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et des arts mexicains : cette ville était l’Athènes de l'Amérique, la résidence des historiens, des orateurs, des poètes, des artistes, des hommes célèbres dans toutes les sciences cultivées par ces peuples.
Après avoir passé devant le bel aquéduc et plusieurs umuli ( pyramides en brique ), notre conducteur nous conduisit sur l'emplacement du palais des anciens caciques ou rois tributaires de Tezcuco. C'était, sans doute, un noble édifice, et il surpassait de beaucoup l’idée que je m'étais faite de l’habileté en architecture des Américains aborigènes.
Ce monument s’étendait à trois cents pieds et formait un des côtés de la grande place ; il était construit sur des terrasses en pente élevées les unes
au-dessus des autres par de petites rampes. Quelques-
unes de ces terrasses sont entières et recouvertes d’un ciment très dur , aussi beau que celni des édifices romains. D’après ce qu’on connaît des anciennes fondations, ce palais devait occuper plusieurs acres de terrain. Il était composé de gros blocs de pierre basaltique, de quatre ou cinq pieds de long et de deux ou trois pieds de large, coupés et polis avec la plus grande pureté. Une vaste église, érigée auprès de ces ruines, a été presque entièrement bâtie avec les matériaux qui en ont été tirés. Plusieurs pierres sculptées, appartenant à cet antique palais, se voient distinctement dans les murs de l'église, quoique leurs ornements aient été tournés exprès à contre-sens... Dans le pavé et les murailles, j'ai souvent reconnu des fragments de pierres sculptées; et
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église, près à ai soues; et
j'ai trouvé, entre autres, dans une petite maison, les
anciennes armes du Mexique, l'aigle à ailes déployées,
etle nopal, avec des caractères hiéroglyphiques... On
nous apprit qu'à deux lieues de la ville était un lieu
nommé Baño de Monteruma, qui avait autrefois servi de bain à ce monarque... Le bain dont il est question était taillé dans le roc vif, et paraissait en saillie comme le nid d’une hirondelle contrele mur d'une maison. Non-seulement ce bain est d’une structure extraordinaire ; mais sa position l’est encore davantage. C’est un beau bassin de douze pieds de long , sur huit de large, au milieu duquel est un puits de quatre à cinq pieds de profondeur, avec des parapets de deux pieds et demi de haut toutau tour. On y voit aussi un trône ou siége, tel que les anciennes peintures représentent ceux qui servaient au roi. Il y a des escaliers pour descendre dans ce
bassin ou bain, etle tout est coupé dans un rocher :
de porphyre, avec une précision mathématique, et poli d’une manière parfaite... En redescendant, notre ï guide nous montra dans les rochers un grand réservoir qui servait à fournir d’eau le palais, et dont les murs hauts de huit pieds existaient encore. Nous trouvâmes, en poussant nos recherches un peu plus avant, que toute la montagne avait été couverte de palais, de temples, de bains, de jardins suspendus, etc. et cependant ce lieu n’a jamais été mentionné par aucun voyageur.
