‹ Histoire de l'Allemagne depuis la bataille de SadowaChapitre 4 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Avant d'entrer dans Texamen des conséquences de la victoire de la. Prusse, il importe de bien se rendre compte de la situation dans laquelle se trouvait alors r Allemagne et des sentiments qui y dominaient.

Depuis 1848 la passion de Tunité n'avait fait que s'exalter. La présence d'un Napoléon sur le trône de France a>iait ravivé les souvenirs des humiliations auxquelles l'Allemagne avait été condamnée au commencement du siècle, et la constitution du royaume d'Italie en 1859 avait fait naître des espérances qui attendaient impatiemment l'occasion de se transformer en réalités.

D'un autre côté l'amour de la liberté conspirait avec le patriotisme contre l'état de choses actuel. Si, au point de vue militaire, la constitution de la Confédération Germanique condamnait l'Allemagne à une infériorité incontestable, elle avait dans plus d'une circonstance montré qu'elle n'était pas moins incompatible avec tout

EUQ. VÉRON. 1

â tilSTÔtftE DE L'aLLEMAÔNË

progrès libéral. Au fond c'était surtout une ligue des princes contre les peuples. Aussi était-elle profondément impopulaire. L'uniié dans la liberié était devenue le rêve de tous les patriotes.

Bestnit à savoir comment ce rêve pourrait se réaliser. Les diificuUés étaient grandes. Le dualisme de l'Aulriche et de la Prusse, le manque de proportion entre leur puissance et celle des petits Etats constituaient des obstacles qu'il paraissait bien dHlciie d'écarter.

Il était manifeste que l'Autriche ne consentirait jamais à laisser amoindrir sa situation dans la Confédération, à moins d y être contrainte par la force. Or tant qu'elle la garderait, l'Allemagne n'avait rien à espérer au point de vue des libertés civiles et politiques. L'expulser par la guerre, c'était enlever à la Confédération 8 millions d'Allemands. Qui oserait en prendre l'initiative et la responsabilité? Il était certain que l'Autriche serait soutenue par la plupart des gouvernements. Les probabilités de succès étaient donc en sa. faveur. La Prusse d'ailleurs inspirait peu de confiance et de sympathie aux populations allemandes du midi. La raideur et la morgue de sa bureaucratie, la prédominance croissante du militarisme, l'insolence des hobereaux, les luttes prolongées du gouvernement contre les représentants de la nation, le mépris qu'il affectait pour les réclamations de l'opinion publique, tout cela 1 empêchait d'exercer sur l'Allemagne l'attraction que semblaient devoir lui assurer le développement de sa puissance militaire et le rayonnement de sa culture intellectuelle. On sentait vaguement qu'on ne gagnerait pas grand chose à substituer la suprématie de la Prusse à celle de l'Autriche, et que d un autre côté il serait bien difficile aux petits États d'obtenir de cette puissance hautaine et infatuée de sa supériorité qu'elle consentit jamais à considérer sincèrement ses alliés comme ses égaux.

Aussi quand M. de Bismarck, résolu à sortir d'une situation qui en réalité ne pouvait guère se prolonger sans danger pour l'Allemagne, se décida à trancher la question < par le fer et le feu, > suivant son expression favorite, il trouva devant lui Topposition de l'Allemagne presque tout entière. Pour en triompher, il avait, dès

L'ALLEMAGNE ÀVANt SÂDÔWA â

1863, fait des avances à la démocralie, aux iiUcrèls, au patriotisme allemands. Pcir une motion présenlée le 9 avril 1860 à la diète et développée le 11 mai^ il avait formellement demandé !• la convocation d'une assemblée nationale allemande, élue par le vole direct et universel de toute la nation; 2" un règlement d intérêt commun pour les monnaies, pour la procédure civilo, pour les patentes; 3» le développement de l'article 18 do l'acte fédéral, concernant le droit d'établissement et le droit de domicile commun à tous les Allemands; 4^ Télaboraiion d'un code douanier et commercial uniforme, Torganisation de la défense commune du commerce allemand et la nomination de consuls pour toute l'Allemagne; 5° la création d'une marine de guerre allemande et enQn la révision de la constitution militaire fédérale.

Tout cela fut en pure perte. En Prusse même on no voulait pas la guerre, parce qu on se défiait de M. de Bismarck. Les libéraux avaient pour principe de rejeter toutes les propositions qui émanaient de lui, convaincus qu'un succès qui semblerait justifier sa politique ne serait pas moins funeste à la liberté que le serait pour la patrie une victoire de l'Autriche. Dans les villes industrielles et commerçantes, où prédominent les intérêts matériels, on repoussait la guerre comme désastreuse pour ces intérêts. Dans la presse, dans les réunions politiques on parlait de pétitionner contre la guerre et de demander la retraite du ministère. Une pétition dans ce sens était même adressée au roi par le commerce de Berlin. Les colères allèrent bientôt si loin qu'un étudiant fanatisé par cette réprobation unanime essaya d'assassiner le premier ministre.

