‹ Histoire de l'Allemagne depuis la bataille de SadowaChapitre 19 sur 33 · LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA FRANCE

De 1866 à 1870 la politique Badoise semble n^avoir eu qu'un but : Tunion avec le Nord. Dès le 12 août 1866, la gazette officielle assurait que le gouvernement faisait tous ses efforts pour entrer dans la Confédération future ou du moins pour rendre l'union avec elle aussi complète que possible. Lorsque, après les élections de 1867, les Chambres se réunirent, au mois de septembre, le Grand Duc, dans son discours, déclara de nouveau sa ferme intention de s'unir à la Prusse ; il se félicita d'avoir pu donner la preuve de ces aspirations par la reconstitution du ZoUverein et il ajouta qu'il espérait voir bientôt sMntroduire dans toute l'Allemagne Funification des postes, des télégraphes et des poids et mesures. La Chambre haute dans son adresse applaudit à ce langage. La seconde Chambre, encore plus explicite, exprima le regret que l'Union ne fui pas encore faite, et déclara qu'elle ne considérait. le traité d'alliance offensive et défensive et la reconstitution du ZoUverein que comme une transition, c La nation allemande, disait-elle, n'obtiendra le calme et la paix à Tintérieur qu'après avoir

trouvé la forme définitive suivant laquelle il sera possible d'organiser plus complètement le lien national nécessaire entre la Confédération du Nord et les Etats du Sud, et de fournir ainsi à l'Allemagne des conditions de vie et de bien-être. De même l'Europe n'arrivera au plein sentiment d'une paix assurée que lorsque la réorganisation de TAllemagne sera accomplie en deçà comme au delà du Main, car TUnité allemande signifie la garantie du droit naturel, le respect de la liberté des peuples, le progrès pacifique de la civilisation et le refrènement nécessaire de la politique de conquête. > Fort de cet appui, le gouvernement fatigua M. de Bismarck de ses obsessions pour être reçu dans la Confédération. Malgré cela, on trouva qu'il ne faisait pas assez. Le 12 février 1868 un nouveau ministère fut reconstitué sous la présidence de M. Jolly, le plus prussien des membres du cabinet précédent, et le 13 il publia son programme qui se résume en un mot : Unité de l'Allemagne.

Il semble donc, à première vue, que M. de Bismarck ne pouvait rien désirer de plus. Mais à regarder les choses de près, l'impression devient quelque peu différente.

N'y a-t-il pas, quand on y réfléchit, quelque chose d'étrange dans cet empressement d'un prince à solliciter son admission dans un système où il ne peut entrer qu'en offrant le sacrifice de sa souveraineté, qu'en se faisant le vassal du roi de Prusse? On a voulu expliquer cette aspiration à descendre par Tlnfluence de la Grande Duchesse, fille du roi Guillaume, ou par la crainte qu'inspirait au Grand Duc sa proximité des frontières françaises. Mais il y a une autre explication qui nous paraît infiniment plus plausible que celle-là, c'est le caractère particulièrement révolutionnaire de la population badoise. On se rappelle qu'en 1849, le Grand Duc a été chassé par l'insurrection, et que si, depuis, l'accord paraît s'être rétabli entre les Badois et la maison de Zaehringen, c'a été uniquement à la condition tacite que le Grand Duc renoncerait définitivement à substituer ses caprices à la Constitution, et qu'il seconderait l'opinion libérale dans la lutte qu'elle soutient contre les prétentions envahissantes du clergé catholique.

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