général Loverdo put établir, presque sans coup férir, deux bataillons sur un deç versants du plateau qni commandait le fort de l'Empereur. Lç duc d'F^scars put aussi assez se rapprocher pour que les deux brigades fussent à portée de concourir, dès la nuit suivante, à l'ouverture de la tranchée dont le général Valazé traça immédiatement les premiers ouvrages à 250 mètres environ du château.^'""****
^ Le fort ou château de l'Empereur avait pris son nom de Charles-Quint qui, en 1541, campa sur remplacement où il fut construit plus tard par Alleu-Pacha. Sa forme était un carré long : du côté de la mer, il était inattaquable et avait été bâti plutôt contre la ville que pour défendre la camp^- "jgne. Du haut du plateau de Boudjaréah dont l'armée française couronna le sommet après en avoir débusqué les Araires, le regard découvrait le Sahel, la plaine de la Mitidja, et les flancs de l'Atlas. Alger et son port, la mer qui la borde, les jardins qui Tenvironnent , le massif qui la domine , la chaîne gigantesque de l'Atlas qui l'entoure au loin sur trois de ses revers, présentaient un panorama magnifique. Sur la pente 'septentrionale du massif qui s'avance dans l'intérieur de la îïier et dont les dernières ramifications s'étendant à l'est jus- 'qu'à l'Aratch, à l'ouest jusqu'au Mazafran et venant se perdra îau midi dans la plaine de la Mitidja, était bâti Alger. Son enceinte était triangulaire, consistant en un mur flanqué de tours en assez bon état sur un développement de trois mille mètres environ et percé de cinq portes dont deux, Bab-Azoun ef iBab-el-Oued étaient aux extrémités inférieures des fronts de terre. Le masssif sur lequel se trouve Alger est couvert de Vergers et de maisons de campagne, délicieuses villas mauresques, dans lesquelles les habitants de la ville passaient le^ trois quarts de l'année. Elles sont toutes au milieu de beaux jardins, clos de haies, plantés d'arbres fruitiers el d'arbustes odoriférants. On arrivait à ces jardins par des chemins praiiquables seulement à cheval, èi moins qu'ils ne fussent près
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de la mer où on pouvait aller en voiture. On y cultivait quelques légumes et beaucoup de fleurs. L'oranger, le citronnier, Tabricotier, le pêcher, le cerisier, le grenadier, l'amandier, le poirier, le pommier y étaient plantes en assez grande abondance. 11 y avait aussi plusieurs plantations de bananiers. Dansées environs, parmi les espèces forestières, on trouvait fréquemment le chêne vert, le frêne, Forme, le tremble aux feuilles argentées, le cyprès et rolivier sauvage qui atteint dans çe climat une grosseur étonnante, et qui, par la couleur verte et foncée de ses feuilles, diffère totalement des oliviers à feuilles grisîilres qu'on trouve dans le midi de la France. Tous ces jardins pouvaient être facilement arroses, et, dans la plupart des maisons de campagne, il y avait de beaux jets d'eau au milieu de bassins en marbre blanc.
L'active végétation de ces lieux leur donnait de loin Faspeet d*un tapis de verdure à Tune des extrémités duquel s'élevait Âlger, dont la blancheur éclatante contrastait avec les teintés sombres des environs. Au milieu de ce labyrinthe inextricable des jardins et des villas, coupés en tous sens de routes resserrées entre de f oi (eshaies de buissons, de cactus, d'agaves, et impraticables pour une armée, AJgersemblait d'autant plus inaboidable par terre, qu'outre les facilités que c^ lieux uiïraientpours emr busquer, ils étaient battus en fous sens par les canons de quelques forts ou batterieséchelonnées sur la plage^ et surtout par ceux de la Casbah, qui s'élevait à Textrémité de 1* angle formé par les deux frouts du rempart des deux côtés de la terre. Ce fut dans ces étroits défilés, au milieu de ce réseau de chemins et de jardins, qu'en 1775, les troupes espagnoles d'Oroilly eurent à subir un épouvantable désastre. Le fort de l'Empereur était bâti en avant de la Casbah , sur une élévation dépendante d'une chaîne de monticules, qui s'élevaient graduellement à mesure qu'il s'éloignaient de la place ; mais \^ plateau supérieur de Boudjaréah dominait à la fois la Casbah et le fort de l'Empereur. Après des efforts inpuis de travail et ^ courage, l'armée française était parvenue à s'y établir. Le quartier-général était à deux, mille mètres du fort.