Je pense que tous ces restes pouvaient bien ètre déjà des antiquités avant la découverte de l’'Amérique, et que les monuments auxquels ils ont appar-
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424 NOTES tenu avaient été érigés par un peuple dont l’histoire était perdue avant la fondation de Mexico. Nous recueillimes sur notre chemin des échantillons dustuc qui couvre les terrasses, qui est encore plus dur et plus beau qu'aucun de ceux que l’on trouve aPortici ou à Herculanum. Don Trinidad Rosalia nous ditque nous n'avions vu que le commencement des merveilles de ce lieu; que l’on voyait des vestiges de bàtiments très distincts jusques sur la cime du mont ; que la montagne elle-même était perforée par des excavations artificielles, et qu'un escalier conduisait à l’une d’elles près du scrnmet: il y était entré ; mais personne n'avait eu le courage de l’explorer, quoique l’on supposät que d'immenses trésors y étaient ensevelis… Un fait qui paraîtra fort étrange, c’est que ce lieu, le plus intéressant de tous ceux que nous avions visités, n’a jamais été cité par les écrivains espagnols, du temps de la conquête, et que parmi les habitants de Mexico, je n’en ai pas trouvé un seul qui eût jamais vu ces ruines ou qui en eût méme entendu parler. A la porte d’une chaumière du village de Huexoila, situé à environ deux milles de Tezcuco, nous vimes une grande idole de pierre, semblable à celle que nous avions observée à Tezcuco, mais d’un meilleur travail, et dans le milieu du village une espèce de colonne fort singulière, avec un sommet terminé en pointe... L'ancienne muraille, haute de près de trente pieds, et très épaisse, s'étend à une grande distance, et sa construction est fort extraordinaire. Elle est divisée en cinq parties inégales ; la plus considérable est bâtie en pierres ovales fort larges, dont
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ÉCLAIRCISSEMENTS,. 425 les extrémités dépassent de manière à donner à la bâtisse l'apparence d’avoir été des crânes humains. Une corniche en saillie sépare cette partie des autres. L'ensemble est très différent de tout ce que j'ai vu ailleurs. À l'extrémité du bourg, on voit le lit d’une rivière maintenant à sec, et formant un profond ravin, sur lequel est un pont très remarquable, avec une arche angulaire, haute de près de40picds, que l’on dit avoirété construite par les Indiens avant la conquête; elle est soutenue d’un côté par une masse de maçonnerie d’une forme pyramidale, et, vue d’en bas, c’est un objet très pittoresque... Au bout du village, est une sorte de large avenue couverte, pratiquée entre deux hautes murailles, et qui se termine près d’une rivière; ce devait être une des entrées de la ville. 11 y a dans ce lieu quantité de choses bien dignes d’être examinées, et nous le quittâmes en regrettant que le temps ne nous permit pas d'en voir davantage... La ville et les faubourgs de Tezcuco offrent partout des vestiges de son ancienne grandeur, Des pyramides de brique s'élèvent de toutes parts au milieu de ruines, d’aquéducs et de monuments, dont plusieurs, très vastes et d’une forme carrée, sont encore entie,s... Autour de l’église, les fragments de pierre sculptée sont extrêmement abondants, de même que dans les environs de la place du marché et du palais, édifice que l’on ne peut contempler sans que les plus intéressants souvenirs s'éveillent dans l'esprit, pour peu que l’on connaisse l’histoire de cette partie de l'Amérique.
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Ce fut dans ce palais que Cortez et toute son armée furent logés et reçus, comme le raconte Bernal Dias, dans sa simple narration, dont j'ai eu plus d’une fois l'occasion de reconnaitre la vérité. Ce fut aussi sur la place du marché que le premier évèque, mu par un zèle excessif et mal entendu, rassembla tous les documents concernant l’histoire du Mexique, la littérature et les arts, enfin toutes les peintures , manuscrits et hiéroglyphes aztèques, en forma une pyramide, et les livra aux flammes, au milieu des inutiles supplications que lui adressait le peuple pour obtenir leur conservation... Aprés avoir vaine nent cherché les célèbres pyramides du soleil et de la lune, ou de San-Juan de Teotihuacan, nous nous mimesen chemin pour visiter Otumba, espérant les trouver près de ce lieu... En descendant la montagne, nous vimes pour la première fois les pyramides que nous cherchions, dans une plaine en face de raus, à environ cinq à six milles de'distance.… Nous observâmes deux anciennes colonnes très curieusement sculptées... À mesure que nous approchions la forme carrée et parfaite de la plus: grande pyramide devenait toujours plus distincte, et nous pümes bientôt compter les terrasses. Nous nous dirigeâmes d’abord sur la plus petite qui est la moinsconservée des deux, etnous montâmes jusqu’à sonsommetsurdes masses de pierres tombantes et de maçonnerie en ruines, avec moins de difficultés que nous ne nous y attendions. Sur le haut de la tour on voit les ruines d’un ancien monument de quarante-sept pieds de long, sur qua-
