‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 160 sur 184 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

semble devoir être excellent, si l’on en juge par sa situation, les Espagnols ont peu réussi à y former des établissements. Vers la fin du dernier siècle, les Jésuites, auxquels on doit savoir un gré infini pour avoir exploré ce pays si négligé, et pour en avoir civilisé les sauvages habitants, acquirent insensiblement sur eux une autorité aussi absolue que celle qu’ils avaient sur les peuples du Paraguay, et ils travaillèrent à y introduire la même police et à y gouverner les Indiens par les mêmes maximes. Pour empêcher la cour d’Espagne de concevoir quelque jalousie de leurs opérations, ils avaient eu grand soin de donner une très mauvaise idée du pays’. Selon eux, le climat en était si malsain et le sol si stérile que le seul zèle de la conversion des Indiens avait pu déterminer les missionnaires à s’y établir*. Plusieurs bons citoyens s'étaient efforcés de détromper leur souverain en montrant la Californie sous un point de vue très différent, et ils n’y avaient pas réussi. Enfin, lorsque la société fut chassée de tous les domaines d'Espagne, la cour de Madrid, se défiant autant des Jésuites qu’elle avait eu jusque là de confiance aveugle en eux, envoya D. Joseph Galvez, que ses talents ont depuis élevé au ministère des Indes, pour visiter cette péninsule, Il en rendit un

(x) Le reproche que Robertson fait ici aux jésuites en s’appuyant de l'autorité de Vencgas, est réfuté par M. le baron de Humboldt dans son Essai politique sur la Nouvelle Espagne. Voyez la note 68. (D. L.R.) (2) Venegas, Hist. de la Californie , 1, 26.

Yucatan et pays de Honduras.

compte très favorable. Il reconnut que la pêche des perles sur la côte pouvait être très avantageuse, et y découvrit des mines d’or quipromettaient beaucoup". La Californie étant très voisine de Cinaloa et de Sonora, il est probable que, si la population de ces provinces s’augmente suivant les conjectures que nous venons d'exposer, elle pourra s'étendre dans la péninsule,quinesera pluscomptéealors parmiles possessions inutiles et désertes desEspagnols en Amérique.

A l’est de Mexico, le Yucatan * et le pays de Honduras* sont compris dans le gouvernement de la Nouvelle-Espagne, quoique anciennement il ne paraisse pas qu’ils aient fait partie de l'empire du Mexique. Ces grandes provinces s'étendent depuis la baie de Campêche jusque par-delà le cap Gracias à Dios. Elles ne tirent pas leur valeur, comme les

autres provinces espagnoles du Nouveau-Monde, de la fertilité de leur sol ou de la richesse de leurs mines; mais elles donnent en plus grande abondance qu’aucune autre partie de l’Amérique le bois de teinture qui est si supérieur à toutes les autres matières employées dans les procédés de cet art, et dont la con-

(r) Lorenzana, 349, 350. Voy. la note 68, déjà citée,

(2) Le nom de Nouvelle-Espagne ne fut d’abord donné en 1518 qu’à la province de Yucatan , qui forma depuis l’intendance de Merida, et qui avait, suivant M. de Humboldt , une étendue de cinq mille neuf cent soixante-dix-sept lieues carrées. (D. L. R.)

(8) Le pays de Honduras s'étend depuis la province de Verapaz jusqu’à celle de Nicaragua ; les Anglais y ont formé des établissements qui les rendent maitres du pays. (D. L. R.)

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