LIVRE SEPTIÈME
ide, on terre, En d’autres endroits, où le métal était près de aux que la surface , ils ouvraient la mine en-dessus sans creunt avec ser trop profondément, afin que les travailleurs | L rité sur pussent jeter le minerai sur les bords du trou ou idustrie le transmettre de main en main dans des paniers". { Les Pé- Ils avaient trouvé l’art de le fondre et de le purifier, \ iments, soit par la simple application du feu, ou, quand il 4 -seule- était trop réfractaire et mêlé de substances hétéro- j rarcher | gènes, en le traitant dans de petits fourneaux éle- À 1e virer vés et si artistement construits, que le courant d’air faisait la fonction de soufflet, machine qui leur était ( 1ée aux “utièrement inconnue. Par ce moyen si simple la | uelques mine la plus rebelle était fondue avec tant de faci- |' uxe. Ils lité que l’argent était assez commun au Pérou pour ' grande qu’on en fit des ustensiles et des vases destinés aux j érique, usages ordinaires *. On prétend que plusieurs de dans le ces ustensiles étaient aussi précieux par le travail n con- que par la matière ; mais, comme les conquérants BL K Pare de l'Amérique ne connaissaient bien que la valeur N dresse du métal, et ne s’occupaient guère des formes que ‘4 ,ilest . l’art peut lui donner, dans le partage du butin on à | rofon- ne tint compte que du poids et du degré de finesse, Île ca- | et presque tout fut fondu. % aides On a vanté aussi leur adresse dans d’autres ou- Autres ou- R flancs vrages de pure curiosité ou d’ornements , dont la Le ea ÿ es du
(r) Ramusio, LIL, 414, À.
ans la (2) Acosta, Lib. 1, cap. 4, 5. Vega, p. 1, db, VIIE, cap, 25. Ulloa, Enireten. ,p. 358.
plus grande partie a été trouvée dans les guacas ou élévations de terre dont ils couvraient les corps des morts. Ce sont des miroirs de diverses grz.ad2urs, faits d’une pierre dure et rendue brillante par un très beau poli; des vases de terre de différentes formes, des haches et d’autres armes, des outils servant à leurs travaux, quelques-uns de silex, d’autres de cuivre durci par un procédé inconnu, de manière à pouvoir suppléer au fer dans plusieurs circonstances. Si l’usage de ces ouiils de cuivre eût été général chez les Péruviens, leurs progrès dansles arts les auraient rapprochés beaucoup des nations les plus éclairées; mais il paraît ou que le métal était rare, ou que l'opération par laquelle on le durcissait était difficile et longue; car ces outils étaient entrès petit nombre, et si petits qu’ils ne pouvaient servir que pour les ouvrages les plus légers. Cependant on peut dire que c’est à cette découverte que les Péruviens ont dû leur supériorité sur les autres peuples de l’Amérique en différents arts". On peut appliquer aux ouvrages des arts trouvés au’ Pérou la même observation que nous avons faite sur ceux des Mexicains. Les pièces qu’on voit en dépôt dans le cabinet du roi à Madrid et dans les collections formées en d’autres parties de l’Europe, sont plus admirées, d’après ce que j'ai lieu de croire, à raison
(1) Ulloa, Voyage, tome I, p. 381 , ete. Idem , Entreten., page 369 , etc.
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de l’adresse qu’il a fallu pour les exécuter avec des outils imparfaits, que pour leur élégance et leur délicatesse réelles; et les arts chez les Péruviens, quoique plus avancés que chez les autres Américains, étaient encore dans l'enfance.
Les faits que nous venons de rassembler paraissent Etat impar- 5: Fa À ‘ fait de leur indiquer de grands progrès chez cette nation. Il y en a cependant d’autres qui font penser que la civilisation y était encore à ses premiers pas. Dans tous les domaines des incas, Cusco était la seule ville qui Cusco éuit méritât ce nom. Partout ailleurs le peuple vivait °°° “ile: épars dans des habitations détachées, ou tout au plus rassemblé dans de petits villages‘. Or, à moins que les hommes ne se réunissent en grand nombre, et ne se lient par une communication fréquente et continuelle, ils ne sentent jamais bien le besoin qu’ils aut les uns des autres; ils ne prennent jamais parfaitement l'esprit et les mœurs de la vie sociale. Dans un pays d’une étendue immense, où il n’y avait qu’une seule ville, les progrès dela civilisation et ds artsont dû être si lents ét arrêtés nar tant d'obstacles qu’il faut s'étonner plutôt de ce que les Péruviens se sont autant avancés que de voir qu’il: n’ont pas porté leurs pas plus loin.
En conséquence de cet état d’union imparfaite, ele la séparation des professions au Pérou n’était pas à quée entre
beaucoup près aussi complète que chez les Mexi- les professions.