Malgré les fatigues de la journée, la tranchée avait été immé*-
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diatement ouverte, et le» soldats y avtient travaillé avec tant d'ardeiflrv que le 30 aii inaiin une première parallèle èlait Inoèe à une dialance moyenne de cinq cents inîètre* du fort, et que mille mètres de tranchée étairat ouverts. Pendant les jour» ét lesautts suivantes, les travaust foieni poussèsaveo àctivilé. L'artillerie ennemie tira i)eu : la garnison <iu lort ne iii qu'une seuio sortie qui fut ropoiissoo avec avantage. Celte ■jgarnison se composait rependaut de (juiiize écrits jaiiiissaires et rhuit ceats 4o[ijis, eauonniers choisis j^nu \ts plus exercés dju Dey. Les uns et te^ autres, dirigés para de plus habiles chefi», i auraient pu foire éprouver de grandea . pertes . à ITomnée Aan* ' ^aise^; maisles tvavauxdu siègei en fùmai à pdine tpartieUoment «interrooiptts. Seulement, pendant le jum , les tiraittemst ton»
arabes se glissaient & la ikveuF des abaissons fou* ^efe kaut^ berges des ravins qui étaient a la gauche des attaques et venaieiit tii'ei' à etiurti^ purtet; mit les (i'a\aillenrs. Ils parviiin nt ainsi a biesM r un iort grand nombre de soldais qui ne purent omettre à i abri de leurs atteintes, qu'en élevaet desiépaule^ ment» de terre. Une nuit cependant, de& milicieBÉ ai^vis! 4^ -bandes d'Arabes se précipitèrent sur* One des bftlterias fqùi étaient encore masquée, et assiûllùrefit nés soldats: oeeupésÀ travailler avec tant d*impétuosité: qii*iis n'eurent pas le teiiips de prendre leurs armes, et ne purent se défendre qu'avec leurs instruments de travail. Heureusement, deux bataillons d'inlanterie, se loi inereni iinmédiateinenf en bataille et ouvrirent un leu de deux rangs si nourri, que les ennemis furent foi'cé» de battre en retraite, empodant ma)beureii»eBient,ipour^^tiiaphée phis d'une téte de nos malheureux soldaISi».! ,. > m >
Cette àlerteeut un^ autre inconvénient lioafîitdo réivéler aut Ihiros l'importance des travaux qui s'eafiéentaient : à portée idé leurs canons. Jusqu'alors, dans laipertaaaiontpè-ik étaient , que le château de l'Empereur ne pourrait être'^ris et ruiné que par une « iiadelle de Idicr supérieure, ils avaient peu le sentiment du «lant^i r de eebion<:ues et faibles 11 unies de circoïivallation qui s étendaient autour d'euiu Mais quand ils eureqt vu de près ces batteries quekur avaientmé^qué juaquia^ors dés arbiesou des baies^ et ^ domin»i—i^ de i^plm^ti<ra'.>i»d»tles
ÂLGÉIÛB.