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torze de large ; les murs en sont construits principalement en pierres non taillées, hautes de huit pieds et épaisses de trois. L'entrée est à l'extrémité méridionale; il y a trois fenêtres de chaque côté, et à l'extrémité, vers le nord, il paraît avoir été divisé au tiers de sa longueur. En fase de ce bâtiment, ayant la grande pyramide sous nos yeux et plusieurs petites à nos pieds, nous nous assimes pour contempler ces antiques merveilles. De là, on découvre la plus grande, partie de la vallée de Mexico,et lu vue s’étend au loin sur les plaines et sur les montagnes qui bornent la vallée à l’ouest. Je pense qu’il y a peu de motifs de ter que ces immenses structures, qui rivalisent avec les pyramides dk, pte, ne fussent dès le temps de la conquête, dans l’état où elles sont maintenant, et que ce fut sur l’une d’elles que Cortez monta et découvrit l’armée ennemie. On ne voit aucune autre éminence aux environs qui puisse répondre à cette fin... Nous montämes sur les différentes petites clévations qui sont parsemées en diverses directions autour de la base de la seconde et sur la route de la plus grande pyramide. En quelques endroits elles forment des rues régulières qui vont de l’est à l'ouest. Non loin de la plus grande pyramide, près d’une porte, est une pierre énorme avec quelques ornements sculp‘#s... On nous en montra une autre de grande dimension, couverte de sculptures, avec une ouverture dans le haut : mon fils supposa que c'était une pierre de sacrifices. |
Nous arrivämes bientôt au pied de la pius grande
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pyramide, où nous montâmes plus facilement que nous ne l’espérions, quoique sur tout le chemin, les moellons de chaux et de ciment soient mélés aux pierres tombées. Les terrasses sont parfaitement visibles, surtout la seconde, qui a trente-huit pieds de large, et est couverte d’une couche de ciment rouge, épaisse de dix pouces et composée de petits cailloux et de chaux. En plusieurs endroits les arbres de Nopal ont détruit la régularité des degrés; mais nulle part ils n’ont altéré la forme générale carrée, aussi régulière à cet égard que celle de la grande pyramide d'Égypte. De tous côtés nous vimes des fragments d'instruments, tels que des couteaux, des flèches, des pointes de lances, etc. Des offrandes d’obsidienne, semblables à celles que nous avions vues sur les petits monticules de Cholula ; et, en arrivant au sommet, nous trouvâmes une surface plane d’une dimension considérable, mais qui avait été ex : trêémement gâtée. Probablement un temple ou quelque autre édifice y avait été élevé. On prétend qu’autrefois on y voyait une statue entièrement couverte d'or... J'y trouvai des fragments de petites statues et de vases de terre, et, ce qui me surprit bien plus, des coquilles d’huîtres, les premières que j'eusse vues au Mexique, eten descendant, des pièces d’ornements de la mème terre que les vases, l’un desquels en relief ressemblait à ceux de la Chine, l’autre présentait un visage humain grotesque. Le docteur Oteiza, qui a donné la mesure de ces pyramides, établit la base de la plus grande à six cent quarante-cinq pieds en
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ue longueur, et cent soixante et onze en hauteur peres pendiculaire ; mais je croirais que la dernière mesure x est de beaucoup trop petite, et que la hauteur est à nt peu près de sa moitié de la largeur. Quant à l’âge des ds pyramides et à leur construction, ce sont des matières nt de pure conjecture , et je n'ai rencontré personne its à Mexico capable de me donner aucuns renseignecs ments sur ce point, ni même de s’en embarrasser le is | moins du monde. Jamais les habitants de cette ville le, | ne vont les voir, quoique, du haut de la cathédrale, de | on puisse les apercevoir distinctement toutes deux, les | aussi bien que Tescosingo, où se trouve le bain de les Montezuma.… Le résultat de cette petite excursion de Tés trois jours a été de me convaincre fortement de la ns | véracité des écrivains espagnols, dont les récits sur ri- l les villes, leurs richesses, leur immense population ne et les progrès des arts des Mexicains paraissent du:-ex: teux à ceux qui n’ont pas vu ce pays. Je crois ferel- mement tout ce que l’infatigable abbé Clavigero a au- écrit de ses compatriotes. Si M. Paw, ou notre conrte citoyen plus éclairé Robertson, avaient passé seuleet | ment une heure à Tezcuco, Tescosingo ou Huexotla, us, ils n'auraient jamais supposé que le palais de Monres tezuma fut une chaumière de claie, et l'immense poan pulation de Mexico une fiction.
