LIVRE CINQUIÈME
ainsi pour en défendre l’approche*. Sandoval commandait la première attaque, Pedro d’Alvarado la seconde, et Christoval de Olid la troisième, chacun d’eux avec un nombre égal d’Espagnols et un corps nombreux d’Indiens auxiliaires. Les Espagnols, depuis l’arrivée du renfort de l’Espagnole , étaient au
nombre de huit cent dix-huit fantassins, dont cent
dix-huit étaientarmés de mousquets ou arquebuses, et quatre-vingt-six étaient à cheval. Leur artillerie consistait en trois canons de siége et quinze pièces de campagne *. Cortez se réserva la conduite des brigantins, comme l’opération la plus importante et la plus dangereuse. Chaque brigantin était armé d’un petit canon et monté par vingt-cinq Espagnols.
Alvarado et Olid , en s’avançant aux postes qui leur avaient été assignés, rompirent les aqueducs qui portaient les eaux à Mexico, prélude des calamités que les habitants auraient à souffrir”. Ils trouvèrent les villes dont ils devaient prendre possession abandonnées par leurs habitants, qui s’étaient réfugiés dans la capitale , où Guatimosin avait
(x) Clavigero prétend que Robertson a commis ici plusieurs erreurs; qu’à l’est du lac il n’y avait et même qu’il ne pouvait pas y avoir de route qui conduisit à la capitale, à cause dela profondeur des eaux dans cet endroit , et que Sandoval ne campa point à Tezcuco, d’où il était impossible d'attaquer Mexico; mais à Tepejacac vers le nord. (D. L, R.)
(2) Cortez, Relat. 266. C..
(3) Cortez, Relat. 267. B. Diaz, chap, 150. Herrera, Decad. III, lib. 1, eap. 13.
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4521 rassemblé lès principales forces de son empire, le seul endroit en effet où il pût espérer avec quelque vraisemblance de résister à l’ennemi formidable qui le menaçait. L
Les Mexi- Le premier effort des Mexicains fut dirigé contre œains at-Jes brigautins, dont ils prévoyaient et redoutaient quent les brigantins, Avec raison les terribles effets. Quelque peine que
se fût donnée Cortez et quelque talent qu’il eût montré à les faire construire, ces bâtiments étaient fort petits, grossièrement faits et montés presque uniquemeñt de soldats qui n’entendaient pas l’art de les conduire, Mais, tout imparfaits qu'ils étaient, on conçoit qu’ils devaient être encore des objets d’admiration et de terreur pour un peuple qui n'avait que des canots et ne connaissait d’autre navigation que celle de son lac. La nécessité força cependant Guatimosin à tenter de les attaquer. Il espéra de suppléer par le nombre de ses canots à ce qui leur manquait en force. Il en assembla une si grande multitude qu’ils couvrirent la surface du lac. Ils s’avançèrent hardiment contre les brigantins, qui, retenus par un calme plat, ne pouvaient venir à 3ls sont re- leur rencontre. Mais, lorsque les Mexicains se trou- Pusé. vèrent près des bâtiments espagnols, un petit vent s’éleva. En un moment les voiles furent déployées, et les brigantins, se portant au milieu de leurs faibles ennemis avec une impétuosité à laquelle ceux-ci ne pouvaient résister, renversèrent un grand
nombre de canots et dissipèrent tout le reste. La perte des Mexicains fut si considérable qu’ils demeurèrent convaincus que les progrès des Européens dans les connaissances et les arts leur donnaient à la mer une supériorité sur les Indiens plus grande encore que celle qu’ils avaient montrée jus-