LIVRE SEPTIÈME
nauté pour soutenir le gouvernement; la troisième et la plus considérable était réservée pour la subsistance du peuple, à qui elle était partagée. Personne cependant n’avait un droit de propriété exclusive
(1) Herrera , Decad. V, lib, IV, cap. 4. Vega, lib. V, cap. 12. (2) Herrera, Decad. V, lb. IV, cap. 8.
sur la portion qui lui était attribuée; il la possédait seulement pour une année. A l'expiration de ce terme, on faisait une nouvelle division selonle rang, le nombre et les besoins de chaque famille, Toutes ces terres étaient cultivées par un travail commun le tous les membres de la communauté. Le peuple, averti par un officier préposé à cet effet , se rendait dans les champs et remplissait la tâche imposée. Des chants et des instruments de musique les animaient au travail'. Cette distribution singulière du territoire, aussi bien que la manière de le cultiver, gravait dans l’esprit de chaque citoyen l’idée d’un intérêt national et de la nécessité d’un secours mutuel 2ntre eux. Chaque individu sentait l'utilité qui résultait pour lui de sa liaison avec ses concitoyens et le besoin qu’il avait de leur secours. Un état ainsi constitué peut être considéré comme une grande famille dans laquelle l’union des membres est si entière, et l’échange mutuel des bons offices si marqué qu'il en naissait le plus grand attachement; et quel’homme était lié à l’homme plus étroitement que dans aucune autre société établie en Amérique’. De là des mœurs douces et des vertus sociäles inconnues dans l’état sauvage, et presque entièrement ignorées des Mexicains.
Inégalité des Mais, quoique les institutions des incas eussent conditions.
(1) Herrera, Decad. V, lib. IF, cap. 2. Vega, lib. V, cap. 5. (2) Voyez la note 60.
sédait de ce rang; Toutes mmun euple, endait posée.
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pour but de fortifier les liens d’une affection mutuelle entre leurs sujets, il régnait cependant au Pérou une grande inégalité dans les conditions. La distinction des rangs y était complètement établie. Un grand nombre de citoyens, sous la dénomination de Yanaconas, étaient tenus dans l’état de servitude. Leurs habillements et leurs maisons différaient des habillements et des maisons des hommes libres. Comme les Tarmernes du Mexique, ils étaient employés à porter des fardeaux et à tous les travaux pénibles’. Au-dessus d’eux étaient les hommes libres, qui n'étaient revêtus d'aucun office et d’aucune dignité héréditaire. Ensuite venaient ceux que les Espagnols ont nommés Orejones ; à raison des ornements qu’ils portaient à leurs oreilles. Ceux-là formaient cé qu’on peut appeler le corps des nobles, et exerçaient, en temps de paix comme en temps de guerre, les emplois importants ou de confiance*. À la tête de la nation étaient les enfants du soleil, qui, par leur naissance et leurs privilèges, étaient autant au-dessus des Orejones que ceux-ci étaient au-dessus des autres citoyens.
Cette forme de société, tant par l'union de ses membres que par la distinction des rangs, était favorable aux progrès des arts. Mais les Espagnols, connaissant déjà le degré de perfection où diffé-