LIVRE SEPTIÈME
La conquête du Mexique et du Pérou formant Le Mexique la période la plus éclatante et la plus intéressante de «5 br l’histoire de l’Amérique, un tableau des institutions que les aupolitiques et des mœurs nationales de ces deux tres parties de grands empires présente aux yeux d’un observateur à tué intelligent l'espèce humaine dans une époque singulière de ses progrès '.
Lorsque l’on compare le Mexique etle Pérou avec les autres parties de l’Amérique, on peut regarder ces deux empires comme des états civilisés. Au lieu de petites tribus indépendantes et continuellement en guerre, u’ayant qu’une subsistance précaire au milieu des bois et des marais, étrangères aux arts et à toute industrie, ne connaissant aucune subordination et presque sans l'apparence d’un gouvernement régulier, nous trouvons des pays d’une vaste
(r) Voyez la note 36.
Nations du nouveau continent inférieures à cel lesdel'ancien.
étendue, soumis à un seul souverain ; les habitants rassemblés dans des villes, une législation occupée de la subsistance et de la sûreté des citoyens, l’empire des lois établi en quelque sorte, l'autorité d’une religion reconnue, plusieurs des arts nécessaires à la vie portés jusqu’à un certain point de perfection, et ceux qui servent à l’embellir commençant à se montrer.
Mais si l’on compare les Américains avec les nations de l’ancien continent, l’infériorité des premiers est sensible, et on ne peut plus les placer parmi les peuples vraiment civilisés; les peuples des deux grands empires de l'Amérique, comme les tribus sauvages qui les environnent , ne connaissaient point les métaux utiles, etavaient peu étendu le domaine de l’homme sur les animaux. Les seuls que les Mexicains eussent l’art d’apprivoiser et de nourrir étaient les dindons, les canards, les lapins et une espèce de petits chiens '. A la vérité ces faibles essais de leur industrie avaient rendu leur subsistance un peu plus abondante et plus sûre que celle de l’homme qui n’a de ressource pour se nourrir que la chasse ; mais ils n'avaient pas tenté de se soumettre des animaux plus forts , ni de s’en faire aider dans leurs travaux. Panini les petites espèces, les Péruviens n’avaient rendu domestique que le canard; mais ils avaient apprivoisé (r) Herrera, Decad. 11, lb. VII, cap. 12.
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