‹ Histoire de l'Allemagne depuis la bataille de SadowaChapitre 23 sur 33 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La logique des faits est inexorable. Le crime du deux décembre avait mis Tempereur Napoléon à la merci de ses complices. Il était condamné par son origine même à l'hostilité irréconciliable de tous les hommes honnêtes. Il ne pouvait compter que sur des ambitions et des cupidités inassouvies. C'est cet entourage qui l'avait jeté dans Texpédition du Mexique, sous prétexte de relever le prestige de l'Empire, mais en réalité dans la pensée de s*approprier les bénéfices d*une honteuse spéculation sur les bons Jecker. Cette expédition insensée avait coûté à la France 360'millions en crédits extraordinaires, plus d'un milliard sur les budgets ordinaires de la guerre et de la marine et en plus l'élite de notre armée. Pour la pouvoir continuer sans laisser soupçonner l'immensité des sacrifices qu*elle exigeait, on lui avait, grâce à la théorie impériale des virements, appliqué la plus grande partie des sommes affectées à l'entretien des forces militaires de la France. Le résultat avait été de désorganiser l'armée, d'exciter pour l'avenir les défiances de l'Amérique et pour le présent de nous infliger rhumiliation d'avoir à obéir à ses injonctions.

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en effet, en 1867, lors de l'affaire du Luxembourg, il avait été prévenu par M. de Bismark, que, si la guerre éclatait, le Wurtemberg pourrait être appelé à remplir les devoirs que lui imposaient les traités. Cette révélation souleva une vive agitation dans la Chambre. Un orateur déclara que, si elle avait su cela plus tôt, elle n'aurait jamais ratifié des traités qui la plaçaient dans une pareille sujétion.

Trois jours après, le 11 mars, 45 députés demandèrent h la Chambre : 1° de déclarer au gouvernement qu'elle regarde comme urgent de faire des réformes militaires, qui mettent fin aux embarras économiques et financiers, et en particulier de réduire le temps de la présence au corps, et de lui faire savoir qu'elle est décidée à alléger le budget de la guerre; 2* de prier le gouvernement de faire dans le courant de la session des propositions qui puissent donner satisfaction à ce besoin du pays.

Cette motion fut accueillie avec enthousiasme par toute la population. En quelques jours, une pétition dans ce sens fut couverte de 150 000 signatures; elle fut remise à la chambre le 22 mars 1870.

Une partie du ministère partageait les sentiments de la population, mais la prudence lui interdisait de les exprimer, A lia suite de la séance du 11 mars, M. Barnbûler demanda cependant au ministre de la guerre, M. de Wagner, de renoncer à un demi-million de florins. Celui-ci reifusa et offrit sa démission avec quelques-uns de ses collègues. L» démocrates croyaient triompher, mais le ministre de la guerre fut aussitôt remplacé par un homme non moins décidé à ne rien céder, le colonel de Sackow. Celui-ci ne consentit à faire partie du cabinet qu'à la condition que le ministre des cultes, dont l'hostilité à la Prusse était bien connue, se retirerait aussitôt. Le roi y consentit. Le ministre de l'intérieur, M. de Gessler, qui n'avait pris aucune mesure pour empêcher le pétitionnement contre la loi militaire, dut se retirer également. La retraite du ministre de la guerre perdait complètement la signification qu'on lui avait prêtée d'abord. Les députés du parti démocratique protestèrent avec énergie.- < Le gouvernement, disaient-ils, frappe la représentation nationale au visage; il faitfl de Topipion

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