La seule démonstration favorable à la guerre fut celle des vieux libéraux de Halle, réunis le 26 avril au nombre de 65. Leur adresse envoyée au roi se résumait en ces trois points :

c La propositioâ faite par la Prusse de convoquer le plus tôt possible un parlement allemand est le seul moyen de résoudre la question allemande en môme temps que celle des duchés.

c Aussi longtemps que le ministère prussien se tien dra résolument dans cette voie, il peut compter sur

rassentimeut du peuple prussien , quelle que soit d*ailleurs son opposition à la politique intérieure du ministère. Qu'il résolve d'abord la question allemande, et le concours des vieux libéraux lui est assuré, môme pour les questions intérieures.

« S'il est impossible d'atteindre pacifiquement ce grand but national, si l'Autriche prétend barrer la route à la Prusse, il ne faut pas reculer même devant la guerre. Le peuple prussien l'acceptera d'un cœur résolu et prêt à tous les sacrifices. >

Mais cette approbation restait isolée. Le 9 mai l'Assemblée nationale était dissoute, et le 14 la commission laissée à Berlin par les députés leur envoyait la lettre suivante : •

< La politique personnelle du cabinet menace de l'emporter sur la volonté bien arrêtée de la nation, et de livrer la fortune de l'Allemagne aux hasards d'une guerre que pourrait seule justifier la nécessité extrême de sauver l'indépendance et l'existence de la nation. Les armées des deux grandes puissances Allemandes sont prêtes à combattre. D'un moment à l'autre peut éclater une guerre dont les raisons et le but sont couverts d'obscurité, une guerre qui peut déchaîner sur la patrie des désastres inouïs et qui menace jusqu'à l'intégrité du sol germanique. Par ses paroles et par ses actes, le peuple Allemand n'a pas montré jusqu'ici la résolution nécessaire pour retenir le bras que ses maîtres lèvent sur lui, mais la conscience de son droit proteste et protestera jusqu'au dernier moment contre le pouvoir arbitraire qui soumet les destinées de l'Allemagne à un jeu dont il ne saurait prévoir le résultat. Fidèle à sa mission patriotique, l'Assemblée nationale élève encore une fois la voix contre la rupture de la paix. La responsabilité de la guerre retombera comme une malédiction sur la tête de ceux qui font préparée. >

L'agitation grandissait tous les jours. Le 13 mai une assemblée populaire réunie à Cologne se prononçait énergiquement contrôla guerre, déclarant qu'un a changement prompt et radical dans le système du gouverne* ment pouvait seul l'empêcher. »

Dix-sept chambres de commerce adressaient au roi

une requête collective conçue dans le môme sens : c Bien que prêtes à tous les sacrifices, toutes les fois qu'il s'agira du bien de la patrie» elles ne peuvent, disaient-elles, éprouver d'enthousiasme pour une guerre qui n'est pas entreprise au nom des véritables intérêts de FAllemagrie. » Les mômes sentiments se manifestaient jusque dans Kœnigsberg, la vieille ville prussienne. Elle demandait c un changement dans le système et dans le personnel du gouvernement. » Stellin, Kœslin, Kolberg, Magdebourg, une foule de villes des provinces du Rhin et de la Westphalie faisaient des déclarations analogues.

Breslau est la seule ville, qui, avec les 65 vieux libéraux de Halle, ait fait exception. Eacore peut-on dire qu'elle était plus résignée qu'entlîbusiaste. Son dévouement à la patrie ne l'empêchait pas de faire sur le passé un retour quelque peu mélancolique :

€ Nous croyons pouvoir affirmer au roi que Breslau, aujourd'hui comme en 1813, ne le cédera pour son esprit de sacrifice à aucune autre ville. Aussi bien que Votre Majesté, nous comprenons les misères de la guerre, nous connaissons les sacrifices qu'elle exige. Cependant nous croyons pouvoir déclarer, avec l'assentiment de nos concitoyens, que, si la puissance et l'honneur de la Prusse, si le maintien de sa situation en Allemagne, si Funité de la commune patrie allemande, si intimement liée à la prospérité de la Prusse, exigent la guerre, le roi pourra compter sur notre absolu dévouement.

c Cependant nous ne pouvons nier que l'enthousiasme général fait défaut. Il est trop vrai que l'accord n'existe pas, comme il le faudrait, entre le gouvernement et la nation, que le conflit relatif à la Constitution n'est pas terminé. Mais nous espérons que la sagesse de Votre Majesté trouvera les moyens d'aplanir ces difficultés et de réveiller l'enthousiasme nécessaire pour réussir dans une guerre comme celle qui se prépare. >

