‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 53 sur 184 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Depuis que Nugnez de Balboa, en partant des 1595

côtes orientales de l’Amérique, avait découvert la

Entreprises

r la dé-

mer du Sud et acquis quelques notions imparfaites couverte du

des riches contrées auxquelles elle pouvait conduire, tous les yeux et tous les projets des aventuriers espagnols établis dans les colonies de Darien et de Panama se tournaient vers ces pays inconnus. Dans un siècle où l'esprit aventurier engageait un grand nombre d'hommes à hasarder toute leur fortune et à braver les plus grands dangers pour tenter une découverte simplement possible, le moindre rayon d’espérance était saisi avec ardeur, et sur des informations légères on entreprenait les plus périlleuses expéditions".

C’est ainsi que différents armements furent faits

Pérou.

Leurs mau-

pour prendre possession des pays situés à l’est de vais guccès.

Panama. Mais ces entreprises, confiées à des chefs

(1) Voyez la note 12.

153 dont les talents étaient au-dessous des difficultés, n’eurent aucun succès'. Comme ces excursions ne s’étendaient pas au-delà des limites de la province à laquelle les Espagnols ont donné le nom de Tierra firme, pays montagneux, couvert de bois, peu peuplé, et très malsain, les aventuriers, à leur retour, firent des rapports décourageants des maux qu’ils avaient soufferts et du peu d’espérances qu’offraient les lieux qu’ils avaient visités. Ces récits calmèrent un peu la fureur des découvertes de cè côté, et il s'établit une opinion générale que Balboa s'était laissé séduire par quelque Indien ignorant qui avait voulu le tromper, ou qui avait été mal entendu.

Nouvelle Mais il y avait alors à Panama trois hommes sur pren lesquels les circonstances qui décourageaient tous Almagro et les autres firent si peu d'impression, qu’au moment même où tous regardaient comme chimérique l’espoir de découvrir à l’est le riche pays qu'avait annoncé Balboa, ils se déterminèrent à entreprendre l’exécution de son projet. Ces hommes extraordinaires étaient Francois Pizarre, Diego d’Almagro, et Fernand de Luque. Pizarre était fils naturel d’un | gentilhomme de bonne famille et d’une femme de basse naissance; et, comme il arrive ordinairement aux enfants illégitimes, son éducation avait été entièrement négligée. Son père ne le croyait pas destiné à s'élever au-dessus dela condition de sa mère,

HISTOIRE ‘DE L’AMÉRIQUÉ.

(r) Calancha, Cronica, p. 100.

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