‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 150 sur 184 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

proportionnée aux bespins de l’état, l’industrie et l'esprit d'invention des Péruviens ne se déployaient avec quelque activité que pour remédier à certains inconvénients particuliers à leur climat et à leur sol. Toutes les grandes rivières qui coulent des Andes dirigent leur cours versl’est, jusqu’à l’océan Atlantique. Le Pérou n’est arrosé que par quelques cours d’eau qui descendent des montagnes comme des torrents. Les parties basses sont presque toutes sablonneusss et stériles, et la pluie ne les humecte jamais. L'industrie des Péruviens avait imaginé différents moyens pour rendre ces terres fertiles. Ils avaient fait, avec beaucoup d’adresse et de patience, des canaux artificiels qui distribuaient à leurs champs, d’une manière régulière, les eaux de ces torrents". Ils amélioraient leur sol en y répandant la fiente des oiseaux de mer dont toutes les îles répandues le long de leurs côtes sont couvertes”. Dans le tableau d’une nation entièrement civilisée, ces pratiques attireraient à peine notre attention ou ne devraient être mentionnées que d’une manière: superficielle ; mais dans l’histoire du Nouveau-Monde, où nous ne trouvons que des hommes dépourvus de prévoyance, elles sont dignes d’être remarquées comme des preuves frappantes d’art et d'industrie. L'usage

(1) Zarate, Lib. 1, cap. 4. Vega, lib. V, cap. x et 24. (2) Acosta, lib, IF, cap. 37. Vega, lib. W, cap. 3. Voÿez la note 6t.

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Leurs bâtimenls.

de la charrue était à la vérité inconnu aux Péruviens; ils travaillaient la terre avec une espèce de bêche faite d’un bois dur'. Ce travail n’était pas regardé comme assez humiliant pour être abandonné aux femmes seules; les hommes le partageaient avec elles, et même les enfants du soleil donnaient l’exemple, en cultivant de leurs propres mains un champ situé près de Cusco, et ils honoraient cette fonction en l’appelant leur triomphe sur la terre ?.

La supériorité de l’industrie des Péruviens se montre encore dans la construction de leurs maisons et de leurs édifices publics. Dans les vastes plaines qui s'étendent le long de l'Océan Pacifique , où le climat est doux et le ciel toujours serein, leurs maisons étaient d’une bâtisse très légère, et cela devait être ainsi; mais dans les parties plus élevées où tombent les pluies, où il y a de la vicissitude dans les saisons, et où la rigueur du froid se fait sentir, elles étaient construites avec une plus grande solidité. Leur forme était généralement carrée; les murailles, d’environ huit pieds de haut, étaient faites de briques durcies au soleil; elles étaient sans fenêtres; la porte en était basse et étreite. Toute simple que paraît cette construction, et tout grossiers qu’en étaient les matériaux, les é‘lifices

(x) Zarate, lib. I, cap. 8.

(2) Vega, db. V, cap. 2.

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