parapets (hi chMcan, leur opinion se modiila étrangement, êt à la confiance succéda une triste ^vision. Dèê ce moment^lls loris de la Casbah et de TEitipennir firent un feu roulant M 4éni ha itùûtde la ligne Hançaiie^ tkaèa qbe 1er tirailleilfs éfifacts miè teufsUiiigsftMîkpreiiakiitksIr^^ M ctuMient à rarmée des peiîeB eettsibles. Dant cèttei&ëheM drconstanee^ une finisse rfttaque sur les batteries de mer de l'ennemî fut juflrée indisj^msalile pourattirer son attention gur plusieurs points a hi t'ois, ci donner un peu de répit àTarixiée de terre. amiral Duperrè reçut ordrf» deTexéGuter. ^ ' ><1 Le ter juillet, une brise maniable de Test àToueil permit '00 «MrtmBiffiit. L'amiral Rotamal défilait à gtailde portés de -mabn, atéc mi ditisioii^oufl k» batteHes aiineiàias, depirié k poiale IHMadejiiflq«'auM^e;lKiaiB U rtooniHit que Ids IoMb 'Mièni-dèlii(lfii»^e Isun (^liatiiiim/ Laur feu^ en effet , nb commença que sur les vaisseaux du centre, après l'arrivée des artilleurs rappelés à leurs pièces des forts de la Casbah et de l'Empereur. Cette diversion utile ne put cependant être reprise que le surlendemain. Le calme parfait qui régna la ireiUe 'ht rendît impossible* Mais le 3, dix vaisseaui et frégates pai^ 'vinrent^sa faltier en erdre de bataille, en se ibmiaittsiir k ^«ilMèail a«iiital qui avait k tète; Ite défilèrànt ainsi mi* toutës •ksbatteria» do mer,' en cdtnmençant par la pointé de iVnead^. Quirtre d'entré ell(» aTâlent été étacuées par Tennemi, dans l'intention de réunir tous les canonniers sur les forts et batt€^ ries plus rapprochées de la ville. A deux liem ps. la fréî?ate /a Bellone en avant de l'armée, commandée par le capitaine de vaisseau Gallois, ouvrit à petite portée de ses canons de 18, un feu vif el soutemi Mir le fort des An^im*, TcHis ies autres Msaieiils iftcMnéRCèreiit k kar sucoçssiraiiiênt, ajb défiâèreiit <ain8Î à ddffii^portèe de canonisons kfén tonnànt detfoisiouils piècesd'sniUerie, depuis celles da fbrt des Anglais jusqn'à caUes du Môle inclusivement. Les bombardes défilant en seconde ligne, rip<jstereiiUou'; voiles atix bombes nom bu usés, lancées par l'ennchii, doni le leu était épou\^ntable, mais mal dirigé. La plupart des bombes éclataient en Tair : les boulets dépaa^. «ailiaÉit ka MttiBMnié sa» ks atteindra. Le ku deaFfaniais
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mieux dirij^é, éteîgftit celui de beaucoup de piè(ie3 des forts.
Cette diversion avait permis do hàler les travaux de siège devant le fort de l'Empereur. Le 4 juillet, avant le jour, tout fut prêt. Six batteries furent démasquées. Trois armées, l'une de six pièces de 24 , l'autre de quatre pièces du même calibre , la troisième de deux obusiers de 8 pouces et de deux mortiers de 10, devaient faire converger leurs feux sur la face siid-ouest du château qui avait paru offrir le plus d'avantagés pour rendre une brèche praticable. La quatrième était armée de deux mortiers de 10 pouces et de six pièces de 16 qui enfilaient la courtine du fi ont sud-ouest du château et battaient de plein fouet le front tiord-ouest. Les deux autres devaient répondre aux feux de la Casbah. En même temps, l'armée avait rectifié ses positions, et les divers régiments avaient été postés de manière à pouvoir profiter avec avantage de toutes les éverttualités possibles. Une fusée donna le signal de l'attaque : le feu commença. Pendant trois heures, l'ennemi y répondit vivement. Malgré le feu des batteries françaises qui les battaient de front et d'écharpe. malgré l'élargissement des embrasures qui les mettaient presque à rlécouvert, lescanonniers turcs restaient bravement à leur poste. Mais la justesse du feu des batteries assaillantes, que dirigeait le général Lahitle, fit bientôt taire celui des batteries assaillies. A neuf heures, le feu du fort était éteint : on commença à battre en brèche.
Ce commencement d'un succès si rapide et si éclatant électrisa les Iroupes de toutes armes. Les ofticiers et soldats d'artillerie et du génie avaient vaillamment soutenu la vieille renommée de leurs corps. Lesolïiciers et les soldats des autres corps brûlaient d'impatience que la brèche fut praticable pour monter à l'assaut. Mais après l'extinction des feux du fort, les canorlniers turcs découragés étaient rentrés dans Alger en s' écriant que le fort allait être ruiné en moins d'une heure et qu'on les sacrifiait inutilement. Le Dey alore avait donné l'ordre de mettre le feu aux poudres, et au moment oîi l'on commençait à battre en brèche, une épouvantable explosion se fit entendre. En même temps, des nuages de poussière et
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de ftimée, à» jets de flammes s'éleraient à une hauteur piodigtewe 2 de» «{uartien de maçonnerie, de» déim de canons \et d'offiftti forent lancés dans toutes les dipecti(His; Tair en éteit obseuTci. L*ann6e entière fot un instant ébranlée et
craintive.
