‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 165 sur 184 · LIVRE SEPTIÈME, 355 gouvernements du Tucuman et de Buénos-Ayres · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME, 355 gouvernements du Tucuman et de Buénos-Ayres

Les Espagnols entrèrent dans cette partie de l’A- ” Buénosyres.

mérique par la rivière de la Plata. Leurs premières tentatives pour s’y établir furent très malheureuses; mais ils ne se découragèrent point, soutenus d'abord par l’espoir de découvrir des mines dans l’intérieur du pays, et ensuite par la nécessité de l’occuper eux-mêmes pour empêcher les autres nations de s’y introduire et de pénétrer par là dans leurs riches possessions du Pérou. Ils n’y ont point fait d’autre établissement considérable que Buénos-Ayres. On n’y voit que quelques pauvres villages de deux ou trois cents habitants chacun, auxquels ils ont cherché à donner de l'importance en les appelant du nom de villes et en y érigeant des évéchés. Une circonstance qu’on n'avait pas prévue a contribué à rendre ce district intéressant malgré le défaut de population. La province de Tucuman, ainsi que le pays situé au sud de la Plata, au lieu d’être couverte de bois comme d’autres parties de l'Amérique, n’est qu’une vaste plaine sans un seul arbre‘. Son sol est une couche profonde de terre franche et fertile, arrosée par un grand "ombre de ruisseaux qui descendent des Andes, et couverie d'une verdure continuelle. Dans ces riches ;jâturages les chevaux et les autres bestiaux importés

(x) Le Tucuman n’est pas dépourvu d’arbres , ainsi que l’avance Robertson. Voyez la note 71. (D. L. R.).

En ne

d'Europe par les Espagnols se sont multipliés à un degré presque incroyable. Cet avantage a mis les habitants en état d'entretenir un commerce lucratif, et avec le Pérou, qu'ils fournissent de bestiaux, de chevaux et de mules, et avec l'Europe, où ils portentune prodigieuse quantité de cuirs. Mais la situation de cette colonie, si propre à faire un commerce de contrebande, a été la principale source de sa prospérité. Tandis que la cour de Madrid suivait ses relations avec l'Amérique, d’après son ancien système, la rivière de la Plata était si écartée de la route suivie par les vaisseaux espagnols, que les interlopes pouvaient, presque sans risque d’être observés ou empêchés, y verser les ouvrages des fabriques d'Europe en assez grande quantité pour fournir au besoin de la colonie, et pour approvisionner aussi les parties orientales du Pérou. Lorsque les Portugais du Brésil étendirent leurs établissements jusque sur les bords de la rivière de la Plata, il s’ouvrit encore un nouveau canal, par lequel les marchandises prohibées purent s’introduire dans les colonies espagnoles avec encore plus d’abondance et de facilité. Ce commerceillégal, quoique funeste à la métropole, contribua à faire prospérer la colonie qui en retirait un avantage immédiat, et Buénos-Ayres devint par degrés une ville opulente et peuplée. Il est difficile de déterminer à présent avec quelque certitude quel sera l'effet

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