‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 23 sur 184 · CAR · texte numérisé non relu

CAR

1520 que soldats, et n'avaient suivi cet officier à la Nouvelle-Espagne que dans l'espérance d'y former des établissements et sans penser à s’exposer aux fatigues et aux dangers de la guerre. Comme ils ne s'étaient attachés à Cortez que dansles mêmes vues, ils n’eurent pas plutôt essayé l'espèce de service qu’on exigeait d’eux, qu’ils se repentirent amèrement du parti qu’ils avaient pris, Ceux qui avaient eu le bonheur d’échapper aux dangers passés dans lesquels leur propre imprudence les avait exposés, frémissaient à la pensée de s’y exposer une seconde fois. Dès qu’ils connurent les intentions de Cortez, ils commencèrent à murmurer et à cabaler secrètement, et, devenant de moment en moment plus audacieux , ils firent des représentations sur la témérité qu’il y aurait à attaquer un empire puissant avec les faibles moyens qui restaient, et demandèrent hautement de retourner sur-le-champ à Cuba. Cortez, quelque talent qu’il eût pour conduire les hommes, employa inutilement les raisons, les prières et les présents pour les persuader ou les adoucir. Ses anciens soldats, animés de l'esprit de leur chef, secondèrent en vain ses efforts avec la plus grande chaleur. Les craintes étaient trop violentes et trop profondément enracinées, et tout ce qu’on put obtenir des mutins fut de différer leur départ de quelque temps, en leur promettant de les renvoyer dès que les circonstances le permettraient.

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