LIVRE SEPTIÈME
mises au joug espagnol. Elles occupent une des plus agréables parties de la zone tempérée. Leur sol est en général très fertile, et les productions du genre animal et végétal y sont excellentes. Elles ont toutes une communication avec l'Océan Pacifique ou avec le golfe du Mexique, et sont arrosées par des rivières qui les enrichissent et qui pourraient devenir d’un grand secours pour le commerce. Le nombre des Espagnols établis dans ces vastes régions est à la vérité extrêmement petit. On peut dire qu'ils les ont soumises, et qu’ils ne les ont pas occupées; mais si la population continue à augmenter dansleurs anciens établissements de l’Amérique, elle pourra se répandre peu à peu dans ces provinces, dont ils n’ont pas pu encore prendre véritablement possession.
Une circonstance peut contribuer à amener ce changement. On y a découvert des mines très riches, tant d’or que d’argent'. Si on les ouvre et qu’on les exploite avec quelque succès, la popula-
(r) Plusieursgéographes paraissent confondre le Nouveau-Mexique avec les provincias internas, dit M. le baron de Humboldt, Æssar poli tique sur la Nouv. Esp., , IL, pag. 400 ; ils en parlent comme d’un pays riche en mines et d’une vaste étendue. Le terrain fertile, mais dépeuplé, est dépourvu, à ce que l’on croit jusqu'ici, de toutes richesses métalliques, et s’étend le long du Rio del Norte, depuis le 31° jusqu'au 38° de latitude boréale. On lit dans un autre endroit de ce même ouvrage que dans la partie la plus septentrionale de l’intendance de la
Sonora , les ravins et même les plaines contiennent de l’or de lavage disséminé dans les terrains d’alluvion. ( D, L.R. )
Mines.
tion s’y portera. Pour fournir aux besoins de cette multitude, la culture s’accroîtra, des artisans s’y établiront, l’industrie et la richesse commenceront
à s'y monter, Il y a plusieurs exemples de ces changements en différentes parties de l'Amérique,
depuis qu’elles sont tombées sous la domination des Espagnols. Des villages populeux et de grandes
villes se sont tout à coup élevés dans des lieux sau-
vages et inhabités. Le travail des mines n’est pas,
à beaucoup près, l’objet le plus digne de fixer l’at-
tention d’une société naissante; mais ce peut être
un moyen d'y animer une activité utile et d’y aug- Découverte menter la population. On a vu un exemple récent récente etre- ot singulier en ce genre, qui est encore peu connu US Europe, et qui, pouvant avoir des suites importantes, mérite notre attention. Les Espagnols établis
dans les provinces de Cinaloa et de Sonora avaient
été long-temps inquiétés par les incursions de quel-
ques tribus sauvages d’Indiens qui les avoisinent.
En 1965, les incursions devinrent si fréquentes et si meurtrières, que les habitants au désespoir s’adres-
sèrent au marquis de Sainte-Croix, vice-roi du Mexi-
que”, pour obtenir de lui un corps de troupes qui
püt les mettre en état de chasser ces terribles en-
(1) M. de Humboldt l’appelle le marquis de Croix, et M. Wardeu,
(Art de vérifier les dates , 1. TX , p. 273.) d’après Lorenzana, don
Carlos Francisa de Croix , marquis de Croix ; suivant ce dernier écri-
vain , le marquis de Croix n'aurait pris possession de son gouvernement que le 25 acût 1766. (D. L. R.)
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