Mais lorsque les débris qui obscurcissaieRt l'air furent retombés en pluie bruyante sur le sol, lorsque le vent eut dissipé la fumée épaisse et blanchâtre qui couvrait le fort, et qu'on put reconnaître que toute la Ikce ouest du château n'offrait qu'une immense brèche^ les troupes de tranchée demandèrent à grands cris à marcher en avant; le général Hurel qui ks commandait donna le signal, fin quelques instants, les ^upes franchirent Tespace qui les séparait du fort et en escaladèrent •ans résistance les ruines. Le drapeau français fut planté sur ses décombres encore fumants.
La prise du fort de l'Empereur dont les feux plongeants pouYaient canonner la ville, la Casbah et tous les forts de la marine, décidait en quelque sorte du sort d'Âlger. Cependant, ' malgré les vents pen Ikvorables, pour ne laisser aucun répit à rennemi, en attendant que Tarmée de terre eût pu ouvrir une nouvelle tranchée devant la ville, Tamiral Dnperrèse prépa* rait à renouvelor une attaque sur les batteries de mer, lorsque I amiral de la tlotte algérienne se présenta àson bord et réclama ^ la paix, au nom du Dey, eu ie suppliant de cesser les hostilités. L'amiral consentit à suspendre sa nouvelle attaque, après avoir répondu que les dispositions de Tarmée sons ses ordres ' étaient subordonnées à celles de l'armée de terre dont il devait, avant tout, s'assurer auprès du général en dief.
Sîdi^ustapfaa, premier secrétaire d'Hussein, ftit alors en< voyé directement à M. de Bonrment qni s'était établi au fort de l'Empereur et lui parla en ces termes :
« 0 invincible tête des armées du plus grand sultan de « notre siècle ! Dieu est pour toi et pour tes drapeaux ; mais « la démence de Dieu commande la modération après la vic- « ioire. La prudence humahie la conadile comme le moyen « le plus sûr de désarmer tout-è^lhit rennend vaincu. Hue- « sein-Pàcba baise la poussière de tes pieds et se repent d'avoir
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« rompii ses anciennes relations avec le ^rrand et puissant
« Mtiêlv-Charal M voi Cliurles X;. Il rccuunait aujourd'hui «({lie, quand les Algériens sont en guerre avec le roi de « France, ils ne doivent pas faire la prière du soir avant « d'avoir obienu la paix, il fait amende honorable p<mr « Tinsulte commise sur la personne de son consiAi^ il renonce, •malgré la pauvreté de son trésor, à ses anciennes créances «sur la France; bien plus, il payera tous les frais de Is 4 guerre. Moyennant ces satisfactions , notre maître espère « que tu lui laisseras la vie sauve, le trône d'AIsrer. et que, « de plus, tu retireras ton armée de ia terre d'Airique et tes a vaisseaux de ses côtes. » - '
Ces satisfactions ne parurent pas sulïïsantes au général en chef qui chargea le parlementaire de remettre au Dey la noie stthante comme ultimatum.
« Le sort de la ville d'Alger et de la Casbah est dans mes « mains, car je suis matti<e du fort de l'Empereur et de toutes a les positions voisines. En quelques heures. Ips cent pièces « de caii 'ii- (le I anii'"' I'imti' lise et celles que j*ai eiiievt'os « <m\ Algériens auront lail de la Casbah et de la ville un «monceau de ruines; et alors Hussein-Pacha et Ifes Âlgé- < riens auront le sort dés populations et des troupes qui 9e « trouvent dans les villes prises d*assaut. Si Hussein veut avoir « b vie sauve pour lui, les Turcs et les habitants dc'la vifie, «t qu'ils se rendent totis â merci et remettent sur-le-champ « aux troupes françaises la Casbah, tous les loris de la ville « et les forts extérieurs. »
Le Dey. en apprenant cesdurf > ( m lili<.us, resta quelques instants, la tète cachée dans sa main, gardant un morne et dotdoureux silence. Sa situation, en effet, était critique : toute résistance était d'abord impossible en ce que, ajprès l'escplosioa du fort de l'Empereur, les Arabes, qui n'avaient jusqu'alors cessé de harceler les ligues firanit^aises, s'étaièlit enfuis verà la plaine, entraînant avec eux la majeureparttfe des continuants deC )ns(i:iline et deTittery. D'autre paru I j^pril d'insubordinitioii et de révolte des jduic^iiii^s cnmTT!?»nçait à échtei* : la plus grande fermentation régnait parmi euï ; ils ^'étaient I. I. lÔ
même réunis en divan extraordinaire et auraient adopté la résolution suivanfe qu'ils envoyèrent par un de leurs parle* mentatres communiquer à M. de Bourmont et qui caractérise
bien l'esprit de cette turbulente milice. Voici cette curieuse eommunication.
