LIVRE SEPTIÈME
éloges. L'une traversait les parties intérieures et montueuses du pays, l’autre les plaines qui s’étendent le long de la mer. Les premiers historiens du Pérou qui virent ces routes en parlent avec tant d’admiration et d’étonnement, et ont été si bien secondés par les pompeuses descriptions des écrivains plus récents qui ont été conduits par quelque système à vanter les Américains, qu’on serait tenté de comparer ces travaux des incas aux anciens chemins militaires qui subsistent encore comme des monuments de la puissance romaine. Dans un pays où il n’y avait aucun animal domestique que le Ïlamma qui n’était jamais employé comme bête de
trait et rarement pour porter des fardeaux, et où
les chemins un peu montueux n'étaient guère fréquentés que par les hommes, il ne fallait ni beaucoup d'industrie ni de grands travaux pour faire des routes. les chemins du Pérou n’avaient que quinze pieds de largeur’, et, dans beaucoup d’endroits, ils étaient faits avec si peu de solidité que le temps a effacé toutes les traces de leur direction. Dans les parties basses on n’avait presque fait autre chose que de planter des arbres ou des bornes pour indiquer la véritable route aux voyageurs. C'était une tâche plus difficile d'ouvrir des sentiers dans les montagnes. On avait aplani quelques hauteurs et comblé quelques vallons, et, pour conserver la
(1) Cieça , cap. 60. Voyez la note 64.
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