‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 14 sur 184 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

en emportât un grand nombre à chaque décharge, et que, pour des hommes nus, chaque coup porté par les Espagnols fût mortel, l’impétuosité de l’attaque ne se ralentissait point. De nouveaux assaillants se précipitaient pour occuper la place des morts, et, périssant à leur tour, ils étaient remplacés par d’autres aussi jitrépiiles et aussi avides de vengeance. Cortez, malgré tous ses efforts et toute son habileté, malgré la valeur et la discipline de ses troupes, eut beaucoup de peine à défendre les fortifications qui entouraient le poste où les Espagnols étaient établis, et à empêcher l'ennemi de forcer ses quartiers.

Ce général vit avec surprise ce peuple qui paraissait accoutumé au joug, et qui l'avait supporté si long-temps sans résistance, devenu féroce et implacable envers ses vainqueurs. Les soldats de Narvaez, qui s'étaient imaginé trop légèrement qu'ils suivaient Cortez au partage des dépouilles d’un empire déjà conquis, furent étonnés de se voir engagés dans une guerre dangereuse avec un ennemi dont la vigueur n’était pas encore affaiblie, et se reprochèrent hautement leur crédule confiance dans les promesses trompeuses de leur nouveau chef". Mais la surprise et les plaintes étaient désormais inutiles. Il fallait un effort extraordinaire et prompt pour les tirer de cette périlleuse situation. Dès que

, (r) B. Diaz, chap. 126.

Fâcheuse

situation des Espagnols.

4520 les Mexicains, selon leur coutume, eurent cessé les hostilités aux approches de la nuit, Cortez se prépara à une sortie qui pût, ou forcer l’ennemi d'abandonner son entreprise, ou l’obliger d’en venir à quelque accommodement.

mas ke Ilse mit lui-même à la tête des troupes qui sdtad devaient faire la sortie. Il employa toutes les ressources de l’art de la guerre alors connues en Europe, et toutes celles que pouvait lui fournir l'expérience qu’il avait de la manière de combattre les Indiens; mais il trouva les Mexicains préparés et en état de lui opposer toutes leurs forces. Des troupes fraîches arrivaient continuellement aux Mexicains de toutes les provinces, et leur courage se soutenait. Conduits par leurs nobles, et enflammés par les exhortations de leurs prêtres, ils combattaient pour la défense de leurs temples et de leurs familles, sous les yeux de leurs divinités, de leurs femmes et de leurs enfants. Malgré leur nom- | bre et le mépris de la mort que l’enthousiasme leur inspirait, partout où les Espagnols pouvaient les joindre, ils ne résistaient pas à la supériorité de la discipline et des armes européennes; mais dans les rues étroites et dans les endroits où les ponts de communication étaient rompus, les Espagnols se trouvaient exposés à des grêles de flèches et de pierres lancées du haut des maisons. Le combat avait duré une journée entière ; un nombre prodi-

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