<i Salut et gloire au grand sultan et Padsicha-Charal, le a\o- « rieu3^, le subliipe, le secouru de Dieu, et à son séiictar 9 .(généii4) redoutat>lo, illustre et fidèle contidil
§ Ljss ^aads 9oi^ qui ont d'immanses domaines ne font € pas Ifl gi|6rr# pour y ajouter desprovinpes pauvres et éloi* f gp^. n>is po9ses60Hrs d'inan&anses tvésora dédaignent « de les grossir d*un peu d*or ; mais fiers et implacables, ils ne H posent les armes que quand le sang de leur ennemi a coulé, « que quand ils ont la>é 1 insulte qui lut la première cause « de la guerre. Apprends donc, ô vaillant général, que Tinr « ^ulte f<|it6 au grand Melek Ctiaral est l'insulte pei-sonnelle f 4^ (iu^in-Pacha. L'argei^^pUl réclamait de lui et de son f co]9sul, ^u Ueufl'étre la propriété du beylic et celle de ses f frèi^ptenfants, lesmiliciensTufcs, était sapropriété unique ^ et celle (ie quelqu^9 c(dens de jui&, qui lui avaient pvété « leurs ruses et leurs noms dans cette afîaire. Le glorieux « Melek Charal a eu raison de refuser de payer, et il doit a voulpjr la Didi t de l'insolent qui osa aisulter son ambassa-^ « .de^r. Plusieurs fois, déjà nos frères ont essayé de se révol** «( ter à cause de cette affaire, contre Hussein, qui, ^lacotn« % ff^^^nif s'es( qiontpé traître è ses devoirs et à son pays : « nous avons enfin réussi, nous le tepons prisonnier dans son f p^lïis. Q^e ta tfouche lai669 tomber une seule parole et f nouç allons t-envoyer sa téte en réparation de ses méfaits. q. Nous espérons que cette Siitiaiaction fera cesser la guene H et que ton armée se retirera; nous nous empressenuis d'élef ver an pouvoir suprême un autre pacha, qui recherchera ^ et i^ul^TCfa par tous les moyens possibles, 1 amitié et les « bopnes grâces de Melek Charal, et protégera les consuls , % les mary^hands et les vaisseaux dans uos ports, a
Comme on le voit, le dey Hussein n'avait guère le choix des moyens; les troftpas des I^yliics b iUgence Tavaiept
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abandonné, et celle qui lui restaient offraient sa iétc pour prix de ia paix. Le général en chef reçut avec indigoation la proposition des janissaires, et leur fit dire que si la milicè algérienne ne cessait à Tinstant même ses délibératieiis et si elle tentait la moindre attaque contre la Casbah, la iFille ou le Dey, les membres du divan eitraordinaire en répondraient sur leurtéte.
Dans l'apres-iiiitîi, le secrétaire du Dey revint en parlementaire auprès du général en chef. H était accompagne du consul, du vice-consul d'Angleterre et de deux négociants maures, les plus riches delà ville. Le but de ces envoyés était d'obtenir des conditions meilleurès et surtout de demander Texplication de ce qu^on entendait' par ces mots t « Se rendre à • « merci, » ipie les Algériens n'épargnant jamais un ennemi vaincu, n'avaient pu s'expliquer que d'après leurs barbares usages. Cette clause mal interprétée avait excité une fermentation qui, exaspérant les esprits, poiivaient les porter à une défense désespérée dont les siiili s ;iiii aieni incontestablement été très grave >. noti pas pour l'armée française, mais pour les habitants d'Alger. M. de Bourmont modifia en conséquence les clauses de la capitulation, et en fit un traité ofiioiei qu'il signa et qu'il remit au secrétaire du Dey : il lui adjoignit M. Braschevdtz, ancien premier intert>rète de Parméed'Ëgypte, pour expliquer au Dey et au Divan les conditions exigées. Voici en quels ternies M. Braschewitz rapporte cette conférence.'