dés Mexico possède une grande quantité d'objets d’éit tude pour les antiquaires. On peut trouver des idoles qui | sculptées dans presque toutes les parties de la ville. iée La pierre du coin du bâtiment actuellement occupé en par l'administration de la loterie, en face du marché
aux souliers, est la tête d'un serpent, d’une grandeur démesurée, d’après laquelle je jugeai que la figure entière n'avait pas moins de soixante - dix pieds de long. Sous la porte cochère de la maison , presque en face de l'entrée de la Monnaie, est une belle statue d’une divinité de forme humaine, dans une posture inclinée , elle est ornée de divers symboles et de grandeur naturelle, On l’a trouvée il y a quelques années en creusant un puits. La maison qui fait le coin d'une rue au sud-est de la grande place, est bâtie sur un bel autel circulaire de basalte noir, orné de griffes et de queues d’un reptile gigantesque. Dans les cloîitres derrière le couvent des Dominicains, on voit un bel exemple du grand serpent idole, presque entier et d'un bon travail. Cette monstrueuse déité est représentée dévorant une victime humaine, que l’on voitse débattre dansses horribles mâchoires..
« On ne trouve aucun témoignage de l'antique magnificence de la cité que dans les récits des premiers écrivains. Il est bien connu qu'une carte de Mexico a été faite pour Cortez par ordre de Montezuma. Le baron de Humboldt dit qu'il la cherchée en vain ; et l'on croyait qu’elle avait péri il y a plus de cent ans dans l'incendie dela Casa de Estado ( la maison de Cortez ). Cependant le hasard a remis au jour cette curieuse antiquité ; elle a été achetée et portée en Angleterre sur le vaisseau de S. M. B. le Phaëton, par moi-même, et je la publie dans cet ouvrage. Ce n’est qu'un fragment ; mais le monde apprendra par
luique l’ancienne Mexico était le double de la ville moderne en grandeur, qu’elle l’égalait en régularité, la surpassait dans la beauté et le nombre de ses tem-
ples et de ses palais, enfin que le récit fait par Cortez
à son souverain sur les merveilles de cette capitale, et celui de Bernal Dias ne peuvent plus ètre révoqués en doute. »
Nous croyons devoir borner là nos extraits de l'ouvrage si curieux de M. Bulloch ; mais nous devons ajouter qu'il a fait faire des empreintes du grand calendrier mexicain et de la pierre des sacrifices, que M. le baron de Humboldt recommande principalement à l'attention des antiquaires ; qu'il a fait d'après nature,des copies des pyramides,et qu’il a apporté en Angleterre plusieurs manuscrits et peintures hiéroglyphiques exécutées par les meilleurs artistes du Mexique, sur des peaux de daims, et quelques-unes sur une sorte de papier fait avec les fibres du grand aloës américain. Outre ces peintures, dont unc partie est du nombre de celles qui furent envoyées à Montezuma pour l’informer des progrès des Espagnols, M. Bulloch s’est procuré quelques-unes de celles qui avaient appartenu à la collection du célèbre chevalier Boturini, qui furent exécutées dutemps de Cortez et par son ordre, et qui représentaient ses combats avec les Mexicains, son établissement dans la capitale, et d’autres sujets concernant la conquête : il a copié aussi, avec la permission du gouvernement, les dessins de la plupart des antiquités existantes, qui se trouvent dans la belle collection de
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la Mineria. Ces dessins représentent les restes des pyramides, des châteaux, des fortifications, des temples, des ponts, des maisons, des statues, des basreliefs et des idoles, et ont été exécutés dans l'expédition du capitaine Dupaix, faite pour la recherche des antiquités du royaume du Mexique. Ce capitaine était accompagné du señor Luciano Castañedo Callijon de la Condeva, qui vit encore et possède une partie des dessins originaux. Dans ces dessins, quelques tours sont représentées hautes de sept étages ; l’un des ponts a une arche angulaire faite de deux pierres, et l’on voit des portes dont le faîte est de forme circulaire.
