LIVRE SIXIÈME
et magro et l'esprit de parti qui avait jusque là désolé 1542 as- le Pérou .
ne- Pendant que ces scènes violentes se passaient, Délibérations | "ze l'empereur et ses ministres préparaient des lois à de ve n - l'aide desquelles ils espéraient ramener la tran- tation de ses 1 nts quillité dans les établissements espagnols du Nou- 2 Fame ‘1 sés veau-Monde et y introduire un meilleur système de | LA police intérieure. Les conquêtes vastes et rapides | | jés des Espagnols n’avaient pas été 1e fruit des efforts /l nt réguliers et suivis de la nation; elles étaient l’ou- | ite vrage d’aventuriers particuliers. Après les premiers 1s- | armements faits pour découvrir l'Amérique, la cour \4 ait d’Espagne, sous les règnes agités de Ferdinand et Î ne | de Charles V, deux princes dont l’un était l’homme ll 1 li- le plus intrigant et l’autre le plus ambitieux de leur M u siècle, avait été si fort occupée de projets et de guerre 4 re avec presque toutes les nations de l’Europe qu’elle | 4 nt n’avait pas eu le temps de porter son attention sur ‘1 cs des objets éloignés et moins intéressants. Le soin | Eu de poursuivre les découvertes et de tenter des con- |A quêtes était abandonné à de simples particuliers; +: 6
à ces hommes, excités par l’amour de la nouveauté, 1 Al- par ün esprit aventureux, par l’avarice, par l’am-
x bition, par l'espoir de mériter le ciel, se jetèrent Vi avec tant d’ardeur dans cette nouvelle carrière | Ni on qu’en moins d’un siècle les contrées immenses que
(1) Zarate, Gb, IF, cap. 21. Gomara, cap. 1:50. Herrera, Decad, VII, lib. HIT, cap. va, Gb. VI, cap. 15.
possède aujourd’hui l'Espagne dans le Nouveau- Monde furent soumises à son empire. Le gouvernement, n'ayant aucunement contribué aux frais des expéditions entreprises en Amérique, ne pouvait pas s'attendre à en tirer de grands avantages. La souveraineté des pays conquis et le quint de l'or et de l’argent des mines furent réservés à la couronne ; les conquérants s’emparaient de tout le reste comme leur appartenant de droit. Ils regardaient le pillage comme une indemnité des dépenses’ qu'ils avaient faites pour s'équiper, et les terrains qu'ils partageaient suivant de certaines règles introduites par l'usage, comme des établissements permanents dus à leur valeur. Dans l’enfance de ces établissements, comme on n’en connaissait ni l'étendue ni la valeur , il se commit beaucoup d’irrégularités qui ne purent être aperçues, et on fut forcé de fermer les yeux sur beaucoup d’injustices. Les peuples vaineus furent pillés avec une rapacité destructive, et leur pays fut distribué à leurs nouveaux maîtres en portions exorbitantes, excédant de beaucoup toutes les récompenses auxquelles pouvaient prétendre les conquérants. Ces hommes ignorants et grossiers, hors d'état de former aucun plan” général de police 11térieure, uniquement occupés de leur intérêt et incapables de sacrifier un profit actuel à l'espérance d’un avantage éluigné pour eux-mêmes ou pour le public, seraient n'avoir en d'autre objet que de s'enrichir
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