«Sur les cinq heures environ j'arrivai à la Porte-Neuve, qui ne fut ouverte qu'après beaucoup de difficultés. Je me trouvai au milieu d'une troupe de janissaires en fureur; ceux qui me précédaient avaient peine à f^re écarter devant moi là foule de Maures, de Juife et d'Arabes qui se pressaient à nés cétés. Pendant que je montais la rampe étroite qui conduit à la Casbah, je n'entendis que des cris d'effroi, de menace et d'imprécation qui retentissaient au loin, et qui augmentaient à mesure i[iif3 u Mi-J apnro 'liions dp h\ pbice. Ce ne fut pas san> p3iue que nous pirvinmss aux remparts de la citadelle; Sidi-^Mustaplia qui marchait devant moi, s'en flt oiw
vrir les portes, et elles furent, après notre ejifrée, aussitôt refenn'^es sur le» flots do populace qui le> jissiége.iit. L;i cour du (iivanou je fus conduit ôfuil remplie de Jauisaires ; Mussein était aasis à sa place accoutuiuûe. 11 avait debout, autour de lui, ses ministres et quelquesconsuls étrangers; l'irritation était violeaté : le Dey seul me parut calme, mais triste. Il imposa silence de la main, et tout aussitôt me fit signe d'approcher avec une expression très prononcée d'anxiété et d'impatience ; il avait à la main les condîttom écrites sous la dictée de M. de B )uraiont. Après avoir salué le Dey et lui avoir adressé quelques mots respectueux sur la mission dont j'étais chargé, je lus, en arabe, les articles suivants avec un ton de Yoix que je m'efforçai de rendre le plus assuré possible :
m V Uarmée françaite prendra poêsession de la viUe d'Aïjfer, de la Ca$bah et de tous les farts qui en dépendent, ainsi que de toutes les propriétés publiques, demain, 5 juillet 1830, à dix heures du matin, heure française. Les premiers mots de cet article excitèrent une rumeur sourde qui augmenta quand Je prononçai les mots : à dix heures du matin. Le Dey réprima ce mouveïnent : je continuai.
« 2" la religion et les coutumes des Algériens seront respect4es : aucun militaire de Carmée ne pourra entrer dans les mosquées. Cet article excita une satisfaction générale. Le Dey regarda toutes les personnes qui l'entouraient comme pour jouir de ieur approbation et me Ht signe de continuer.
« 3*^ Le Dey et les Turcs devront quitter Alger dans le plus bref délai. A ces mots, un cri de rajj^e retentit de toutes parts : le Dey pf^lit. se leva et jeta autour de lui des regards inrjuiets. On a'eutendait que ces mots répétés avec fureur par les janissaires : el moui ! el mouti (la mort 1. la mort I) Je me retournai au bruit des yatagans et des poignards qu'on tirait des fourreaux, et je vis leurs lames briller au-desmis de ma tète. Je m'efforçai de conserver une contenance ferme, et je ' regardai fixement le Dey. Il comprit l'expression de mon regard, et prévoyant les malheurs qui allaient en résulter , il descendit de son divan , s'avança d'un air furieux vers cette multitude etTréuée, ordonna le silence d'une voix iorte et m^
fit signe de eontinuer. Ce ne l'iif |^as sans peine que je lis entendre la suite de l'article qui ramena un peu de calme : Oh (eur garantit la conservation de leurs rîdiesses penonneiies : iU sermt Uàres de ekoisir le Heu de leur retraite.
