‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 47 sur 184 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

lé- celles que les Espagnbls eussent jusque là découvertes 1522 éral en Amérique. Il détacha ses principaux officiers dans que les provinces éloignées et les encouragea à s’y étaato- blir, non-seulement en leur faisant de grandes rmi concessions de terre, mais encore en leur accordant pa- sur les Indiens la même autorité et le même droit lers d’en exiger des services que les Fapagnols-s'e s'étaient lers attribués dans les îles.

uis Ce ne fut pas cependant sans difficulté que l’em- Révolte des . + ‘ . Mexicains et pire du Mexique fut réduit à former une colonie nté des ain | . espagnole. Ce peuple, poussé à bout par l’oppres- Espagnok. it à * sion , oublia souvent la supériorité des Espagnols, et rie. courut aux armes pour recouvrer sa liberté ; mais la ne- discipline et la valeur des Européens l’emportèrent + il partout. Malheureusement pour la gloire de l’Esme pagne, les vainqueurs souillèrent leur victoire par eur la manière dont ils traitèrent le peuple vaincu. Ausca- sitôt qu’ils furent maîtres de la capitale et de la peru à sonne de Guatimosin, ils supposèrent que le roi de mn - Castille entrait dès ce moment en possession de tous ces les droits du monarque prisonnier, et affectèrent de es, } considérer les moindres efforts des Mexicains pour de + assurer leur indépendance comme une rébellion de at le vassaux contre leur souverain ou une révolte d’esqu'il claves contre leur maître. Sous le prétexte de ces Ne maximes absurdes, ils violèrent tous les droits de 165. la guerre entre les nations. À chaque mouvement

d’une province , ils y réduisaient le peuple à la plus

humiliante des conditions, la servitude personnelle. Les chefs , regardés comme plus criminels, étaient mis à mort par les supplices les plus honteux et les plus cruels que pussent imaginer l’insolence et la férocité du vainqueur. Partout les progrès des Espagnols étaient marqués par des traces de sang et par des actions d’une atrocité révoltante. Dans la province de Panuco , soixante caciques ou chefs et quatre cents nobles furent brûlés vifs à la fois, et cette exécrable barbarie ne fut pas commise dans un moment d’emportement, ni par un subalterne; elle fut l’ouvrage de Sandoval, officier dont le nom tient le premier rang après celui de Cortez dans les annales de la Nouvelle-Espagne, et elle avait été concertée avec Cortez lui-même. Pour mettre le comble à l’horreur de cette scène, on assembla les parents et les enfants de ces malheureuses victimes, et on les força d’être les témoins de leur supplice'. Il paraît impossible d’ajouter à ces excès : ils furent cependant suivis d’une atrocité qui révolta les Mexicains plus fortement encore, en leur faisant sentir tout leur avilissement ét le mépris insultant de leurs vainqueurs pour l’ancienne dignité de leur empire. Sur un léger soupçon, appuyé de témoignages sans force, que Guatimosin avait formé le projet de secouer le joug et d’exciter ses anciens sujets à prendreles armes , Cortez, sans

(1) Cortez, Relat. 291. C. Gomara, Cron. cap. 155.

Page 1