M. Bulloch a égalementapporté à Londres un grand nombre d'anciennes statues et d’idoles de pierre et de terre cuite, des vases sacrés etd’autres ornements des temples, avec quelques meubles domestiques, et beaucoup d'anciens documents d’un grand intérêt, et quipeuventfournir des lumières sur les habitants aborigènes du pays, ainsi que sur le haut degré de civilisation auquel ils étaient parvenus. (D. L.R.)
Note Li, page 304.
Non - seulement à Tlascala et à Tepeaca, mais à Mexico même, les maisons du peuple n'étaient que des cabanes bâties avec de la terre ou des branches d'arbre. Elles étaient extrémementbasses et étroites, sans autres meubles que quelques vases de terre. Ainsi que chez les Indiens les plus sauvages, plusieurs familles habitaient sous un méme toit, sans avoir au-
cun appartement séparé, Herrera, Decad, 2, lib, VIE, cap. 13; lib. X, cap. 22; Decad, 3, lib. NW, cap. 11. Torquem. (6. III, cap. 23.
Note un, page 504.
Une personne qui a vécu long-temps dans la Nouvelle-Espagne, et qui a visité la plupart de ses provinces, m'a dit qu'il n’y avait dans l'étendue de ce vaste empire aucun monument ni aucun vestige de quelque édifice qui fût plus ancien que le temps de la conquête, ni même aucun pont ou grand chemin, excepté quelques restes de la chaussée qui va de Guadaloupe à la porte de Mexico par laquelle Coitez entra dans cette ville. Manuscrit en ma possession. L'auteur d'un autre manuscrit observe qu’il ne reste pas le moindre vestige de l'existence d'aucun ancien bâtiment indien, public ou particulier, ni à Mexico, ni dans aucune province de la Nouvelle-Espagne. « J'ai traversé, dit-il, toutes les provinces adjacentes ; « c'est-à-dire,la Nouvelle-Galice, la Nouvelle-Biscaye, «le Nouveau-Mexique, Sonora, Cinaloa, le nouveau «royaume de Léon et le Nouveau-intander, sans «avoir trouvé aucun monument digne :ie remarque, «excepté des ruines près d’un ancien village dans la «vallée de Casas Grandes, au trentième degré qua- «rante-six minutes de latitude septentrionale, et au «deux cent cinquante-huitième degré vingt-quatre «minutes de longitude de l'ile de Ténériffe, ou quatre « cent soixante lieues au nord nord-ouest de Mexico.» Il décrit avec beaucoup d’exactitude ces ruines, qui
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paraissaient avoir fait partie d’un méchant bâtiment de gazon et de pierres, recouverts d’une terre blanche ou de chaux. Un missionnaire lui avait dit avoir découvert les ruines d’un autre bâtiment semblable au premier à environ cent lieues au nord-ouest, sur les bords de la rivière de Saint-Pierre. Manuscrit en ma possession.
