‹ Histoire de l'alimentation (volume 2)Chapitre 45 sur 57 · DISTILLÉES · texte numérisé non relu

DISTILLÉES

tire du vin une liqueur qui diirère de lui par sa couleur, par sa nature et surtout par ses propriét(5s, dont il célèbre l'efficacité merveilleuse : « Celte eau de vin, quelques-uns l'appellent eau-de-vie ; et ce nom lui convient, puisqu'elle fait vivre plus longtemps... Elle prolonge la santé, dissipe les humeurs superflues, ranime le cœur et conserve la jeunesse. Déjà seule, ou réunie avec quelque autre remède convenable, elle guérit la colique, l'hydropisîe, la paralysie, la fièvre quarte, ta pierre, etc. (I) » Un peu plus tard, le pseudo-Raymond huile l'exalte arec non moins d'admiration et d'enthousiasme. On put croire d'abord que l'excitation passagère occasionnée par ce puissant tonique était susceptible de se prolonger sans terme et qu'on avait en lui un remède contre la mort (2) ; mais une connaissance plus approfondie de ses efifets a montré que, pour qui en abuse, le nom i' eau-de-mort serait mieus justifié que celui 6'p(eit-de-vie.

La fabrication el la vente de l'eau-de-vie, dont on ne faisait d'abord usage qu'à titre de médicament, furen l longtemps le monopole des apothicaires. La consommation ne devint usuelle qu'au xvi' siècle. En 1514, Louis XII, instituant la communauté des vinaigi'iers, leur accorda le privilège de distiller l'eau-de-vie et l'esprit de vin. Peu après (1334), les distillateurs furent érigés en corporation distincte, et cette date marque le moment où, l'emploi du produit ayant pris de l'importance, sa fabrication suffit k

(i) De cotiKeniandA jueeniuie, vers 130fl. D'après Liebaul (Thetaurus sanilatia, 1577), l'eau-de-vie avait In propriété de « tuer les verK ", et c'est encore sous ce prétexte que nombre de gens du peuple en prennent à jeun le malin.

(2) En 13S7, les médecins de Charles le Mauvais, roi de Navarre, essayaient de raninier le moribond en l'enveloppant d'un drap trempé d'eau-de-vie. L'imprudence d'un valet y mit le feu, el Charles périt brillé.

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L coiisttUicr tini' iiidusliic spéciale. I.a coulumo de boire ila. I. reau-de-vii' sans ordonnance de médeciu s'établit d'aborl I parmi les gens de f;ii(?rre, qui senLiient le ]>lus le besoll P-fle s'etcileret de «"étonrdir, I*s Anglais en Qrent la prfl I mif-re distribution à leurs troHpea durant la guerre dej r Pays-Bas en 1381. Depuis lors, on a Tait abus de ce cordiq sou» toutes les formes.

La {listinctioii admise pur le langage entre l'eau-de-vic a

I l'alcool exprime simplement «ne différence de proportioif"

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