Le roi, qui n'avait pas répondu aux adresses en faveur de la paix, ne voulut pas manquer l'occasion que lui offrait celle de Breslau d'édifier le peuple sur les motifs qui le faisaient agir et sur le désir qu'il éprouvait de

G lUSïOinE DE L'ALLEMAGNE

mettre fin au coufltl qui se prolongeait depuis quatre ans entre la couronne et les représentants de la nation. Il sentait la nécessité d'accorder quelque apparence de satisfaction à l'opinion publique, dont les répugnances le troublaient plus qu'il ne le laissait paraître, dût-il pour cela altérer quelque peu la vérité ;

« ^adresse que m'ont envoyée la municipalité et les représentants de Breslau, m'est allée au cœur. J'y reconnais le même esprit qui, en 1813, animait les pères des habitants actuels. J'ai été heureux de voir les repré* sentants de la ville donner à ces sentiments une expression pleine de sincérité et de chaleur. Personne autant que moi ne déplore les sacrifices qu'une guerre imposerait à la patrie; personne ne comprend mieux le besoin de les voir supporter dans une inaltérable concorde, autant par le maître que par le sujet. Puisse ma parole être pour la ville de Breslau une garantie que, si j'appelle mon peuple aux armes, ce n'est pas par amour de la gloire, non pas même par celui que pourrait justifier l'intérêt de la grande patrie commune; je ne fais qiCobéir an devoir de défendre la Prusse et ses biens les plus sacrés. Puissent les habitants de la ville être également persuadés q-ie le but de mes plus vifs désirs et de mes plus- puissants efforts est de terminer nos dilTérends par un sincère accord entre mon gouvernement et les députés de la nation prussienne. »

La guerre n'était pas plus populaire dans le reste de l'Allemagne. Dans une conférence tenue à Bamberg le 14 mai, les plénipotentiaires de la Bavière, de la Saxe, du Wurtemberg, de Bade, de la liesse grand-ducale, de Saxe-Weimar, de Nassau, de Meiningen, de Cobourget- Golha décidèrent de soumettre à la diète une motion tendant à < sommer les États qui ont pris des mesures militaires dépassant le pied de paix d'avoir à déclarer si et à quelles conditions ils sont prêts h désarmer tous en même temps à un jour fixé par l'Assemblée fédérale. > Cette motion soumise à la diète le 19 fut votée à l'unanimité le 24, mais resta sans effet.

Dans le grand duché de Bade, malgré la parenté du grand duc avec le roi Guillaume et ses sympathies bien connues pour la Prusse, malgré la présence au minis*

LALl^EMAGNC AVANT 9AP0WA 7

tore de M. Malhy < un champion éprouvé de Tunité na« tionale, » l'opinion publique se prononçait également contre la poruir4ne d'aveniure où s efforçait de l'enlrai* ner le comte de Bismarck

La Bavière avait paru un moment indécise. La Prusse lui avait oiTert une part imporlanle dans la direciion des affaires allemandes. Mais c le respect des vieilles iradi« tiotis » l'emporta. Une ordonnance du 10 mai mobilisa toute l'armée. Le 30, le ministre von Pfordten demanda pour les préparatifi de la guerre 21 millions 512 00) florins, c afin, dit-il, de combattre, si la guerre éclate, pour le maintien de la paix de la Confédération, pour les droits de la Confédération, pour les droits sacrés do la nation et Fautonomie delà Bavière. » l/Assemblée, par un vote unanime, accorda le crédit demandé.

Dans la Saxerhosiililé à la Prusse était depuis long* temps connue. M. de Beust, le chef du cabinet saxon, était Tennemi déclaré de M. de Bismarck. Il pressait les armements avec une activité qui ne laissait aucun doute sur ses intentions, et qui lui attira à plusieurs reprises des observations comminatoires de la part du gouvernement Prussien. Il est vrai que la municipalité de Leipzig, préoccupée de la pensée que la Saxe pourrait bien servir de champ de bataille aux deux puissances rivales, demanda au gouvernement « de renoncer à toute mesure qui pourrait ôire considérée comme préparatifs de guerre. Mais une réimion populaire tenue à Leipzig même s^éleva violemment contre la municipalité « qui osait conseiller une lâche et funeste neutralité, » déclara sa démarche anti-patriotique et demanda au gouvernement d'armer tout le peuple et de prendre une altitude énergique, seule conforme aux intérêts et à Thonneur de la nation. Une autre assemblée populaire se réunit à Dresde et s exprima dans le même sens. Le Landtag saxon, à l'unanimité, vota un crédit extraordinaire de quatre millions (^50000 thalers, pour metlre Tarmée en état de combattre.

