LIVRE CINQUIÈME
soins à la prévenir. Mais, malgré tous ses efforts, l'esprit de révolte fit des progrès. Les Espagnols acquirent de nouveaux alliés, et le monarque indien vit avec douleur Cortez, armant contre l’empire les mêmes mains qui auraient dû le défendre, prêt à s’avancer contre la capitale à la tête d’un corps nombreux de ses propres sujets".
Cortez préparait ainsi la destruction de l'empire du Mexique en resserrant par degrés les limites de sa puissance; l'exécution de ses grands desseins ne paraissait plus ni incertaine ni éloignée, lorsqu'il faillit à les voir renversés par une conspiration aussi dangereuse qu’inattendue. Les soldats de Narvaez n'avaient jamais été fort unis avec les premiers soldats de Cortez, et il s’en fallait bien qu’ils secondassent avec le même zèle que ceux-ci les projets du général. Ils se laissaient facilement abattre dans toutes les occasions où il fallait quelque effort extraordinaire de patience et de courage. En voyant maintenant de près tous les dangers auxquels ils allaient s’exposer, pour réduire une ville aussi avantageusement située que l’était Mexico, et défendue par une armée nombreuse, ceux d’entre eux qui étaient restés fidèles à Cortez quand leurs compagnons l'avaient abandonné, commencèrent à manquer de résolution. La crainte les conduisit à discuter
(1) Cortez, Relat. p. 256-260. B. Diaz, chap. 137-140. Gomara, Cron cap. 122, 123, Herrera, Decad. III, lib. I, cap. 1 ,2.
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