‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 51 sur 184 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

comme ses manières étaient polies et élégantes, 1525

quoiqu'il eût passé la plus grande partie de sa vie au milieu d’aventuriers grossiers et sans éducation, l’empereur l’admit dans sa familiarité, comme ses courtisans les plus élevés par leur naissance ou leur rang”.

Cependant au milieu de ces marques extérieures - de considération, les traces de la défiance se laissaient apercevoir encore. Quoique Cortez sollicitât vivement sa réintégration dans le souvernement de la Nouvelle-Espagne, Charles, trop sage pour confier un emploi si important à un homme qu’il avait soupçonné, refusa de lui donner de nouveau un pouvoir qu’il craignait de ne pouvoir plus borner ou réprimer. Cortez, honoré de nouveaux titres, ne remporta à Mexico qu’une autorité restreinte. On lui laissa le commandement des troupes avec le droit de tenter de nouvelles découvertes ; mais toute l'administration civile fut confiée à un conseil, appelé Audience de la Nouvelle-Espagne. Dans des temps postérieurs, lorsque l’accroissement de la colonie y rendit nécessaire une autorité unique et plus étendue, Antoine de Mendoza, de la première noblesse d'Espagne, y fut envoyé en qualité de viceroi, et réunit dans sa personne les deux pouvoirs qu'on avait séparés du temps de Cortez.

(x) Herrera, Decad. III, lib. I, cap. 1; lib. VI, cap. 4. B. Diez, chap. 196. Gomara, Cron. cap. 182.

Cette séparation même, comme cela était inévitable, devint la source de dissentions continuelles, de chagrins pour Cortez, et d’obstacles à tous ses projets. Comme il n’avait plus d'occasions de déployer ses talents et d’exercer son activité qu’en tentant de nouvelles découvertes, il forma différents plans d'entreprises de ce genre, qui toutes ont le caractère d’un génie hardi et porté au grand. Il avait pensé de bonne heure qu’en s’avançant dans le golfe de la Floride, le long de la côte orientale de l'Amérique septentrionale, on trouverait quelque détroit conduisant à l’océan occidental, ou que, dans l’isthme de Darien, mieux connu, on découvrirait quelque.communication entre la mer du Nord et celle du Sud'. Mais, ses espérances ayant été trompées dans l’une et l’autre tentative, il se borna aux expéditions qu’on pouvait faire des ports de la Nouvelle-Espagne sur la mer du Sud. Il y arma successivement différentes petites escadres, dont les unes périrent et les autres revinrent sans avoir fait aucune découverte importante. Las de confier à d’autres la conduite de ses opérations, il se mit lui-même à la tête d’un nouvel armement, et, après avoir beaucoup souffert et essuyé des dangers de toute espèce, il découvrit la grande péninsule de la Californie, et reconnut la plus grande partie du golfe qui la sépare de la Nouvelle-

(r) Cortez, Relat, Ramus. INT, 294. B.

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