‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 61 sur 184 · LATE · texte numérisé non relu

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LIVRE SIXIÈME, 125 pression de terreur qu’avaient éprouvée les autres nations de l'Amérique. Pizarre ne rencontra presque aucune résistance jusqu’à l’île de Puna dans la baie de Guyaquil. Cette île était plus peuplée que les autres pays qu’il avait traversés, et les habitants en étaient plus courageux et moins civilisés que ceux du continent. Ils se défendirent avec tant de valeur et d’obstination, que Pizarre employa six mois à les soumettre. De Puna il se rendit à Tumbès, où les maladies qui s'étaient manifestées dans sa troupe le forcèrent de séjourner pendant trois mois ‘.

Pendant ce temps de repos il commença à re-

‘cueillir le fruit des soins qu’il avait pris de répandre

la renommée de ses premiers succès. Il lui arriva de Nicaragua deux détachements qui n'étaient pas à la vérité de plus de trente hommes chacun , mais qui lui parurent un renfort d’autant plus considérable que l’un était commandé par Sébastien Benalcasar et l’autre par Fernand Soto, deux des meilleurs officiers qui eussent servi en Amérique. De Tumbès il se porta sur la rivière de Piura; et, dans une situation avantageuse près de son embouchure, il établit la première colonie espagnole du Pérou, à laquelle il donna le nom de Saint-Michel.

(t) P. Saucho, ap. Ramus. IIE, p. 351. F. Herrera, Decad. 1F, lib.

VII, cap. 18; lib. IX, cap, +. Zarate, Gb. 11, cap. 2, 3. Xerès, pag. 192, etc.

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IL en rcroit, et continue sa marche.

16 mai,

Etat de l'empire du Pérou,

À mesure que Pizarre s’avançait vers le centre du Pérou , il acquérait plus de connaissances sur la grandeur, la police et l’état des affaires de cet empire. Il n’aurait pas pu alors, sans ces connaissances préliminaires, conduire heureusement ses opérations, et sans cette circonstance on ne pourrait pas même aujourd’hui expliquer les progrès que les Espagnols avaient déjà faits et développer les causes des succès qu’ils eurent dans la suite.

A l’époque de l'invasion des Espagnols, Y’empire du Pérou avait, du nord au sud, une étendue de plus de quinze cents milles sur l'Océan pacifique; sa largeur de l’est à l’ouest était beaucou,: moins considérable, et bornée par les grandes chaînes des Andes, qui se prolongent d’une de ses extrémités à l’autre dans toute sa longueur. Le Pérou, comme le reste du Nouveau-Monde, était originairement possédé par de petites tribus indépendantes , différant les unes des autres par leurs mœurs et par les formes grossières d’une police imparfaite ; et toutes étaient alors si mal civilisées que, si nous en croyons les traditions conservées par leurs descendants, elles n'avaient rien au-dessus des nations les plus sauvages de l'Amérique. Dépourvus de toute espèce de culture et d'industrie régulière, sans demeures fixes, ne connaissant aucune de ces obligations morales qui forment les premiers liens de l'union sociale, les habitants erraient nus dans les forêts

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