‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 159 sur 184 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

nemis de leurs places de retraite dans les montagnes; mais le fisc était si épuisé par les grandes sommes qu’on en avait tirées pour soutenir la der. nière guerre contre la Grande-Bretagne, qu'il ne fut pas possible au vice-roi de leur :lonner aucun secours. Ce qu’il ne pouvait pas par sa place, il l'exécuta par le crédit que lui donnaient ses vertus. Il engagea des négociants à avancer euviron deux cent mille pesos pour fournir aux frais de l'expédition. On la confia à un bon officier : on employa trois années à poursuivre les sauvages dans des montagnes et des défilés presque impraticables ; enfin elle se termina en 1771 par l'entière soumission des Indiens, qui cessèrent d’être la terreur des deux provinces qu'ils dévastaient. Dans le cours de cette entreprise, les Espagnols traversèrent des contrées où il ne paraît pas qu’ils cussent pénétré auparavant, et découvrirent des mines tellement richesqu’elles excitèrent l’étonnement même des hommes qui connaissaient le* richesses renfermées dans les montagnes du Noriveau-Monde. A Cineguilla, dans la province de Sonora, ils entrèrent dans une plaine de quatorze lieues d’étendue, où ils trouvèrent l'or en grains à la profondeur seulement de seize pouces et en morceaux si considérables que quelques-uns pesaient jusqu’à neuf marcs, et en si grande quantité qu’en peu de temps un petit nombre de travailleurs en recueillit mille

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marcs, sans prendre la peine de laver les terres qui les contenaient, et qui paraissaient si riches que des personnes intelligentes estimaient qu’il y avait pour un million de pesos de métal fin. Avant la fin À

Effets qu'elle de l’année 1771 , il s’établit à Cineguilla, sous l’au-

peut avoir. torité de quelques magistrats et la conduite de quel-

ques ecclésiastiques, environ deux mille personnes ; et, comme on a découvert plusieurs autres mines

aussi riches que celles de Cineguilla, tant dans k

Sonora que dans Cinaloa', il est probable que ces 4

provinces, jusqu’à présent négligées et peu habi-,

tées, poursont égaler bientôt en valeur et en popu-

lation les autres possessions des Espagnols dans

quelque partie de l’Amérique que ce soit’.

La Californie, péninsule située de l’autre côté de

la mer Vermeille, semble avoir été moins connue

des anciens Mexicains que les provinces dont je viens

de parler. Elle fut découverte par Cortez dans l’an-

née 1536 (tom. III, pag. 102). Pendant long-temps i

elle fut si peu fréquentée qu’on ignorait jusqu’à sa \

forme, et que dans plusieurs cartes elle était représentée comme une île‘. Quoique le climat de ce pays

Californie, Son état.

(r) Voyez la note 66.

(2) L’intendance de la Sonora renfenmait sept d'putaciones de mineria ou arrondissements, qui sont ceux d'Alamos, Copala, Cosala, San-Francisco, Xavier de la Huerta , Guadulupe de la Puerta, Santissima Trinidad de Pena Blanca, ët San Francisco Xavier de Alias, divisés en soixante-huit reales, ou endroits environnés de mines. Voyez l'Essai politique sur la Nouvelle Espagne, t. LE, p. 319. (D. L. R.) (3) Voyez la note r r déjà citée. (4) Voyez la note 67.

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