LIVRE CINQUIÈME
tions du pays et de riches présents pour l’empereur, comme des gages des grands revenus que la couronne pourrait tirer dans la suite de ses nouvelles conquêtes, et pour demander en récompense de tous ses services l'approbation de tout ce qu’il avait fait et le gouvernement des pays que sa conduite et la valeur de ses compagnons avaient soumis à la couronne de Castille. Le moment où les députés sc présentèrent à la cour était favorable. Les mouvements qui avaient troublé l'Espagne à l’avénement de ce prince au trône achevaient de se calmer". Les ministres avaient le temps de s’occuper des affaires du dehors; les récits qu’on publiait des victoires de Cortez remplissaient ses compatriotes d’admiration ; l’étendue et les richesses des pays conqu’s étaient pour eux un objet d’espérances
flatteuses et sans bornes. Ce qu’il pouvait ÿ avoir
d’irrégulier dans la manière dont Cortez s'était élevé au pouvoir était couvert par l'éclat et le mérite des grandes actions qu’il n’avait faites qu’à l’aide de ce pouvoir même. Tous les esprits se révoltaient à la pensée de punir un komme dont les services méritaient les plus grandes marques de distinction. La voix publique s’élevait hautement en sa faveur; et Charles, arrivant en Espagne dans le même temps, adopta les sentiments de ses sujets avec l’ardeur de son âge. Malgré les réclamations
(r) Histoire du règne de Charles-Quint, tom. 11.
1522 de Velasquezet lesreprésentations passionnées de l’é- A te vêque de Burgos, il nomma Cortez capitaine général général et et gouverneur de la Nouvelle-Espagne, jugeant que Fi Non, Personne n’était aussi capable de maintenir l’autovelle-Espa- rité royale ou d'établir un bon gouvernement parmi gne: ses sujets espagnols et indiens de la Nouvelle-Espagne, que le même commandant à qui les premiers s'étaient volontairement soumis et que les derniers étaient accoutumés à craindre et à respecter depuis
si long-temps *, Ses planset Cortez, avant d’avoir obtenu de son souverain rs Hal la confirmation légale de son autorité, l’employait à assurer sa conquête et à la rendre utile à sa patrie. Il résolut d'établir le chef-lieu de son gouvernement au même endroit où était situé l’ancien , et il entreprit de relever Mexico de ses ruines. Comme il se faisait une brillante idée de la future grandeur de l’état qu’il fondait, il commença à rebâtir sa capitale sur un nlan dont l'exécution en a fait peu à peu la plus belle ville du Nouveau-Monde. Il employa en même temps dans différentes provinces des personnes instruites pour chercher les mines, “et il en ouvrit quelques-unes, les plus riches de (x) Ce prélat reçut ordre de ne plus se mêler de cette affaire, et le 15 octobre 1522 l’empereur annonça aux autorités mexicaines qu'il avait nommé Cortez capitaine général et gouverneur de la Nouvelle-
Espagne. (D. L. R.)
(2) Herrera, Decad. III, lib. 1F, cap. 3j Gomara, Cron. 164 , 165. B. Diaz, 167, 168.