LIVRE SEPTIÈME
Les peuples du Pérou, comme je l'ai déjà dit”, Origine de leur gouvernement.
étaient encore dans toute la grossièreté de la vie sauvage, lorsque Manco Capac et sa femme Mama Ocollo se montrèrent à eux pour les instruire et les civiliser. La tradition des Péruviens ne nous apprend
(x) Lib. E, cap. 10.
(2) Lib. VI, p. 126 et sui.
point qui étaient ces deux personnages extraordinaires; s'ils apportaient leur système de 'égislation et les connaissances des arts de quelque pays plus civilisé, ou s'ils étaient natifs du Pérou; ni comment ils s'étaient élevés à des idées si fort au-dessus decellesde la nation àlaquelleilss’adressaient, Manco Capac et sa femme, profitant du penchant des Péruviens à la superstition , et surtout de leur vénération pour le soleil, prétendirent qu’ils étaient les enfants de ce bel asire, et qu’ils venaient les éclairer et les instruire en son nom et par son autorité. La multitude écouta et crut. Nousavons vu plus !‘aut le changement qui se fit dans les mœurs ct dans la police des Péruviens, changement que les historiens attribuent aux fondateurs de cet empire, et comment les institutions de l’inca et de sa femme répandirent parmi eux quelque connaissance des arts, et quelque goût pour les commodités de la vie. Ces bienfaits furent d’abord resserrés dans des limitesfortétroites; car l’autorité du premier inca ne s’étendit point au-delà de quelques lieues de Cusco. Mais dans la suite des temps ct peu à peu ses successeurs soumirent tousles pays qui s'étendent à l’ouest des Andes depuis le Chili jusqu'à Quito, et établirent dans toutes ces provinces leurs institutions religieuses et politiques.
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