Le roi de Hanovre avait d'abord été favorable à la Prusse. La raison do cette préférence était assez étrange. Il rie pouvait pardonner au prince d'Augustembourg d'appuyer ses prétentions h l'égard du Schleswig-IJols-

tein, non pas seulement sur ses droits^ mais sur Tassentiment populaire, sur les acclamations des réunions publiques. Faire appel à Topinion, c'était, à ses yeux, compromettre la sainteté du droit divin. Il s'indignait que TAutriche méconnût sa mission au point de soutenir un prétendant qui faisait entrer en ligne de compte la vobonté nationale. Cette considération lui faisait facilement oublier l'humiliation que la Prusse lui avait infligée, en chassant du Holstein les troupes Hanovriennes, qui l'occupaient en vertu de la décision de la diète fédérale. Il préférait l'agrandissement de la Prusse à la victoire d'une agitation populaire.

Cependant la proposition du 24 mars, par laquelle M. de Bismarck demandait une réforme de la Constitution fédérale, refroidit ses sympathies prussiennes. Cette proposition menaçait de porter atteinte aux prérogatives des princes allemands; Tinstitution du suffrage universel lui paraissait encore plus criminelle et plus révolutionnaire que les prétentions libérales du Holstein, l'initiative de la Prusse plus sacrilège que la tolérance de l'Autriche. Aussi ne fit-il qu'une réponse évasive à l'invitation que lui fit M. de Bismarck de garder la neutralité. Quelques jours après, le 20 mai, le prince de Solms, son beau-frère, lui apporta de la part de l'Autriche une proposition d'alliance. On lui promettait, non-seulement le maintien de son pouvoir, mais môme la possibilité d'un agrandissement territoriaL Dès lors, sans rompre ouvertement avec la Prusse, il ne songea plus sérieusement à garder la neutralité.

Le Wurtemberg, le pays le plus démocratique de l'Allemagne, avait naturellement peu de sympathies pour l'Autriche, mais il n'en avait pas davantage pour le mili* tarisme Prussien. De plus il redoutait, non sans raison, que la Prusse victorieuse ne montrât qu'un médiocre respect pour les libertés politiques et môme pour l'autonomie des États secondaires. En conséquence on se défiait fort des belles promesses de M. de Bismarck. Après les procédés dont il avait usé dans son propre pays à l'égard de la représentation nationale, on ne pouvait prendre ses avances à la démocratie allemande que pour une hypocrisie intéressée. Au patronage inso-

lent de la Prusse on préférait le maintien de la Constitution actuelle. Le gouvernement et la grande majorité de la nation -se déclarèrent hautement pour l'Autriche. Le ministre de la guerre M. de Wiederhold, qui s'opposait aux préparatifs militaires, fut remplacé le 7 mai par le général de Hardegg. Le journal officiel, de concert avec Torgane principal de la démocratie, le Deobachter, publiait des articles hostiles à la Prusse, s'efîorgant de démontrer que la domination directe ou indirecte de la Prusse sur l'Allemagne du Sud lui serait aussi funeste que l'annexion môme à la France. Oa était d'ailleurs convaincu que M. de Bismarck s'entendait avec Napoléon III, qu'il avait promis de lui céder des territoires allemands pour obtenir son consentement aux annexions que méditait le gouvernement prussien. Toute marque de sympathie pour la Prusse était dénoncée comme une trahison.

Le 22 mai, le roi, à l'ouverture du Landtag, parlait encore de son espoir de maintenir la paix, mais, ajoutait-il, « si la paix devait être violée, le devoir et l'honneur lui ordonneraient d'intervenir au nom des intérêts menacés de la nation, au nom du droit fédéral et de l'autonomie du Wurtemberg. > Le 23 mai, le gouvernement demanda sept millions 700 000 florins pour préparer la défense. Ce crédit fut voté le 5 juin par 82 voix contre 8.

Dans les débats qui se produisirent à cette occasion, un mot du ministre des affaires étrangères, le baron de Barnbuler, montra combien on comptait dans les régions officielles sur le triomphe de l'Autriche. Le député Rœmer, un des huit députés favorables à la Prusse, avait parlé contre la demande de crédit. Il s'était appliqué à démontrer que la victoire de l'Autriche et raffermissement de sa suprématie sur l'Allemagne auraient pour conséquence la réaction la plus odieuse, que l'affaiblissement de la Prusse serait l'affaiblissement de la nation tout entière, et avait demandé que le gouvernement Wurtembergeois, dans le cas où l'attaque viendrait de l'Autriche, se déclarât contre elle et s'opposât, même par les armes, à tout amoindrissement de la Prusse* I^e ministre répondit de ce ton moqueur que

donne la ceriitude du succès : c Quand les dés seront jetés, si la fortune doit être contraire à la Prusse, M. le professeur Rœmer ne pourra rien pour détourner de la tête de sa protégée le vse victis. >

Tels étaient les sentiments qui animaient l'Allemagne à la veille de Sadowa.

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