‹ Histoire de l'Allemagne depuis la bataille de SadowaChapitre 7 sur 33 · AU 9 FÉVRIER · texte numérisé non relu

AU 9 FÉVRIER

Comme nous l'avons dit, les élections du 3 juillet 1866 avaient été favorables au gouvernement. Un certain nombre des progressistes qui s'étaient le plus signalés par leur opposition ne furent pas réélus. Il ne faudrait pas cependant en conclure que la nouvelle Chambre fût disposée à tout approuver les yeux fermés, comme l'avait fait chez nous le Corps Législatif sous le premier et le second Empire. La Prusse, même au lendemain de Sadowa, ne devait pas donner un pareil exemple de servilité. On se trompe grossièrement en France quand on s'imagine qu'à partir de la fin de 186G, M. de Bismarck n'a plus trouv3 devant lui que des approbateurs dociles et des voles soumis.

Les affaires dont avaient à s'occuper les Chambres réunies le 4 août, pouvaient se ramener à quatre chefs principaux : le bill dindemnité, les mesures financières et économiques nécessitées par la guerre, rarinexion des États conquis et la loi électorale du futur Parlement du Nord.

Le bill d'indemnité consistait en une loi accordant au gouvernement, à titre provisoire et sauf apuration des

comptes, décharge des dépenses faites depuis 1862 sans budget régulier. Cette loi fixait en bloc à 154 millions de thalers les dépenses de Tannée courante, à charge par le gouvernement d'en rendre compte ultérieurement. Elle impliquait en outre que la Chambre serait saisie en temps utile du budget de 1867. La discussion commença le 1®' septembre et dura trois jours. On put craindre un moment le renouvellement du conflit, La réponse du roi à l'adresse avait réveillé beaucoup de susceptibilités. On demanda pour l'avenir des garanties précises, l'assurance que la responsabilité des ministres ne serait plus éludée, et avant tout, dans le présent, le rétablissement des usages parlementaires en matière de finances. Le ministère insista sur la nécessité de l'accord, pour ne pas compromettre en ce moment la grande œuvre de Tuniflcatiou de l'Allemagne et sur le désir sincère qu'éprouvait le gouverïiement de vivre en bonne intelligence avec la représentation nationale : ce On a souvent répété, dit M. de Bismarck, que la plume a perdu ce qu'avait gagné l'épée; j'ai la confiance, moi, que nous n'entendrons pas dire que les conquêtes de l'épée ont. été perdues par les imprudences de la tribune. » Cet argument joint à l'attitude conciliante du gouvernement toucha la majorité. La loi fut votée par 230 voix contre 75. Une partie des progressistes avait voté pour le gouvernement, ainsi que tout le centre gauche. L'ancienne opposition était dissoute. Le rôle prépondérant du parti national-libéral commençait.

Parmi les mesures financières proposées aux Chambres, la principale était celle qui concernait la reconsti* tution du trésor de la guerre, épuisé par les campagnes contre le Danemarck et l'Autriche, c II ne suffit pas, disait M. Von der Heydt, ministre des finances, d'avoir une armée prête à entrer en campagne, il faut encore de l'argent pour la faire vivre. Au début d'une guerre on ne peut emprunter qu'à des conditions très-désavantageuses. L'intérêt public exige donc qu'il existe une réserve métallique, au moyen de laquelle on puisse faire face à des complications subites K i

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