CHAPITRE XIII
LA PAIX AVEC LA FRANCE. — LE PREMIER HEIGHSTAG ALLEMAND. — ANNEXION DE L'aLSAGB-LORRAINE.
Le premier Reichstag allemand se réunit à Berlin, au palais du roi, le 21 mars 1871. Les élections faites sous la première impression de la victoire de l'Allemagne avaient amené au Parlement une majorité de nationaux libéraux. En Wurtemberg, un seul des anciens députés au Zollparlament avait été réélu. La députation se composait de 17 nationaux et 2 cléricaux. Bade avait envoyé 12 nationaux, 2 cléricaux, parmi lesquels l'évoque de Mayence, M. Ketteler; la Saxe, 15 nationaux et 2 socialistes, Bebel et Liebnecht. La Hesse n'avait nommé que des nationaux. En Bavière, les suffrages s'étaient partagés également entre 19 nationaux et 19 cléricaux. Les 22 Étals du Nord n'avaient élu que 36 cléricaux et vieux conservateurs, qui réunis aux 21 opposants du Sud, ne constituaient qu'une faible minorité de 57 députés. Ils pouvaient cependant, en certains cas, compter sur l'appui d'un grand nombre de conservateurs féodaux, qui ne comprenaient que la monarchie de droit divin, et qui n'admettaient pas qu'un roi pût se soumettre à la volonté du suffrage universel.
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L'empereur, dans son discours d'ouverture» rendit grâce à Dieu, à ses alliés, à l'armée. « Nous avons atteint, dit-il, le but que nos ancêtres avaient assigné à leurs efforts; nous avons donné à TAllemagne ce qu'ils ont voulu lui donner, Tunîté et sa forme, la sécurité des frontières, Tindépendance du développement de notre
droit national Puisse le rétablissement de l'empire
allemand être pour la nation allemande, à Tintérieur comme à l'extérieur, le signe d'une grandeur nouvelle I Puisse à cette guerre que l'Allemagne a soutenue d'une façon si glorieuse, suocéder une paix générale non moins glorieuse ! Puisse désormais le peuple allemand prendre pour tâche de triompher dans les arts de la paix comme il a fait sur les champs de bataille 1 Dieu le veuille I :»
Le 30 mars, un projet d'adresse, rédigé par M. Lasker et déposé par M. Benningsen, fut adopté par 243 voix contre 63,
Les cléricaux l'avaient repoussé à cause de ce passage : c Autrefois, quand les maîtres .de l'Allemagne suivaient les traditions d'une origine étrangère, nous avons eu le tort de nous ingérer dans la vie des autres peuples. Le nouvel empire s'inspirera de l'esprit même de la nation. Nous serons toujours prêts à nous défendre contre les attaques du dehors, mais nous voulons nous vouer surtout aux œuvres de la paix. Dans ses rapports avec les nations étrangères, T Allemagne ne demande pour ses citoyens que la considération accordée par le droit et la coutume. Sans se laisser aveugler par ses sympathies ou ses antipathies, elle souhaite que chaque nation trouve, suivant ses vues propres, son chemin vers l'unité, chaque État, sa meilleure forme de gouvernement» Ceux qui la gouvernent comprendront, nous Tespérons, que nous ne devons plus nous immiscer dans la vie intérieure des autres peuples, sous aucun prétexte, sous aucune forme. >»
Déjà le discours du Trône avait déclaré qu'on laisserait désormais l'Italie achever son unité par l'annexion des États-Pontificaux. C'est le développement de cette même idée par l'adresse au roi qui la fit repousser par les cléricaux. Dans la discussion, M. Benningsen avait hautement affirmé le principe de non>intervention : c Au