LIVRE SEPTIÈME
le Ilama, animal particulier à leur pays, dont la forme a quelque ressemblance avec le chameau, et dont la taille est un peu au-dessus de celle du mouton. Sous la protection de l’homme cette espèce s'était fort multipliée; sa laine habillait les Péruviens et sa chair les nourrissait. Cet animal était même employé comme bête de charge, et portait un fardeau modique avec beaucaup de patience et de docilité '. Il ne servait pas de bête de trait, et, comme on ne l’élevait que dans les montagnes, on n’en tirait pas de grands secours, si l’on en juge par différentes circonstances que rapportent les premiers historiens du Pérou.
Dans l’histoire des progrès des nations vers la civilisation, on a toujours regardé l’emploi des métaux utiles et l'établissement de l'empire de l’homme sur les animaux comme des pas de la plus grande importance. Dans notre continent, la société a été encore long-temps barbare après ces deux découvertes. L'homme, après avoir acquis cet empire sur la nature, a vu s’écouler encore beaucoup de siècles avant que son industrie fût assez perfectionnée pour rendre sa subsistance assurée, avant que les arts qui fournissent à ses besoins et à ses commodités fussent inventés, et qu’on eût aucune idée des diverses institutions nécessaires pour conserver l’ordre dans la société. Les Mexicains et les
(1) Vega, p. 1, db. WII, cap. 16. Zavate, Gb. TL, cap. 14.