fi Bes groupes selbrmèrent à l'instant dans la oour du divan. Des discussions vives et animées avftient tien entre les officiers turcs; les phis jeunes demandaient à défendre léfifilki Ce ne fui pas sans peint (]i;e l'ordre fut rétabli et que Taga, les nienii)res les plui iiiliu* du divan, le Dev Ini-nn me. leur persuadèrent que la déleiise était auposMhie et qu elle ne pourrait amener qne la ilestniction totale d'Alger et le massacre de la population. Le Dey donna' Tonlrtf^ de fairfe évacuer les galeries de la Casbah, et je rebtàî setfl 'a¥te6 Itii dt ses ministres. L'altération de ses trai^ était visHl^lëllSidi^lAM^ taphà lui montra alors la minute de la conventlion' ^e> 'lènéraî en chef nom avait remise et doht presque tous les articles lui étaient personnels et réglaient ses atïaires particulières. Elle devait être érî ;Hn£?ée o\ ratitiée le leinlemaiii matin avant dix heures. Cette convenliun fut l'objeUi un long débat entre le Dey et ses ministres : ils montrèrent dans la discussion des airticles et dans le choix des mots toute la; détîanéetct ia finesse qni'Oaraetérisent 'les Turcs dans leurs iFtontè(ctioitfc :)(bn^eél ^percévoipj en la' lisant, toutes les pvéeaiHton^ qttHk jféiwf^ pour Vassnrèr toutes * les garanties désirabljest Les )in#è» tei les choses V sont répétés à dessein avec affectation : et toutes ces rt ju hlimis. ijui ne changeaient rien au sens, claieiil ui mandees, exigées ou sollicitées ic:^ plus vives instauctis de ia part fies membres du divan. bidi-Mustapha la copia en langue ^rabe et la remit au Dey avec le double en langii)s>4rani^se '^ue^j^vais fipf>ortéi* i€omme'je> n^avais^^mimdn^liétltfi^ ^0l9 1»aduirèi6t:d'expliipi0r/ j» déilÀàdai^iietotti«ièmi« ^le^tiéi^l eti càéf pour faii^rën<)re^¥)Mnpfe d0'jnédh«Holi«tNi 'B0<^i«t -de>èa promesàe' qae 'l^chÉnge de» nnUtoi iip M P«|fttit fait le lendemain de grand matin. Hnsstin rue parut satisfait dp celte conclusion. Tanfiis (pie les ministres s enti cki aienl eiUre eu\ sur Iî**^ I'^ovrK^a prcno»» poiir |>\f>c(jtîon }n capitulation, le Dey se lit apporter par un esclave noiB^O'graad
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bel en cristal rempli de limonade à la glace^. Après en avoir bu, il me le présenta, et je bus après lui. Je pris congé. Il m'adressa quelques paroles affectueuses et me fit reconduire jiisqu auv portes de !a Casbah par- le bachi-cliiaond et par Sidi- , Mustapha, sou sceretaiie. Ce dernier m'accompa^nia avec quelques janissaires jusqu'à peu de distance de nos a\anlr postes. »
Quoique les hostilités eussent été suspendues, l'armée liançaise n'en pressait pas moins les trawux du siège, dans •le caa où la convention ne serait pas exécutée. Pendant la nuit du 4 au 5, ils avaient été poussés avec vigiieur et à la
pointe du jour une communication de huitceiiU uiètres hait le château de l'Empereur à l'eniplaceineut cpii devait recevoir la batterie de brèche à établir contre la Casbah. Le Dey, de son c6té, aurait désiré une prolongation d'armistice, et dés cinq heures du matin l'amiral de la flotte algérienne se rendit de nouveau, de sa part, auprès de M. ûuperré, pour ivnouveler ses sollicitations. Biais il n'en obtint que la note ««vante :
« Vaisseau ia Provence, devant Alger le 5 juillet 1830. « L'a mil al sousMgné, commandant en chef l'armée navale de 8. M. très chrétienne, en réponse aux cdntmuuieations qui lui ont été faites au nom du dey d Àlger, et qui n'ont que trop longtemps siispendu le cours des hostilités, déclare que tant que le pavillon de la Régence flottera sur les forts et sur la ville d'Alger, il né peut pli» recevoir aucune communication, et ht considère toujours eomme en étai de guerre. »
Une copie de cette note fut remise aussi pour le général en chef de l'armée de terre, auprès de qui le Dey avait tenté une démarche semblable, en taisant demander que 1 occupation fût différée de vingt-quatre heures. M. de Bourmont exigea que la convention tùi immédiatement ratifiée, et què les forts, le port et la ville lîjssent remis aux troupes fiimçaises, à onie heures du matin. Le Dey y consentit, et én ooniirma l'engagement en apposant son sceau sur la convention huivautc :
ALGÊRIË.
CONYHNTIOK ENTRE LE GÉNÉRAL EN CHEF DE l' ARMÉE FRANÇAISE