‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 50 sur 184 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

les Espagnols employés par le gouvernement dans 1525

la Nouvelle-Espagne étaient autant d’espions de sa conduite, et donnaient les interprétations les plus malignes et les plus défavorables à toutes ses actions. Les craintes" de Charles et de ses ministres redoublèrent. On forma une nouvelle commission d'enquête, revêtue de pouvoirs plus étendus, et l’on: prit différentes précautions pour prévenir ou punir la résistance de Cortez, s’il avait l’audace de manquer à la fidélité d’un sujet'. Cortez, en voyant se former l'orage qui le menaçait, éprouva toutes les émotions violentes naturelles à un homme qui a l'ame fière, et qui, au lieu de la reconnaissance qu’on lui doit, reçoit un indigne traitement. Mais, quoique quelques-uns de ses compagnons les plus déterminés le pressassent de faire valoir la justice de sa cause contre une patrie ingrate et de saisir d’une main hardie le pouvoir que de bas courtisans l’accusaient de convoiter ’, il demeura si bien maître de lui-même, ou fut retenu si fortement par des sentiments de fidélité pour son souverain, qu’i rejeta ces dangereux conseils, et pritle seul moyen qui lui restât pour conserver sa dignité sans s’écarter de son devoir. Il résolut de ne pas s’exposer à la honte dese voir appelé en jugement dans un pays qui

(x) Herrera, Decad. III, lib, VIII, cap. 15; Decad. IF, lib. II, cap. 1; Gb. 1, cap. 9, 10. B. Diaz, chap. 172, 196. Gomara, Cron. cap.

(2) R. Diaz, chap. 194.

1525 avait été le théâtre de sa gloire et de ses triomphes,

et, au lieu d’attendre l’arrivée des juges qu’on envoyait, il se rendit sans délai en Espagne pour y confier sa cause et sa personne à la justice et à la générosité de son souverain ".

Cortez parut dans sa patrie * avec un éclat convena! le au conquérant d’un puissant royaume. Il avait apporté avec lui une grande partie de ses richesses, beaucoup de bijoux et d’ornements de grand prix, et différentes productions de la Nouvelle-Espagne*.

Il était accompagné par quelques Mexicains du

premier rang et par les plus considérables de ses officiers. Son arrivée dissipa en un moment tous les soupçons et toutes les craintes. L'empereur, ne voyant plus rien à redouter des desseins qu’on prêtait à Cortez, le reçut comme un sujet fidèle qui se présentait à son maître en se reposant sur son innocence, et qui, par la grandeur de ses services, avait acquis des droits aux plus hautes distinctions. On lui accorda l’ordre de Saint-Jacques, le titre de marquis del Valle de Guaxaca avec la propriété d’un vaste territoire dans la Nouvelle-Espagne ; et,

(1) Herrera, Decad, 111. lib, 1F, cap. 8.

(2) Ce fut en 1528 que Cortez revint en Espagne, d'après le conseil du cardinal Louisa, président du conseil des Indes et confesseur de l’empereur, qui lui avait écrit une lettre affectueuse pour lui faire connaître que ce souverain desirait le voir. (F. Piz. Orellana.) Faron. ilust.

del Nuevo-Mondo. p. 19. (D. L. R.) (3) Voyez la note ro.

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