Ce qui donne beaucoup de crédit à ces témoignages, c’est qu’ils n’ont point été avancés pour soutenir quelque système particulier, et que ce sont de simples réponses à des questions que j'avais faites. il faut croire cependant que lorsque ces voyageurs ont dit qu’on ne peut pas espérer maintenant de découvrir aucune ruine ni aucun reste d'ouvrages anciens dans l'empire du Mexique, ils ont seulement voulu faire entendre qu’il n'y restait rien qui pütdonner quelque idée de grandeur ou de magnificence dans les ouvrages de ses anciens habitants. Car, suivant le témoignage de plusieurs écrivains espagnols, il paraît qu’on voit encore quelques vestiges d’anciens bâtiments à Otumba, Tlascala, Cholula, etc. Villa-Segnor : Theatro Amer. pag. 143, 308, 353. D. Franc. Ant. Lorenzana, ci-devant archevêque de Mexico et aujourd’hui de Tolède, dans son introduction à l’édition des lettres Cortas de relacion of Cortez qu’il a publiées à Mexico, parle de quelques ruines qu’on voit encore dans plusieurs villes par lesquelles Cortez a passé en se rendant à la capitale, pag. 4, etc. Mais aucun de ces auteurs n'en donne la moindre description, et ces ruines parais-
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sent si peu considérables, qu’à peine suffisent-elles pour faire voir qu'il y a eu autrefois quelque bâtiment dans ces endroits. Le grand tertre de terre à Cholula r, auquel les Espagnols ont donné le nom de temple, s’y trouve toujours, mais sans le moindre escalier pour y monter et sans aucune apparence de pierre. Cette élévation ne paraît maintenant qu'une montagne naturelle, couverte d'herbe et d’arbrisseaux ; et peut-être qu’elle n’a jamais été rien de plus. Torquemada, lib. NX, cap. 19. J'ai reçu une description fort détaillée des ruines d’un temple près de Cuernavaca, sur la route de Mexico à Acapulco. Elles sont composées de larges pierres, aussi exactement jointes les unes aux autres que celles des bâtiments des Péruviens, dont nous parlerons dans la suite. Les fondations de ce temple forment un carré de vingt-cinq verges d'Angleterre, ousoixantequinze pieds de roi; mais il diminue d’étendue à mesure qu’il s'élève en hauteur, non par gradation, mais en se resserrant tout à coup à des distances régulières; de sorte qu'il doit avoir ressemblé à la figure 2 de la planche. Il se terminait, à cequ’on dit, en pyramide.
(r) Voir sa description dans M. de Humboldt ; Vues des Condill., etc.,t. I, p. 96. Cetie pyramide était construite non en terre, mais en briques séchées probablement au soleil. On y a découvert récemment dans l’intérieur des cavités qui servaient à la sépulture des indigènes, et mème une maison carrée construite en pierre et soutenue par des poutres de cyprès chauve ; elle renfermait deux cadavres, des idoles en basalte, et un grand nombre de vases vernissés et peints avec art. Voyez aussi la note 51 déjà citée. (D, L. R.)
d Note Liv, page 309.
La plus grande et la plus célèbre des divinités mexicaines, dit M. Bulloch, était, de notoriété publique, enterrée sous la galerie de l’Université. Ce voyageur obtint la permission de la faire exhumer, et il en fit faire le plâtre ; voici la description qu'il en donne :
« Ce monstre horrible et colossal a été taillé dans un bloc de basalte de neuf pieds de haut, et se compose de la figure humaine difforme, unie à tout ce que la structure du tigre et du serpent à sonnettes offre de plus affreux. Deux grands serpents lui tienpent lieu de bras, et sa draperie est composée de vipères entortillées en nombreux anneaux de la manière la plus dégoûtante. Deux aîles de vautour terminent ses côtés ; ses pieds sont ceux du tigre, avec les griffes étendués pour saisir sa proie, et au milieu d'eux paraît la tête d’un autre serpent à sonnettes qui semble descendre du corps de l’idole ; ses ornements s'accordent avec sa hideuse forme. C’est un large collier de cœurs humains, de cränes et de mains enfilés par des entrailles et couvrant entièrement la poitriné, à l'exception des seins difformes de la statue. Elle a évidemment été peinte des couleurs naturelles, qui devaient beaucoup ajouter au terrible effet qu’elle était destinée à produire sur ses adorateurs ». (D.L.R. )
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